III. \ I
162 SCnClfCB SOCIALE.
« tes les sociétés modernes. C'est le résaltat de b « civilisation. »
« Ainsi, le résultat de la civilisation est d'avoir ercla des lois la religion et la morale. Je n'ose montrer tout ce que cette assertion renfenoe d'absurdités détestables. Je craindrais de nonveaoi aveux de M. Barrot. Sa logique Tentraine si lob que je tremblerais de tenter une troisième fois oa esprit si droit dans Terreur. Je me tais poor le sauver des dernières conséquences de sa doctrine. • L'abbe de la MENifAfs, Nouttotix mâangn (1826).
— « De quelque côté que l'on regarde la race humaine, de sinistres symptômes annoocmt on viee interne qui altère en elle les sources de la vie. Elle ressemble à ces corps en décomposition où dutqiBe mdlëcule détachée des autres n'a plus avec die aacun lien, inerte amas de poussière que disperse k vent. "
La Menvais, Anuehaspandi et Darvandt, p. 64.
— Lorsque, le protestantisme, contre Tautorilé unitaire, interprète de révélation, s'est introduit chez les rois; les minuties de formes, relatives à la vénération du fond; c'est-à-dire : les minuties de culte, pour l'autel ; et, d'étiquette, pour le trône ; commencent, aux yeux des rois, à perdre de leur importance.
Bientôt, il en est de même pour les grands feudataires, devenus protestants à leur tour, contre Tmtorité des rois. Et, en peu de générations, les diverses minuties relatives à l'autel et au trône, sont considérées : comme, des restes de la barbarie, inhérente au premier âge humanitaire.
Ici, il devient intéressant d'examiner : comaieBt, les rois, qui, maintenant se plaignent tant de ^aBa^ chie, ont été, eux-mêmes, les premiers anarchistes;
^l, commeQt le protestantisme, contre toute autorité, a pris sa source : dans la rébellion des rois, . <^lre Tinterprète de leur règle d'action ; alors, néccttairement donnée : par une révélation.
Pour suivre, la filiation du protestantisme, en par Uot de cette source, rappelons-nous :
Que, sous le despotisme, l'existence des devoirs l'epose : sur les sentiments ; et non, sur le raisonnement; sur réducation ; et non, sur Tinstruction ;
Que, les sentiments, reçus par l'éducation, constituent la foi ;
Et, que toute autorité, sanction des devoirs, repose alors exclusivement : sur la foi.
Rappelons*nou8, également :
Que, le protestantisme, antagom'ste de toute foi, repose sur le raisonnement ; abstraction faite : de contestabilité; ou, d'incontestabilité ;
Que, le raisonnement, autrement dit instruction, détruit alors : les sentiments ; à cette époque, contestables par essence ;
Que, par conséquent, le raisonnement, autrement dit instruction, détruit alors : éducation, foi, devoirs ei autorité.
Ces prémisses rappelées ; plaçons , sous notre point de vue actuel : d'une part^ ce qui appartient au sentiment, à la foi, à l'éducation; d'une autre, ce qui appartient au raisonnement illusoire ou réel; au scepticisme ; ou, à l'incontestabilité, composant Tinf* traction.
Le respect, que les rois devaient, les premiers, té*
moigner à l'interprète de la règle d'action ; chef, bous ce rapport, de la révélation ; et, ainsi lui-même trône et autel ; se traduisait : par des minuties d'étiquette , et de culte. Ces minuties appartenaient : à l'éducation, reçue sous Tinfluence de l'autel. F/éducation, c'est-à-dire le sentiment qui 'en dérivait, faisait donc reconnaître ces minuties ^ comme étant des devoirs.
Le protestantisme, chez les rois, contre ces mêmes minuties d'étiquette et de culte, considérées comme des devoirs ; dérivait exclusivement : de leur raisonnement ; de leur instruction ; toujours abstraction faite : d'illusion ou de réalité.
