‹ Science et nature: essais de philosophie et de science naturelleChapitre 3 sur 19 · DE LA VIE DE L'AME DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

DE LA VIE DE L'AME DES NOUVEAU-NÉS

et que c'est seulement au bout de plusieurs jours qu'ils apprennent à attirer le lait avec force et avec succès ; enfin qu'il y a des enfants peu adroits qui n'y arrivent jamais d'une manière convenable. L'exemple que nous venons de citer, est un exemple très-instructif de ce fait que les excitations mécaniques des nerfs n'éveillent que peu à peu dans Tenfant les premières traces encore obscures d'une sensibilité et d'une faculté de se faire une idée des choses, suivies d'un acte de la volonté, comme étant la conséquence d'une certaine expérience et d'impressions extérieures continues sur le cerveau de l'enfant; et qu'il doit être question ici de prédispositions plus ou moins faciles à exciter, mais non d'idées innées. Combien ces points de vue, acquis avec l'aide de considérations objectives, s'éloignent des idées des philosophes que Kussmaul croit devoir citer à l'occasion de la mention qu'il fait du cri des enfants nouveau-nés I L'auteur définit avec raison le cri des enfants nouveau-nés immédiatement après leur naissance comme étant la conséquence de l'impression pénible et inaccoutumée de l'air froid extérieur sur la surface du corps de l'enfant, et s'il y a dans ce cas quelque chose qui puisse provenir de la vie psychique, ce n'est assurément que la sensation trèsobscure et très-directe de la douleur ou du déplaisir. Le philosophe Hegel voit au contraire «dans le cri de l'homme nouveau-né une révélation de sa nature élevée». «Par cette mise d'idées en activité, l'enfant se sent immédiatement pénétré de la certitude qu'il a un droit d'exiger du monde extérieur la satisfaction de ses besoins, que la substantialité du monde extérieur vis-à-vis de l'homme est de nulle valeur. De là l'emportement mutin, impérieux I )) L'hégélien Michelet désigne au contraire le cri du nouveau-né comme étant Vkorreur qu éprouve l'esprit

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