III
146 SGIEWCE SOCIALK.
11 faut donc en conclure ;
D'abord :
Que l'assassinat, l'anthropophagie, le parricide, le
du mariage. La doctrine de Vhorror naturalis est une fiction créée par les législateurs et confirmée par les mœurs. EUe n'a été soutenue dus un sens absolu, que par des moralistes hors d'état de distinguer k mr ture de la coutume» et de découvrir la véritable politique des iustitotions législatives. L'histoire des peuples repousse cette doctrine. Les nations les plus policées , telles que les Phéniciens, les Égyptiens, les Perses, les Athéniens , les Lacédémoniens ; les peuples sauvages, tels que les Tartares (*) et les Indiens du nord de TAmérique, par exanpki ont été dans l'usage de faire des mariages parmi leurs plus proches ft rents. Moïse dit expressément que l'auteur de la nature créa à desseis le premier homme et la première femme dans les rapports les plu étroits. Il ne pensait donc pas que Dieu eût inspiré à TboDune «ncoie aversion naturelle pour un mariage avec la femme qui était une partie de sa chair.
a Les raisons qui ont fait interdire le mariage à certain degré de pirente, dérivent du besoin de maintenir les mœurs dans toute leur pureté au sein de la famille. Car si des rapports d'intimité étaient permis eatn proches parents et légitimés par la coutume , les occasions fréquentes de former des liaisons intimes, particulièrement pendant la première jeunesse, introduiraient une dissolution et une corruption générales. Mais le précepte moral variant avec sa cause, est susceptible de s'étendre sans inconvénient, dans des mesures très-variables, chez les difTérentes nations aux différents âges du monde. »
{Études sur les législations anciennes et modernes; Paris, 1839.)
Ajoutons : que, chez les Athéniens, le divorce, Tadultère et Tinoeite étaient autorisés, par la loi : pour protéger l'organisation de la propriété.
— « Un Athénien qui a des enfants ne peut disposer de ses biens <|«*en leur faveur; s'il n'en a point, et qu'il meure sans testament, la suecession va de droit h ceux à qui le sang l'unissait de plus près; s*il laisM une fille unique héritière de son bien , c'est au plus proche parent à répouser : mais il doit la demander en justice, afin que dans la suite personne ne puisse lui en disputer la possession. Les droits du plus pro-
(*) Ils s'unissent par le mariage à tous leurs parents en génénd, ezeep4é kv mère, leur fille, et leur sœur du côté de la mère; car ils sont dans l'uMge d*époHser leur sœur du côté du père, ainsi que la femme de leni* père aptèa h, mort de celui-ci. Le plus jeune frère, ou quelque autre de sa famille, est obUgè d*époiiser la veuve du frère atné. (Y. C. Mills , p. 367.)
80GiALK. 147
meurtre, le Buicide, l'inceste, l'impodicité, la lyrannie, la propriété du sol, la superstition, TeselaTa^, le sentiment religieux et jusqu'aux sentiments de parenté, dès que ces sentiments se trouvent considérés indépendamment du raisonnement rendu incontestable^ sont tous également naturels, appartiennent également au prétendu droit naturel (1) ; c'est-à-dire que tous, considérés en dehors de rinstruction réelle, ne sont bien ou mal : que, relativement à l'éducation. Ensuite :
ehe parent sont teUement reconnus, que si Tune de ses parentes, légilimement unie avec an AUiénien, venait à recueillir la sucoeesioB de son père mort sans enfants mâles , il serait en droit de faire casser le maria^ et de la forcer à Vépouser.
a Mais A oet époox n'est pas en état d*aToir des enfants, il traiia> gressera la loi qui veille au maintien des familles, il abusera de la loi qui conserve les biens des familles. Pour le punir de celte double indaction, Solon permet à la femme de se livrer au plus proche patent de répoux.
« C'est dans la même vue qu'une orpheline, fille unique ou ainée de ses sœurSy peat, si elle n*a pas de bien, forcer son plus prociie parent à répouser ou à lui constituer une dot - s'il s'y refuse, l'archonle doit l'y contraindre, sous peine de payer lui-même mille drachmes. C*est encore par suite de ces principes que, d'un côté, Théritier naturel ne peut pas être tuteur, et le tuteur ne peut pas épouser la mère de ses pupilles; que, d*an antre côté, nn frère peut épouser sa soeur consanguine et non sa sœur utérine. En effet, il serait à craindre qu'un tuteur intéressé, qu'une mère dénaturée, ne détournassent à leur profit le bien des popllles; il serait à craindre qu'un frère, en s'unissant avec sa sœur utérine, n*aocumulàt sur sa tête et l'hérédité de son père et celle du premier mari de sa mère. »
(Barthéudit, Voyage du jeune Anacharsii, t. 1, p. 119, 120, OÙ se trouvent citées toutes les autorités affirmant ces faits.)
