DES RITS
Il faut que chaque homme connaisse le rit qu'il suit dans la foi et dans les pratiques extérieures (1).
Si l'on demande à quelqu'un de quel rit il est quant à la croyance, il doit répondre qu'il est sunnite et orthodoxe, et dire : « Je crois comme a cru le prophète de Dieu, ses compagnons et les orthodoxes (croyance conforme à ce que nous avons exposé jusqu'ici) ; » qu'il ajoute que le rit des sunnites et des orthodoxes repose sur. la certitude, et que tous les autres rits sont faux.
Si l'on demande à quelqu'un de quel rit il est quant aux pratiques extérieures, il doit dire qu'il est de celui de l'imam Abou-Hanifah (que Dieu soit content de lui) ; mais il ne faut pas qu'il dise : « Le rit d' Abou-Hanifah est bon ; les autres rits sont faux, » mais : « Le rit
(t) Les musulmans ont quatre rits différents qu'ils considèrent comme orthodoxes, parce q-e leurs fondateurs sont parfaitement d'accord sur le dogme, et ne diffèrent que sur les points du culte et de la morale. On verra plus bas, dans le texte, les noms des fondateurs de ces quatre rits. Celui d' Abou-Hanifah est le plus dominant dans l'empire ottoman. Il y a en outre un grand nombre de sectes hérétiques et schismatiques. On en a compté jusqu'à 73. (Voyez Sale, Obs. hist. et crit. sur le Mahom.)
d'Abou-Hanifah est bon généralement parlant; toutefois il peut s'y rencontrer quelques erreurs. Les autres rits sont généralement parlant dans l'erreur, quant aux questions où ils sont en contradiction avec Abou-Hanifah ; mais il peut s'y rencontrer des choses vraies. »
Pour concevoir ceci, il faut savoir que Dieu tout-puissant a fait à ses serviteurs des commandements et des défenses, soit par le moyen du Coran, soit par la bouche de son prophète ; que toutes ces choses sont ou d'obligation divine ou d'obligation canonique ; qu'elles sont ou criminelles, ou blâmables, ou indifférentes ; qu'enfin le Prophète a déclaré que des usages étaient de pratique imitative, et que d'autres étaient de surérogation.