DE L'HISTOIRE DE LÀ CRÉATION ET DE LA DESTINATION DE L'HOMME
(Prof. Baumgàrtner, de Fribourg : SchÔpfungsgedanken. Vhynologische Siudien fur Gebtldete; Idées sur la création. Etudes physiologiques destinées aux gens instruits. Au,d,T. Blicke in das AU.; Aperçus généraux. Fribourg^ dans le grand-duché de Bade, Wagner.)
Nous nous trouvons encore ici en présence d'un livre qui, à côté de quelques éclaircissements de sujets physiologiques^ fait la tentative de saisir sous des points de vue naturels et ici surtout physiologiques la production et la continuité de la production du monde organique et surtout du monde animal^ et de déduire en même temps des résultats obtenus une idée relative à la destination de rtiomme et du genre humain! M. Baumgàrtner, professeur de médecine à Fribourg dans le grand-duché de Bade, énonce comme étant un fait parfaitement établi, a que 1 monde animal dans les différentes périodes de la création, pendant un espace de temps de plusieurs millions d'années, s'est avancé en suivant différentes séries marchant parallèlement les unes à côté des autres vers des degrés de développement plus élevés, de telle sorte qu'il est sorti de ce qui existait quelque chose de plus élevé matériellement». Cette loi n^a point eu seulement, suivant M. Baumgàrtner, de l'effet dans le passé, mais elle en a encore aujourd'hui : le genre humain actuellement vivant pourra
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donc dans l'avenir devenir la base fondamentale de créa* tures d'une organisation encore plus élevée.
Ces idées prises dans leur généralité ne sont pas non* Telles, ainsi que tout le monde le sait bien. Mais ce qui est nouveau, c'est ce que l'auteur, s'accordant en cela avec des idées qu'il a exprimées déjà antérieurement en public, apporte de documents sur le développement organique dans le monde primitif et sur ses lois en particulier. 11 émet la prétention de pouvoir donner une réponse défini* tive^ fondée sur une base physiologique, à la question qui, ainsi qu'on le sait, vient encore se ranger toujours jus« qu'ici au nombre des questions non résolues en histoire naturelle, et à laquelle on n'a toujours essayé jusqu'ici de ' répondre que dans ses traits les plus généraux. Dans une subdivision intitulée « Histoire de la création », les transeformations de germe ou les alternatives continues de génération qui se rencontrent dans les soi-disant^'oe^r^ de ta créa-tion, sont considérées comme la dernière cause de ce développement organique. Ni les animaux, dans l'opinion de Baumgilrlner, ne peuvent être produits directement par les éléments^ ni même par les substances organiques du règne végétal; ni la cause de leur production ne peutêtre trouvée dans une augmentation insensible de l'intensité de la force créatrice (Bronn)^ ni dans une transformation ou une métamorphose insensible (Lamarck, Geoifroy-Saint-Hilaire), qu'elle soit la cause d'influences extérieures ou de lois intrinsèques de formation. La cause de cette production réside plutôt dans des transformations régulières des germes^ par suite desquelles les animaux plus étevés peuvent être produits par des germes qui proviennent d'animaux inférieurs. Mais les animaux tout à fait inférieurs eux-mêmes sont produits par de soi-disant cellules primordiales ou masses destinées à prendre forme, com-
munes aux germes des animaux et des végétaux. Dans ces masses de gecme^ il s'effectue une scission ou polarisation par suite de laquelle, d'une part, la vie végétale et, d'autre part, la vie animale, seraient obtenues. Au commencement, il ne se forme que des animaux excessivement simples, d'une organisation à peine plus élevée que celle des cellules. Mais plus tard, par suite de scissions toujours nouvelles en germes d'une organisation toujours plus élevée à côté de masses primordiales destinées à prendre forme qui se renouvellent toujours, le monde organique s'est constitué et a progressé jnsqu'au degré actuel dans le