(1) Le vol, dont nous n*avions point parlé, appartient plus partioulibrement que tout autre sentiment au prétendu droit naturel. « Cratyle cite Teiemple d*Hercule, qui ne voulut ni acheter, ni recevoir en don les troupeaux de Gérion , mais qui préféra s'en rendre maître par la force, afin de les posséder en vertu du droit de nature, w (Note sur la InMluetioD d'Aristote, par Champagne.)
H8 SCIBNCB SOCIALE.
Comme, en dehors de rinstruction incontestable, toute instruction appartient à l'éducation ; et que, alors toute éducation est arbitraire ; il en résulte : que , en dehors de Tinstruction réelle ; tous les sentiments de bien et de mal, sont purement : arbitraires.
Enfin, comme l'instruction réelle n'a jamais existé; il en résulte enfin : que, tous les sentiments moraux, sans en excepter un seulj ont été jusqu'ici : purement arbitraires ; purement illusoires ; quant à être bien ou mal : d'une manière absolue.
Passons, maintenant, à l'examen des sentiments, considérés : comme naturels ou normaux.
L'expression sentiment, appliquée à la direction des actions, et considérée en dehors de tout raisonnement quelconque, a pour valeur : tendance.
L'expression tendance, ainsi considérée, a exclusivement pour valeur, celle de : tendance organique.
L'expression tendance organique, signifie : tetidatice naturelle.
Pour distinguer : les tendances ainsi dites naturelles; de celles qui appartiennent à l'éducation ou à l'instruction ; ces tendances naturelles doivent être étudiées : chez les animaux, les plus rapprochés dé l'homme ; et, chez les hommes, en faisant abstractioD de leur éducation et de leur instruction.
Or, il n'existe, dans ces circonstances, nul sentiment de propriété indépendant de la force ; nul sentiment de respect soit pour la vie, soit pour ce que nous appelons si indéterminément l'honneur des autres individus. Dès lors, nous devons conclure ; que, i'assas-
SClElfCE SO€ULI. 149
siDat^ranthropophagie, le meurtre, Tinceste, etc., etc. ^Dt essentiellement dans la nature.
Si, ensuite, quelque chose peut corriger ces tendances naturelles, essentiellement anti-sociales; ce sont, exclusivement, les tendances rationnelles. Et, si la nature ou ces tendances peuvent être corrigées; c'est, exclusivement, par l'éducation et Tinstruction , dont l'ensemble se résume dans le mot : raisonnement.
Disons, maintenant : que, tous les sentiments naturels sont, au moindre accès d'une passion quelconque, essentiellement antisociaux; et, par conséquent, immoraux ; s'il était possible de donner le nom de moraux : à des sentiments considérés indépendamment du raisonnement.
Ce n'est point, ici, la seule faute : que, l'éducation, l'habitude nous fassent commettre. On dit, généralement : que, relativement aux sentiments moraux, l'habitude est la seconde nature; l'organisme étant alors considéré : comme la première.
Est-il nécessaire de relever : le vice de ce raisonnement ?
L'organisme est exclusivement physique.
Le raisonnement est, aussi, exclusivement physique : si, l'âme n'est qu'une résultante de l'organisme ; si, l'âme est matérielle.
Dans ce cas, il n'y a pas de tendance morale proprement dite; il n'y a pas même de raisonnement proprement dit.
Si, l'âme n'est point matérielle; le moral pro-
150 SCnSNCE SOCIALE.
prement dit, existe; mais, alors, il est ex^usivement relatif : au raisonnement ; à un raisonnement bon on mauvais; mais enfin : à un raisonnement.
11 est doqc faux de dire : que , l'habitude, qui, ici n'est autre que le résultat de l'éducation , soit la seconde nature ; au point de vue moral , rhatûtode, la coutume, l'éducation, sont la première nature : puisqu'en dehors de l'éducation, dont la base est le verbe, le moral ne serait point développé ; le moral serait : comme s'il n'existait pas.
