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IDENTITÉ DE L'ÉLÉMENT JOIE ET DE L'ÉLÉMENT DOULEUR

Une remarque encore avant de quitter ce sujet» J'ai dit tout à l'heure : « le phénomène douloureux, ou, si l'on préfère, conscient ; » or,' nous n'avons pas que des douleurs dans nos sensations * mais de la sensation joie à la sensation douleur, il n'y a aucune différence essentielle, seulement une diffé-

rence de degré ; et le langage rigoureux ne permet de les distinguer que quantitativement. Une* comparaison purement objective le fera bien comprendre !

Quand, suivant le langage courant, j'ai parlé ailleurs ^ d'aliments et de toxines, j'ai dû, malgré la différence fondamentale qu'établit le vulgaire entre ces deux expressions, reconnaître qu'elles ne sont susceptibles que d'une seule et même définition. Ce sont des substances qui entrent en lutte avec un animal donné ; suivant que, dans la lutte, l'animal est vainqueur ou vaincu, on dit qu'il a eu à faire à un aliment ou à une toxine.

Mais d'une part, ce qui est aliment pour une espèce est toxine pour une autre espèce; d'autre part, ce qui est aliment à une certaine dose est toxine à une dose plus forte. Mais )a définition est la même dans les deux caë ; dans le langage symé-* trique que j'ai adopté pour la lutte universellCj la narration est la même dans les deux cas ; et cette comparaison a d'autant plus d'intérêt dans le cas présent que, bien souvent, le même phénomène, méritant, suivant la dose 2, le nom d'alimentation ou d'intoxication (indigestion), s'accompagne d'une sensation qui varie également, suivant la dose, d'une sensation de plaisir à une sensation de douleur.

(1) V. La Lutte universelle,

(2) V. Introduction à la pathologie générale, op. cit., % 74.

Dans une narpation vraiment générale, nous ne devons donc pas, au début, parler de plaisir ou de douleur, mais seulement de conscience, que nous appelons (9) sans l'apprécier autrement. Nous verrons d'ailleurs, dans cet ordre d'idées, qu'une fonction nouvelle et douloureuse, peut, par habitude, devenir agréable avant de passer tout à fait dans le domaine de l'inconscient.

§ 12 bù, — RÉSUMÉ. -^ COMPARAISON DE L'ÉVEIL DE CONSCIENCE AVEC LMNDUCTION ÉLECTRIQUE.

En résumé, notre méthode mixte d'investigation, méthode dans laquelle nous avons tenu compte en même temps de nos connaissances objectives et de ce que nous savons de plus général au point de vue subjectif, nous a conduits à considérer qu'un élément (ç) est attaché à des liaisons occupant une certaine place dans l'échelle des grandeurs»

Les simples résonances qui, comme nous l'avons vu ailleurs *, respectent les liaisons établies, éveil* lent peu ou pas de conscience ; mais les ruptures d'équilibre résultant de l'introduction d'un facteur nouveau, les luttes de rythmes différents et dissonants, éveillent la conscience d'une manière plus ou moins puissante suivant les cas, jusqu'à ce que, le nouvel équilibre étant obtenu, le nouveau rythme étant réalisé, les liaisons qui ne sont plus

(1) De VEomme à la Science^ op, cit., chap, X.

contrariées voient s'assoupir petit à petit leur élément (9).

Ainsi donc, ce serait seulement la rupture d'équilibre, de rythme, qui éveillerait la conscience jusqu'à récupération d'un équilibre nouveau.

Nous connaissons des phénomènes tout à fait analogues dans Vinduction électrique.

Le courant induit ne se manifeste que si Ton ouvre ou si l'on ferme le circuit inducteur, ou encore si on rapproche ou si on éloigne du circuit induit un courant fermé. Dans tous les cas, la production du courant induit résulte de ruptures d'équilibre et cesse quand l'équilibre est rétabli.

C'est tout à fait ce que nous avons été amenés à croire pour la production d'un éveil de conscience dans les liaisons élémentaires ; et si l'on pense à la dimension spéciale des liaisons que nous avons crues douées de <p, le rapprochement entre l'éveil de conscience et l'induction électrique prendra peut-être un intérêt plus grand que celui d'une simple comparaison.

Lia loi de Lenzqui régit les phénomènes d'induction, n'est d'ailleurs qu'un cas particulier de la loi de Le Chatelier qui nous a paru applicable à tous les phénomènes vitaux ^

,1} V. Introduction à la pathologie générale^ op. a7., § 35. .

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