cours de périodes séparées de création ou de grandes révolutions de la terre dont BaumgSlrtner admet un nombre de 30 à 60. Dans la première période de la terre, les organismes tout à fait inférieurs peuvent seuls avoir vécu ; dans la seconde, les animaux mous de la nature des polypes, des méduses, etc., etc. Il n'a donc pas existé seulement une série unique de développement, mais il est venu s'en ranger plusieurs les unes à côté des autres. Ainsi donc les germes primordiaux simples.se sont seuls formés directement aux dépens des éléments, tandis que toutes les plantes et tous les animaux proprement dits sont redevables de leur production à une transformation successive de ces germes. Les animaux qui respirent dans l'air et les hommes doivent avoir d'abord vécu à Yétat de larves. En ce qui concerne en particulier Isl production de Vhomme^ BaumgSlrtner considère comme probable que les germes qui ont servi à sa production provenaient de différents animaux,' ce qui peut en même temps être devenu la cause de la différence des racesy et il ne considère même pas comme nécessaire, dans sa théorie, d'admettre que les singes aient été pour les hommes les soi-disant fournis- "seurs (le germes. 1
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A l'époque actuelle, il n'y a plus, suivant Baumgilrtner, aucune nouvelle production d'animaux, d'où l'on doit conclure que les influences productrices sont de nature périodique. A la question de la provenance de ses influences, Tauteup répond seulement par des conjectures sur le détail de ce qui a dû se passer, et veut faire considérer l'acte de la création en général, au point de vue de la philosophie de l'histoire naturelle, comme étant un procédé de fécondation de lai terre.
Une place encore plus grande est accordée à cette opinion fondée sur la philosophie de l'histoire naturelle dans une subdivision du livre dans laquelle l'auteur jette un coup d'œil sur les « procédés de développement dans iouiVumYers{Entwickelungsvorgaenge im AU), » et s'efforce de trouver des analogies entre la production des corps célestes et la production des germes organiques. La transformation de masses nébuleuses informes en corps cé^ lestes doit, suivant lui, avoir lieu d'après les mômes lois que la production et la métamorphose des cellules. L'ensemble de l'univers est un organisme dans lequel éioiles et cellules remplissent un rôle entièrement semblable ou analogue, et passent par les mômes polarisations. Une grande partie des étoiles (de môme que les corps organiques) doit s'être formée par la scission de masses communes destinées à prendre forme et de corps célestes déjà formés. Dans tout l'univers, il s'opère toujours des polarisations qui se renouvellent sans cesse : s'il n'en était pas ainsi, le monde, suivant BaumgRrtner, devrait se ras* sembler peu à peu en une seule masse. Comme cela ne s'est pas effectué depuis une éternité déjà et comme on ne peut pas non plus admettre que, «à la limite du système du monde», il se trouve des corps solides qui exercent une attraction sur les corps célestes et les main-
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tiennent ainsi dans leur situation respective» il ne reste plus rien autre chose que Thypothèse indiquée précédemment* La marche du développement de notre terre est aussi un mouvement ascendant d'organisation, se rat* tachant à de grands courants de développement qui ne se répandent pas seulement sur la surface de la terre, mais qui doivent être en relation avec les mouvements généraux qui se produisent dans Tunivers. La loi du développement régit rensemble. Assurément cette théorie de développement a, d'autre part, comme conséquence nécessaire, l'hypothèse que même les corps célestes isolés n'échappent pas à une dissolution finale et insensible, — une hypothèse qui s'appuie directement sur des observations astronomiques et dont notre terre même ne peut naturellement pas non plus constituer une exception.