Relativement aux sentiments moraux, il est, à la vérité : une seconde nature. C'est, l'instruction : lorsque, celle-ci ne vient point confirmer, ce qui a été reçu par l'éducation.
Dans ce cas, il y a anarchie au sein de chaque individu , chez lequel les natures morales sont en opposition ; et, c'est ce qui arrive, généralement, aux individus : à l'époque, où l'ignorance dure encore ; et, où l'examen ne peut plus être comprimé.
Après avoir examiné les sentiments : comme étant, primitivement, les résultats de l'éducation : dès, qu'ils sont considérés au point de vue moral ;
Après avoir distingué : l'éducation de l'instruclion, pour l'époque où l'instruction ne peut plus être comprimée : au point de jrester toujours, soumise à l'éducation ;
Après avoir distingué : l'instruction illusoire , de l'instruction réelle caractérisée par ImcontestalÂlité ; nous pouvons aborder l'examen tendant à savoir: comment l'instruction, illusoire d'abord, vient à do-
8C1BKCE SOCIALE. 151
miner l'éducation; et, à ébranler toute foi : jusqu'à ce que rinstruction réelle soit découverte ; jusqu'à ce que celle-ci serre de base à l'éducation ; et , que toute foi, dérivant toujours essentiellement de FédaoalioAy devienne assurée : de se voir confirmée par riustroiih tioQ sociale, lorsque l'intelligence, relative à l'individu ayant reçu une foi , se trouve développée : au point de pouvoir raisonner ; au point de rendre ses conclusions incontestables : vis-à-vis de lui-même.
Commenccms cet examen.
La foi , socialement considérée, ne peut se trouver ébranlée, aussi longtemps : que , l'éducation reste au pouvoir des despotes. Mais, si celle-ci leur échappe, avant que l'instructien réelle soit découverte : toute foi perd sa base ; tout despotisme devient incapable d'assurer l'ordre ; et , l'anarchie devient inévitable : puisque l'ordre n'est pas encore possible : par le rai* Bonnement réel.
Ces propositions sont incontestables : mais , elles n'ont rien de parfaitement déterminé. C'est un éclair qui frappe ; et, redouble ensuite : l'obscurité.
Comment, l'éducation échappe-t-elle au pouvoir des despotes ? Comment, peut-on s'assurer qu'ils ne la di* rîgentplus? Quand, rinstruction illusoire cesse-t-elle : de dominer la société ? A quoi, reconnaît-on le règne : du raisonnement réel ; de l'instruction réelle ? Voilà, des questions qu'il faut résoudre.
Pour, qu'elles puissent l'être ; les expressions : édu^ cation^ insiructiofi ilkiwircy instruction réelle; mises en rapport avec les expressions : société^ humanité; doi-
i5S SCIENCE SOCIALE.
vent être déterminées, mieux encore : qu'elles ne Tont été, jusqu'à présent.
Nous arriverons à ce but , par la discussion d'une proposition de Pascal, relative au sujet dont nous traitons.
En parlant de l'instruction , comme étant exclusivement relative à l'espèce humaine, Pascal a dit :
— a Toute térité décoaterle par fin homme est acquise à Vhumaniié, 9
— Cette proposition j abstraction faite de relation aux différentes époques sociales, est complètement fausse. C'est, seulement, depuis la naissance de la presse : qu'elle a commencé , à pouvoir devenir un jour : une réalité.
N'oublions pas : que, la proposition de Pascal est essentiellement sociale : humanité , société , et ordre étant des expressions, dans le fond, de même valeur. C'est donc, principalement, sous les rapports : d'ordre, de despotisme , de liberté ou d'anarchie ; que, nous devons l'examiner.
Avant la presse; si, quelque vérité, tendant à ébranler la foi, base de l'autorité despotique, pouvait être produite : ou, elle était étouffée, immédiatement après sa naissance; ou, si l'autorité despotique ne pouvait l'anéantir; elle s'en emparait, la monopolisait, et, l'enveloppant de sophismes, elle la faisait servir à ' se reconsolider. C'est ainsi qu'il en a été, pour toutes les propositions primitivement répandues : par le christianisme.