Maintenant, rappelons de nouveau :
Que, sous le despotisme, l'instruction, essentieUementj doit se trouver soumise : aux sentiments reçus par l'éducation ;
Que, sous le despotisme, l'éducation et l'instruction ne peuvent être nationales^ sociales : en tanty que dmnées ÉGALEMENT à tous les individus; mais, seulement domestiques^ ou données : soit par les pères-, soit par leurs représentants ; sous l'influence de leur propre éducation, et de leur propre instruction ;
Et, nous en conclurons :
Que, de ce moment : que, le raisonnement, Tinstiniction, se trouvent, chez les rois, soustraits au despotisme de l'autel, relativement à quelques minuties d'étiquette et de culte dérivant de l'éducation ; minuties, jusqu'alors reconnues, chez les rois, comme étant des devoirs ; leurs enfants se trouvent ensuite également soustraits à ce despotisme : non plus seutement
par leur propre instruction ; mais encore, par l'éducation qu'ils reçoivent de leur père. C'est dire : que, 8008 ces rapports, les enfants n'ont plus d'éducation à combattre.
Sous les rapports, de ces mêmes minuties d'étiquette et de culte, ces enfants de rois se trouvent donc livrés : au protestantisme ; au scepticisme ; à l'anarchie ; puisqu'à cette époque, il n'y a encore d'ordre possible : que, par la foi ou le despotisme.
Ces enfants de rois, ainsi partiellement soustraits; par le raisonnement ; par le libre examen ; par l'instruction de leurs pères ; au despotisme de l'éducation, émanant de l'autel; raisonnent, ensuite, également par eux-mêmes ; et, considèrent, à leur tour, d'autres parties d'étiquette et de culte, comme étant peu importantes ; comme étant de pures minuties de formes; minuties, que leurs pères s'étaient cependant crus obligés, de laisser subsister parmi les devoirs. Une fois devenus pères, ils continuent de diriger l'éducation de leurs enfants, sur ce qu'ils appellent les' progrès de leur propre instruction. Et, relativement h l'étiquette, au culte, aux formes, il y a ainsi : une suite d'actions du raisonnement composant l'instruction des pères ; sur les sentiments qu'ils ont reçus par l'éducation ; et, de réactions sur l'éducation des enfants, les prédisposant à de nouveaux développements de négations : lorsqu'ils deviennent pères.
Puis, comme sous le règne du despotisme, du sentiment, de la foi ; tout, est exclusivement farmes; c'està-dire : illusion ou conteslabilité; bientôt, dans les fa-
166 SGIENGB SOaàLB.
milles des rois et sous le rapport : du ftmd; de la ré^ lité; de Vincontestabilité; du droit; c'est-à-dire : des devoirs; il ne reste absolument rien.
Maïs, les enfants de rois ne peuvent tous devenir rois. Et, cependant, l'éducation protestante, reçue par un fils de roi ; et, la réaction de cette éducation, sur les prétendus progrès de Tinstruction ; ne se pe^ dent point : par cela seul, que des fils de rois n'occupent point de trône. C'est, même le contraire qui a lieu, lorsque ces fils, non couronnés, deviennent: grands feudataires.
Les grands feudataires imitent donc les rois; et, leurs enfants imitent les fils de rois. Les nobles imitent les grands feudataires. Les bourgeois imitent les nobles. Les prolétaires imitent les boui^ois. Et, cbez les individus, composant la société tout entière, il n'y a bientôt plus : que, des formes; et, plus de devoirs; c'est-à-dire : plus de fond : dès, que les individus se trouvent assez forts : pour, pouvoir se dispenser des formes.
Donc : du premier moment qu'un roi a osé se dispenser : soit, de baiser les pieds du chef de la rêvé* lation; soit, de porter, devant lui, le glaive en signe de vasselage ; il a autorisé le prolétaire : à le renvei^ ser, lui roi; à le fouler aux pieds; et, à saisir ce même glaive pour l'en frapper : toutes les fois, que, lui prolétaire : peut se croire le plus fort.
C'est, ainsi : que, la foi se trouve écroulée. C'est, ainsi : que, le despotisme s'anéantit, pour ne laisser exister que l'anarchie : jusqu'à ce que le raisonne-
SCIEiNCr SOCIALE. 167
ment réel, soit découvert ; et, que son application sociale, soit devenue : nécessaire à l'existence de l'humaniié.
Aevenons à la proposition de Pascal.
