‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 17 sur 55 · OPPOSITION · texte numérisé non relu

OPPOSITION

«* Les ans prétendent que les ponvoirs du tre, da père de fanulle, da magistrat et dn narque, sont tous de même nature. Noos ayo»"^ déjà parlé de cette opinion au conynencement ^^ cet ouvrage. D*autres soutiennent que le pouvoir du maître sur Tesclave est contre la nature : I* loi) disent-ils, établit seule la difTérence entrf rhomme libre et Tesdave. Or, la nature fait les hommes égaux ; donc Tesclavage est une injustice^ attendu qu'il est le résultat de la violence. » AaisTOTE, Polit., 1. ly cb. m.

— « Ces mots , esclavage et droit^ sont contradictoires; ils s'excluent mutuellement, soit d*iui homme à un homme , soit ^^un peuple à un peaple ; ce discours sera toujours insensé : Je fais avec toi une convention toute k ta charge et toute à mon profit, que j'observerai tant qu*il me plaira, et que tu observeras tant qu'il me plaira. »

J. J. Rousseau, Contrai social, I. I, ch. iv.

— « Ce n'est pas le souverain , c'est la loi ffà doit régner sur les peuples (1). »

Massillon.

— « La liberté sans la justice, c'est une véritable contradiction (2). »

J. J. RoussKAU, Lettres de ia mtm$gf»e, lettre viii.

(1) C'est très-bien. Mais, qui fait la loi ? Et, si la loi réelle ne se (ait pas; comment dislinguera-t-on la loi réelle de celle qui est^donaée pov telle ? S'exprimer ainsi : c'est parler pour ne rien dirci ,()) Qu'est-ce que la justice? La justiAj^^'Vexprearioii dej^toroe: .^jfiÊÏ OU non ? Rousseau, est aussi obsovppw» Massillon. . ^ "^

SClBUeS 80CULE. SOd'

— « n n'y a pas de liberté sans loi, ni où qndqa*Dn est au-dessas des luis : dans Télat même de nature , rbomme n'est Kbre qu'à la (vrear de k loi naturelle qui commande à tous (1). Un penple libre oMt, mais il ne sert pas (2) ; il a des cbefs et non pas des maîtres (3) ; il obéit anx lois, SMit il n*obéit qu'aux lois, et c'est par la force des lois qo'il n'obéit pas aux hommes (4). >•

J. J. Rousseau, i6id,

— te Après avoir tant aimé le gonvemement républicain, faudra-t-il changer de sentiment dans ma vieillesse et trouver enfin qu'il y a plas de véritable liberté dans les monarchies que dans les républiques (ô)?**

J, J. Rousseau, iàtd., lettre ix.

— « Dans les États du sud (Etats-Unis d'Amériqne\ la moitié de la population y est composée

en PBOI.STAfRES DAirS TOUTE l'aCCEPTIOX DO

MOT, cest-à'dire d'ESCLAVES. »

M. M(cui:l Chcyalier, Lettres sur VAmérique . du Nordf lettre xxx (6).

— Sous le règne de la seule force, il n'y a aucune nécessité : que, les valeurs des expressions, ne soient point absurdes : explicitement ou implicitement. Les despotismes les plus forts, ordonnent de croire : àèSy

(1) Etj où 9e trouve Ift sanction de ceUe loi? Et, où se trouTe son eipression? Et, comment la comprend-on, sans avoir une seule idée? Et, où est-elle èette nature, qui commande à qui n'a pns 4'idées; et, par fiODfléquent, ne peut obéir plus qu'une pierre? Rou8MUIr><^i» ^^ P^us obecur que lui-même; et, c'est beaucoup dire.

(2) Et, comment distingue- t-on Tobéissance de la servitude ? - (3) Et, comment distingue-ton : un chef, d'un maître ?

(4) Et, si les lois lui disent d'obéir aux honunes? Ce ne sont point -.. akm des lois, dira Jean-Jacques. Et, ou est la preuve de celle afÛnna^* tiai ? Et, où est la sanction de cette preuve ? ^ .

(5) li valait bien la peine de faire le Contrat social, pour finir : par une ptreOld conclusion. Et cela : pour, ft*être servi d'exprenions, sans valMr déieniiDée.

W Dep«is ees ^res jf:''£heva1ier a été nommé professeur d*écon»* mie politique, coi^lleq^tat, etc.

qu'ils jugent une croyance, nécessaire à l'existence de l'ordre. Et, les esclaves croient : parce qu'en eux l'éducation, créatrice des- sentiments, détruit ou &u moins neutralise : la puissance du raisonnement. E&o la neutralise même, de plus en plus, à mesure, q^®

l'intelligence se développe davantage. C'est, que sous

le règne de la seule force. Tordre social est nécessairement basé : sur des sophismes.

