‹ Science des religions. L'lslamisme, d'après le Coran; l'enseignement doctrinal et la practiqueChapitre 72 sur 129 · DES VERTUS · texte numérisé non relu

DES VERTUS

Les vertus dont on doit s'appliquer à orner son cœur sont :

La patience, c'est-à-dire supporter les événements fâcheux, les peines, les maladies et les accidents, sans s'en affliger ni s'en plaindre à personne.

S'abandonner à Dieu, c'est-à-dire s'en remettre absolument à lui pour tout. Lorsqu'on désire obtenir de Dieu une grâce, pourvu que l'objet en soit bon, il faut dire : « 0 mon Dieu ! daigne m'accorder cette grâce, » évitant avec soin de s'exprimer d'une manière impérative.

La reconnaissance envers Dieu, c'est-à-dire reconnaître les bienfaits du Très-Haut, et lui offrir en retour nos adorations et nos hommages. L'expression de la reconnaissance consiste proprement à confesser qu'il nous est impossible de rendre à Dieu des actions de grâces dignes de lui.

La crainte de Dieu, l'espérance en sa miséricorde, la résignation à sa providence, l'aversion pour les vanités du monde. User le moins possible des plaisirs de la vie, être généreux, confesser que tout dépend de la grâce de Dieu, se livrer en conséquence sans orgueil à l'exercice des vertus, se souvenant qu'on ne les pratique que par un effet de la bonté de Dieu.

La sincérité, c'est-à-dire pratiquer le bien, dans la seule vue de plaire à Dieu, sans y mêler aucun intérêt temporel ni mondain.

La confiance, c'est-à-dire s'appuyer sur Dieu pour tout ce qui concerne la subsistance, et non point sur son propre travail, sur ses richesses, sur ses forces, sur le cazi, sur le cazi-esker, etc. (1).

(1) Les fonctions de cazi-esker, mot qui signifie proprement juge d'armée, mais que l'on pourrait traduire par grand juge, ou même par ministre de la justice, sont les plus éminentes de la magistrature ottomane. Il n'y a que deux cazi-esker, celui de Roumélie et celui d'Anatolie. (Voyez le Tabl. de VEmp. ott., t. V, p. 550-555.)

L'humilité, qui consiste à se regarder comme inférieur à tous.

Donner de bons conseils, toujours bien penser d'autrui, pardonner les manquements auxquels on aurait été exposé, résister aux désirs de la concupiscence, s'occuper de ses propres fautes, détourner son attention de celles d'autrui, se rendre à la vérité. Ne point considérer comme une honte de reconnaître ses fautes ; s'en repentir, c'est-à-dire en être fâché, et former, avec la crainte de Dieu, la résolution de n'en plus commettre dorénavant aucune. Si l'on a fait quelque tort au prochain, il faut le réparer. Si l'on a omis un devoir envers Dieu, il faut le remplir ou se soumettre à une peine expiatoire. Il faut aussi remplir ce qu'avait manqué d'observer celui qui est mort, et se soumettre aux peines expiatoires auxquelles il aurait manqué de se soumettre.

On doit enfin s'attacher fortement à la piété; car rien n'est au-dessus de cette vertu, et sans elle les meilleures actions ne sont point agréables à Dieu. La piété consiste à éviter avec le plus grand soin de commettre des fautes. Ceux qui désirent l'acquérir doivent garder des péchés leurs sept membres, de crainte qu'ils ne deviennent pour eux les sept portes de l'enfer. Ces sept membres sont : les oreilles, les yeux, la langue, les mains, les pieds, le ventre et les parties sexuelles.

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