‹ Science et philosophieChapitre 40 sur 68 · fr · texte numérisé non relu

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Donnons encore le chiffre des dépenses matérielles pour Toutillage scientifique inscrit au budget de 1880-4881, en Prusse:

marks.

Kœnigsberg. — Clinique chirargicale. . . . 825.000 Berlin. —Cliniques 1.833.000

— Clinique obstétricale l.&iO.OOO

— Nouveau laboratoire de chimie. 1.033.000 Halle. — Nouveau bâtiment pour Tlnstitut

physiologique 180.000

GœUingen. — On a déjà dépensé 450.000

Pour la bibliothèque, troisième annuité • 200.000

Marbourg. — Chimie 220 . 000

Ce sont là les principales dépenses de construction pour cette année — plusieurs par annuités.

Je n'insisterai pas davantage sur ce premier point, relatif au rôle fondamental de renseignement supérieur dans la prépondérance des peuples civilisés les uns par rapport aux autres.

Il est un second ordre d'idées qui touche d'une façon plus directe aux intérêts de l'instruction générale. En effet, les développements de rinstruclion secondaire et ceux de Tinstruclion primaire sont liés de la façon la plus étroite avec ceux de Tinstruction supérieure, sous le double rapport des maîtres et des doctrines.

Nous n'enseignons pas une science immobile et des dogmes invarlablesi un catéchisme fixé d'une façon définitive. Nous enseignons des sciences progressives et qui se développent continuellement : telle est la matière de l'enseignement dans les écoles de tous les degrés.

. ENSEIGHEHENT SUPËRtEUR. !65

Or, c'est dans les facultés, au Collège de France, an Muséum, dans les observatoires, bibliothèques, collections, musées, instituts pratiques et laboratoires de tout genre que les sciences sont cultivées et effectuent leurs progrès. Fermez les laboratoires el les bibliothètiues, arrêtez les recherches originales, et nous retournerons à la scolastique. Tant vaut l'instruction supérieure dans un pays, tant valent les autres degrés de l'enseignement ; la chose est si bien comprise, que les pays les plus démocratiques, tels que la Suisse, font de grosses dépenses pour leurs universités de Genève, de Zurich et autres.

Ce n'est pas tout.

Nos facultés ne sont pas seulement des instruments de haute culture; mais ce sont aussi les instruments mêmes de l'éducation, les séminaires laïques des professeurs de l'enseignement secondaire. Autrefois l'École normale supérieure en était la principale pépinière; quelques élèves libres venaient s'y joindre. Hais, à cette époque, qni date de dix ans i peine, tes facultés étaient regardées comme devant donner des cours d'un caractère purement académique, attirant un public rare ou nombreux, suivant le talent d" — fesseur; |niais sans qu'il en résultât une util

recte pour renseignement secondaire ou primaire.

Depuis cinq à six ans, tout cela a été changé. Grâce à Tinstilution des boursiers de licence et d'agrégation et des maîtres de conférences, nos facultés sont devenues une nouvelle pépinière, et même la principale, au moins comme quantité, pour la formation des licenciés, agrégés, professeurs de rinstruction secondaire. L'enseignement des facultés répond aux développements nouveaux donnés à l'instruction secondaire et à l'instruction primaire, dont les sujets les plus distingués viennent aujourd'hui alimenter nos auditoires de facultés. Les ressources qui lui ont été attribuées, quoique déjà considérables, ne suffisent cependant pas encore pour fournir un personnel qui alimente complètement les besoins grandissants de l'enseignement secondaire. Il manque près de trois mille licenciés es lettres et es sciences aux lycées et aux collèges, sans parler de l'enseignement libre. Mais, pour former ces professeurs réclamés de toutes parts, il est indispensable de fournir aux facultés les ressources matérielles : outillage et bâtiments.

Le tableau suivant montre les principaux de nos besoins, ce qui a été dépensé, ce qui est en cours d'exécution et ce qui reste à faire :

ENSEIGHEHENT SUPÉRIEUR. 267

De Iftes a mai IS8t, sominet yolées par les

conseils municipaux 31.U6.253 tr.

SubteniioDi de* conteils gtaéranx 430.000

Subventions de l'Elal 15.161.705

TotjiL 46.657.957 fr.

De mii IBSt à man 1883, toDimei Tolées par

tes conicilt municipaux 15.414.Si3 fr.

SnbTention de l'ÉUl 15.3IS.157

Total 30 . 76! . 9iiO fr.

Ces derniers chilTres, ainsi qu'une portion des premiers, se rapportent à des travaux en cours d'exécution. Tels sont :

La faculté des sciences de Marseille, 2 180 000 fr., dont tes deux tiers doivent être fournis par le conseil municipal, un tiers par l'État;

L'agrandissement du palais universitaire de Caen, 100000 fr., fournis par l'Élal;

La faculté des sciences de Clermont, 140000 fr., moitié par la municipalité, moitié par l'État;

Les facultés des sciences et de médecine de Lille, 500 000 fr.

Je cite pour mémoire les facultés de Lyon, qui ont coûté plusieurs millions à la municipalité ;

Les facultés de Bordeaux dont la dépense n'est guère moindre;

La Sorbonne, évaluée i 33 millions, dont moitié

fournie par le conseil municipal de Paris, moilié par l'Étal;

L'École pratique de la faculté de médecine de Paris, 2821 490 fr., même répartition.

Voici maintenant les dépenses à faire :

Collège de France (conatruclion et outillage). 10.000.000 fr.

Ëcole des Chartes 1 .200 000

Mobilier du Muséum. — Laboratoires 5.000.000

École des langues vivantes 1 .500 000

Facultés dp. Lyon I.WoOO

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