‹ Science pénale et droit positifChapitre 123 sur 165 · Nos tribunaux consacrent leurs soins au juge · texte numérisé non relu

Nos tribunaux consacrent leurs soins au juge

396 LIVRE VII, GHAP. V

ment des procès civils; ils donnent peu d'instants au jugement des procès correctionnels et font d'une décision répressive l'application mécanique et rapide d'un texte du code à Tacte d'un prévenu (1). Pourtant la tache d'un juge répressif est aussi complexe que celle d'un juge civil ; elle met en jeu des intérêts aussi importants ; elle demande autant de perspicacité et d'intelligence ; elle a dans les couches sociales un pouvoir de répercussion tout aussi grand; elle mérite donc autant de considération.

(1) UÉconomiste français, du 4 avril 1891, rapporte que la 11* chambre du tribunal correctionnel de Paris a prononcé, dans une audience du matin de trois heures, 116 condamnations.

Des peines.

A40. Dans un monde idéal ou d*hommes parfaits, il n'y aurait d'autre menace que le remords et, pour contenir la volonté, il ne faudrait d'autre frein que la crainte de mal faire. La contrainte extérieure serait inutile.

Dans la conception religieuse primitive, la peine n'implique pas davantage de contrainte extérieure ; . le coupable se punit lui-même ; il expie sa faute en obtenant le pardon des dieux; parfois il offre sa vie ou celle des siens, parfois il offre des animaux consacrés, parfois de simples libations. Il s'agit d'apaiser la divinité offensée en méritant ses faveurs. Mais la caractéristique des offrandes et des holocaustes, c'est la spontanéité.

641. Dans l'ordre civil, au contraire, dans le monde tel qu'il est, le remords est rare, la pénitence n'est pas un acte libre de conscience ; la peine revêt un caractère tangible. Elle est la souffrance que l'État inflige à celui qui a violé les lois pénales, et elle est toujours en rapport avec l'état économique et politique de la société.

B4!t. Nous savons (voy. n° 15) que la peine a pris

Page 1