Annalen der Physik, N. F. XXXIX, HO
D'après Zonaras, auteur byzantin, Proclus aurait répété cet incendie au vi^ siècle, dans le port de Constantinople, sur la flotte des Goths, dirigée par Vilalien, révolté contre l'empereur Anastase. La filiation de ces récits est incontestable et elle montre combien un semblable emploi des miroirs avait frappé l'imagination populaire. L'écho s'en retrouve dans le Traité des miroirs* de Roger Bacon, prompt à accueillir tout récit propre à exalter le pouvoir merveilleux de la science ^ Avec douze miroirs de ce genre, dit-il, on pourrait chasser les Sarrasins sans effusion de sang.
Peut-être ne jugera-t-on pas superflu de rappeler les motifs qu'on est autorisé à invoquer à l'appui de la réalité de l'opération accomplie par Archimède; opération dont Kircher et Descartes ont contesté la possibilité, mais à tort, pour s'être attachés exclusivement à l'emploi des miroirs concaves et faute d'avoir connu la véritable disposition des miroirs susceptibles de l'accomplir. On sait en effet que Buffon l'a démontrée par des expériences positives et que la publication des textes d'Anthémius a mis ces dispositions en pleine lumière ; Peyrard, éditeur d'Archimède, en a donné en 1807 un commentaire plus complet encore.
\. Trataclus de Speculis, dans l'ouvrage Perspectiva, p. 202, Francfort, 1614.