‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 16 sur 55 · PREMIER MOYEN DESPOTIQCE. ESCLAVAGE 01 APPROPRIATION · texte numérisé non relu

PREMIER MOYEN DESPOTIQCE. ESCLAVAGE 01 APPROPRIATION

DU TRAVAIL DE l'hOMME ; ET POUVOIR DE DISPOSER DE SA VIE; ÉRIGÉS EN DROITS, PAR LA SOCIÉTÉ.

« Qae sont des droits électoraax oa monicipaa^ pour des hommes enchaînés à U misère? Les A»* glâis ont raison d'appder l'aisance une induré»' dance. »

M. Michel CaBrALiEft, De* intérêts nuUéne^* page 5.

— « Yonlez-Tons snr la terre éterniser le p«**" périsme, le crime, la guerre, les convalsioiiSt ^^ despotisme ? ETann isez le paoLBTAaiAT. «

Proudhoit, De la création de tord^* page 518.

— « Les esclaves trouvent le toit et la bonilli' sur la terre du maître ; les vilains et les vassaax reçoivent presque à titre de redevance la rente aoiD^ nière du château, ou bien peuvent réclamer comio' un droit le secours du couvent ; les cultivateurs et les pasteurs se réchauffait aux rayons pilis de I* bienfaisance amicale du village ; les vieillards de la corporation ont quelques bribes à toucher sur V masse commune : mais Touvrier des ateliers , rovvrier de nos villes, qui marche libre, seul, qaioe dépend que de la loi, qui roagirait d*emprisooDer sa conscience dans les chaînes d'un don de charité, qui n'a plus de couvent ni de caisse de oorporS' tion ; qui cent fois dans le cours de sa carrière industrielle a vu changer a u-dessns]de lui son patron» autour de lui ses camarades ; qui habite un mooô^

variabk ci iût partie d'une associatiou éphémère ■ée à daq beww da matin, morte à huit heures du •ok ; TosYricr <ka ateliers de nos Tilles, on trouve* c-il à ëomir ek i manger lorsque Tàge TenTahit, om bioa qoa^ jaaae encore, une blessure au travail ki a raaipii knm d reins ? »

PiaBBB Lbhoux, Revue indépendante, mai iêkl (1).

— « DcfODS-noas déshonorer le patriotisme en rappehnt esprit séditieux, et honorer Tesclavage par le orna d*amoiir de Tordre et de la paix? »

RonsPiEBEt, j4ssem6lée nationale^ 22 février

— « Permettez^que des ouvriers vous dévoilent toutes fet malversations et turpitudes que nos maîtres maçons trament pour nous soulever en nous poussant aa désespoir. Non contents d'avoir amassé des fortunes énormes aux dépens des pauvres manœuvres, ces avides oppresseurs, ligués entre eux, font courir contre nous d'atroces libelles, pour

- tAcherde nous enlever nos travaux : ils ont poussé Hnliumanilé jusqu'à s'adresser aux législateurs pour obtenir contre nous un décret barbare qui nous réduise à périr de faim. Ces hommes vils, qui dévorent dans l'oisiveté le fruit de la sueur des manœuvres, et qui n'ont jamais rendu aucun ser- TÎee à la nation, s'étaient cachés dans les souterimÎBS les f 3, 13 et 14 juillet. Lorsqu'il sont vu que la dasae dès infortunés avait fait seule la révolution, Ha sont sortis de leur tanière pour nous traiter de brigands; pais, lorsqu'ils ont vu les dangers pastés, Hs ont été cabaler dans les districts pour y arracher des places ; ils ont pris l'uniforme et des épantettes. Aujourd'hui ils se croient les plus forts, ils voudraient nous faire ployer sous le joug le plus dar ; ils nous écrasant sans pitié et sans remords.» * lititre tignéé de 340 ouvriers travaillant a la nômveile égUse de Sainte' Geneviève, publiée par l'/émi du peuple le 1 2 juin 1791.

