‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 18 sur 55 · PREMIÈRE CONDITION PRÉALABLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CONDITION PRÉALABLE

PRÉCISER : LA VALEUR RATIONINELLE : DE l'eXPRESSIOS

esclavage; par conséquent, la valeur égalemeht RATIONNELLE : DE l'expression liberté. PUIS, comparer l'application qui doit être faite de ces VA-

LECRS, POUR, que LA LIBERTÉ EXISTE; AVEC l' APPLI- CATION DES VALEURS DONNEES PAR LA PRATIQCE SOCIAL^

actuelle; afin de pouvoir juger : si, dans notbï

ÉTAT DE PRÉTENDUE aVILISATION, IL Y A RÉELLEBfEJfT ' LIBERTÉ.

« L'Europe, qui porte aTec raiiOD vn si vif b^ térél à la cause des noirs, ne sait pas assex qa'il existe à ses porles , et l'on peut dire daifl Ma sein, plus de sept millions d'hommes, dnétiess comme nouit, qui sont traités de chiens en ktf qualité de chrétiens, par un gouTemement aaprèi duquel toutes les puissances chrétiennes ont du ambassadeurs accrédités ! L'Europe ne sait pM assez qu'à l'heure qu'il est , il n'y a pat en Tar* quie une seule femme chrétienne dont rhonneur ne fjBÎt à la merci du premier musulittali anquel die «lira eu le malheur de plaire! L'Enrope ne sait pas que les Turcs entrent quand bon leur seaihle dans la maison d'un chrétien, et y prennent toat ce qui leur convient ; que la plainte est plus dan* gereuse que la résistance, et que les plus simpks garanties accordées aux derniers des hommes, dans les pays les pins arriérés, seraient des faveurs ia* menses pour les habitants de la Bulgarie (!)•• M. Blarqui, Voyagé en Bulgarie, p»tÊf^

OQiiipoaét#j

8G1B1ICB 80GIÀLE. 209

— «L'esckve, le serf de la glèbe, le paytan Udllableet corréaUe, rartisan dont le salaire était calcalé poar la ploa a tricte et la plus indispensable subsistance, Tind^ent, le paoLÉTAiac, tons étaient les fils de Dien aossi bien que Teniant né dans la pourpre ou sur les marcbes du trône ; mais ils n*étaient pas les frères de tous dans la communauté sociale. A cette époque la distinction des dasses mettait une barrière, non-seulement pour les emplois, pour les distinctions, pour les hiérarchies, mais même pour le genre des aflections. Au reste, à cet égard , aucun juste reproche aux temps anciens qui ne retombe plus ou moins sur nous-mêmes, tant que nous ne serons pas entièrement entrés dans Tadoption du sentiment le plu» général, le plus universel, le plus complet de rhnmanité; une seuls axcLtsioii les fait toutes

COMPRERDKE. v

BALLARcnE, Essais sur les institut, sociales^ t. I, p. 444.

— « Je crois le gouvernement aclud nsorpatenr de l'autorité, violateur de tous les droits du peuple, qn*il a réduit an plus déplorable esclaTage. C*est Taffreux système du bonheur d*un petit nombre fondé sur l'oppression de la masse. Ce peuple est tellemeat em muselé, tellement environné de chaînes par le gouvernement aristr>crattque , qu'il lui de» vient plus difficile que jamais de les briser. »

Jnterrogatjtrc cle Badcuv, juiu 1796; cité par LE COMTE DE Maistre , Cottsitlérattons sur la France, p. 53.

— « On trouvait dans plusieurs pays si peu de dirrérence entre Tétat de serf et l'ind^endance dont on pouvait jouir, que plusieurs bourgs dédaignaient les privilèges qu*on leur offrait. Il nous reste des chartes dans lesquel!<^ les seigneurs féodaux invitaient eux-mêmes leurs vassaux à jouir de la liberté , tantôt en leur parlant des avantages de rindustrie et du commerce, tantôt en leur vantant l'aspect et la fertilité du territoire. Lliiidoire nous offre l'exemple de plusieurs communes résistant au bienfait qu'on voulait leur imposer, et

it cela; le sait parfaitement; et s'en moque ou s'en apqae M. Blanqut l'ignore.^ Et, faut-il le féliciter : de sa de son adresse.'

