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BOURSIERS DES FACULTÉS

autour des professeurs et des maîtres de cooférence une élite, un noyau exceptionnel qui entraîne les autres, c'est-à-dire les élèves des Facultés de droit et les élèves volontaires, dont H. Lavisse parlait naguère en termes excellents; ils les excitent au travail, en même temps qu'ils soutieAnent les maîtres par le témoignage incessant des effets utiles de leur enseignement. Aussi nos Facultés, jusque-là languissantes parfois, ont-elles reçu de rétablissement des bourses de licence une impulsion considérable. Diminuer aujourd'hui le nombre des boursiers, ce serait.amoindrir les^Facultés et leur porter un grave préjudice. Tel est le rôle des boursiers dans notre enseignement supérieur, il n'est pas moindre dans l'enseignement secondaire.

En effet, les études des boursiers ont une sanction : ils doivent se présenter aux examens et ils prennent l'engagement de concourir aux services publics de renseignement secondaire. C'est là un droit légitime que l'État exerce, en retour des avantages qu'il assure à ces jeunes gens. Mais peut-être l'exercice de ce droit a-t-il été l'origine secrète de quelques-unes des attaques dirigées contre la nouvelle institution et des tentatives faites pour la restreindre. Il existe déjà une grande école, l'École normale supérieure, entretenue par l'État, pour

le recrutement des professeurs de renseignement secondaire. L'instruction qui y est donnée est excellente, les élèves sont laborieux et capables, digne de tout rintérèt des pouvoirs publics. Cependant^ depuis les développements donnés à l'instruction publique par la République, TÉcole normale est devenue insuffisante, non certes par l'affaiblisse ment des études, qui y sont aussi élevées que jamais mais par le nombre de ses élèves. De là la nécessité de former des élèves en dehors de l'Kcole normale. La chose a été d'autant plus facile que cette École ne possède aucun monopole comparable à celui de l'École polytechnique. Elle a seulement le privilège d'un système régulier de conférences et d'exercices intérieurs. Mais les grades mêmes qui mènent au professorat, tels que celui d'agrégé, sont donnés par un concours public, ouvert à tous.

L'institution des boursiers a eu en partie pour objet de pourvoir à l'insuffisance numérique des élèves de l'École normale; mais, en même temps, elle leur a créé une concurrence. Elle a permis, en effet, à un certain nombre de jeunes gens une préparation libre aux examens, constituant un système très libéral et qui rappelle à certains égards les Écoles centrales de la première République. U y a même ce développement nouveau, que les boursiers sont in-

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stitués en province, aussi bien qu'à Paris, et concourent ainsi à la prospérité de nos Facultés départementales. Cette concurrence, cette préparation libre, sont éminemment utiles et fructueuses pour le bien de renseignement.

Hais abordons la question la plus délicate que soulève cette concurrence. Le nombre des boursiers n'est-il pas trop considérable, et l'État peut-il les employer tous? Observons d'abord que l'État, en leur assurant certains privilèges pour leur éducation, leur constitue un avantage durable et dont ils profiteraient, même si aucune situation officielle ne leur était donnée. A cet égard, ces jeunes gens, rompus à l'habitude du travail et susceptibles de se rendre utiles de mille manières en tirant parti de leurs connaissances acquises, ne concourent pas plus à grossir le nombre des déclassés que ne peuvent le faire ceux des élèves de l'École normale qui abandonnent les services de l'État pour entrer dans d'autres carrières. Les uns et les autres peuvent servir la France par des voies différentes.

L'argument des déclassés est celui que Ton em* ployait naguère sous l'Empire pour s'opposer au développement des études, dans l'ordre primaire aussi bien que dans l'ordre supérieur. C'est celui que l'on met encore en avant dans plus d'un pays des-

potique pour combattre les progrès de Tinstruction publique. Cessons de l'employer : il n*est pas de bon aloi dans une nation démocratique.

On a dit aussi: c Mais pourquoi l'État oblige-t-il les boursiers à se lier envers lui par l'engagement décennal, sans savoir s'il pourra plus tard les employer tous ? Ne vaudrait-il pas mieux qu'il leur donnât gratuitement ses services^ sans s'assujettir de son côté à aucune promesse? > La réponse est facile. Je ne sais si des jeunes gens, exempts de toute obligation, suivraient leurs études avec la même énergie. Mais, en tout cas, l'engagement décennal est corrélatif de l'exemption du service militaire, dans notre législation présente. Supprimez l'un, l'autre tombe, et les boursiers disparaissent : les ennemis de Tinstitution, s'il y en a, atteindraient ainsi leur but par une voie détournée. Il serait étrange d'ailleurs que les bénéficiaires d'un double privilège, bourse et exemption du service militaire, prétendissent s'en prévaloir pour se déclarer mécontents. L'État échange un service public contre un autre; mais il est certain que par là même les administrateurs de l'instruction publique se trouvent tenus d'employer ces jeunes gens, soit comme professeurs, soit comme répétiteurs.

Les boursiers trouvent un premier ordre d'emplois

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