« Suit la note des maîtres maçons ayant de 20 à 200,000 livres d« renta, et de» moyena «yi'ils ont employés pour avoir ces fortunes ; pma ilM^tsat :

« Voilà une esquisse des moyoM da pu^enir

tt tnvas déjà donné ce passage. Nous aTons ofr pouvoir ïe ré-

fiCISnCB SOCIALB.

raiMtaïa.

lires cl lie tenn fortaDCs rirbessea eocnme il* le i

eoDl d'tiue irarice cordide? qg'lli encore à dîminaer do» jimntia da uil ioas que l'admîniitiuliao nooi >

i>èlir,

I f«mille>, lon^M iHxis aiant remue el enfants. Ainsi, «pi^ iioir «pnisé uos fortes an service de l'Élal, maUni' l^s par nos eheh, eilénués par la fa/m, el raidit par la fatigue, il ne doos reste soutent d'autre»

Ire (1) ; tandis qne lias lainpires bablteut de palaïij boiveal les vioA les plus délicats, codcIkiiI sur te duvet, sont traînés dans de* chars, et qu'il.

heurs, refusant soavent k la famille d'un ouirier, blessé ou tué à midi, le salaire du commmeeinenl

Cité par MM. Bucuez el Boux, Hhtoire parlimenlairi de la Révolulio^Jr^ùai.e. t.XII, page 1 1 3.

— <• Le grand éiénement do mois (1), c'est la fête de Lille, la fête de M. Rolliscbild.

- M. Rothschild a gagné quelque cent millions

il dépense quelque bribes de c

On ciie c.K Rolhichitd! Des p

iuces, de» députés,

des pairs de France, lui scrveii

de cortège, et les

ouanges.LeJu«r.

Hat de, Dibal, «'i<:TK : Il y

ÎH//ïHc cAoïe de

plu) puiisani que la foi, c'eti

. ncit.sc (3).

- Quiiiie jour» «pris , daii»

ue ïille Toiaine de

celle où l'on avait rendu de tels

oimenrsàlapuis-

(1) Cette ressource est enlevée. Il faul mamlenant de la protection pour y ëti« admis-

(2) JuiD 184S.

(3) C'est, la richesse qui détrône la foi. C'est, lu règne de la richesse, i)ui constitue l'anarchie. C'est, l'anarchie, qui rend la vérité, oécessaiie. C'est, la vérité : qui, détrônera la richesse; et, la rendra son esclave.

SCIEHGB SOCIALE. 189

dm cipilaly à Naacj, mm hmaàt et roK «omkieit km raes, deaaadul àm pua. Ob

- Ce àépmritmemi âm Nord, oà r«r aièae k tnoBphe de ce 4|n est plu passast q«e U foi, doit pourtant biea siTotr par expèrieaee ce qar coèle la royaaté da capitaL A lÂ, cette TÎDe oè Ton crie mmSoOudiildl mr 70,000 kabitaats, il y a, nûraat randen préfet, M. de TOlcMSTe, plas de 3}y000 paaTTCs reœTaat des secoors de b charité pobliqae, et qoels seoosn ! Testes les aatres^ tUIcs de ce riche départoBeat sont dans la néae proportioo.

•^ Il y a quelques hmms, oae correspoadaBee de Lille, insérée dans VÈclmirtmr de SmâU-^Omur^ donnait d'efTrayanU détaib sar la misère des classes panvies à Lille, dans toutes les villes de la fîpoutière et plos particolièrcaient en Bdgique :

— « Qad hiver fatal poor nos popolations, et • poor celles de la Belgique ! Ce pays possède une « nombreuse classe de traTaillenrs qui ne pourront « et ne peuvent déjà plus subrenirà leur subsistance. « Aussi combien de mendiants renoontre-t-on dans « les rues, sur les routes ! Les dépôts de mendicité « ne suffisent plus, et des vols s'exécutent tous les « jours par des individus qui n'ont d'autre intention « que de trouver un asile eu se faisant arrêter (2). « Les prisons sont transformées en dépôt, et c'est a par centaines que les malheureux y arrivent joumel- « Iement.Unc bonne récolte de pommes de terre aurait « prâervé de la faim cette multitude. Que de scènes «* se passent chaque jour ! A Gand où 2,000 familles « riches, puij»sautes, ont beaucoup de peine à sou- « tenir le siège que leur font nuit et jour quarante w mille malheureux, on voit des bandes d*iudivi- « dus, affrontant tous les périls, porteurs de four- « ches, de bàtous, sommer les plus riches proprié- •< taires de laisser faire main ba^e sur leurs récoltes, « sous peine de dévastations. Nous n'exagérons

/époque d'ignorance n'a que ce moyen de les satisfaire. L'auteur

n autre moyen ? Qu'il le donne. Mais que ce soit clair, pratique,

stable.

