‹ Science des finances (volume 2)Chapitre 27 sur 38 · I. Vérification du produit brut · texte numérisé non relu

I. Vérification du produit brut

Mais quoique ces principes soient reconnus pour incontestables, leur juste application et l'examen de la question, si une pareille juste application de ces principes a été faite relativement à un bien-fonds de'termine', exigent pourtant encore une multitude de connaissances diverses. Car pour, constater avant toutes choses le produit brut, il faut rechercher et établir soigneusement:

1° la surface du bien -fonds,

2° la nature intérieure et le degré de fertilité du sol, 3° sa division en champs, soles, communaux, etc. 4° la qualité de semailles qu'exigent les différens produits, 5° le nombre de grains que rendent ces semailles, 6° le produit de la paille, 7° le produit des pâturages, 8° le produit de l'arrière -pacage, 9° les prix des fruits, de la paille, et du foin.

a) Mesurage de la surface du bien -fonds.

La surface du bien-fonds est déterminée suivant la mesure en vigueur dans le pays, et en conséquence d'un juste arpentage préalablement fait. — La détermination de la surface d'après l'ensemencement est fort trompeuse, surtout lorsqu'on veut appliquer l'ensemencement de l'un des champs à plusieurs.

h) Fixation du degré de fertilité du sol.

Pour apprécier la qualité du champ, les principes théoriques de la chimie semblent ne pas être suffisans, vu que, d'une part, le sol varie souvent à chaque pied carré, et que, d'autre part, la théorie en généial n'a point encore découvert toutes les causes qui déterminent le degré de fertilité

du sol. Relativement à ce point, l'expe'rience et l'avis d'experts posse'dant une connaissance parfaite du champ, semble être la meilleure base sur laquelle on puisse fonder un jugement solide.

ç) Division des champs.

Dans la division des champs, tout de'pend du calcul de la quantité d'engrais que l'on peut exploiter annuellement. Mais pour déterminer ceci, il faut constater les circonstances suivantes:

1° si l'économie possède des prairies, et combien?

2° quelle est leur nature propre?

3° si elles sont grevées des servitudes ou non?

4° quel est leur produit?

5° quelle espèce de pâtis l'économie possède, et s'ils

sont grevés de communaux ou non?

6° combien de tètes de bétail, de l'une ou l'autre espèce, y broutent, et dans quelle proportion le bétail y a trouvé son entretien?

L'appréciation de tous ces points dépend à son tour d'une grande multitude de circonstances dont tout économe intelligent doit connaître l'influence.

S'est- on acquis ces connaissances, on sera à même d'apprécier au juste, quelle division des champs pourrait être la plus avantageuse pour l'exploitation du bien -fonds, et si celle, en vigueur jusqu'ici, a besoin d'être changée ou non.

d) Quotité de semailles.

Sous le rapport de la quotité de semailles qu'exigent les différens produits, les opinions des économes sont trèspartagées. Dans tous les cas, la fixation de cette quotité

()4 LITRE I. DES RECETTES DE l'ÉTAT.

est pour l'économie rurale un problème d'une importance majeure. Sans nous occuper de la dispute des économes sur la meilleure mesure relativement aux semailles, nous ferons seulement remarquer que pour la confection et l'appréciation d'une estimation, il suffit de faire servir de fondement à l'évaluation l'ensemencement usité dans l'endroit. On le vérifie par la déposition affirmée par serment des administrateurs, des messiers ou gardiens champêtres, des métayers, et par la consultation des regîtres des semailles.

Ainsi que les semailles, de même il importe, pour que l'estimation du produit se fasse avec précision, de constater avec la plus grande exactitude possible le battage et le produit des grains. — Sous ce rapport, il faut prendre en considération l'exploitation usitée jusqu'ici des champs et son amélioration possible.

e) Quotité de grains qu'elles produisent.

Le produit des grains varie à tel point qu'il est pareillement difficile d'établir à cet égard des règles générales. 11 faut le vérifier suivant la même méthode indiquée par rapport à la fixation des semailles pour chaque bien -fonds en particulier, et en consultant les regîtres des battages.

f) Produit des pâturages.

Dès que le produit des grains, ou autres fruits cultivés sur un terroir, a été constaté, il faut en user de même à l'égard des herbes qui servent au fourrage, telles que

a) trèfle,

b) tout autre pâturage artificiel, comme vesce, pâturin bulbeux, betteraves, carottes, patates, choux, etc.

c) prairies,

d) arrière -pacage.

g) Produit des bestiaux.

Finalement on procède à l'estimati ni du produit des bestiaux, savoir:

1° des bêtes à corne,

2° des moutons,

3° des cochons,

4° de la volaille.

Toutes ces estimations doivent se fonder sur des données, en partie fournies par des économes au profit de la the'orie, en partie confirmées par des expériences particulières faites sur les lieux.

On peut aussi omettre tout-à-fait dans le compte le bénéfice de l'entretien des bestiaux, et le considérer comme un produit de l'industrie du fermier, mais alors aucune dépense pour la jouissance des bestiaux n'ose être mise en ligne de compte, les produits indiqués sous cette rubrique doivent être réduits^ en numéraire et portés en recette, et l'engrais nécessaire doit être porté en dépense.

h) Prix des productions naturelles.

Les prix des productions sont adoptés d'après un terme moyen. Pour cet effet, on prend pour base les prix du marché de la ville la plus prochaine, tels qu'ils subsistèrent pendant un certain nombre des années dernières, de telle sorte toutefois, que Ton fait abstraction de la hausse et de la baisse considérable des prix, produite par des circonstances particulières.

Note. La fixation des prix moyens exige différentes considérations. Consultez Kraus Vermischte Schriften. 1. Th. Abh. 8.

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