SUR LA DÉFINITION DE L'ALIMENT
y entretenir la chaleur et les travaux nécessaires au maintien de l'existence; mais il faut aussi faire intervenir dans la nutrition des substances capables de remplacer les matières usées par ces travaux, les déchets de nos organes actifs.
La définition de l'aliment ne saurait donc être établie d'après une seule propriété : elle devrait comprendre l'ensemble des corps simples et composés, régénérateurs de chaleur, et des principes immédiats qui concourent aux phénomènes physiologiques. Or je ne voudrais pas risquer à cet égard aucune définition absolue.
Comme il arrive souvent dans les sciences naturelles, il faudrait faire une description et une énumération, plutôt qu'une définition simple; dire, par exemple, que l'alimentation complète exige un certain nombre de substances fondamentales, susceptible de répondre à un ensemble de conditions biologiques.
L'isodynamie, notion exacte au point de vue de la thermogénèse, ne correspond pas exactement au point de vue alimentaire; pas plus que les tableaux que l'on calcule d'après ce principe. 11 faudrait à la fois la préciser et la rectifier, en introduisant dans la définition de l'aliment, la conception, parfois bien obscure, — je le reconnais, — des matières susceptibles derégé-
nérer chacun de nos tissus importants et organes essentiels.
Les découvertes récentes relatives aux sécrétions internes ont montré combien est difficile le problème ainsi posé. Vous savez mieux que moi d'ailleurs, que ces matières ne sont pas les mêmes pour tous les individus humains, sans aller jusqu'aux animaux : les aliments des uns sont souvent nuisibles aux autres. Il y a une certaine convenance complémentaire et adaptation entre la qualité des sécrétions de chacun et celle des aliments qu'il est apte à digérer. 11 faudrait faire tout un livre pour donner avec rigueur la définition, ou plutôt l'ensemble des définitions des aliments.