» puhliciste Pafendorf dit : que , le vol est légitime : quand il

eisité par la misère. Où en sera la société : lorsque le besoin

màvk cette doctrine générale? Et il faut, nécessairement il faut :

Meicté en vienne là. Tout ce qu'on dira, auparavant, sera inutile.

190 SCIENCB SOCIALE.

« nen ée cet horrible tableaa. Les puiuts tié « accostés dans les rnes, au point de se voir arf* « traités si lenr bourse ne se délie à l'iiisteBt...»

«« Mais à quoi bon contiuner ? Pourquoi étÊC retracer, ce que tout le monde 8ajt(l), VtSkt^A misère des populations sous la directioii dei «■" gnenrs du capital ! Cette puissance de la riehefl^ que Ton met an - dessus de la foi, cooBiste Ud simplement à enrichir qudqnes riches et à dipcai* 1er les nations (2). »

Rbtue SOCLA.LX, numéro 10« pu6luepv?uMU Leroux.

— Notre énoncé, du premier moyen despotique;

énoncé, que nous allons blâmer; et, que cependant nous avons ainsi formulé, à dessein; n'aura, proba*: blement, été condamné comme vague : que, par oa petit nombre de nos lecteurs. 11 l'est, cependant; el| aussi longtemps : que, des expressions indéterminées, sont tolérées dans les discussions où il s'agit de ^o^ dre, de l'existence sociale ; il est impossible : d'arriver, à des conclusions ; qui, ne puissent être contestées : avec la plus grande facilité.

Par exemple, dans notre énoncé, que signifie h mot société? La coalition des plus forts. Et, que sipi fient les mots travail de V homme : lorsque, rhommfl seul est susceptible de. travailler : sous peine, de « pouvoir accorder au mot travail : qu'une valeur absolument illusoire? Ces réflexions faites, l'énoncé de* vrait se trouver : « Esclavage ou appropriation da

(1) Non, tout le monde ne le sait pas. Allez à rAcadémie morales et politiques, vous y eu tendrez varier, sur tous les tons 4e 11 gamme : que, jamais le peuple n'a été ainsi lieoreuz.

(2) Et, il fiuit que cela soit ; et, soit poussé jusqa'suii toiitais lii^i tes sapporlables} pour, que la vérité : devieniie

SaKKCE SOCIALJL i9i

• travail des faibles ; et^ pouvoir de disposer de leur

• vie; érigés en droit : par les plus forts. » Ce simple changement, loyalement discuté et franchement accepté, aurait, pour ainsi dire, rendu inutile : tout Qotre premier livre. Nous espérons : que, beaucoup de nos lecteurs profiteront : de cette simple réflexion.

£o traitant du premier moyen despotique, au précédent livre, nous avons été forcé : de Tembrasser dans sa complexité. Nous partions de l'origine de Humanité ; et, alors, l'appropriation du travail et le pouvoir de disposer de la vie du faible, étaient des éléments : pour ainsi dire, inséparables «

Maintenant, que nous avons à traiter : de la décadence de ce moyen, par le développement des connaissances; nous sommes censé avoir parcouru le cercle des connaissances ; et, nous devons considérer séparément : ce qui appartient à l'esclavage ; et, ce ^i aj^artient au prétendu droit de vie et de mort.

192 SCIENCE SOGULE.

tt Beaucoup d'hommes ont écrit sur resdange; tous en parlent ; car tel dans notre Europe eit esclave, qui cerUunement ne s'en doute pat. Toos Font appdérALiÉN ATZoïr ds la liberté, sans avoir fixé l'idée de ce mot UBcaTÊ autrement qae pu uu galimatias confus et inintelligible. »

MiEABKAu, Eêsai sur ie detpotùme, p. 23.

