Il n'y a qu'une seule solution pratique
Puisqu'il est impossible d'additionner simplement les peines méritées pour chacun des délits et qu'il est impossible également de se borner à appliquer la peine la plus forte, il faut d'une part rester en deçà du total des peines cumulées et d'autre part aller au delà du maximum de la peine la plus forte. C'est donc faire du concours d'infractions une circonstance aggravante des faits qui entraînent la peine la plus forte et majorer le maxi-
mum de la peine la plus forte dans des limites à déterminer par la loi .
534. Cette mesure répond aux nécessités de la défense sociale. On punit plus sévèrement parce que le danger résultant de la perpétration d'une série d'infractions successives est plus grand que le danger résultant d'une seule infraction. Personne ne conteste que le récidiviste ne soit en général plus dangereux que le délinquant d'occasion. Or, personne ne peut contester non plus que l'individu qui a commis plusieurs infractions non encore jugées ne soit en général plus dangereux que le délinquant d'occasion. Deux ou trois infractions découvertes à la fois révèlent à coup sur un penchant criminel au même titre qu'un casier judiciaire, et ce sont souvent les délinquants les plus redoutables qui parviennent le mieux à échapper, pendant une certaine période de temps dont ils profitent, à toute poursuite criminelle (1).
535. A ceux qui soutiennent qu'envisager le concours d'infractions comme une circonstance aggravante, c'est accroître le pouvoir arbitraire du juge, il suffit de faire remarquer qu'on obvie à cet inconvénient en rendant l'aggravation obligatoire, en admettant une aggravation progressive à mesure qu'il y a plus d'infractions concurrentes, et en mettant une limite au pouvoir d'aggravation.
§ 3. Système du code pénal belge et vices de ce système,