‹ Science et moraleChapitre 27 sur 50 · HISTOIRE DE L'INSTITUT · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'INSTITUT

plus ;ï Alexandrie, qu'à Florence, à Londres ou à Paris, pris riniliative des progrès de Tcsprit humain : Tiniliativc est chose individuelle.

Or, dans tous les temps aussi bien qu'aujourd'hui, les Académies n'ont guère appelé dans leur sein les auteurs des grandes découvertes que vers le milieu, sinon sur le décUn de leur vie, alors que leur réputation était déjà consacrée par Topinion. Les Académies étaient surtout destinées à constater les vérités acquises et à les sanctionner par leur jugement.

Mais ce jugement, elles n'en ont môme plus Tinitialive : la multitude des hommes adonnés aux sciences, s'étant accrue, a cessé d'être contenue, soit en actualité soit en puissance, dans les cadres étroits des Académies. Ils se sont groupés en sociétés spéciales, et c'est là que les questions se discutent. Je ne voudrais rien (lire qui pût offenser mes confrères. Mais je ne crois pas que les Académies des sciences de la nature, ou de l'histoire, aient jamais tracé à l'avance le plan d'une découverte, ou introduit par leurs propositions collectives une idée originale. On a mémo souvent reproché à quehiues-uns de leurs membres leur résistance obstinée aux nouveautés. Je ne sais si l'Académie française a conservé sur la langue cette autorité bénévole, que les lypoLTaphes lui maintiennent encore artillciellement,

jus(iu'au jour où ils refuseraient de la suivre dans ses

innovations mal jusliliccs. Je ne sais si l'économie politi(|iie, la piiilosopliie et la morale, letles qu'elles sont praiiquécs aujourd'hui, ne sont pas en dehors des cadres de noire Compagnie, quelles qu'aient été son excellence originelle et sa bonne volonté permanente. I/évolution incessante de l'esprit humain déborde peu à peu tous les cadres dans lesquels on a cherché à la contenir. Et nous sommes peut-être les derniers représentants d'un respect (|ui s'éteint partout et «l'une autorité qui s'évanouit.

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