210 somroB socuêm^

pbîdbBt «aontre lenr adgnear poor ntUr (elks qa^eUei éteioit »

MfCKAirD, Hittoire de» eniuda,

— « n est nn fait qui lémoigne haatanent et de la malhearease condition des travaiUeiin libres et de rabrutissement des travaillears assenris, c'est la résistance qu*ont opposée les serfs de certiines contrées à leur émancipation La ooodi-

' tion de prolétaire libres leur semblait si peu dipie d*enTÎe (1), qn*ils loi préféraient encore lesconées et le fooet du maître. »

M. CnsKBDLXEz, professeur d*éooooaie pol>tiqne et de droit public à Genève, Etcia" vage et servage y p. 106.

— H Louis IX fut obligé d'ordonner que les indiTÎdus assex riches poor acheter leur fraockise seraient contraints d'acquérir le bien qu'on lecr offrait et que plusieurs méprisaient (3). -

B. DE MoROGUFj , Polii, buêée sur la moraUi p. 67.

— «Le maître fait travailler son esclave, le ré* compense oo le punit, lé laisse mourir de ftia oa le tae : one fois Tesclavage admis en priacipef tout cela est logique et peot exister, et existe même poor chaque esclave aussi longtemps qoe de ses fers il ne brise pas le crâne de son mailK' Mais la loi dont la lettre abolit la propriété de l'homme sur l'Iiomme , et dont Tesprit fait de k propriété des lumières , de laquelle dérivent toticf les autres propriétés , un monopole en faveur 4e quelques-uns et contre tous les antres , cetta let est cent fois pire qoe le despotisme (3) ; c'est fironie, Tinjustice, Toutrage, joints à la barbtrie. •

De Potter, Etudes socUUes, t. I, n. 1, p. I^>

— « Quel est le fonds d'exploitation de celai qo looe ses services? Le besoin présomé qoe le piv* priétaire a de lui , et la volonté qo'il loi sappeii

(1) Ce n'était pas prolétaires qu^ils devenaient, c'était ioOmiofli^ mieux, c'était vassal, paysan ou bien ouvrier dans une corporation. & on leur avait offert d'être prolétaires; ils se seraient fait massacrer, jot* qu'au dernier, plutôt que d'accepter.

(2) C'est-à-dire : qu'on prenait leur malheureux* pécule ; pour lu rendre plus malheureux qu'ils n'étaient

(3) C'est, toujours le despotisme; mais, avec on noureau masqi»;^ un joug plus pesant.

SGIBNGE 80GULE. 211

fcatiutemeot de Toccuper. G)miDe aalrefois le roliurier tenait «a terre de la munificence et da bon fiUisir du «eign^nr, de même aujourd'hui l'ouvrier tiiat «on travail du bou plaisir et des besoins du 'maître «t du propriétaire : cnt ce qu'on nomme posséder à titre précaire (1). »

PaODOHOif, Qu'ett'ce que la propriété? p. 94.

— «La question de l'amélioration du sort des prolétaires est essentiellement de Tordre moral (2). Un remaniement moral de la société en esl la condition préalable (3). Or, qui dit morale dans le sens le plus large du mot , dit religion (4). La philanthropie et la philosophie n'ont de force pour agir sur la moralité humaine (5), que celle qu'elles - empruntent à la religion. La philanthropie est Tumbre d*one religion qui s'en va; la philoaojpbie n^ait moralisante qu'autant qu'elle est le crépuscule d'une religion qui vient ou qui renaît (0). A la religion seule il sera domié de toucher assez pro* fondement le cœur de toutes les classes, et d'illuminer assez vivement les esprits pour que le riche et le pauvre conçoivent de nouveaux rapports entre eux, et se déterminent à les observer (7). >•

MicHBi. CnEVALran, LëOres iur l'Amérique du Nord, lettre xiix.

(I) * PréoAre de precar, je prie, parce que l'acte de coocessioa marqtait eipnwéineQt que le seigneur avait concédé aux prières de ses kommes ou serfs la permission de travailler. » {Note de M. Proudhon.)

(1) La sdflDce, des voleort, appartient aussi : à l'ordre moral ; si, ordre moral il y a. La science, actuelle, dit : que, les voleurs,^ seuls ne (ODt pas des sots. Il faut convenir : que, cette science n'est pas trèslociale.

(3) Si un remaniement moral de la société est nécessaire : c*est,.||ue jvqn'à présent, jamais la société n'a été organisée moralement. Sans cda, OD remanieBMat serait : nécessairement immoral.

