LES OBGANËS DES SENS
Le sac clos qui constitue l'animal supérieur est limité par une paroi qui sépare le milieu intérieur du milieu ambiant. Cette paroi est formée de cellules qui, suivant leur position à la surface du corps, jouissent de propriétés très différentes. Quelques-unes ont une couche externe résistante et jouent un rôle protecteur; d'autres ont des fonctions plus délicates, une adaptation plus précise.
C'est fatalement à travers la paroi du sac clos que se font les échanges entre le milieu intérieur et le milieu ambiant, échanges indispensables à la continuation de la vie des éléments cellulaires baignant dans le milieu intérieur. Mais, suivant les points de la paroi, ces échanges sont bien différents les uns des autres.
Une grande partie de la surface du corps est utilisée pour les échanges alimentaires (tube digestif, pour les solides et les liquides à ingérer, reins
et glandes pour les liquides à excréter, poumons pour les échauges gazeux, etc...)* J*siî étudié ailleurs ces échanges alimentaires^; ce ne sont pas les plus iutéressants au point de vue où nous nous plaçons actuellement. Ce qui joue au contraire un rôle de premier ordre dans la production des manifestations conscientes, ce sont les parties de la surface de notre corps par lesquelles nous sommes sensibles aux mouvements divers qui se passent hors de nous, et que nous arrivons ainsi à connaître. Ces surfaces sont appelées sensorielles.
Chacune des surfaces sensorielles est apte à entrer en mouvement sous l'influence d'une activité extérieure. Par exemple, la surface sensorielle est dite visuelle si elle est impressionnée par les radiations du spectre visible.
Le plus souvent, ces surfaces sensorielles sont surmontées du côté de l'extérieur par des appareils spéciaux, formés de tissus de l'individu, et qui réalisent une transformatiop , une concentration des radiations ambiantes avant que ces radiations arrivent à la surface sensorielle proprement dite. Ainsi l'œil possède des milieux réfringents qui déterminent, par concentration des rayons lumineux, la formation d'images sur la rétine : Toreille possède des appareils de conduction et de résonance sonore qui amènent les sons jusqu'à la surface auditive proprement dite.
(1) Traité de hiologie, chap. X.
LA CONTINUITÉ PROTOPLASMIQLE 133
Les surfaces sensorielles sont en rapport de continuité protoplasmique avec des centres nerveux; c'est pour cela que leur mise qji traiii sous rinfluence des activités extérieures détermine dans l'ensemble de Têtre psychique des éveils de conscience. Les théories sur Torigine des espèces ont fait comprendre comment les organes des sens se sont différenciés et adaptés, chacun pour son compte, à leurs fonctions spéciales ; nous n'avons pas à revenir ici sur ces questions d'ordre objectif*; nous devons seulement nous demander comment, les choses étant objectivement ce qu'elles sont, il en résulte que l'homme connaît dans une certaine mesure les événements extérieurs.