— •< Vous Yons rappelez que ce grand boase (J.-J. Rousseau) a commencé le sublime oamge que nous discutons par ce beau principe; l^kommt est né Ubre (1). Écoutez maintenant où il arme en finissant le chapitre qui nous occupe : timpui' sion du seul appétit est teêclavage, et tobéittamt a la loi qu'on s'est prescrite est la ti^té (2). Or, selon lui , l'impulsion du seul appétit est la loi de nature (3), et la soumission k la loi sociale al l'état civil. Donc l'homme n'est pas libre, mais et* clave (4) ; donc il ne trouve sa liberté que lois de lui-même et hors de la nature. Ce qui est dais Rousseau la plénitude de la contradiction est eo soi la perfection de l'absurdité. Il a bien raison de conclure que le sens philosophique du mot Ubtrif

(1) toutes les fois, qu'on se sert d'une expression sans la déterminer, on se trouve conduit .* à dire des folies. L'homme, peut cire libre : individuellement ; et, socialement Un homme, esclave socialement, est libre individuellement : s'il obéit à sa raison; sll domine ses passions. Un honmie libre, socialement, peut être esclave, individuellement; s'il est asservi par ses passions. Quant, à l'enfant qui vient de naitre;il n'est : ni libre ni esclave; il est encore dans V éternité; et, la liberté, comme l'esclavage, sont relatifs : au temps.

(2) Ce passage est, sans contredit, le meilleur ; nous disions, premSi le seul bon ; qu'il y ait dans le Contrat social, (Test, précisément, dh que ces Messieurs, rejettent : comme absurde. Cela doit être.

(3) A cela, il n'y a pas encore de doute; du moment, que Ton esÈÈ de la loi de nature, ce qui dérive du raisonnement. *

(4) Pas plus l'un que l'autre ; du moment, qu'on le considère: MipaodaÉtmenMIptJa condition de ses pères.

flCISHGE SOCIALE. «M3

ii*est pas ici de 8oa rajet ; Mail eonmt II n'épargne pas pins la chose dans sa pensée que le aat dans la phrase, et que TenchalnemeDi de sa première idée avec tontes celles qn*il en dédait et qni en dérivent très-exactement montre rbomme ft hi nature comme nne bmte assenrie à IHntthct, «i Thomme de Tétat cÎTil comme un être qaî sort de m destinée native pour s*élever par artifice (I) fc k liberté, il est évident qu^il déshonore toos les principes (2), et qu'il stteint au »oit««ent ImA» tuUi» philosophique et le moins digne de son pue (3). » Fauchet, Cinquième diêcour» mu âlfth social ( 1 790), renfermé dans le «^ xix.

—«•Eu 1614, sous Louis XIII, les actes authentique» des états généraux constatent Texistence des mêmes faits. Le tiers, ayant osé dire que les trois ordres uoni/rères^ la noblesse répond : « Qu'il « n'y a aucune fraternité entre elle et le tiers ; « qu'ils ne veulent pas que les enfants de cordon - « niers et de savetton les appellent leurs frères ; et • qu'il y a autant de différence entre eux et le « tiers comme entre le maiire et le valet. »

« Puis, déléguant un dépoté poqr|iorter plainte an ror deTinsoleocedece va/et, cet organe de Tordre eutier de la noblesse s'exprhne ainsi :

— m J ai honte, Sire, de vous dire les termes qni « de nouveau nous ont offensés. Ils comparent vosw tre Estât à une iàmille composée de tngii frères ; « ils disent que l'ordre ecclésiastique est Taîné, le m nôtre le puîné et eux les cadets^ En quelle misé- «« rable condition sommes-nous tombés si cette pa- M rôle est véritable I Hé quoi ! tant de services signa- « lés rendus de teiBpa immémorial, tant d'honneurs « et de dignités transmis héréditairement à la no- « blesse, et mérités par leurs labeurs et fidélité, f « l'auroient'ils, au lieu de l'élever, tellement rabais- M sée qu'elle fût avec le vulgaire en la plus étroite

lOCmttDt et artifice sont une seule et même chose : h Texte premier se prend en bonne part et le second on mauvaise, mement ou développement d'intelligence en place d'artlHce, lUon sera jaste et de sens et d'expression. i^jltntioDy oà pourrait dire qu'il rend ridicule le prétendu Il état de nature, socialemSit, humainement considéré, curieux de jawr les adorateurs mêmes du Contrat social, ne statue fut légalement décernée à son auteur, renverser 'idole : quUls ont plac^ sur l'autel.