Pour que les découvertes, faites par un homme,
SCIBKGE SOCIALE. 153
puissent réellement appartenir i l'hiunanité ; et, non point seulement aux despotes ; il ne suffît donc point : que, ces irérités aient déjà une existence humaine rédle. Pour, qu'elles appartiennent à l'humanité entière , il faut en outre : que, un instrument indestructiUe, tonune inhérent aux déTeloppements de l'humanité même, soit trouvé d'abord ; et, ensuite : que, cet instrument, quant à l'expansion des vérités découvertes, puisse agir par luwnème ; c'est-à-dire : que, le besoin que llmaui* nité en aura, le fasse agir nécessairement : de manière, à rendre les vérités découvertes : immonopolisables.
Cet instrument, est : la presse.
Avant la presse, mille Galiiées ont pu exister* Et, si leurs découvertes, en ébranlant la foi relative à l'époque, ont pu contrarier le despotisme ; toutes, immédiatement, ont dû être : étouflees et perdues pour l'humanité. Dès, que la presse existe, au contraire ; le dernier des Galiiées trouve : que« la terre tourne autour du soleil ; et, cette vérité, essentiellanent opposée à la foi, alors, socialement étabUe; n'ayant cependant qu'un homme pour appui ; devient, une fois confiée à la presse ; aussi indestructible : que, la presse elle-même.
Hais, une vérité , même devenue indestructible par la presse, n'est point acquise à l'humanité; aussi longtemps : que, cette même vérité peut être monopolisée. Elle est seulement, alors, acquise au despotisme. Et, dès lors, même avec la presse , la proposition de Pascal est encore une erreur : au moins, pour un certain laps de temps.
loi SCIGHCB SOCULE.
Si, en effet, nous interrogeons le peuple ; noua verl'ons : coniliienpeu d'iDdividus ont reçu leur part, de la découverte de G^ilée. Ce monopole ne doit même pas nous étonner. li est inévitable, aussi longtemps : que, l'éducalion n'est point basée sur l'instruclion (ce qui n'a jamais eu lieu) ; et que, l'éducation et l'instruction ne SI' doLinent point : complètement à chacun; ce qui, de iiiènie, n'a jamais été ; et, de plus, ne peut être; sinon : lorsque, ces conditions deviennent : nécessaires à l'existence de l'humanité.
A l'exislr-nee de la presse, donnée comme nécessaire, pour que, l:i proposition de Pascal puisse devenir une vérité; nous devons donc ajouter : que, la presse remplit seulement ce but : lorsque, elle a enlevé le monopole de l'éducation au despotisme ; que, la destruction de ce monopole, a détruit toute foi ; que, la destruction de toute foi, a porté à l'anarchie ; et que, l'excès des maux, dérivant de l'anarchie , a forcé : de découvrir l'instruction réelle , pour en faire la base d'une éducation : socialement mise à la portée de tous; et, sfh riakmcnt confirmée, chez tous : au moyen de l'instruction.
L'accomplissement, do pareilles conditions, apparaît, dès l'abord : comme impossible. Et, lorsque, ensuite, ces mêmes conditions sont examinées avec plus d'attention ; les dilficullés, au lieu de s'évanouir, semblent redoubler encore.
En effet : la découverte du mouvement de la terre, par Galilée, ne peut plus il est vrai, une fois la presse existant : se perdre, pour l'hunianilé. Mais, il n'en est
8CIB1I€« 80CULB. 155
pas de mâme , pour toute découverte. Nous allons mettre en évidence : cette distinction, d'une importance essentieHe.
La démonstration du mouvement de la terre est relative à Tordre physique. Dès lors, une fois que cette découverte se trouve théoriquement établie ; elle ne peut fitre soustraite, pour sa vérification pratique , aux expérienees domestiques : toujours suffisantes, pour 'Vérifier, pratiquement, un fait physique. Aussi, à peine la découverte de Galilée eut-elle été rendue théoriquement incmitestable ; que, toutes les autorités despotiques, lont reconnue comme réelle ; et, se sont empressées de s'en emparer : pour la rendre conciliable, par des explications quelconques, avec la foi socialement établie.