£n discutant cette proposition, nous avons vu: coDunent, et en quoi, Téducation, produisant les sentiments, diffère du raisonnement, produisant l'instruction; comment l'instruction, sous forme de protestantisme, se soustrayant aux influences de l'éducation despotique, vient à renverser, toute espèce d'éducation non justifiée par le raisonnement réel ; et, comment, lorsque le raisonnement réel n'existe pas encore, ce renversement : de toute éducation, de tous les sentiments, de toute foi, de tout devoir, de toute autorité alors susceptible d'exister ; conduit : à l'anarchie.
Il nous reste à examiner : comment le raisonnement, l'instruction, conduisant d'abord à l'anarchie; viennent à se retrouver : bases d'éducation, de sentiments, de foi, de devoirs, d'autorité, d'ordre; par, l'anéantissement de tout protestantisme.
Lorsque le raisonnement, l'instruction, peuvent avoir, pour résultat, de détruire : toute espèce d'éducation, de sentiment, de foi, de devoir, d'autorité, d'ordre; c'est, que sous le rapport de l'ordre : l'édu cation, les sentiments, la foi, les devoirs, l'autorité, prétendent encore : que, le raisonnement, Tinstruc tion leur soient soumis ; c'est, qu'il y a encore anar chie : entre l'éducation et l'instruction; ou, disons-le en un mot : que, l'éducation et l'instruction ne sont pas encore : essentiellement une.
168 SCIBNCB SOCIALE.
Examinons : ce qui arrive ; tant, chez les individus; qu'au sein des sociétés; lorsque l'éducation etl'ins^ction ne sont point encore une par essence; comment, l'éducation et l'instruction peuvent être tne par essence; et, ce qui est absolument nécessaire : pour, que l'éducation et l'instruction deviennent u?iE j)ar essence.
Lorsque, l'éducation et l'instruction ne sont point encore une /)ar essence; il y a, chez les individus, anarchie : d'abord entre les sentiments qui portent à l'action , et le raisonnement, qui décide les actions; ensuite, entre les divers raisonnements, successivement portés : sur un même sentiment.
En effet :
Aucun critérium de raisonnement, pris en dehors des passions, n'ayant encore d'existence socialement reconnue ; les critéria de raisonnement, chez les individus, varient comme les passions ; lesquelles, varient elles-mêmes : comme, le nombre infini de circonstances, qui agissent sur l'organisation.
Dans ces mêmes circonstances, il y a en outre : anarchie entre les individus ; c'est-à-dire : au sein des sociétés.
Nous venons de voir, en effet, qu'il y a anarchie, .chez chaque individu : entre les sentiments et le raisonnement ; et même , entre les divers raisonnements successivement portés sur un même sentiment. Il n'y a, dès lors, vis-à-vis de chacun : aucune règle d'actioD, même donnée par soi-même, qui ne soit, par soimême : à chaque instant contestée.
A fortioriy il n'y a donc, entre les individus, com-
SCIBNCE 80CULE. 169
posant les sociétés, aucune règle d'action socialement donnée : qui ne soit , individuellement contestée. Or, * ces circonstances caractérisent , essentiellement, Tétat d'anarchie : tant, chez les individus ; qu'au sein des sociétés.
Nous pouvons donc conclure :
Que, lorsque , tant chez les individus qu'entre les riodividus, Téducation et l'instruction ne sont point UNE/wr essence; ce qui, nous l'avons vu, arrive, nécessairement, dès que le protestantisme existe au sein de la société ; l'anarchie , c'est-à-dire la destruction de tout ordre social, est la suite nécessaire : de cette absence d'unité.
Quant, à la question de décider : comment, l'éducalion et l'instruction peuvent être une par essence; pour la résoudre, il suffit d'observer :
Que, l'éducation : étant une direction; une modification de l'organisation ; est toujours , lorsqu'elle est socialement considérée ; donnée par un raisonnement illusoire ou réel; c'est-à-dire par une instruction.
Ainsi, pour qu'il soit, seulement possible : que,
'éducation et l'instruction soient toujours une par es-
^nce; il faut, nécessairement . que, l'éducation soit
^^sée sur une instruction; et, que l'instruction ser-
^«^nt de base, soit, elle-même, invariable.
