LES CONFÉRENCES DE LA FACULTE
Mai 1883.
Les conférences de la Faculté des sciences ont été données cette année, comme la précédente, avec un zèle, qui ne se ralentit pas de la part des professeurs, et avec une assiduité croissante de jour en jour de la part des élèves. Le nombre de ces derniers, déjà considérable, s'est encore accru, jusqu'à doubler même dans certaines conférences, telles que celles de physique et de chimie. Les boursiers forment un noyau régulier et obligatoire, autour duquel viennent se grouper des élèves libres beaucoup plus nombreux, empressés à profiter des
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leçons des maîtres et des instruments de travail pratique mis à leur disposition.
Le nombre des élèves est même devenu si grand, que les conférences tendent à changer de caractère et à se transformer en leçons proprement dites. Gomment pourrait-il en être autrement, lorsqu*un maître est chargé de diriger quarante, cinquante et soixante élèves, sinon davantage : ce qui est le cas de la plupart de nos maîtres, dans Tétat actuel de ce mode d'enseignement? C'est là une cfrconstance fâcheuse, il faut le dire en passant; car elle restreint l'efficacité des conférences, surtout utiles lorsqu'elles s'appliquent à un petit nombre déjeunes gens, sur chacun desquels le maître peut exercer une influence personnelle.
Mais cet inconvénient, né de l'excès du bien en quelque sorte, ne saurait trouver un terme que si les pouvoirs publics, frappés de l'utilité des conférences pour le recrutement de l'enseignement secondaire, aussi bien que pour le développement de la science, se décident à fournir les ressources indispensables. Il faudrait, dès à présent, dédoubler un certain nombre de conférences et augmenter à la fois le personnel dirigeant, l'étendue des salles de travaux pratiques, ainsi que les subventions nécessaires à leur entretien.
Au point de vue des bâtiments, je ne reviendrai pas
sur les renseignements donnés dans mon rapport de
Tannée dernière. L'état matériel, en effet, n'a guère changé depuis cette époque. Nous attendons toujours
la reconstruction de l'antique Sorbonne. Les Chambres et le Conseil municipal ont accordé les millions nécessaires; un concours a fourni des plans savants et brillants, surtout au point de vue artistique. Il nous a désigné l'architecte destiné à accomplir cette grande œuvre : M. Nenot, dont le talent hors ligne saura se prêter sans doute aux conditions multiples et parfois presque contradictoires que réclame la nouvelle installation. Les plans nouveaux sont donc à l'étude, et, si les surfaces convenables sont mises à la disposition de la Faculté, nous pourrons espérer sortir enfin, nous ou nos successeurs, de la trop grande infériorité matérielle où nous avait maintenus jusqu'à ce jour l'infériorité de notre outillage scientifique.
En attendant, nous continuerons pendant bien des années à vivre dans ces baraquements, qui ont été un premier soulagement à nos misères, et qui ont permis l'installation des travaux pratiques des conférences. Les baraquements que j'ai visités l'an dernier comprenaient : une salle de mathématiques, une salle de géologie, une salle de botanique, une
salle de chimie, et un laboratoire de travaux pratiques. L'aroeublement de ces diverses salles et laboratoire s'est complété. Le laboratoire de M. Rîban en particulier, avec ses nombreux élèves, a été étendu et doublé, et les nouvelles pièces dont il s'est enrichi renferment le mobilier varié et bien ordonné nécessaire aux élèves. La sage direction du professeur, M. Troost,et du directeur, M. Riban, se fait sentira première vue dans celte organisation.
Le laboratoire de M. Debray est dressé, clos et couvert ; mais il attend encore ses ameublements et ses aménagements intérieurs.
Le laboratoire de M. Friedel, bâti sur une surface convenable, est moins avancé. Je ne puis que signaler cet état d'imperfection des nouvelles constructions, ne pouvant les apprécier avant leur complet achèvement.