‹ Science du bien vivre, ou monographie de la cuisineChapitre 7 sur 88 · LA · texte numérisé non relu

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Pour qu’avec vous j’aie en - cor

mes vingt ans !

Versez amis, et versez à ia ronde Le doux nectar dont l’arôme enivrant De mon esprit éveille la faconde Et de ma verve exçite le penchant.

Faites germer, dans ma coupe chérie,

Les belles fleurs dont s’orna mon printemps : Remplissez-la quand je l’aurai tarie ,

Pour qu’avec vous j’aie encor mes vingt ans !

Vingt ans, amis, quel brillant apanage Un cœur brôlant, une forte santé,

Tous les attraits qui parent le jeune âge,

Tous les élans d’une aimable gaîté.

Ah! par vos soins, que ma coupe chérie Donne à ma voix l’éclat de son printemps.

Et que, vieillard, je retrouve la vie Que je menais quand j’avais mes vingt ans !

Infortuné, que poursuit la misère.

Je rêverai tes destins plus heureux ;

Plus que jamais si ma bourse est légère ^ Partageons-la, car elle est à tous deux .- Bois à longs traits dans ma coupe chérie ;

Elle est l’oubli de chagrins dévorants ,

Et cueille encor, au déclin de ta vie,

Les belles fleurs qu’on moissonne à vingt ans.

Petit oiseau se perche et se repose Sur le rameau que va briser le vent.

Et sur la tige où s’incline la rose,

Zéphyr conduit un souffle caressant.

Chagrins, plaisirs, se partagent la vie ;

Le froid hiver succède au doux printemps;

Moi, quand je bois à ma coupe chérie.

Quoique vieillard , j’ai toujours mes vingt ans l

De votre esprit aiguisez la saillie.

Que votre verve étincelle en bons mots !

Par une adroite et fine raillerie Frappez le vice et flagellez les sots.

La coupe amère, où s’épanche la vie,

N’est point pour vous : elle est pour les méchants ; Laissez-la-leur ! Qu’ils en boivent la lie.

Fait-on le mal, quand on n’a que vingt ans ?

Chantez le cœur et l’exquise tendresse De la beauté dont vous briguez la foi ; Chantez l’amour, sa chaste et douce ivresse ; Du tendre hymen chantez aussi la loi.

Chantez le Dieu dont ma coupe chérie Reçoit ici le plus doux des présents .- Doux sentiments embellissent la vie;

On les a tous, quand on n’a que vingt ans :

Après mon ami, dont les Vingt ans lui valurent les félicitations de ses convives, vint le tour d’un homme de lettres, qui s’excusa de ne pouvoir payer sa dette à la chanson. Une affec-

tion encore récente du larynx était une excuse trop légitime , pour que nous insistassions ; mais, désirant faire preuve de bonne volonté , il me proposa de lire pour lui quelques vers,

improvisés à l’occasion des deux jeunes époux qui se trouvaient parmi nous.

Je me chargeai volontiers de la mission , et , tant bien que mal , je lus ce qui suit :

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