« sorte de société qui soit parmi les boMnei, ^ « est la fraternité ! Chacun reconnolt qu*fls nepci- » Tcnt es aocune façon se comparer à nous. •

La MurMAis, L'etclarage moderne, p. Il

— « Noos Tenons de dire que le pnJétaire ctf l'homme qui vit de son traTail et qui ne poomit vi^TC s'il ne travaillait. Ainsi Je prolétariat a par terme correspondant le salaire ou la rétribatio■a^ cordée par le capitaliste en échange du travail. Ls nécessité de \ivre rend donc le prolétaire dépadant du capitaliste, le lui soumet irrésistiblcBent; car dans la bourse de celui-ci est la vie de cdei-là. Que cette bourse se ferme, que le salaire vienne à manquer à Touvrier, il faudra qu^il meure, à omm de mendier, autre servitude plus humiliante, phs dure ; et, en outre, la loi punit la mendicité coonb un délit. Imagine-t'On une dépendance comparaUt à une dépendance fondée sur le droit abs<Ai de vie et de mort ?

« Le prolétaire dépend, en second lien, dn capitaliste, quant à la quotité du salaire. Ce n'est ps qu'il ne puisse se débattre ; mais, d'une part, h législation, telle an moins que les tribunaux ristffprêtent et l'appliquent, favorise constamnent h capital aux dépens du travail ; et, d'une autre part» le capitaliste pouvant toujours attendre, tandisqit le travailleur ne le peut pas, et dès lors maltreds conditions dn contrat réciproque, fixe seul en réalité, sauf la concurrence entre les capitalistes fBmémes, le salaire on le prix du travail.

«Lecapitaliste et le prolétaire sont doncentreciif de làit,à peu prés dansles mêmes reUlionaqncleaittn et lesclave des sociétés antiques : auMÎle b^ même est-il resté \ on dit le maitre et l'oatrier d l'on dit ti^s-bien.

«« Qu'était resclavt à Tégard du maître 1 Vi instrument de travail , une partie, el la plaiprf'. dtase, de sa propriété. Le droit reçu attachait A^ dicalement à l'esclave ce caractère de chose ptf* sédée,et la contrainte physiqne le forçait à Ttkêt sance. Des cliaines et des ? ergen éUient U andi* de ce droit monstnMOX de riMMnne sur ri«Bai(4-

(1) Pas déjà si monstrueux. : Risque, pour aussi loDgtem] l'époque d'ignorance ; rhumanitc périrait : si,- ee droit n'esî cette même époque ; c'est, Tanéantissemeut de ce droit qui trueux : eu ce, qu'il cause l'anarcVe.

SCIENCE SOCIÀLt.. 498

« Qu^esi aujuard^hui le proléUire à TégArd du capitalisle? Uu instrument de travail. AiTranchi par le droit actaelf légalement libre de sa personne, il Ji^est point, il est vrai, la propriété vendable , achetable de celai qui remploie. Mafs, cett« liberté n^est que fictive. Le corps n'est )>oint esclave, mais la volonté Test. Dira-t-on que ce soit une vérita« ble volonté que celle qui n*a le choix qu'entre une mort affreuse, inévitable, et l'acceptation d'une lo imposée ? Les chaînes et les verges de Tesdavagc moderne, c'est la. faim (1).

i Car enfin Tesclave était au moins toojonrs assuré de la nourriture et du vêtement, d'un abri pour s'y réfugier le soir, de soins pendant la maladie, à cause de Tintén^t que le maître avait de le conserver ; et le même intérêt empêchait qu'on ne l'accablât sous le poids d'un travail excessif: tandis qu'où peut impunément accumuler sur le prolétaire les fatigues les moms tolérables, et que jamais il n'est sûr du lendemain. S'il souffre, qui s'en inquiète? s'il meurt, qui le sait? Un autre lui succède : tani les rangs sont pressés, tant la faim est prompte à remplir les places !