Passons, maintenant, à la troisième question ; celle,
^^ savoir : ce qui est absolument nécessaire : pour,
ÇUe l'éducation et Tinstruclion soient une : par essence.
L'éducation et l'instruction sont, essentiellement,
Soumises aux influences domestiques ; aussi longtemps :
i70 SCIENCE SOCIALE.
que, Tune et l'autre ne sont point données soctoJement; c'est-à-dire : données , indistinctement, a tous les individus composant la société.
Lorsque, l'éducation et Tinstruction restent dans le domaine des influences domestiques ; et , que le protestantisme existe socialement ; c'est-à-dire : qu'il y a une prétendue liberté de la presse ; l'éducation et l'instruction diffèrent, essentiellement : tant chez lesiodividus qu'entre les individus, nous venons de le voir; et, l'anarchie est la suite nécessaire : de cette absence d'unité.
La première chose indispensable ; pour, que l'éducation et l'instruction deviennent une par essence; c'ertà-dire : pour, que l'humanité puisse persister sur le globe, une fois que le protestantisme existe socialement; est donc : que^ V éducation et V instruction soient données socialement.
Mais, cette première condition est insuffisante. Car, il faut en outre, nous venons également de le ifoir: que, Tinstruction, devant servir de base à l'éducation, soit essentiellement invariable : relativement àiadirec tion des actions, tant individuelles que sociales. Or, cette condition implique, nécessairement : la découverte de l'instruction réelle ou incontestable : puisque, cette instruction est seule : invariable.
Pour, que l'éducation et l'instruction deviennentUNE : par essence; c'est-à-dire ; pour, que l'humanité puisse persister, sur le globe, une fois que le protestantisme existe socialement; une fois, qu'une prétendue liberté de la presse existe; il faut donc : que, l'instruction
réelle ou incontestable soit découverte ; et, que tout
pK>testantisme , prétendu rationnel, soit rationndle-
ment, anéanti.
Une nouTelle condition est, maintenant, indiapèn*
sable. C'est , que les maux , résultant, de l'anarchie eausée par le protestantisme, soient portés à l'excès ; pour, que la société puisse comprendre : que, ce qu'elle a, jusqu'à présent, considéré comme une instruction réelle; n'est, cependant, qu'instruction illusoire ; c'estp-à-dire : qu'ignorance.
^n effet ; en dehors de cet excès de maux, rendant évidente rillusion de l'instruction existante ; par l'imm înence du danger où l'humanité se trouvera de disparaître du globe, en restant appuyée sur cette fausse base^ le besoin de l'instruction réelle ne peut se faire sentir. Car, il n'y a de besoin réel : que, ce qui est nécessaire à la conservation de l'existence.
Or, l'instruction réelle ne peut : se rechercher, se déoouTrir et s'appliquer, socialeme?«t : que , par un besoin social réel. Et cela : parce que cette instruction anéantit le despotisme ; parce que, jusqu'à ce que cette instruction soit socialement établie, le despotisme possède exclusivement tout le pouvoir social ; et, enfin : parce que le despotisme doit, comme condition d'existence, empêcher l'instruction réelle, de dominer : socialement. ^ Pour, que l'éducation et Tinstruction deviennent^ vtm : par essence; c'est-à-dire : pour, que l'humanité puisse persister sur le globe , une fois que le protestantisme existe sociiLEMEisT; il faut donc : que, les
174 SCIKMCE SOCULB.
l'humanité ; organisatioa que rempiriame a déjà oaraclérisée : du nom de radicale. Passons, mainteniint, au choix d'un ci-itétium, capnbie du nous faire Juger, à chaque instant : du degré de décadence , auquel se trouve le despotisme : anatylùjuemcnt lonsidéré .
SGUncCE SOCIâLB. 173
4* Que , la société, devenue c?ie par essence; em* brasse l'ensemble de Thumanité ;
5* Que, par l'excès des maux , résultant de l'anarchie, toutes ces conditions soient devenues : nécessaires à l'existence de l'humanité; et, socialement reconnues; comme telles.
II faut, en un mot : que, tout protestantisme, prétendu rationnel, soit : rationnellement anéanti.