(4) Nous avons donné des citations de MM. Cousin et Guizot ; prou- Tant : que, œs Messieurs sont d*un avis, complètement opposé. Ce sont, cependant, les maîtres de M. Chevalier.

(5] n parait que leur force est bornée : à la moralité des dindons.

(6) Aton joaqu'à présent il n'y a jamais eu de philosophie. Prenez K^ide, M. Chevalier ! vous vous ferez anathématizer par MM. Cousin et G«iiot.

(7) ÏÏMéonVBnx : que, ee. prodige soit opéré : par la religion saintùaoQienne.

— «I L'esprit nnîveniel des loîs de tons les ptri est de faToriser toojoara le fort oootre k biW, et celai qui a contre celai qui ii*a ries. Cet iMMvé* nient est inévitable, et il est sans ezccptioB(l J.- Rousseau, Émîie, t. II, p. 174.

— « Toujours le malhenreiuc sera sacrifié «a |»tit nombre, et Tintérét pobllc à Tintirêt pirticdier. Toujours ces noms spécieux de jostioeet <le subordination serviront d'instraottot à la vickoce e( d'armes à Tiniqoité (2). »

RouasiAU, iiitL

— Nous venons de voir : la valeur attachée, par la pratique sociale, à l'expression esclavage. Recherchons^ pour lui être comparée, quelle est la valeur rationnelle, que cette expression doit avoir; et, 8e^ vons-nous, à cet égard, des connaissances précédemment exposées.

L'état d'esclavage est exclusivement relatif : aux individus; aux sociétés; à l'humanité.

Chez les individus, l'esclavage est exclusivement relatif : aux êtres actuellement capables de liberté; aux êtres réels chez lesquels le verbe est développé; aux êtres moraux. Un enfant, un idiot, un chien, une laitue ne sont ni Ubres, ni esclaves ; ni moraux, ni immoraux.

Nous disons que le chien ne peut être esclave. Mais, pour cela, il faudrait, qu'il fût démontré : que, fe chien ne sent pas ; car s'il sent, il est absurde de

(1) Cela est vrai; mais, pour l'époque d*jgnoraiioe seulement. ^Si» Rousseau le savait : pourquoi donc a-t-il fait son Contrat social; lai> qui prononce Tinévitabilité, d'une manière absolue ?

(2) Alors, pourquoi avoir fait le Contrat social? Si, la justice fiociiic est une chimère, Tabrutissement 'des masses est à désirer. Si» le mal ^ inévitable ; ne pas le sentir, est à préférer.

dire qu'il n'est pas esclave, s'il appartient à un maître qui le fasse souffrir : pour son profit; ou, pour 8on amusement.

Voilà, donc, la valeur et l'application du mot esclavage, réduits à une distinction : dont, l'humanité ttt encore incapable. Ajoutons : que, si cette distinction n'existe pas, d'une manière absolue ; que, si le diien sent : le mot liberté; et tous les mots possibles ; pir conséquent, le mot raisonnement; n'ont aucune nieur réelle.

Supposons : que, la distinction soit faite ; et, qu'il soit démontré : que, l'homme seul sent, raisonne ; quelle peut être la valeur rationnelle du mot escla- ^, en ne considérant que les individus ; et, abstraction faite, de ce qui peut leur arriver : du côté delà société?

L'homme est libre; l'homme n'est pas esclave; quand il se soumet, volontairement, au joug de sa nisoD; et, parvient ainsi : à dominer ses passions. Alors, même dans les fers, il est libre ; il n'est pas esclave.

Hais, ceci n'est que pour chacun. Une société, composée de pareils ètres^ d'êtres n'obéissant qu'à feur raison ; n'ayant aucune raison commune : aucune ^e commune ; serait : dans une effroyable anarchie. C'est, l'état auquel notre prétendue civilisation ^ trouverait; si, tous étaient d'honnêtes gens; et, au ^ein d'une prétendue liberté sociale. Alors, bientôt ils ^e mangeraient. Notre société n'est encore tenable : lue, parce que la majorité de ceux qui la composent,

2l4 SCIKNCB 80CMI.B.

sont lie \ériUibleB ooquiiis; ou, ce qui est pire e* core ; fie la cansilie facilciut^iil corruptible. 1

Lrit' société est libre; lorsqu'elle obéit à la raisoll et, (ju'elle est la pins forte. Car, supposez qu'elle si libre; et^ qu'une société plus forlo vienne l'assern détruire son organisation rationnelle ; la replon^ dans le sein des préjugés ; sera-t-elle encore libi«

L'ne société est libre, disons-nous ; lorsqu'elle obéîl la raison. Mais, qn'est-ce que la raison? Trois égalfl un est une raison. Il y a donc raison sotte et raisl sage. Très-bien I Mais, comment distinguer la »otl de la sage ? Juaqiie-là, voilà la liberté de toute société impossible.