« Ainsi voilà le sort du pauvre : dépeadre entièrement de qui l'emploie; vivre quand on occupe ses bras, quand il y a pour le riche quelque profit à tirer de lui; mourir quand le travail lui manque, on quand le salaire est insuffisant. Est*ce là, oui on non, de l'esclavage ? En vérité, je m'étonne pen que qaelqnes-uns , n'envisageant que le côté matériel des choses, le présent séparé de l'avenir, en soient venus à regretter, au milieu de notre civilisation, la servitude antique. »

L\ MtcNiTAis, L'esclavage moderne, p. 39. -* « 11 n'est pas besoin d'un long examen pour reconnaître que la maxime générale d'égalité n'est qu'âne vaine fiction, iM\Gi:fÉK pour satisfaire, je veux dire pour tromper la conscience publique. Dm multitudes de lois émanent, au contraire, d'un principe évident d'inégalité. Faites par les hommes du privilège, elles ont pour but leur intérêt particulier, au détriment de l'intérêt du peuple, de

Ltedave moderney n'est plos poflidc individuellement; mais, il ridé ffllIrrtÎYrmimt Auparavant, il n'avait qu'un maître qui s'inil| à loi; maintenant, il en a des milliers : qui , le voient mourir Ndnte : de rien perdre, par sa mort.

ITmérfl pmqiic uniïfrwt. Qa« di pôle I Et» qui Krvenl-ellti ? qui b>iHlHtil.clkB^ E(t-ci l'inlérit de loi», on cdui de qsdqHi-ai qni rH'e le brif du ilonanei, détetiniiie U m ou l"él«ndue d« prubiblliani? Oclioù, înpéU 1 loule «orlr, siirquoî util-iU prélevés pour U pi gradde parlie, (iiiaii luc le iièccuai IT a Tes charges dv la uci^lé, d'an lent lei béntlîce».

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a boDl de .

iTop 6dïle de l'étal du penple dai noanm^nilic taiK pour sa ra douées

'iliiallon.aoD tsjià t.on»i«™. 4

ladialribuUoBddiJ

• Dana •

jnilice. l'ordre citil p iu^IiU qui va fréquemment juiqu'à Toppreiaigab Ainii, en ce qui tonde le> penoniies, quelle ihbilUt pour le peuple ! quelle facile iadulECaa * pour le riclie ! Sor le moindre indice de délir, M enlève au liavai) qui noorril sa famille le panin prolétaire; pour lut point de caulion, qui la four-

lonci de sa vieille mïre JnGrnie, ni de sa femme

de ce qu'une sociale corrompue a de plus immoodt et de plus pervers, il comple dou

jou

il!'

leurs lannri, leurs soulfra

nccB, leurs poignanle

■neoiS!es;ilenletidUnuil.d

an» la lièvre d'un demi

«ommeil, chacun d'eux lui

crier : J'ai faim! E

quand, recomio i-inoeent, o»

lui dit : Va-l-en, il sor

a>ec nne sanic ruinée, un

avenir perdn. Qu'im

porle à ceui qui font les loi:

,.àeeuTqu,le.appii

quent ?

~ Nous parlons ici de l'<

liliqui^ c'est bien autre cho:

te. On a d'abord f (ab

en droit que cerlaius persor

inages.élevésBU-dcm

de !■ loi par leur naisi<anc<

: ou par leurs titres, >

■ont soumis, quels que soiei

il leuis actes, lancu

jnridiclion, ne peuvent *l

re allciiifs par aneiu

peine; de «,rle que, préve

nus du n.*n.e délit q<

de simples ciloieus et pri

ncipau. auieur, d. ,

délit, ilssonlrfiivoyéjsans

jugement, Undisqu'c

lit contre les subalternes.

•I L'inégalité lie s'arrête pas i ce premier tena or ainsi parler. Voyons-la tout de laile ■ M lire terme extrême.

• 8CIIIICB SOCIALE. 197

. « Une émeate éc1ate-t-dh^ oa le pooToIr a-t-il beaoio, povr raflernûr sa cadbqoe exitteoce, cTeffrayer la chambre et le pays par quelqoe conspi» ration de oommaode; alors malheor ara prolétaires! Soas le prétexte le plu Ikl9t| o« sans auoui prétexte, par mesure préveiUif«^;èii les «rradie de leurs ateliers, on les entasse dans des csImuiobs prîtes d'air et de soleil, oii leurs forces décUnsnl rapidement, faute d*une noorriliure suffisante et saiue, ef par suite de l'irritation que prodoisait en eux des vexations sans nombre, mille tortares physiques et morales savamment combinées pour affaiblir ces corps robustes et coarber ces âoMK vigoureuses. .»

