PRÉFACE. XXXI
plus à croire que parmi les moyens praticables on a toujours choisi le meilleur; on se persuaderait enfin, que si ce meilleur moyen présente encore des imperfections , il faut souvent les laisser subsister, parce que d'autres moyens, qui dans la théorie paraissent être plus parfaits, auraient été dans l'application plus défectueux, et qu'en général toutes les oeuvres humaines, et par suite, les mesures financières, ne peuvent jamais être exemptes d'imperfection, que par conséquent on doit être satisfait du choix de celles qui en offrent le moins. — En thèse générale, ces observations d'hommes d'Etat versés dans la pratique sont fort justes. Il n'est sans doute que trop vrai que l'on blâme souvent les mesures publiques sans raison et sans connaissance de cause. — Mais des hommes d'Etat impartiaux et intelligens conviendront d'un autre côté que par ces travaux préparatoires, quelque soigneux et pénibles qu'ils aient été, on n'est pas toujours parvenu à recueillir les renseignemens les plus concluans et les plus indispensables, et que pour faire un sage emploi de ces renseignemens, les personnes appelées à rédiger d'après eux des ordonnances générales doivent avoir en tête de justes principes, et être douées d'une intelligence supérieure. L'auteur de ce livre a souvent eu occasion de voir les questions adressées tant aux hauts fonctionnaires qu'à ceux de moyenne classe, questions qui avaient pour but de se régler sur les réponses dans la rédaction d'ordonnances générales en matière de finances. Il a tenu en mains les cahiers monstrueux contenant