Qoand , au contraire , une découverte appartient à Tordre moral; et, dans ce cas, toujours à Tordre social ; il n'est plus suffisant, même lorsqu'une ^ découverte est théoriquement établie comme réelle, de la vérifier, pratiquement, par des expériences domestiques : pouvant avoir lieu , en dehors du consentement des despotes. C'est, une vérification de pratique sociale, qui devient nécessaire. Et, cette vérification ne peut exister : en dehors du consentement , de ces mêmes despotes. Cependant, toute découverte, en fait d'ordre social ; même, lorsqu'elle est théoriquement établie ; peut toujours : se trouver reléguée parmi les utopies ; pour autant qu'elle n'a point été : pratiquement, socialement vérifiée.
Pour, annihiler toute découverte sociale; il suffit
156 iSCIBNCE SOCIALE.
donc : du seul mépris des despotes. Et, par ce seul mépris, toutes vont se confondre au milieu des innombrables utopies : que, le besoin d'ordre fait nécessairement naître ; lorsque toute foi commence à chanceler. Et, là; malgré la presse; elles sont : comme, si jamais elles n'avaient existé.
Après la presse , néanmoins ; l'impossibilité de mettre, en expérience, les diverses théories sociales; toutes, alors, également contestables; il y a, vers la destruction de toute foi ; et , par conséquent , vers la destruction du despotisme, par l'établissement de l'anarchie ; un progrès remarquable.
L'instruction, laquelle, dans sa généralité, n'est autre : que, la collection des différentes théories , illu* soires où réelles, vérifiées ou non vérifiées, ne réside plus, exclusivement, entre les mains des despotes; ainsi, que nous l'avons vu : pour la découverte de Galilée, Dès lors, l'instruction domestique cesse : de rester exclusivement basée sur l'éducation despotique. Et, comme sous le despotisme, c'est toujours l'instruction domestique, illusoire ou réelle, qui donne l'éducation aux générations qui s'élèvent; Iç monopole de l'éducation échappe également, au moins en partie d'abord, aux despotes.
Mais, la plus faible partie de l'instruction domestique, soustraite à l'autorité, suffit : pour laisser à nu, également en partie, Tillusion relative à la base donnée : tant à la règle d'action ; qu'à l'autorité qui la sanctionne ; c'est-à-dire : l'illusion relative à toute foi; à toute croyance aveugle , base exclusive de deq)o-
SCIENCE SOCIALE. loi
tisDie. Et, si cette faible portion d'instruction, échappée au pouvoir, ne suffît point dès l'abord, pour rendre nécessaire : la généralisation des découvertes ; et, rendre réelle la proposition de Pascal, en abolissant tout monopole d'éducation et d'instruction ; au moins, cette perte du pouvoir suffît ; pour : que, le protestantisme social prenne naissance ; que, son inévitable expansion en soit la suite nécessaire; et que, cette expansion finisse, en peu de temps, par soustraire complètement au pouvoir : les monopoles de l'éducation et de l'instruction.
Alors, le despotisme est détruit; et, ne se remplace, néanmoins : que, par l'anarchie. Car, Tordre réel ne peut se baser : que, sur l'instruction réelle. Et, celleci n'existe point encore.
C'est ainsi : qu'avant, même, que le despotisme no se trouve complètement détnut ; avant, que l'anarchie ne soit devenue générale ; toute foi, considérée comme base sociale, se trouve : complètement ébranlée.
ÉGROULEMEirr DE UL FOT , SOCIALEMENT CONSIDEREE; H» RETOUR A LA PROPOSITION DE PASCAL.
«( Pas an temple qui ne soit déserté, pas VB6 instttaAkm du passé qnt ne croule. »
La Merkais, Anuchaspandi et DanmÊds, p. 60.
— « 11 est dair que n^erance des pcopiei f^^ natoreHement favorable au pouvoir du sacerdoce* Uic PEUPLE Taàs-ÉCLAïaÉ CESSE d'ètei ibU- GiBux (1). Peu à peu It pkilosapkisme étoaftci lai son penchant natard vers une croyaoee (f^ l'esprit foct, c'esl-à-dire façonné par TédacatioBt méprise et abandonne. C'est poar cela que les pr^ très s'emparent autant que possible de TéduatioB des peuples. Nous les voyons chaxher k rendre cette éducation moins dangereuse par le tour qi'îb lui donnent, lis aimeraient mieux oertainaaeBt n'avoir point à instruire les hommes ; mais phtA que de laisser ce soia à des ennemis , ils le prennent eux-mêmes. D ailleurs, observims Inen une chose : ies prêtres dirigent tignorance et ne k dissipent pas. C'est là tout le secret de leur politique. »
Comte Hsifai de Yiel-Castsl, Ih la soeUté et du gouvernement, t. I, p. 226.
