Voir mon Alchimie arabe, p
3. Voir mon Histoire de la Chimie au moyen âge, t. I, p. 144.
apparaît seulement dans les textes alchimiques arabes; je l'ai retrouvé dans les traditions arabicolatines du Livre du Senior Hadith {Theatrum Chemicum, t. m, p. 15, 16, 11/i) et je l'ai rapproché de Marcus Grsecus, auteur du Liber ignium, ouvrage traduit de l'arabe, mais qui semble remonter à une source grecque {Histoire de la Chimie du moyen âge, t. I, p. 89). On y lit des recettes de matières phosphorescentes, celle d'une lampe à niveau constant (perpétuelle), diverses autres, empruntées au Pseudo-Gallisthène, et d'autres congénères de celles que j'ai relevées plus haut.
En cet ordre, je dois encore signaler dans r Abrégé des Merveilles l'indication de certaines idoles incendiaires, formées de cuivre creux, remplies de goudron et vomissant le feu. La désignation du goudron témoigne, comme dans la plupart des légendes que j'ai citées, l'intervention de certaines données scientifiques. Or la description de ces idoles rappelle d'une manière frappante celle de l'idole slave Entpustend, que j'ai décrite dans mon élude sur Papin {Science et Morale, p. /i86). C'était une statue de bronze, creuse, remplie d'eau et placée sur un brasier; elle était réputée vomir des flammes sur les ennemis des prêtres wendes du dieu Perkunas. Il paraît que cette idole existe encore au château de
Sondershausen en Allemagne. Sa construction initiale se rattachait sans doute à quelque tradition scientifique venue de Byzance.
Voici, pour terminer, un récit de V Abrégé des Merveilles qui nous raconte la tentative faite par le calife El-Mamoun, au ix® siècle, pour rechercher dans les Pyramides les secrets des sciences qu'on y supposait cachés. Si je la relate, c'est parce qu'elle renferme la description méthodique des moyens employés par les anciens pour creuser des mines à travers les rochers. La pierre, dit notre auteur, fut d'abord calcinée à l'aide du feu, puis éclatée par une affusion de vinaigre, frappée avec des béliers, et les débris déblayés avec des pieux de fer. En fait, c'est là le détail même des procédés, réputés à tort chimériques par des historiens ignorants des xvii^ et xviii" siècles, à l'aide desquels Annibal se fraya une route à travers les Alpes; ainsi que je l'ai établi par une étude approfondie des procédés employés par les exploitants des mines dans l'antiquité K