Ainsi, pour que la liberté d'une société soit posa ble, il faut : non-seutemenl que la raison i-éelle, ii contestable, soit connue, en même temps que la raîsc de cbaque individu; ce qui suppose : que, la socîé aura donné l'éducation et l'instruction aux individot mais encore, que, cette société soit la plus forte. O: comme aussi longtemps qu'il existe deux sociétés, ï sein de J'humanité; l'une dos deux, actuellement plus forte, peut demain, Être la plus faible; il s'e: suit : que, pour (pae la liberté d'une société soit a surée ; il faut : que, cette société embrasse : l'hum nité tout entière (1).

(J) '< S'il existait entre les peuples des Iribunnux doal les itenteiu eussent une sanction ï-uflisante comme il en existe entre les ind» dus (a), on vcrruit ptu a peu clinnger l'opinion en ce q<iï IoucIk

(a) De» peuples .«.umi. à uue mime *

SGISNCR SOCIALE. 215

Ce qui précède, nous dispense de parler : de la liberté; ou, ce qui est la même clwse, de l'esclavage, relaiivement à l'humanité. Nous venons de dire : eefift e$i la même chose : parce que, la liberté, est ce qui n'est pas l'esclavage ; et, l'esclavage, ce qui n'est pas la liberté. Lorsque l'on connaît la valeur rationnelle de l'un; on coanaît, nécessairement, la valeur rationnelle de Tauire.

Nous ne nous sommes pas arrêté, sur la détermi nation de la valeur de l'expression société. Nous avons déjà dit : qu'il y a société illusoire et société réelle ; que, sous le despotisme toute société, relativement a leusemble des individus qui la composent, est nécessairement illusoire; et, qu'il n'y a de société réelle :

guerre (a) ; elle inspirerait la même horreur que tout autre genre de BeiRtre (A), parce qu*elle ne serait plus en effet que le meurtre pur et ample (c). Les développements futurs de la civilisation amèneront-ils un état semblable ? Jele crois, et ce temps ne me parait pas extrêmement ihêgné pour les nations chrétiennes ((/)• Mais nécessairement il faudra ^e tous les vieux gouvernements de famille et de caste disparaissent avec le droit qui leur sert de base {é). » ^

(La MBHTCAiSy DlscussioM critiques, p. 169.)

lerDÎnAtioii dans la valeur des expressions est la source de toutes les erreurs possibles.

(•) Une fois, qa'îl n*y a qa*uu peuple ; il n*y a plus de gnerre possible. .Quand b guerre existe ; l'anarchie existe ; le désordre existe ; Tunité est brisée.

(è) Aussi longtemps, qu'un soldat existe ; la liberté sociale est impossible. Un ssUat; c'est, le joug de la raison.

(c) Elle n*a jamais été autre chose ; et, ne peut être antre chose.

{d) Do monent qn^il est possible de dire : des nations chrétiennes ; il ne peit J avoir : que, des nations ennemies. La nation chrétienne a disparu : avec Tautocretie du pape, pes sectaires ne peuvent : que, s'exterminer.

(s) Le droit qui leur sert de base, est le christianisme. Comment des nations chrétiennes formeront-elles un seul peuple quand le christianisme aura disparu ? Anssi longtemps qu'un soldat, ou un chrétien auront du pouvoir : la liberté sociik est inqpossible.

que, celle qui est véritablement libre. La société libre est encore : dans l'avenir.

Sauf, des données théoriques; dont, en théariej'i est possible de se passer : en les supposant connues; nous connaissons, maintenant, les valeurs rationnelles des expressions esclavage et liberté; ou mieux : état d'esclavage et état de liberté. Ce« valeurs consistent: pour l'état d'esclavage, dans la non-application; pour l'état de liberté, dans l'application : aux individus, aux sociétés, à l'humanité, de la raison; ou, sous un autre nom, de la justice : considérée, comme conclusion : du raisonnement réel.

