XXXII PRÉFACE
ces réponses, et il connaît par conséquent la peine qu'il en coûte pour en ranger et exposer clairement le contenu. Mais il sait aussi que l'observation d'un seul négociant, d'un seul propriétaire de terre, et même d'un cordonnier ou tailleur, tous connaissant les localités, les individualités, et les relations de leur profession, aurait été pour le législateur financier d'une utilité bien supérieure à cet amas de renseignemens officiels, habituellement recueillis sous main. Car les fonctionnaires provinciaux, et spécialement ceux d'un ordre supérieur, possèdent rarement une connaissance détaillée des relations commerciales de leur province, et des intérêts de toutes les classes ouvrières qui s'y trouvent établies; ils savent bien plus rarement encore trouver les points que dans les mesures financières il importe principalement de prendre en considération. Enfin, ils ont bien plus rarement encore le zèle et la bonne volonté nécessaires pour s'acquitter de leur mission avec ce soin, et cette circonspection qui senles procurent aux autorités supérieures un fécond résultat. En conséquence, que la critique prouve 1° que dans un système financier il se révèle un faux principe, ou un manque de principes, et 2° qu'elle fasse voir que des mesures financières ruinent des classes entières d'habitans, détruisent des professions productives, ou en empêchent d'autres de prospérer, en absorbant en totalité le modique revenu des uns, et en laissant intact le revenu plus considérable des autres, en n'atteignant point ceux qu'elles devaient atteindre, et en rejetant tout le fardeau