A la suite de ces observations, l'auteur place quelques considérations qui sont loin d'être sans intérêt sur la question si souvent débattue^ de savoir si d'autres corps célestes que la terre peuvent être la demeure d'êtres analogues à ceux qui existent sur la terre? Il se décide tout d'abord à admettre que Mercure, Vénus, la terre et Mars doivent, d'après leur constitution physique, être en état de porter des êtres semblables ou tout à fait analogues* Le soleil doit aussi présenter cette possibilité en ce qui concerne son noyau^ bien que les êtres doivent être d'une organisation plus anormale. Jupiter et Saturne aussi, peutêtre même Uranus et Neptune, doivent être habités^ bien que par des êtres d une organisation tout autre^ qui sont constitués par des matières beaucoup plus subtiles et moins denses. Des habitants doivent du reste, suivant Baumg&rtner, y exister déjà dans tous les cas par cette raison que^ s'il n'y en avait pas, on devrait douter de la conformité de la nature au but proposé.
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L'auleur ajoute ensuite^ d'après Arago, quelques calculs intéressants sur retendue des espaces célestes, tels que nous les présente Tastronomie^ en tant toutefois que celte étendue est accessible à nos calculs. Ainsi la lumière qui fait, ainsi qu'on le sait, k^ 000 milles dans une seconde^ devrait être environ un million d'années en route pour arriver jusqu'à notre terre et par suite à notre organe visuel, en partant d'un des anneaux nébuleux les plus éloignés que le télescope fasse apercevoir. Il pourrait arriver qu'un tel anneau nébuleux eût cessé d'exister ou eût disparu depuis un million d'années déjà ou un temps plus court, sans que nous cessions de le voir, tant que le dernier rayon de lumière qu'il nous aurait envoyé^ n'aurait pas encore accompli la route presque infinie qu'il lui faut parcourir pour arriver jusqu'à nous.
Tout cela conduit l'auteur à une opinion particulière sur la destination de Vhomme que la théorie qui prévient toute espérance, doit écarter, que la destination finale de l'homme ne doit être autre que de se résoudre en ammoniaque, en acide carbonique et en eau, et de servir ainsi à la nourriture de nouvelles plantes et de nouveaux animaux. La loi naturelle d'après laquelle une progression continue s'opère dans la nature de Tôlre inférieur à l'être plus élevé dans le cours de milliers d'années, doit^ d'après Baumgllrtner, être continue et recevoir son application au delà de l'homme. Lu période actuelle de création sera suivie d'une nouvelle période pareille et d'un degré de développement plus élevé du genre humain. Ce développement doit pouvoir s'étendre môme au delà du temps et de l'étendue delà terre, puisque, ainsi que cela a été démontré^ la possibilité et même la probabilité d'un épais^ sissement ultérieur et d'une fin ultérieure de la terre existe réellement. Qomme non-seulement l'bomme, mais aussi
le genre humain et rhumanité môme^ meurent, la destination de rhomme doit être recherchée absolument en dehors de la mort même. Cette nécessité conduit Tauteur à exposer une théorie absolument artificielle d'actions matérielles réciproques entre la terre et les autres corps de l'univers par suite desquelles les parties organiques de la surface de. la terre doivent pouvoir être attirées pour être employées ultérieurement à d'autres corps de l'univers. Toutefois ce qui se sauve ici, ce ne doit pas être le corps^ mais ce doit être Vâme, Relativement aux questions qui viennent nécessairement s'adjoindre ici, de savoir si l'âme peut conserver une existence en dehors du corps qui la procrée et être amenée à un développement ultérieur, si l'âme est 'substantielle ou matérielle, comment en général tout ce développement ultérieur se fait et quel est le dernier but de tous ces mouvements^ l'auteur se prononce plutôt par des questions que par des réponses. Mais dans tous les cas, d'après son opinion définitive, il doit exister une force pensante à laquelle les lois naturelles elles-mêmes et le dernier principe de toutes choses doivent être ramenées et que nous appelons Dieu. Une conception précise de ces idées est impossible. Dieu et la nature ne sont pas pour lui^ comme pour tant de naturalistes, d'égale importance ; une âme universelle n'est pas pour lui un Dieu. Partout il règne dans la nature une uniformité de plan qui nous fournit la preuve d'une forme immatérielle qui embrasse le tout. L'homme doit se livrer à une pure vénération de Dieu.
