SCHAB-I BARAT OU FÊTE DES TRÉPASSÉS
« Une grande fête des musulmans a lieu le 14 du mois de Scha'ban; on la nomme Schab4 barât ou nuit de la délivrance. En ce jour solennel, les fidèles s' étant
(1) Voyez l'article suivant.
(2) Il sera parlé de ce saint personnage à l'article surZakariya.
(3) Voyez l'article sur Nizam-uddin.
(4) Voyez l'article sur le mois de Zi-hijja.
(5) Araïsch-i mahfïl, p. 166.
(6) Shakespear, Dict., p. 209.
(7) On nomme ce mois Dûdh ka mahîna, « mois du lait, » parce que les offrandes aux morts consistent généralement en lait. (Shakespear, Hind. Dict.; Mrs Mir Hazan Ali, Observ. on îhe musulm. oflndla, i, 300.)
(8) Cette fête, qui précède le ramazan de quinze jours, est aussi célébrée en Turquie, et on l'y nomme Candil guijécî, « la nuit des lumières. »
réunis, font, au nom de tous ceux dont le séjour est le royaume de l'éternité, des oblations considérées comme inviolables (1); elles consistent en pains, en Halwa (2) et en vases pleins d'eau (3). »
Concurremment avec ces oblations, on allume des lampes et on récite le fatiha suivant, nommé fatiha des lampes (Fatiha chirâgân):
a 0 notre Dieu, par les mérites de la lumière de l'apostolat, N. S. Mahomet, fais que les lampes que nous tenons allumées en cette sainte nuit soient pour les trépassés un gage de la lumière éternelle que nous te prions de faire luire sur eux. 0 notre Dieu, daigne les admettre dans le séjour de l'inaltérable félicité.
« Le fidèle dira dans cette intention la première et la cent deuxième surate du Coran (4). »
Le fatiha ordinaire pour les trépassés diffère de celuici ; en voici la traduction :
« Par les mérites du prophète saint et intègre Mohammed Mustafa (que Dieu lui soit propice et lui accorde le salut), par son nom pur et son esprit éclairé qui remet les fautes, et par l'âme pure du défunt N., que Dieu daigne faire luire sur son tombeau le jour de sa miséricorde et de sa faveur ; qu'il daigne arroser de la pluie de sa grâce la terre qui couvre son corps, et lui accorder le paradis pour demeure. Et que le mérite de cette oblation s'applique aussi à ceux qui ont quelque
(1) Achûtâ, qu'on ne doit pas toucher : épithète consacrée aux comestibles offerts aux trépassés.
(2) Sorte de pâtisserie douce, faite avec de la farine, du ghî (beurre clarifié) et du sucre.
(3) Bârah Mâça, p. 65.
(4) Hidayat ul-islam, p. 272.
droit à la protection de N.; par les âmes pures de tous les trépassés qui ont vivifié leurs mérites par l'espoir en Dieu, et de tous ceux, en un mot, qui ont vécu et sont morts dans le sein de l'islamisme.
« Dire la première et la cent deuxième surate du Coran (1(. »
Cette fête est aussi célébrée en Perse ; voici comment en parle le célèbre voyageur protestant Chardin (2) :
« Les Persans disent que cette nuit-là Dieu délivre, par l'intercession de Mohammed et d'Ali, grand nombre d'âmes de gens de leur religion hors de l'enfer (3), les en faisant tirer par l'ange Gabriel... Us enseignent qu'il y a un grand mérite à aller ce jour-là prier sur les sépulcres des morts et à faire beaucoup d'aumônes. Cette fête est une des mieux observées. Elle dure trois jours, qu'ils appellent jours de charité et de bonnes œuvres... La dévotion consiste à s'asseoir sur les sépulcres, à parler chacun à ses parents et à ses bons amis trépassés, à les appeler, à se lamenter, à prier, et puis on fume, et après on mange ce que chacun a apporté, fruits, gâteaux et confitures, dont on fait part largement aux pauvres gens, à l'intention des morts »
Mois de Ramazan.