C'est ainsi : que, le raisonnement, l'instruction, conduisant d'abord à l'anarchie ; viennent à se retrouver : bases d'édueation, de sentiments, de foi, de devoirs, d'autorité, d'ordre.
Revenons, maintenant, à la proposition qui nous a servi de support : pour, maintenir présent à l'esprit (le nos lecteurs, le sujet de notre discussion actuelle : la distinction entre l'éducation , l'instruction illusoire et l'instruction réelle ; et disons : c'est seulement, lorsque les diverses conditions que, nous venons de déterminer, ont une existence sociale réalisée ; que, la proposition de Pascal, énonçant : que, toute découverte faite par un homme est acquise à V humanité; peut devenir une proposition vraie. Et, alors, la société se trouve organisée : d'une manière complètement opposée, à celle qui a existé : depuis l'origine de l'humanité.
Nous venons d'étudier la décadence du despotisme, considéré dans son ensemble. Nous avons été à même de reconnaître : l'indispensable besoin, pour l'humanité, d'une réoi^anisation sociale, complètement opposée à l'organisation ayant existé, depuis l'origine de
ce soit, âtânt d*en â?oir et d^en manifetter une ï l'égard du proUème qui domine toote poléaique (1) , prétendre, en nn mol, se diriger soi-nèae et diriger les antres^ sans critérium^ dou panit caractériser une excessive ignorance/ on une excessive mauvaise foi. »
MM. BucHKz et Roux, Histoire parlementùrt de la récolution française^ t XXIX, préface, p. vil (2).
— « J'ai bien reconnu que M. Herbert prend beaucoup de choses pour des notions coanaïuei, qui ne le sont i>oint; et il est certain qu'on oe doit recevoir pour notions que ce qui ne peut itrt nié de personne (3). »
DescARTES, déjà cité an ch. ii.
(1) Encore une fois, un critérium qui n'est basé que sur une opinioD, ne peut être critérium : que, pour ceux qui accepteraient cette opinioD; et, quiconque a une opinion, pour critérium, est cci-tain d'arriverà l'absurde : s'il ose le suivre partout où il le conduira, quand même sono^ nlon serait vérité. Prenez Tàme, pour critérium, et supposez : que, les âmes soient des vérités, les seules vérités réelles. Tant que vous n'aarci point prouvé : leur réalité; et, les moyens de distinguer les âmes réelles des âmes illusoires ; vous prendrez des âmes de chien pour mesure; puis, des âmes de carottes ; et, bientôt votre critérium, comme mesure individuelle, sera réduit à rien.
(2) Personne ne se dirige sans critérium : sans cesser d'être une per* soDoe. Tout raisonnement est un critérium. Quant: à vouloir diriger les autres, par son raisonnement, par son critérium; cela se peut, sans ignorance et sans mauvaise foi : pourvu qu'on soit le plus fort. Si, par exemple, on est le plus faible, on est tK's* ignorant. Depuis l'origine de l'humanité, il n'y a eu de sagesse : qu'à être le plus fort. C'est, la seule sagesse sociale possible : en époque d'ignorance. Quand , on veut faire accepter son critérium par les autres, sans user de la force, il faudrait: être clair; et, ne point prendre pour guide : une indétermination. Prendre, la morale pour critérium, comme, font MM. Bûchez et Roux; sans, préalablement : déterminer la valeur de l'expression morale ; et, savoir, en outre; si, en réalité, il y aune morale; est, un critérium qui ne peut avoir de base : que, le compelle inlrarc, 11 e^t encore plus curieux : de prendre, pour critérium, la morale évangélique ; et, de se refuser à reconnaître rinfaillibilité du pape; qui seul pourrait déterminer cette morale : vis-à-vis de ceux qui reconnaîtraient cette infaillibilité.
