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LES CONFÉRENCES DE LA FACULTÉ

Mai 1882.

L^institution des conférences a fonctionné régulièrement et avec un grand succès en 1882, grâce au zèle des professeurs et à l'empressement toujours croissant des élèves. C'est une véritable École normale supérieure libre, qui fait à TÉcoIe normale proprement dite une concurrence très vive, également proûlable aux deux institutions. Elle tend à relever le niveau des études et elle empêche la maison de la rue d'Ulm de s'endormir dans la jouissance d'un privilège dont elle s'est d'ailleurs montrée digne jusqu'à présent. Mais les développements incessants donnés à l'instruction publique, dans tous

ses degrés, obligent à élai^ir les cadres et excitent entre les étudiants, comme entre les professeurs, une émulation féconde pour la science et pour l'enseignement.

Peut-être môme y aurait-il lieu d'étendre cette fructueuse rivalité au delà des limites universitaires. La création des bourses du Muséum a été un premier pas dans cette voie, et il serait utile de tracer dès à présent quelques lignes d'ensemble, afin de permettre à cette création de fournir ses fruits complets, en la généralisant, en l'étendant à tous les établissement d'enseignement supérieur, et en donnant aux professeurs chargés de diriger les nouveaux boursiers le moyen de participer d'une manière efficace, non seulement à leur instruction, mais encore aux examens qu'ils subissent : je veux parler des examens de licence, lesquels forment le contrôle nécessaire du travail des élèves et des maîtres. Ceci pourrait être accordé, sans sortir des règlements, à ceux des professeurs qui sont pourvus du litre de docteur et qui en feraient la demande. On soulagerait ainsi les professeurs de la faculté des sciences, et on trouverait en même temps par là le procédé le plus certain pour prévenir ces directions trop étroites et trop systématiques qui ont été parfois, à tort ou à raison, reprochées à l'enseignement de la Sorbonne.

f94 SCIENCE ET PHILOSOPHIE.

J'ai égalemect visité les baraquements construits Tannée dernière pour fournir aux maîtres de conférences les amphithéâtres et les laboratoires indispensables : expédient fort insuifisant sans doute et qui ne saurait être que momentané, mais dont la nécessité s'impose, tant que les grandes constructions, votées en principe par les Chambres, n'auront pas été exécutées. Leur érection demandera d'ailleurs bien des années. Elle devra être complétée par la reconstruction du Collège de France et elle ne pourra profiter qu*à des générations d'élèves encore éloignées de nous par leur âge. En attendant, il faut pourvoir aux nécessités présentes, au jour le jour; c'est à ce point de vue que je me suis placé dans mes visites.

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