Mais, quand ce règne devient impossible; quand, Tabsurdité de la valeur des expressions, données p^ le despotisme comme devant être acceptées pour qu'il puisse exister, apparaît avec évidence; et, que le mensonge , ou même l'hypothèse pouvant être vérité, cessent de pouvoir assurer l'ordre social; la valeur des expressions doit, nécessairement, cesser d'être absurde.

Dès, que la pratique sociale restreint la valeur du mot esclave, dans les limites de sa définition; et, qu^elle ne reconnaît aucun état intermédiaire : entre l'état dVsclavage et l'état de hberté; entre le joug de l'erreur, et la soumission volontaire au sceptre de la vérité ; les individus, qui se trouvent en dehors des limites assignées à V esclavage; et, osent prétendre à la liberté, en se disant esclaves; sont nommés, par elle : des rebelles, contre la société; des révolution-' chaires; des anarchistes.

Une fois, qu'il y a des hommes ainsi nommés anarchistes; et, que la société n'a pas la force de les anéantir ; cette même société est elle-même : en état d'anarchie. ^

I-orsqu'une pareille société vient à reconnaître : que, le despotisme est devenu incapable, de maintenir Tordre au milieu des individus qui la composent; ^j que les malheurs, suites nécessaires de l'anarchie, forcent cette même société à vouloir devenir réellenient libre; la première chose indispensable, pour ^itnver à ce but, est de savoir avec précision : en quoi consiste, réellement, la présence ou Tabsence : du despotisme ; de l'anarchie ; et , de l'ordre : c'eçt-àdire : en quoi consistent, réellement : et, Tétat d'escla- '^age; et, l'état de révolution; et, l'état de liberté; Nous ajoutons : que, ces distinctions doivent être faites ; sinon : en cherchant, continuellement, à saisir le vague ; sociétés et individus, doivent s'épuiser : à poursuivre une illusion de bien-être social ; illusion, qui s'éloignera en raison : des efforts faits pour l'atteindre. Et, alors, chacun se persuade : que, le bienêtre, devant exister sous le nom d'état de liberté sociale ; état , devant être l'absence du despotisme et de Tanarchie ; n'est, en réalité : qu'une utopie ; une chimère, fille fugitive d'une imagination déréglée.

Pour connaître, avec précision : et l'esclavage et la liberté; et, pour pouvoir tirer de ces connaissances : des conclusions, réellement applicables à la société, dans le but de détruire : et, le despotisme ; et, l'anarchie ; il faut, préalablement :

1** Préciser : la valeur rationnelle : de l'expression esclavage; par conséquent, la valeur également rationnelle; de l'expression liberté. Puis, comparer l'application qui doit être faite de ces valeurs, pour que la

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liberté existe ; avec l'applicaiion des valeurs données par la pratique sociale actuelle : afin de pouvoir juger : si, dans notre état de prétendue civilisation, il y a réellement : liberté.

2® Connaître: les rapports de Tesclavage à la propriété; et, par conséquent, la valeur de TexpresBion propriété. Puis, déterminer : si, la propriété individuelle, en distinguant celle-ci en foncière et mobilière; est, plus juste^ ou plm naturelle : que ne Test Tesdavage même.

3** Savoir : si, ce qui est généralement compris, par anéantissement de l'esclavage; n'est point, au contraire, un moyen dont les maîtres se servent, pour leurrer les esclaves; et, river successivement leurs fers, aussi fortement que possible : selon les différentes époques.

4** Déterminer : si, à une certaine époque, lorsque les maîtres parlent d'émanciper les esclaves^ comme le devant par justice^ et n'y travaillent qu^ illusoirement; fl ne leur serait pas plus urgent^ par égoïsme : de chercher, en quoi consiste YémanHpation; et, de les émanciper réellement.

Et, dans, le cas : que, par les solutions des questions précédentes, il viendrait à être reconnu : qu'il est nécessaire de donner aux esclaves, ce qui, jusqu'alors, a été, si vaguement et si illusoirement, nommé liberté.

5*^ Avoir : des idées parfaitement claires : non-seulement, sur la compatibilité ou rincompatibilité de Témancipation, avec k propriété individuelle prise tn

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général, ou avec l'une ou l'autre spécialité de cette propriété; mais, encore, sur l'application pratique qui doit être faite des principes, sous ces rapports, reconnus incontestables ; pour, que les intérêts de tous les propriétaires, ou au moins ceux de leur immense majorité, soient complètement conciliés, avec cette même application.

Discutons, successivement; et, comme résomés d'opposiTioif ; ces différentes conditions ; dont, l'intelligence est devenue nécessaire, pour pouvoir conclure : relativement à l'esclavage, considéré : comme moyen de maintenir l'ordre social, établi sur le despotisme.

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