(3) Et, qu'est-ce qui ne peut être nié de personne, en dehors dei mathématiques; où, il y a un critérium hypothétique? Le critérium social ou moral ne peut avoir pour but : que, de séparer l'ordre physique de Tordre moral; et, ce critérium doit être absolu : si, la séparation est
— « Qa*eiffc-ce que la fraie morale? qui le dira? La même raison qui juge des dogmes, juge aussi des préceptes ; et comment, n*étant pas obligé de croire, serait-on obligé d'agir comme si on croyait ? Il faudra que chacun se fasse sa morale, comme chacun se fait sa croyance ; et les devoirs, à leur tour, devenus de simples opinions, n'offriront rien de plus certain ni de plus fixe que tout le reste (1). »
L'abbé dk Là Mkrhaxs, De la religion contidôrée dans êes rapports avec Tordre politique et civil, page 1 73.
— « Rien d'imparfait n'est la juste mesure de quoi que ce soit (2). »
SocRATE, République de Platon, liv. VI, 1. 11, page 117.
— Si, rinstruc^ion, réelle, absolue, existait; nous aurions son critérium, le seul critérium réel possible: les âmes, démontrées réelles ; et, pouvant se distin-
abfiolae; si, la séparation n'est point une affaire de plus ou de moins; uoe affaire physique. Et, qu'est-ce qui distingue le moral du physique; si, celte distinction existe d'une manière absolue P L'Ame, exclusivement Tàme. L*àme est donc , exclusivement, le critérium absolu ; si, un tel critériam existe. Prouvez que l'âme existe; et, vous aurez ce critérium. Maïs, n'oubliez pas : que, la preuve doit renfermer les moyens de distinguer : les âmes réelles des âmes illusoires ; sinon, vous n'avez rien. M. Cousin a dit :
— «La perfection ne peut mesurer le perfectionnement qu'autant qu*on a déterminé le type de cette perfection. »
(Introd. à Vhïst, de la philosopTue, p. 257.)
— C'est là du vrai galimatias. La perfection est absolue ; ce qui se peffeetionne est relatif; il y a là : deux natures qui ne peuvent se mesurer; oa, la perfection n'existe pas.
(1) La morale, à pratiquer, est la règle à suivre. Il est évident : que, partout où chacun se fait sa règle, il y a anarchie. Quand , la science n*exi^ pas encore ; la seule hase possible de règle commune, de morale commune; est : la foi, dans la règle, qui renferme : la foi, en un interprète infaillible.
(2) Quand on veut parler de critérium, voilà ce qu'il faudrait toujours avoir présent à l'esprit Les âmes seules sont jtistes mesures ; ou, il n'y « pas de mesure réelle.
178 SCIENCE SOCULB.
guer des Âmes illusoires. Mais, jusqu'à ce que cette instruction ait été exposée, d'une manière rationnellement incontestable; nous devrons ne considérer toute instruction, prise comme critérium de Tétatde décadence de chaque moyen despotique ; que, d'une manière relative.
Ce sont, dès lors, des instructions relatives; qui devront nous servir de critéria ; et, nécessairement, nous devons les choisir les moins défectueuses possible : puisque, des instructions relatives, ne peuvent être parfaites.
A cet égard, il faudra : que, les diverses instructions, que nous prendrons comme critéria, soient prises de manière : que, leur expression , inébranlablement constatée, soit par l'histoire, soit par la eontemporanéité, puisse toujours faire ressortir les illusions, auxquelles elles sont nécessairement relatives: lorsque, l'instruction réelle, absolue, aura eUe-mème: une existence réelle ; une existence incontestable.
Pour parvenir à ce but, nous remarquerons : cpe^ jusqu'à ce que l'instruction réelle existe et soit devenue générale; il en est, nécessairement, une infinité d'illusoires, toutes différentes les unes des autres, souvent même opposées entre elles, chacune formant secte, et toutes, par sentiment^ se prétendant instruC' lions réelles.
Une multitude d'entre elles sont dès lors et née» sairement, indifférentes à nos études, insaismablei d'ailleurs, et doivent ainsi : être éliminées.
Mais, parmi cette multitude, il en est deux €i|pè-
ces : qui, par leurs continuels rapports à la pratique et à la théorie ; et, par la possibilité de Ungaara codatatar leur apraetton; nous oomnandent : mie attention partîenlière.
La première, de ces inetructions spéciales, est formulée par l'aulmté despotique, comme énonçant, pour chaque localité, le dboit étabu. Noos rappellerons, relativement à Tactualîté de son application :
PRATIQUE SOCIALE
Cette première instruction, est essentiellement relative : à la foi, socialement considérée (1).
