‹ Science des finances (volume 2)Chapitre 12 sur 38 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

que cela a lieu dans nos Etats civilisés, il suffit qu'on ait une fois rais soi-même la main à l'oeuvre pour se convaincre, à combien de difficultés insurmontables est sujette la vérification du revenu net de chaque individu. L'expérience , confirmée par plus d'un essai, prouve jusqu'à l'évidence l'impossibilité de constater par voie directe le revenu de chacun; d'où il suit que si Ion voulait se borner à un système d'imposition purement directe, beaucoup de fortunes demeureraient tout-à-fait exemptes de taille, peu de fortunes seraient imposées dans une juste proportion, et partout les plus grandes inégalités et injustices régneraient dans l'imposition. — Eût-on même vérifié en réalité le revenu net, il n'en resterait pas moins dans beaucoup de cas presque impossible de percevoir convenablement l'impôt réparti sur ce revenu. Dans ce cas se trouve spécialement le revenu net exigu qui dans son ensemble s'élève dans chaque royaume civilisé à une somme tellement considérable que sa non -imposition rejetterait sur la classe opulente une charge insupportable, laquelle en définitive réduirait cette classe elle-même à l'état de la classe de ceux qui sont dans l'impuissance de payer impôt. Dans tout État, dont le budget des dépenses est considérable, un régime qui se borne aux impôts directs conduit infailliblement à la tyrannie la plus odieuse daus la répartition ou la perception des impôts, et pourtant en définitive au déficit et à la banqueroute*).

*) Le système d'imposition directe serait praticable et en réalité le plus parfait si la doctrine physiocratique de

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