— ic Toutes les sections de la cour de cassatioB réunies et présidées par M. le garde des soeuiXf ont rendu un jngement conforme aux condosiosi de M. Barrot, malgré l'éloquence éaer|^^ ^
(1) Voilà, le dix-huitième siècle résumé en quelques mots. C'est, pi^ cisémeot, le contraire qu'il fallait dire : un peuple ignorant est toojooff superstitieux ; c'est, seulement, un peuple éclairé : qui est réeUement religieux. Et, jusqu'à présent, la seule superstition a existé.
SCIIKCS SOCIALE. |59
l'iUiiatre défensear de Louis XVI et la vive oppontion de pliuienrt conseillers : et quand ils out demandé, poar saover au moins l'honneur de la ■•gistratnre, qae le mémoire où se trouvent les paroles qu'on vient de lire (la loi en France est •thée et doit l'être), on leur a répondu, avec rai- MD, qae œs deux arréU seraient contradictoires, et la doctrine de r athéisme légal a triomphé (1).
« n n'est pas sans importance de faire observer que les membres du consistoire et les personnes \es plot distinguées de l'Église réformée de Paris assistaient au plaidoyer de M. Barrot, et semblaient •atoriser par leur présence ses principes , contre leiquels, d'ailleurs, aucun d'eux n'a réclamé. C'était leur cause qu'il défendait, et c'est le protestantisme tout entier qui s'est retranché publiqueiMDt dans l'athéisme politique, son dernier refuge,
et où I.I FAKMIKa TRIBUNAL Dl LA MONARCHII
• l*a déclaré inexpugnable.
« Ainsi donc , parmi nous, il est recounu que la loi est athée; que par conséquent l'État ou le corps politique est athée; que le gouvernement, quelle que soit la croyance personnelle des individus dont il se compose , est athée ; que les tribunaux sont athées ; que tous les agents de l'autorité, considérés comme hommes publics, sont athées : c'est-à-dire que la société entière est athée tt doit Fitre. En 1793, ou n'avait pas encore aussi bien compris cette nécessité, puisque Robespierre lui-même fit de l'existence de l'Être suprême un dogme national consacré par la lui (2).
(1) L'ezpressioD athéisme légal signifie matérialisme social ou ne lénifie ries. En effet : où l'àme est matérielle ou elle ne l'est pas. Si, rime est matérielle, peu importe qu'il existe un dieu anthropomorphe. Si, l'âme est immatérielle ; sujet d'ordre moral ; elle est la base du raison- MOMBt ; et, l'oRDRB HORAL n'estalors : que, LA conformité au raison- REHSRT. Alors, de quoi sert le dieu anthropomorphe : puisque, la sano tioD à» actàons , sdon leur conformité ou leur non-conformité au raimmanomlj est éternelle; comme l'ordre moral, lui-même, alors, exclutiT€Biait relRtif aox âmes? L'anthropomorphisme n'a été inventé : que, poar lerrir de base : à, rimmatérlalité des âmes ; et à la sanction des
u Da HMment, que cette immatérialité et cette sanction sont déexister par eUM-mêiaes ; le dieu anthropomorphe s'évanouit : comme «oferfétaftioB BOOÎRle;
(2) Robespierre ne parla d'Être suprême : que, pour servir àt base à
Il til ^Irange qu'uii ail «Kïiido, pour abolir «lie lui. Je r^oe dn roi li4a-cbré[ien (IJ. Ou lunit pn, ec EMiblr, ■ toute furcr, en trouver dan* le cudc rtmlulHipniiire qs'il tùi *(é plue pr«Mul d'cITiuxT du code inouiii^iigBc.
■I EnSn. U Mpaee d'uue cour souveraiRe eu ■ Jugé aulreRral ; die a déclan- que l'Eut at couuall poiut de Uieu. que dès lurt la rdiKion del'Ëlat v'eal qu'un nin nun. Maii comme elle u'a paa eipliquc ce que c'ut que la nuirate san) rdigiun, ■UUB Dieu, il l'euniil qun l'Élat ne counall pôii:[ de moralg, dauH te sens oi'i c« tnot > étt cnIcihIu
rrr lei ownlci iaditiduellcs atmatt ou IrÀin la rvligioiu et le.t opiiiiun* indif iduiUea
" On m'ajipmd que H. Odilou-Barrol, choqué de mes rtflfiioni lur l'airM rendu par la cour de cauatioii dana l'aflàire dn sienr Roman, a jugé à pTDpot de m'adreiHr une vire i^primanJê dans le CoHililuHùnufl.