La seconde de ces instructions est vague^ Elle se présente, sous mille formes différentes. Mais, toutes se réunissent en un centre : le protestantisme contre le droit établi; par le préjugé, les sentiments, l'éducation, la foi. Sous ce rapport, et aussi relativement à chaque localité, nous considérerons cette instruction comme déterminée; et, nous l'appellerons oppositio^t. Cette seconde instruction est, évidemment, relative : au protestantisme, socialement considéré.
Les discussions, sur les questions traitées contradictoirement entre la pratique sociale et l'opposition, c'est-à-dire : entre la foi et le protestantisme ; produisent sur les individus, des effets qui. varient: selon l'éducation, l'instruction, les passions, les intérêts, constituant les idiosyncrasies sociales.
(1) Aussi longtemps : que, la vérité n^est point démontrée ; et, socia- Itment acceptée; il y a partout une /oi sociale. Dans les pays, où, comme en France, la loi est at/iée; la foi sociale n*est point religieuse; mais, elle fait aooeptery comine bien et comme mal, ce qui est déclaré tel, par les magiatrats. De toutes les fois sociales, celle-ci, sans contredit, eit : la plus absurde ; si, Tabsurde peut avoir des degrés.
,„. .-j.pvm-i cuuque moyen à juger, définitivement ; de son degré df
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FomuBA, JVoanMB» HMaÀ inJuiinet, vtmaAr
— « Le deimier des torts qa'on psidoBBe est ed«i d*MMwcer des Tentés iKNiveOes. »
Tbomas, Éloge de Ihscmrteg,
— « Ls pomflM de terre et le caiè ont été pros> crits psr des anéU da parleneat; b Taccne, le ■^nniwM à Tspeur ont été Ib bCsm di(&Més
dans leurs débats Citez an charlatan
qui ait été repoussé, citez an inventear qai ne Tait pas été. Les académiciens, poar s^excnser, rejettent la faute sor les siècles peu éclairés ; le nôtre, qui se dit poonra de lomièresy n*a-t-il pas écoodait Fultoit et Luoh, inventears da batean à Tapeur et de Téclairage an gaz ? »
Fouaiza , Nouveau monde tudutiriei, ÀTantpropoe.
— « Une opinion qui serait celle du pins grand nonbre n*a pas le droit de dominer. »
CoMTz DK MiSÀBaAU» AsscmUée nationale, déjàcité,di.ix,S2F(l).
te opinion y dans la bouche de celui qui ne reconnaît pas le droit
182 acuuccR spcuul
— « n est évident que, paisqn'il nous arme de divers endroits, et souvent des mêmes, des vorax contradictoires; il est évident, dis-je, que Topinioii publique, puiiquon appelle ainH de» vœux parli' culieri , n*est point encore parfaitement formée. Dans une question aussi importante (celle des assignats) , il faut se décider p€ur la puissance des raisons et non par le nombre des autorités (!)• *
MiaABBAu, Aaaendbiée natioB^ 7 odobn 1790.
— « JL'opînioB est U reiaa im. WÊÊmàê (2). *>
Pascal.
— « La reine du monde c^est Tintrigne; le droit de la force, qui régit Tespèce humaine, n^est autre cbose que le droît de la ruse. »
RoiESPiEftfti, Défenseur de la constitution, mal 1792.
-»« Lonçw Tantorité de Topinion détroit celle de la raison, les mœurs sont perdues; il n*y a plos de force qnc oelle des supplices. »
. Massilloh.
— « n favt des siècles pour détruire une opinion popnlaîre. On la nomme la reine du monde; elle Test si bien que quand la raison vient la oombaltre, la raison est condamnée à mort. Il faut qo'elie rennisse vingt fois de ses cendres pov chasser enfin tout doucement l'usorpatrice (3). »
YoLTAiRi, JDict, phil,^ article Opiriov.
— « H n^ a point de doute qn*on ne doive préftrer la vérité à tontes les opinions qui loi sont opposées, pour anciennes et communes qu*cUes poissent être, et qve tous ceux qui enseignent les autres ne soient obligés de la rechercher de tout
divin et ne connaît pas encore le droit rationnellement incontestable; est, au moins, singulière. .
