chapitre; IV
LA PHILOSOPHIE DE M. HENRI POINCARÉ'
Ces deux volumes, dont le second vient de paraître, dont le premier date de trois ans à peu près, se complètent l'un l'autre ; quelques-uns diront peut-être que le second corrige parfois le premier ; je ne crois pas que cela soit vrai : c'est bien toujours la même pensée, parfois plus claire et présentée avec plus de détails; mais l'auteur n'a rien à renier de ce qu'il a écrit, et il peut dire, non sans quelque allégresse : « Eh bien, j'avais raison autrefois, et je n'ai pas tort aujourd'hui. »
On s'est parfois effrayé de son scepticisme ; il secoue toutes les conventions, bouscule ceux qui dormaient dessus, dans une pose solennelle; il cogne joyeusement sur les principes, pour entendre s'ils sonnent creux ; il n'a aucun respect pour les coffres-forts, avant d'avoir regardé dedans et examiné curieusement les titres qu'ils contiennent ; peut-être s'est-il amusé parfois de la mine effarée des gens qu'il a éblouis en jetant une lumière trop vive sur la relativité de nos connaissances. Ce n'est point un sceptique : « La recherche de la vérité doit être le but de notre activité ; c'est la seule fin qui soit digne d'elle. »