CHAPITRE II LE ROLE DU NOMBRE DANS LES SCIENCES
Laissons de côté le pur idéaliste, pour qui rien n'existe que sa propre pensée : abandonnons-le au rêve qu'il poursuit dans sa solitude, de la naissance à la mort. Pour les autres que cet homme-là, il y a quelque chose qui n'est pas eux, il y a un univers dont ils sont une partie quelque peu distincte. Distincte, dans quelle mesure ? On ne s'attend pas à ce que je réponde à cette question , ni que j'essaie, après tant d'autres, d'éclaircir ou d'obscurcir le problème de la personnalité humaine : je veux dire seulement quelques mots sur la façon dont les hommes connaissent (ou croient connaître) le monde extérieur.
C'est nous et nos états de conscience que nous connaissons directement. : nous constatons dans ces états des persistances, des ressemblances et des différences : il reste à admettre que ces états de conscience correspondent au monde extérieur, aux phénomènes qui persistent, qui se ressemblent, qui diffèrent. Cette correspondance, si elle était parfaite, serait telle qu'à chaque différence dans le monde extérieur répondît une différence* dans notre pensée, et réciproquement ; alors, notre pensée, où chaque phénomène viendrait se peindre, équivaudrait, en un certain sens,