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NATURE ET CONDITIONS DE LA MORALITÉ

par moralité dans Tacte, je supposerai qu'il y ait nécessité d'agir actuellement, et que, par exemple, il s'agisse du dilemme pratique : Faire ou ne pas faire cela. Ce dilemme se présente constamment, car il y a des casnombreux et importants où c'est agir que de ne point agir : il arrive alors qu'une résolution se prend, par ce fait qu'on n'en prend aucune et que l'on continue de délibérer. En outre, les règles de la logique permettent toujours de ramener une disjonction de cette forme : Faire cela ou faire ceci, à celte autre disjonction précise : Faire cela ou ne pas le faire.

Cela posé, la première condition de la moralité dans l'acte est l'existence même de la réflexion et de la délibération avant l'action. Un acte irréfléchi, instinctif ou seulement trop habituel pour être ce qui nous semble libre, n'appartient point par lui-même et actuellement à l'ordre moral, encore qu'on puisse y trouver ses racines engagées, quand on remonte le cours de la vie et des déterminations antécédentes de l'agent.

La seconde condition est, comme on l'a vu, le jugement toujours présent en vertu duquel on se suppose libre, et qui préside au choix naturellement inséparable de l'acte délibéré dont je parle, puisque, par hypothèse, il faut de toute nécessité faire ou ne pas faire.

La moralité soumise à ces conditions apparaît sur le terrain des biens opposés dont la délibération implique le conflit. Elle consiste dans la puissance, soit, pratiquement, dans l'acte de se déterminer pour le meilleur, c'est-à-dire de reconnaître parmi les diff'érentes idées du faire, l'idée toute particulière d'un devoir faire et de s'y conformer.

Comment définir et comment trouver le meilleur^ c'est-à-dire maintenant à tout prendre et comparaison faite, le bien moral; à quels signes, à quels caractères le distinguer ; comment déterminer ce devoir faire, ou> plus simplement, ce devoir moral, ce devoir, dont l'idée est propre à l'homme et appartient par le fait à tout homme, mais dont l'appréciation à la fois exacte et

générale a toujours paru si difficile, tels sont les problèmes qui se posent à moi.

Résoudre ces problèmes, ce sera construire une science de la morale, car la morale consiste dans l'ensemble et la suite ordonnée des notions qui déterminent en théorie, puis en pratique, si l'homme le veut et le peut, la moralité de Thomme. .

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