Il est difficile d'émettre en peu de mots un jugement sur un travail qui réunit en lui tant dépeints de vue nouveaux et de points de vue surannés, tant de points de vue ingénieux et susceptibles de stimuler notre esprit avec tant d'idées chimériques et impossibles à défendre. Du résunoé
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si court que nous avons donné, le lecteur attentif con*» dura aussi que Tauteur tire le point de départ qui met ses idées en mouvement, en partie des points de vue de hï science naturelle moderne et surtout physiologique, en partie des points de vue de la philosophie naturelle ancienne. Une réunion de ces deux points de vue est une chose fâcheuse à l'époque où la philosophie naturelle a presque élé sacrifiée à la science naturelle. L'auteur saisit bien précisément avec un tact parfaitement juste ces points qui constituent surtout la difficulté dans un examen philoso* phique de la nature et qui, comme chacun le sait, ont donné jusqu'ici le plus d'occasions à des contestations; mais en leur répondant, il va bien plus loin que ne le permet l'état actuel de nos connaissances en histoire naturelle. Sa théorie de la scission des germes est plutôt une théorie qu'un fait et se trouve jusqu'ici tout à fait isolée dans la littérature scientifique. La géologie de date plus récente devait aussi se montrer en moins bon accord avec cette théorie, parce qu'elle ne reconnaît plus les trente ou quarante grandes révolutions ou révolutions générales de la terre qui servent de fondement nécessaire à toute la théorie. L'idée que la métamorphose et la progression dans le développement du monde animal proviennent de changements continus dans la génération ou de transformations de germes, bien qu'elle ne soit pas nouvelle à ce point de vue général^ est cependant très-féconde en elle-même, et peut-être les recherches, en se poursuivant, viendront, dans un temps qui n'est pas trop éloigné, lui apporter des bases plus positives qu'elle n'en possède actuellement et que M. Baumgârtner ne peut lui-môme lui en donner (1). Dans tous les cas, il est plus méritoire
(1) Depuis que les lignes précédentes ont été écrites , un de nos savants les plus distingués^ M. le professeur Kôlliker de Wiirzbour^% se
de î'dwc des efforts pour expliquer le mieux possible ces questions et ces relations à des points de vue scientifiques que de les abandonner simplement à une superstition mythique. S'il est vrai de dire, d'une part, que quelques points de vue sont mis en lumière trop tôt et prématurément, d'autre part Tétude en est ainsi encouragée et Ton peut entrevoir les voies principales que Ton doit suivre pour se porter en avant. Sur ce que la production et la continuité de la production du monde organique a pu ne devoir son origine autrefois, comme aujourd'hui, qu'à des causes et à des lois naturelles propres aux choses ellesmêmes, les naturalistes qui réfléchissent et qui ne sont pas animés de préventions devaient en outre, à l'époque actuelle, être d'une opinion à peu près pareille. Chercher à approfondir ces lois doit donc être considéré dans tous les cas comme un des problèmes les plus élevés de la science, et d'autant plus que les observations remarquables de ces derniers temps^qui se multiplient journellement, paraissent conduire la question plus près de son but définitif. Pourquoi donc l'auteur qui, dans la conclusion de son livre, avoue franchement ses convictions
sentant poussé à cela par la célèbre théorie de Darwin sur la transformation des organismes, et s'appiiyant surtout eur les phénomènes remarquables du soi-disant changement dans la génération {Générations^^ wechsel) des animaux, a, dans le Huit, cherché à expliquer cette transformation par des métamorphoses que subissent, peu à peu, en partie par soubresauts, l'œuf ou le germe. Il désigne la théorie qu'il a établie sous le nom de « théorie de la procréation hétérogène {Théorie der heterogenen Zeugung) » , et admet que la production de tout le monde organique est basée sur un grand plan de développement qui pousse les formes les plus simples vers des développements toujours plus variés. On peut prendre connaissance des détails dans l'opuscule même : « Ueber die Darwin* $che SchÔpfungstheorie », von A, Kolliker (.« Sur la théorie de la création, de Darwin, » par A. KttUiker). Leipzig, Engelmann, 1844. {Remarques de V auteur pour V édition française.)