n Aucune charge ne pesant aor la plupart d'entre eux, il faudra bien enfin le«r Mivrir les portes des cachots où leur santé sa détrât chaque jour, où leur raison quelquefois s*altm. Ainsi, sans doute, on va hâler rinstnictios, le jufsoienty et plus le tribunal sera solennel, plus il montrera d'empressement à réparer Tinjustice de détentions SI o^plorables. Vous le penses; désabuses-vous. Tandis que sur la paille humide des prisons du gouvernement, ou dans le secret de ses oubliettes nouvellement décorées du U0M*|^ cellules pénifestiaires par une niaise et atroce philanthropie, des malheureux creusent leur donlear, toujours, toujours , pendant les longues heures d'attente, leurs nobles juges s'en vont, durant six mois, sept mois, se reposer aux champs et promener dans les parcs verdoyants de leurs châteaux, sous les ombrages de leurs riantes villas, leurs loisirs iriftocratiques. Croyeac-vous que si le prisonnier était un des leurs ; que si, par son nom, ses relations, sa richesse, il appartenait à ce qu'on appelle encore les classes sapérieures, les hautes classes, on osât prolonger ainsi son supplice préventif? Alors on se souviendrait des prescriptions de la loi, ou, au défaut de la loi, on trouverait que l'humanité parle un langage plus impératif, plus sacré encore. Mais le prolétaire, est-ce un homme ? Ce n'en est pas du nM>ins un pour vous, hauts et puissants seigneurs de ce serf, maîtres dédaigneux de cet esclave !

« QdtDe que soit sa misère, il peut arriver cependant qu'il ait des intérêts à défendre, une injustice à repousser; qu'il soit, en besocoup de cir« constances, obligé de recourir à la protection des

198 SCIBRCE SOGTALfe.

trîbananx. Ed droit, k loi, ion ee Mpport (ff^

pour toas, lui en permet Taccèt : UlBieit,ëefcîty presque enUèremenl fermé par Aniret 4itp<MÎtiD0' légales. Car ses intérêts à loi sont nininet, ce sont ioléréts de pauvres, quelques francs peat' être ; mais ces quelques francs, c'ait son psio, tM. ▼ie. Or, on a élevé à tel poiat les frais de jutiofl^ qu*on la lui a rendue presque inaccessible, et que l d'ailleurs, gagnant sa cause, il perdrait encore piM M qn*n n*aurait gagné par la sentence des jagM. , \ Force lui est donc, le plus toureuty de subir ei j silence les iniquités dont il est Tictime et d^en ip* pder des bommes à Dieu.

« Autre inégalité : un ricbe meurt, le fiscprélèie sa part de la successira, et, quelle que soit cettt part, les béritiers la payent aisément et suis ie> gret ; la leur est encore assex belle. Par as loof travail secondé de circonstances benreuses, ptruw sévère économie, le prolétaire aura péniblement recueilli quelques faibles épargnes, unique ressource qu^en mourant il puisse laisser aux siens. Ib ci jouiront apparemment; la veuve, les orpbdimse se trouveront pas tout à fait dénués des premien moyens de subsistance. Ob ! qu*il n» va pas dt j' la sorte dans notre société. Le fisc accourt, ins*

trumente, procède, et dévore en frais inévitables rbéritage entier, le (ruit sacré du labeur du paafrt

« Mais voici quelque cbose de plus inaal, àt plus monstrueux encore.

« Ou amène devant le juge une créature bs- ■aine, bave, défaite, amaigrie, dont quelques si* les lambeaux de vêtement déguisent à petae li nudité. Yoot avei, lui dit le juge, été trouvée !•■ daut la main, ou coucbée sur la voie publique.

«La créature bumaine explique, d*nne voix éNil|% que, manquant de tmvail ou incapable de travdK àcanse de Tàge ou de la oialtêie, il lui fallait Un ou mourir, on recevoir d'antmi un seoonn table ; que, sans asile aucun, sans parents, amis , elle est tombée de lassiAnde et d^épuiseafiA au coin de la me.