- Eu le qui me roiicpi ne, ju dol$ des reœrrciuieuls a M. Barrol. qui, obi igea mine,. ( , ne laits.-
ce que j ai cru de
iucipeî.
niait sou IniU qu'ci
aliéi. — Oui, lï
ir dire de la (en
rimniati'rialili: île l'iimei el, fi la sanction des actions, en dehors ite laquelle toute probi lé estime sottise. Holiespierre, l'Iiommcle plus proliu de h révoluliun, ne voulait pas i:lrc un sot. Les matérialistes, qui nu voulaient pas Otrc des sois, dans 1c crime ; lui iirenl payer de sa tOlc ; sa juslificalion de la vertu.
(i) C'est, qu'il parail : que, irt-s-c h rétien ; et lrcs-vcrtucu\ ; n'est pas toujours syuonyme.
(1) Il n'y a pas de doute : qu'en dehors d'une sanction inévitable, la morale consiste : ;i être le plus fort; el à se sacrifier le monde entier. M.\t. Guizot et Cousin professenl, cependant ; que, la morale est indépcndanle de la religion. Cette profession de foi, est la conséquence nécessaire, du scepticisme social sur l'immatérialité de l'Ame ; ou, plutôt, de la négation de la science à cel égard. On n'ose pas dire ouvertement : que, la morale est le moyen : dont, les fripons se servent ; pour duper les sols.
SCIBXCS SOCIALB. 161
athée H dmi l'être (1). Si, dans sa lettre, il se ftcbe, ce n'est point pnrce qoe je lai impute ces deux assertioiis; an contraire, il les ayoae, ïi les répète de nooTeau : Ptmr moi, dit-il, qui mi coM" mis le crime énorme de dire que la loi doit élre ce quelle est^ etc. Sa colère tient aniqaenent de ce qae cette maxime, la loi doit être athée, ne me paraît pas tout à fait aussi admirable qn*à loi.
« J'en avais tiré la conséquence que la loi doit * tolérer toutes les morales, comme die tolère toutes
les reb'gions, ou, en d'autres termes, que la loi vtett <C aucune morale comme elle n'est d'aucune religion. M. Barrot en convient encore, car il est d'une franchise étonnante. Voici tt& paroles :
« Après avoir posé en principe que la loi n'existe que pour contraindre (2), il ajoute : «Dans «ce siècle désenchanté, nous reomnaissons deux « espèces de devoirs dans la société, ceux qui sont <" forcée (3)» et ceux qui sont abandonnés au libre «t arbitre de chacun. Les premiers tombent dans « le domaine des contraintes légales; les seconds u dans odui de la simple persuasion. La religion ** et la morale sont dans cette dernière classe. »
« La loi n'existe que pour contraindre; la morale ne tombe pas dans le domaine des contraintes légales ; les devoirs qu'elle impose sont abandonnés au libre arbitre de chacun. Cela est clair, ce me semble.
« Tels son{ , continue M. Barrot , les principes « qui nous régissent, et vers lei^uels tendent ton-
Si, M. Barrot a voulu dire : la loi ne reconnaît aucune religion ; pour être conséquente, la loi est athée et doit l'être ; M. Barrot a eu u Mais, il aurait dû ajouter : une pareille loi, par essence, est antit. Si, M. Barrot a voulu dire, d'une manière absolue, que la loi \r€ athée, dans le sens de privée de tout appui de sanction relii : dans ce cas, M. Barrot n*est plus de notre ressort; c'est, ailleurs, ioit être jugé.
Quiconque est religieux, dit : que, la loi est, ou doit être : l'ex- Dn de la justice. Quiconque n'est pas religieux, doit dire : que, la ; l'expression de la force. La loi ne peut avoir de base : que, la m ou le bourreau. Le dix-huitième siècle ; et, à son exemple ; le laviêmo; ont choisi le bourreau. Il faut : que, cela soit ainsi : Utmément. Tout kst bien : où, il n'y a pas d'ordre moral. Et, quand on est assez adroit, pour échapper à la force, au bourqne devient le devoir ? On le met à Gharenton.