‹ Science et libre penséeChapitre 34 sur 68 · Opus ter Hum, chap. xxiii, Opéra inedila, London · texte numérisé non relu

Opus ter Hum, chap. xxiii, Opéra inedila, London

Parmi les auteurs parvenus jusqu'à nous, ceux qui ont mentionné d'abord l'emploi des miroirs ardents par Archimède sont Lucien, dans une phrase générale :

(Hippia),

et Galien, dans une ligne plus catégorique quant à

l'emploi des miroirs ardents :

OlfJLat. xal 'ApyipLr^Syjv cpaal Sià twv t^'J^'mv £p.-p'/^- (xai Taç Twv TioXspi'lwv Tpivîps^.

Plusieurs auteurs postérieurs en ont parlé depuis . Cependant ni Polybe ni Plutarque ne les mentionnent; peut-être parce que la tentative d'Archimède produisit plus de frayeur que de destruction efficace.

Le procédé qui dut être employé, signalé un peu confusément par Tzetzès, a été décrit de la façon la plus rigoureuse par Anthémius de Tralles, l'un des plus célèbres ingénieurs byzantins et l'architecte de Sainte-Sophie. Il est contenu dans un fragment de son Traité sur les paradoxes de la mécanique. Ce fragment a été publié, traduit et commenté par Dupuy, dans les Mémoires de V Académie des inscriptions^ tome XLII (1776-1779). L'auteur se propose d'abord et résout le problème de l'héliostat, qui consiste à diriger et à faire tomber en un point donné un rayon solaire constant et invariable, à toute hauteur et en

loule saison. Puis il cherche comment Archimède a dû opérer pour enflammer des matières combustibles à l'aide des rayons solaires et à la portée du trait. Il observe que le but est difficile ou impossible à atteindre par l'emploi d'un miroir sphérique concave, ce miroir ne pouvant agir en toutes directions et devant offrir de trop fortes dimensions pour opérer à de telles distances : ce sont précisément les objections de Descartes. Et cependant, ajoute Anthémius, on s'accorde unanimement à dire qu'Archimède brûla les vaisseaux ennemis par le moyen des rayons solaires. Anthémius explique, d'après une construction géométrique rigoureuse, comment ce problème peut être résolu au moyen d'un miroir plan hexagone, articulé sur ses côtés avec six autres miroirs également hexagones et dont on fait varier convenablement les inclinaisons relatives. C'est celte disposition que Tzetzès décrivit plus tard, d'après Anthémius. L'emploi de plusieurs miroirs plans, disposés de façon à faire converger les rayons sur un point unique, est également signalé comme dû à Archimède et Anthémius, dans le ms. latin 9335 (fol. 86 r.) de la Bibliothèque nationale. En 17/i7, Buffon, qui ne connaissait pas le texte encore inédit d'Anthémius, réalisa l'expérience par une combinaison parabolique de miroirs plans et il enflamma des planches, à une dislance de 200 pieds.

On voit, par cet exposé détaillé, comment les expériences scientifiques réelles des Grecs ont donné naissance aux légendes populaires de l'Egypte copte, légendes contemporaines des calculs et exposés précis des géomètres byzantins.

Terminons par une application légendaire des miroirs, d'un caractère tout différent. Il s'agit de leur emploi à prévoir l'issue des maladies ou celle d'un voyage. C'étaient là des questions essentiellement astrologiques ; divers procédés étaient usités en Egypte pour les résoudre. Tels sont, notamment, la sphère de Démocrite et les cercles de Petosiris, dont j'ai enregistré ailleurs* les figures photographiées. Mais les solutions contenues dans ces figures reposent sur des calculs et des tracés auxquels un miroir n'est pas d'ordinaire consacré. Il devait y avoir quelque autre cérémonie ou indication astrologique, fournie par ces miroirs.

Les statues parlantes et mouvantes, les oiseaux et les serpents de métal animés, sifflant et chantant, sont au nombre des merveilles de l'Egypte, dont notre auteur a conservé le plus vif souvenir. Reproduisons d'abord ses citations, puis nous les comparerons avec les textes extraits d'Héron d'Alexandrie.

Page 1