‹ Science des religions. L'lslamisme, d'après le Coran; l'enseignement doctrinal et la practiqueChapitre 68 sur 129 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

1° La foi et V islamisme sont une seule et même chose (4). L'une et l'autre consistent à croire de cœur et à confesser de bouche que tout ce que Mahomet, sur qui soit la paix, nous a communiqué de la part de Dieu, est véritable. C'est ce dont nous venons de faire mention.

2° La religion et le culte sont une seule et même chose ; c'est tout ce que le prophète Mahomet nous a communiqué de la part de Dieu, soit ce qui concerne la foi, soit ce qui concerne les pratiques extérieures.

Il suffit de croire, en somme, aux articles de la foi ; il n'est pas nécessaire de pouvoir les exposer en détail. La foi de celui qui, sans être instruit de la doctrine musulmane, se contente de faire ce qu'il voit pratiquer aux fidèles, est vraie. Si quelqu'un connaît les choses dont la croyance est obligatoire, et qu'il en soit persuadé, sans être capable de les exposer de lui-même,

(1) Avec cette différence, selon les théologiens musulmans, que la foi est la croyance intérieure, et l'islamisme est marque extérieure de cette croyance par des actes religieux.

en détail, on doit interpréter en bonne part cette incapacité.

Le croyant qui a fait de grands crimes, comme s'il a tué un homme, s'il a commis la fornication, etc., ne cesse pas d'être du nombre des musulmans, pourvu qu'il ne dise point que ces crimes sont permis.

Si le croyant meurt sans s'être repenti d'un grand péché, Dieu peut permettre qu'il meure dans sa grâce, et lui pardonner ses fautes ; autrement il le livre aux tourments, en proportion de son crime, et le place ensuite dans le Paradis.

Dieu n'impose pas à ses serviteurs ce qu'ils ne peuvent faire (1).

Si l'on dit à un fidèle : « Es-tu croyant? » il doit répondre : « Je suis vraiment croyant, » et non point : (( Si Dieu veut » (2). Si on lui dit : « Mourras-tu dans la foi? » il doit dire : « Je ne le sais point, mais Dieu le sait; » car c'est une chose qu'on ne peut connaître.

Dieu ne pardonne ni le polythéisme ni l'infidélité : il pardonne s'il le veut les autres crimes.

Il n'est pas permis de dire de quelqu'un : Il est mort avec la foi, ou : Il mourra avec la foi, ou bien : Il ira en Paradis, parce que nous n'en savons rien. Ceci n'est point applicable aux prophètes ni à ceux dont les pro-

(1) C'est-à-dire, suivant le commentateur turc, que lorsqu'on a des raisons valables de se dispenser des pratiques du culte, on le peut licitement.

(2) Attendu, observe encore notre commentateur turc, qu'on ne se sert de cette formule que lorsqu'on n'est pas bien certain de quelque chose.

phètes ont parlé, comme Aboubekr, Omar, Osman, Ali (que Dieu soit content d'eux) ; l'on peut assurer qu'ils sontjlans le Paradis.

Il n'est point permis non plus de dire de quelqu'un : Il est mort dans V infidélité, ou : Il mourra dans V infidélité, -ou bien : Il ira en enfer. On doit excepter de cette règle ceux dont Dieu ou les prophètes ont parlé, tels que sont Satan, Abou-lahab (1), Abou-jehel(2), etc.: l'on peut assurer qu'ils sont en enfer.

Il est permis de faire la prière pour chaque fidèle mort, qu'il ait été bon ou méchant.

Il est permis à chaque croyant de faire la prière derrière un imam (3) bon ou méchant ; mais il est méritoire de la faire derrière un imam qui soit bon. C'est une chose blâmable que de suivre un imam méchant.

Il n'est point permis de tirer l'épée contre les rois, quelque tyrans qu'ils soient.

Prier pour les morts leur est utile. Faire des aumônes, lire le Coran, pratiquer d'autres bonnes œuvres et en appliquer le mérite aux morts est également utile à leurs âmes. Ceux qui sont persuadés de cette doctrine sont vraiment croyants et orthodoxes.

(1) Oncle de Mahomet, grand persécuteur de son neveu. Il est parlé de lui dans le troisième chapitre du Coran. (Voyez la Bib. or. au mot Aboulahab.)

(2) Un des plus grands ennemis de Mahomet et de sa religion. (Voyez d'Herbelot, au mot Abougehel.)

(3) La prière en commun ne doit jamais se faire que sous la direction d'une personne placée à la tête de l'assemblée. Cette personne se nomme imam. Les assistants sont placés derrière ïimam.

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