‹ Science des finances (volume 2)Chapitre 4 sur 38 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

Jcs moeurs, l'usage, les privilèges, les constitutions, rendent impossible la substitution de meilleures méthodes aux méthodes défectueuses. — Que chaque endroit a l'obligation d'entretenir ses pauvres, est un ancien principe théorique qui, en thèse générale, mérite d'être approuvé. Mais quelles personnes sont censées appartenir aux pauvres d'un endroit? Lorsqu'une garnison établie dans une ville, y laisse dans la détresse, par centaines, des veuves et enfans, lorsque de riches fabricans y attirent des milliers de fileurs et de tisserands, auxquels ils fournissent pendant quelques années des moyens d'existence, et qu'ils laissent ensuite toutà-coup dans l'indigence si tôt que le débit diminue, lorsqu'une pareille ville offre des habitations à bon marché, de manière que le rebut de la population des villages, de la province, et même de l'étranger vient s'y fixer sans que les lois du pays s'y opposent, — la commune municipale doit-elle pourvoir à l'entretien de tous ces pauvres parce qu'ils s'y sont établis? Le principe théorique ci -dessus est souvent appliqué dans ce sens par les praticiens. Prouvent -ils par là qu'ils ont compris convenablement la théorie, ou ne témoignent-ils pas plutôt par là qu'ils sont de mauvais théoriciens, vu qu'ils ne savent pas suppléer au vrai sens des principes généraux? — Rien n'est plus évident que le principe théorique qui prescrit de répartir l'impôt suivant le revenu net de chacun. Mais contre quelles difficultés insurmontables n'a pas à lutter celui qui doit constater le revenu net de chacun pour répartir en conséquence l'impôt entre les individus, et

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