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l'unité et Timportancede sa doctrine. Il est, je crois, impossible de la résumer sans la mutiler et je ne m'y essaierai pas : je préfère renvoyer les lecteurs de cette Revue à deux articles qu'il a publiés ici même et dont l'un est relatif à la logique des sciences ^ tandis que l'autre est plutôt métaphysique ^ Dans ce dernier, il livre le fond de sa pensée sur quelques-uns des plus grands problèmes qui aient préoccupé les hommes . Cette pensée est complexe, car son intelligence était trop critique et trop profonde pour se satisfaire d'aucune solution simpliste ; mais si nul mieux que lui peut-être n'a senti les nuances de la vie intérieure, il n'a jamais eu assez d'orgueil intellectuel pour mépriser la raison. Aussi sa métaphysique ne pouvait-elle compter sur les suffrages de ceux dont l'admiration aveugle et hyperbolique n'est déterminée que par le désir secret de voir renverser les idoles modernes au profit des idoles anciennes ; il ne satisfaisait pas non plus ceux pour qui les explications mécaniques de l'univers sont absolument claires et suffisantes; mais, s'il n'avait pas eu l'horreur véritable de toute publicité, s'il ne s'était pas appliqué au contraire à ne pas se poser en créateur de métaphysique, son nom aurait été vite connu du grand public comme celui d'un de ces philosophes qu'il est de mode d'admirer d'autant plus qu'on les a moins lus. Il n'avait aucun goût pour ce genre de notoriété ; il ne s'était même pas décidé sans peine à ce projet de réunion de ses écrits trop dispersés ; juge toujours trop sévère pour lui-même, il disait volontiers que « cela n'en
1. De la Méthode en mathématiques, Revue du Mois du lo janvier 1908, t. V, p. 5, cet article a été reproduit dans hi Méthode dans les Sciences; on doit signaler aussi comme très important l'article sur le Rôle du nombre dans les sciences {Revue de Paris ^ 1895, t. IV) (ci après p. 11).
2. L'Adaptation de la pensée (Revue du Mois du 10 août 1906, t. II, p. 129) (ci-après, p. 40).