«( Sans asile ! reprend le juge ; la loi a préra et cas ; vous étM à aea yeux coupable de vi^faboB' dage. Délit donc de mendicité, délit de vagabcadage, tous deux punis de l'emprispoDeMÉL

<« Naguère un cbifTounîer, glorieux ooàbattait de Juillet, accusé de ce délit qui ne se pardoat

se

I«M|fsOCIALC. i99

pas, répondit aa juge: — « J*ai passé ansst pendant « ces trois joors la nuit dans la rne, et alors on « ne m*app«latt pas vagabond ! •

« Si le Christ eût vécu pamî dou, un sergMÉ de ville Taurait profané de son ignoble attonchement, et nn juge Taurait (ait écrooer p^ vagabondage : ear le Fils de THooiMe n'a^MM^vne pierre po.r , repoKr m tête. ^^^

« Ainsi la faim phiee le prolétaire dwiiA dépendance absolue dJn eapitalîsie. Pour liiî nollegarantie de libertèlndiHdpflli^Biille défense possible de ses intérêts contre rfnjastîce et l'oppression ; nul moyen de transmettre à sa femme et à ses enfants souvent même nn faible débris da podiqne pécule arquis à la sueur de son front; «tHiaqiie les infirmités, la vieillesse, ont usé ses feieét, pas un petit coin de terre au soleil oii on le ItîtUft trpirer «m paix. Implore-t-il de Ja charité da*^yissant UD peu de pain : la prison; épuisé de iMmi, s*assied-il le soir près de la borne : la prison!

M Nous le demandons encore, est-ce là, oui ou nQ%r^ de Tesclavage? Et qui, à ne regarder Me le pur fait, sans égard au droit însolemaeMUKIé, mais reconnu, qui ne préférerait resckvaft abcien ?

« Et ce peuple esclave, de qui se compolt-t-il ? Non plus seulement des prolétaires, des hommes dépourvus de toute propriété, mais de la uatîon entière, à lexception de deux cent mille privilégiés, soue la dumination desquels se courbent honteusement trente-trots millions de Français, véritables $€rf» de cette époque, puisque leurs seigneurs et maîtres à deux cents francs d^mposition, seuls investis du droit de participer à la confection de la loi, disposent d'eux, de leur personne, de leur liberté, de leurs biens, au gré de leaW caprices, et, bien entendu, selon leur intérêt exclusivement propro. Après un demi-siècle de lutte contre la tyrannie féodale et royale^ après tant d'efforts et de sacrifices, tant de combats pour affranchir Thumajtilé d'un joug écrasant, voilà où nous en som>

ytJ -i .La Mbkhais, Dt V esclavage moderne, p. Cl.

200 SCIENCE aoeuiM,

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\ MATIQUB SOaALE.

« Égalité, jastice , sont le cri des faîMes et k joaet des paissants. >• ^ Arxstots , Politique, L VI, di. ui.

— « QaVst-ce qa*nn esclare ? C'est nn iu^ ment animé dont on est propriétaire. *•

/(/., i6id.f 1. 1, ch. Ht.

— « Y a-t-îl donc une si grande différeoce ei* tre resclare et la béte ? Leurs serrices se itnv*

.. •. blent; c^est par le corps seul qu'ils bous m*^

^St utiles. »

— ce Lorsqu'un esclave deTcnait vieux, oo Fcb* / voyait mourir de faim dans une Ile du Tibre. G»"

ton lui-môme se débarrassait ainsi de ses tien serviteurs. >•

Vicomte Albak de BARCKMOirr, JKf'. ^ récon, polii., p. 194.

— « Il est prononcé dans leurs lois (des iv&) {Exode, ch. xxi; Lévit,, ch. xzv; et GeMM, ch. XXVII, xxxn) qu'ils pourront acheter lesri frères pour six ans, et les étrangecs povr lot* jours. »

Voltaire, Dictionnaire phiht., art EscuiM»

— D*après la pratique sociale, l'esclave est un individu dont un autre individu, nommé maître, peut disposer directement : comme d'un meuble , pour k vendre ; comme d'une bête, pour le faife agir; comme d'un être humain, pour lé p^^Éttuer. /

Telle est, dans le^ngage gFnotre prétendue dvi-

8GIB1ICB 80CIÀLB. SOI

m, la seule définition capable d'établir une dison sociale : entre, l'état d'esclavage ; et, l'état de é. A moins, cependant, de vouloir qu'il existe at social, qui ne soit : ni, d'esclavage; ni, de é.

202 SCiniGE SOCIALB.

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