‹ Science et nature: essais de philosophie et de science naturelleChapitre 13 sur 19 · YOLONTÉ^^ET LOI NATURELLE · texte numérisé non relu

YOLONTÉ^^ET LOI NATURELLE

Aussi ne pouvons-nous arriver à là connaissance de la loi morale que par la voie de Vexpérience : le naturel et le moral coïncident ensemble^ et le sentiment et Tinclination sont les sources de la vertu.Quant à ce que, dans la nature, le falloir seul et, dans le monde moral, le devoir seul dominent, c'est un préjugé traditionnel : dans tous deux, domine le falloir conditionnel. Il n'existe, ni hommes d'une vertu poussée jusqu'à l'héroïsme, ni hommes essentiellement scélérats (de la nature de ceux qui ont été représentés quelquefois par les poètes exaltés et manquant d'une connaissance réelle du cœur humain), mais seulement des êtres mixtes qui, suivant les conditions dans lesquelles ils vivent, agissent d'une manière ou d'une autre. Si nous modifions donc ces conditions^ nous changeons aussi le résultat, et nous sommes ainsi en||état de diminuer les crimes qui proviennent bien plutôt d'une maladie et d'une erreur que d'une culpabilité positive. La société qui poursuit un crime avec tant de dureté et si peu d'indulgence, ferait certainement bien mieux de mettre la main sur sa conscience et de se proposer la question de rechercher par quelle circonstance et par quelle faute elle est elle-même la cause du crime commis envers elle. Non-seulement des catégories entières de crimes, par exemple, l'infanticide, les délits politiques, etc. , sont une conséquence presque immédiate de conséquences sociales déterminées; mais même, dans la lamentable histoire de tout criminel considéré isolément, ces influences peuvent être démontrées jusqu'à une évidence presque incroyable. S'il est impossible d'imaginer un état de la société dans lequel tout crime serait rendu impossible, on peut à peine nier que, du moins, on puisse en imaginer un dans lequel le nombre des crimes serait réduit au minimum par la suppression des causes qui les produisent. Une philo-

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