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DANS L'INCONSCIENT

Je suppose pour un instant, ce qui n'est pas réalisable chez les êtres supérieurs, mais peut l'être plus ou moins chez les organismes simples, que nous sachions répéter pendant longtemps exactement les mêmes conditions autour d'un animal donné. Tous les B successifs seront identiques et déiiniront sans cesse le même organe dans les contours successifs de l'individu A. Il arrivera un moment où cet organe, fortifié sans cesse par la même assimilation fonctionnelle prendra dans l'individu une consistance définitive indépendante des contingences ultérieures.

La fonction définit l'organe, nous venons de le voir. La fonction crée l'organe, quand elle se répète souvent identique à elle-même.

Voilà l'exposé ordinaire de la loi d'habitude.

On lui donne souvent des expressions différentes; on dit par exemple qu'un acte intellectuel souvent répété, conduit à la formation d'un instinct ^

c'est-à-dire d'un mécanisme fixe. Cette nouvelle formule est encore purement objective, car. je Fai montré ailleurs^, il est facile de donner une définition purement objective de l'instinct et de Tintelligence.

Mais on dit aussi, pour Tavoîr observé sur soimême, qu'un acte souvent répété devient inconscient ; ici est le mélange de subjectif et d'objectif qui doit justement résoudre la question que nous nous sommes posée.

Prenons les choses au pied de la lettre, nous comprenons immédiatement en comparant les différentes formules précédentes que, ce qui éveille la conscience, ce sont les phénomènes qui s'accompagnent d'une variation. Une fois construit définitivement, l'organe d'une fonction accomplit inconsciemment cette fonction.

Le fonctionnement ne s'accompagne de conscience que tant que se produit une adaptation par assimilation fonctionnelle, c'est-à-dire par assimilation accompagnée de variation. Quand l'adaptation est terminée, tant qu'aucune variation nouvelle n'intervient, l'organe fonctionne inconsciemment.

J'ai employé le mot organe dans un sens très général, puisque l'organe comprend à chaque instant tout l'organisme étudié. Un langage vraiment rigoureux ne permet pas de séparer dans un

(1) Le Déterminisme biologique,

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organisme qui est un, des organes partiels séparés les uns des autres.

Cependant, dans certains cas, il y a des parties de l'organisme qui semblent suffisamment à Tabri des influences extérieures pour pouvoir être, avec une approximation suffisante, considérées comme des mécanismes à part. On peut dire, par exemple que le cœur fonctionne dans Tanimal ; sa fonction restant toujours la même, est devenue machinale et inconsciente. Mais si un trouble circulatoire nécessite de lui un fonctionnement différent, si, par exemple, ses contractions doivent être plus prolongées, il devient douloureux et il grossit.

L'animal, considéré dans son ensemble, ne saurait fonctionner sans cesse identiquement ; ses relations avec le milieu sont trop complexes, et d'ailleurs, elles changent par suite de ses fonctionnements mêmes.

Au lieu de prendre maintenant l'animal dans son ensemble et le milieu dans son ensemble, consi* dérons un cas où, dans un milieu forcément complexe, un facteur important pour l'animal est séparable de l'ensemble.

§ 9.- ORGANE PARTIEL ET FONCTiON PARTIELLE.

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