ON SE DÉTERMINE D'APRES SES GOUTS
Dans tous les cas que n.ous venons de passer en revue, Tépi phénomène de volonté est fixe dans des conditions fixes ; il ne contrarie en rien le déterminisme objectif.
Si, par conséquent, dans un grand nombre de cas, nous sommes dans l'impossibilité de prévoir ce que fera un protozoaire donné dans des circonstances données, ce n'est pas parce que le protozoaire est libre de choisir entre des déterminations multiples, mais parce que nous ne connaissons pas d'une manière rigoureuse l'état actuel du proto-
zoaire, du milieu, et des relations du protozoaire avec le milieu.
Quand donc, nous voudrons nous amuser à raconter les histoires de protozoaires en langage humain, nous pourrons, si nous voulons, prêter aux protozoaires des goûts et une volonté, mais nous ne devrons pas admettre que leur volonté soit libre de se déterminer ; la seule volonté que nous puissions leur prêter est une volonté fixe par rapport à leurs goûts.
L*illusion de la volonté chez l'homme sera infiniment plus complexe, en ce sens que ses goûts interviendront bien dans ses déterminations, mais qu'il pourra croire qu'il choisit librement entre ses goûts et en satisfait tel ou tel, à son choix. Une définition plus complète des goûts de l'homme et des animaux supérieurs, nous expliquera l'origine de notre illusion ; pour pouvoir appliquer à l'homme le langage employé chez les protozoaires, il faudrait donner des goûts de l'homme une définition analogue à celle que nous avons donnée des goûts des protozoaires, lesquels comprenaient, si l'on veut bien se reporter aux lignes précédentes, toutes leurs raisons d'agir à un certain moment.
Si l'on donne cette définition synthétique des goûts de l'homme on verra aussi que sa volonté est déterminée ; mais nous avons l'habitude, quand il s'agit des hommes, de donner des goûts une définition partielle ; l'homme a ainsi plusieurs goûts