Nous pouvons, par conséquent, comparer l'application qui doit être faite de cette justice, pomr que l'état de liberté existe et que l'état d'esclavage disparaisse; avec l'application des valeurs données, par la pratique sociale, autre justice prétendue ; et, juger : si, dans nos sociétés actuelles, l'état de liberté a une existence : illusoire ou réelle.

Dans la valeur établie, par la pratique sociale; l'essence de l'esclavage est d'appartenir à un seul maître, de pouvoir être vendu comme mobilier, etc.,etc. Mais, quel intérêt peut avoir un individu, à ne pouvoir appartenir, sous le nom d'esclave, à un seul maître; si, sous un autre nom, illusoirement synonyme de libre; il peut, en réalité, être infiniment plus malheureux; et, appartenir à plusieurs? Que lui im*" porte, en outre, une énumération de conditions; comme , devant exister toutes explicitement pour qu'il soit reconnu en état d'esclavage; si, une seuh,

d'entre elles, les renferme toutes : implicitement?

Loin, que les individus esclaves puissent se trouver intéressés, à une pareille énumération de conditions; il sera possible au contraire, dès que toutes sont données comme essentielles à Texistence de l'esclavage, de simuler une émancipation, en anéantissant une ou plusieurs d'entre elles; tandis, qu'en réalité, l'esclavage sera devenu plus dur : qu'il n'était auparavant.

Abolissons , par exemple : la condition de ne pouvoir être possédé ou vendu comme mobilier; en proclamant : que, la liberté de l'homme est inaliénable ; que, nul ne peut appartenir à un individu déterminé ; en proclamant, enfin, toutes les déclarations qu'il a plu à une prétendue philosophie de rassembler à cet égard, sous la fiction nommée droit naturel; et voyons : si, Tesclavage sera réellement aboli.

Si, l'individu prétendu libre, d'après la supposition précédente ; est cependant obligé de travailler : soit, pour un maître ; soit pour plusieurs ; au lieu de ne travailler que pour lui et les siens (1); en est-il moins esclave? Qu'il puisse ou non être vendu, en est-il moins possédé? Et, si alors, il est déclaré ne pouvoir être vendu individuellement ; n'est-ce point uniquement : parce que, pour le plus grand profit des maîtres, il est possédé : collectivement?

(1) Aussi longtemps, qae le sol reste aliéné, le prolétaire paye , sor son travail, à ceux qui disposent du budget : tout ce qu'il supporte de ces impositions. Voyex : notre Théorie générale de Vcrganiêation de la prophète. Aussi longtemps que le sol est aliéné, le prolétaire est eiclave. Le prolétaire, dit M. Michel Gievalier, est plus esclave que le nègre dave de la Caroline et de la Virginie.

218 SGIBMCB SOUikLS.

Supposons^ m£unteaant) pour épuiser l'hypothèse: qu'un homme soit effectivement libre ; lorsque, pour {H*ix, de cette prétendue liberté, il est obligé : de sacrifier la moitié, ou plus encore de son travail; et, de vivre, du reste, lui et les siens. Est-il libre encore: lorsque, l'état social l'oblige, en outre de ce sacrifice, de se prostituer à n'importe quel maître, pour obtenir ce demi-salaire : parce que, la prétendue libre coacurrence le met hors d'état de trouver du travail; et, par conséquent, de vivre lui et les siens ; sinon : à ce prix de prostitution ? Est-il libre, enfin : lorsque, son intelligence est développée pour tout ce qui peut accroître ses besoins ; et, que ce développement est arrêté, pour tout ce qui peut les régler ou les satisfaire ? Cet homme , incontestablement , est plus es* clave, plus malheureux : que, celui qui a un maître déterminé ; lequel, le nourrit et le soigne pour son travail; trouve un intérêt quelconque à ne pas le prostituer; et, règle le développement de ses besoins: sur les moyens qu'il mettra à sa portée.

Or, la classe renfermant ces esclaves , décorés d'un vain titre ; plus esclaves, néanmoins, que ceux qui en portent le nom ; est, précisément, celle des individus, que nous ayons nommés esclaves politiques^ quoique la pratique sociale, dans un but de despotisme, leur ait imposé : le nom d'hommes libres.

La relation, à un maître déterminé f et, la possibilité d'être vendu comme un meuble, etc., ne constitue donc pas, exclusivement, l'esclavage. Changer U dénomination d'une condition, n'est nullement chan-

SCfSHGB SOGIU.!. 249

ger cette condition. Décorer resclave , du titre dliomae Kbre; n'est pas plus lui donner la liberté, que, les Juifs ne donnaient au Christ la royauté, en le saluant ironiquement : du nom de roi.