(1) Voilà, Topinion ; et, le système des majorités, qui n'en est queU formule; rejetés : par, ceux-là même, qui étaient chargés de les faire triompher.
(2) La reine du monde va être bien mieux déterminée, dans la citation suivante.
(3) Si, l'opinion n'est qu'usurpatrice ; elle n*esl donc pas reine légitime .' Alors, elle n'est que la force ; et, comme dit Robespierre : une foroe, qui n'est que TexpressioA de la case*
sema scoALE. f 83
fe«r poMMe, et de Vt/tuâgoer aprèt Vmnit trouvé» (1).»
Dkscajitu, t. IX, p. 26.
— « Trais JMomàmXj trois «vis diffi^rcats; trois philosophes, trois systèmes; trais dépotés» trais votes; trois socialistes, trois «topîes; trais rafigisanâireSy trais raetss.»
TmoM (M. Di CoEMAS»), Feul/mf p. 40.
— « Etenim qui es errora inperitae snititadims psadei, Uc m mmpm viris w» est hdteodvs. »
CioBR., de OJf,, L I, c xfx.
— Les opinioDB particulières de ebacun ; et, la vérité rendue incontestable; peuvent être : diamétralement opposées.
Ce qui est tenu, par l'un, pour être l'opinion ^é^ nércde; ne sera, pour un autre : qu'une opinion particulière.
L'opinion générale, même constatée, si cela était possible, même identique à la vérité, ne peut être considérée comme vérité : jusqu'à ce que l'instruction réelle existe ; et, que celle-ci soit nécessairement^ socialement mise à portée de ebacun. Dès ce moment, l'opinion perd son nom d'opinion ; et, prend celui : de vérité.
De ces prémisses, nous conclurons : qu'il est bien difficile ; ou, plutôt, qu'il est impossible ; dans l'état social actuel : de donner, à l'opinion, une forme réelle; et, que par conséquent, notre critérium est illusoire.
(1) C'est, txès^bien ; aiaiSy très-îmitile ; à moÎDs de savoir : comment, on distingae une opinion d*une Térité; et, cela, d'une manière rationiMUemeet iBODBtesteble. C^eet, ce que Descartes n*a p«int fût.
Nous le choisissons cependant; parce que : ^^î même nous venons à nous tromper, en formulant 1' pinion, il n'en résultera aucun changement, dans 1 conséquences : relativement, au jugement que nou-:=^8 et les autres porterons : sur le degré de décadence d^Bu despotisme, analytiquement considéré.
En effet : chacun, en partant de son propre jug ment, pourra, et sans inconvénient, substituer: forme, qu'il donne à l'opinion ; c'est-à-dire : son pre critérium au nôtre. Car, nous ne conclurons poin relativement à notre opinion particulière, prise comia^^e critérium, en ce qu'elle peut différer des autres ; mais, relativement à toutes les opinions, quant à c=^ ^ ' qu'elles ont d'identique : sur l'incompatibilité ave ^ l'ordre, du moyen despotique, dont il s'agira de déterminer : le degré de décadence.
En nous servant, ainsi, d'un critérium provisoire ou relatif; nous avons, en outre, eu pour but : d^ rendre palpable, la nécessité d'un critérium définiti/ ou absolu ; et, d'indiquer un chemin conduisant : noaseulement, à la découverte, mais encore à l'adoption : de ce critérium absolu, comme devenu nécessaire.
En socialisme, d'ailleurs; et, jusqu'à ce que la vérite soit socialement reconnue ; l'opinion est un élément essentiel. 11 est, la moyenne proportionnelle entre les extrêmes : pratiqua sociale et opposition; foi et protestantisme; comme étant : la racine de leurs produits. Un pareil élément devait entrer, comme fondamental, dans la position de l'équation sociale; pour aussi longtemps, nous le répétons : que, Vincantestor
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hilitéj n'est p6int devenue : la base nécessaire de la science.
Passons, maintenant, à Taide de ce critérium provisoire ; à l'examen : du despotisme ; analytiquement considéré.
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