XXIV PRÉFACE
lovent les sommes d'imposition rapsodiquement, et sans nul principe, par suite, de ce que dans ce genre d'impôts on regarde beaucoup plus à la rentrée de la recette publique, qu'au mode deperception, à la personne du contribuable, et au rapport de cet impôt avec le revenu, l'opinion semble s'être généralement accréditée que ce genre d'imposition n'est susceptible d'aucune conformité aux vrais principes de la justice et de l'économie politique. On crut donc que l'imposition directe pouvait seule être portée à cette perfection, et Ion ne fut que trop disposé à la mettre exclusivement en vigueur.
Mais en y réfléebissant mûrement on est forcé de reconnaître que l'insuffisance de la théorie générale ne se révèle nulle part aussi clairement qu'en ce point. Car autant il est vrai en principe que le revenu net doit seul être imposé, et qu'il doit lêtre suivant une proportion égale et uniforme, autant il serait faux de dire en thèse générale qu'une pareille imposition fut généralement praticable par le moyen de l'impôt direct. Une semblable thèse générale supposerait 1° que le revenu net de chacun pût être constaté exactement, 2° que l'impôt pût être prélevé facilement sur quiconque possède un revenu net, deux suppositions reconnues pour fausses par l'expérience. La première n'est, à toute force, vraie que là, ou le revenu de tous découle d'une seule source fondamentale, spécialement des fonds de terre, ou bien là, où il est fourni par l'État, comme dans les appointemens. Mais partout où le revenu provient de sources aussi diverses