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religieuses et sa croyance en un Dieu existant en dehors du monde^ recherche-t-il précisément avec tant de zèle une telle solution? Cela reste obscur, puisqu'il lui aurait été assurément plus commode de suivre une route battue et d'aider son histoire de la création à passer par-dessus toutes les difficultés en se servant des modèles bien connus de la théologie et des naturalistes théologistes. Mais ces efforts montrent que le besoin d'explication scientifique a été plus fort chez lui que sa croyance théologique. C'est avec raison que l'auteur appuie particulièrement sur la loi du développement du monde animal qui^ pendant une série infinie d'années et sous l'influence de circonstances dont la connaissance intime nous manquera peutêtre éternellement, a toujours produit quelque chose de plus élevé et de plus parfait, en s'élevant jusqu'à la création finale de l'homme; et s'il a l'opinion que ce développement n'a pas cessé, mais doit conduire, dans sa marche progressive ultérieure, à la production d'une espèce d'homme d'une organisation et d'une capacité plus élevées que l'espèce d'homme qui vit actuellement, c'est une conjecture qui a été exprimée déjà fréquemment avant lui et que l'on admet d'autant plus volontiers qu'elle apporte une certaine satisfaction à la tendance de l'homme vers la perfection. Mais lorsque M. Baumgârtner va jusqu'au point d'élever sur cette conjecture tonte une théorie de la destination de l'homme, la fantaisie joue alors un plus grand rôle que l'intelligence qui examine avec soin. En effet, môme en faisant abstraction de ce que la conjecture, telle qu'elle a été exprimée précédemment, n'est et ne reste toujours qu'une conjecture, une telle destination serait difficilement pour l'homme un dédommagement de la théorie désespérante quïl est destiné à être transformé en acide carbonique, en ammoniaque et en eau, et cela
le préoccuperait avec peine sur son lit de mort de savoir si le genre humain auquel il appartient, revivra de nouveau après des millions d'années sous une forme plus élevée et plus parfaite. Ce que M. BaumgSlrtner considère comme la destination de Tbomme, ne Test réellement • pas; mais elle constitue une destination du genre humain qui, dans ses Ans les plus ultimes et les plus éloignées, est rendue illusoire par ce fait que Tanteur même .se voit forcé d'admettre un épaississement ou une dissolution insensibles de tous les corps célestes, et par suite aussi de notre globe terrestre. Dans le fait, il devient toujours plus probable^ pour celui qui étudie l'histoire naturelle, que, dans tout Tunivers, il n'y a rien de persistant et que chaque entité isolée, depuis Téphémère qui ne vit qu'un seul jour jusqu'aux corps célestes qui subsistent des milliards d'années, s'est tirée avec effort du sein général de l'univers pour y retourner finalement et pour y rapporter son atome éternel, indestructible, afin qu'il serve à l'édification de nouveaux mondes, de nouveaux êtres naturels; Quant au fait qu'un tel sort étant celui de notre terre, cette dernière doit entraîner dans sa perte le genre humain qui vit à sa surface, il se comprend par lui-même, et la théorie artificielle de l'auteur basée sur la possibilité d'une actioa réciproque de la terre et des autres corps célestes par laquelle les germes organiques, devenus plus parfaits, doivent subir dans d'autres localités leur développement ultérieur, ce n'est qu'une théorie qui manque de toute base expérimentale. A peine pourra-t-on jamais imaginer de cette manière quelque chose qui soit admissible sur la destination de l'homme, et de tels essais prouvent seulement combien est grand le manque de points d'appui positifs pour ceux qui croient devoir chercher la destination de l'homme en dehors de l'homme môme. Celui qui n'est