La connaissance relative à Tétat de liberté,, illusoire ou réelle, étant acquise ; voyous : de combien de Tains titres ^ les despotes ont décoré TesclaYage.

Eschmes, serfs, affranchis, paysans, prolétaires: Mmt, des expressions de conditions sociales, relatiws aux différentes phases du despotisme. Les iraleurs de tes expressions sont anâlogoes. Toutes ont signifié : on état dît de liberté. Seulement, dans l'ordre du développement social où elles sont placées; les besoins, des individus qu'elles désignent, augmentent, en raison : que, les facultés de satisfaire ces mêmes besoins, diminuent. Dès lors, ces conditions se trou* i^nt placées, dans un ordre d'aggravation, pour les générations successives qui les subissent ; et, le prolétaire est infiniment plus malheureux ; plus eselare, que, V esclave primitirement dit.

Remontons, la gradation indiquée: pour, nous assurer de la vérité.

Le prolétaire, privé de travail : par la préteadij<' Ubre concurrence des travailleurs; et, par le monopôle de la propriété, de la propriété du sol : est pluK malheureux, même au seul point de mïh Ah la %ii; animale; que. le paysan, sons la proterrtion de ses seigneurs ^iritueb et temporels. A la mérité, le pr#>l^ taire est libre de la féodalité nobiliaire : e^mnmUni. dans l'usurpation du sol. rendue transmissibie par bé-

290 SGISMCE SOCIALE.

redite exceptionnelle ou de primogéniture. Mais, il est esclave de la féodalité bourgeoise : consistant, dans l'usurpation du sol rendue transmissible par hérédité commune ; et, il est mille fois plus malheureux, toujours sous ce seul rapport, qu'il ne l'était comme paysan, sous la protection spéciale d'un noble.

Le paysan, est plus malheureux : que, raffranchi, sous la protection de son pécule et des connaissances qui le lui ont procuré. A la vérité, le paysan est libre de la persécution de chaque noble et de chaque bourgeois « Mais, c'est que déjà le paysan s'est donné à un seul ; c'est qu'il a abandonné la lutte sociale ; et, qu'il s'est livré comme vaincu ; sous le nom : de vcissaL

L'affranchi, bientôt dépouillé de son pécule, parla société qu'il ne connaît point, est plus malheureux que le serf, sous la protection de la glèbe, à laquelle il est attaché. Mais, l'affranchi est dit libre. Il a le droit : de se laisser mourir de faim, sans être battu. Sans être battu, il peut même se mouvoir dans certaines limites : sauf, néanmoins : les coups qu'il recevra, au nom des lois établies : contre le vagabondage, l'oisiveté, etc., etc.

Le serf, toujours sous le même rapport, est plus malheureux que l'esclave. Car, celui-ci se trouve placé : sous la protection d'un seul maître, intéressée satisfaire tous ses besoins, ainsi que ceux de sa famille. Le serf, au contraire, est, presque toujours accablé de privations, pour satisfaire aux besoins de ses maîtres. On craint moins de le perdre : la valeur

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do serf est toujours très-inférieure, à celle de TesclâYe.

Hais, le serf ne peut être vendu individuellement. 11 est attaché à la glèbe ; il est libre de la chaîne. C'est un échange : d'illusions qu'il reçoit; contre ce qu'il perd en réalité.

L'esclave enfin est le moins malheureux. Le maître, dans son propre intérêt, peut satisfaire à tous ses besoins. Et ces derniers, exclusivement relatifs à des objets physiques qui s'obtiennent facilement par le travail, sont réellement satisfaits. Quant aux besoins moraux, ils sont exclusivement relatifs aux développements de l'intelligence. Ces besoins ne font jamais souffrir Tesclave; car, le maintien, de l'état d'esclavage primitivement dit, exige : que, ces développements soient en lui aussi comprimés que possible. Primitivement et comme tous les autres, cet esclave est aussi déclaré libre libre de la mort:

auquel son sort de prisonnier de guerre le condamnait. II porte même, spécialement, le nom d'homme libre : servuSj conservé^ sauvé, libre. Faut-il s'étonner : si, le prolétaii*e est aussi déclaré libre?

Comparons maintenant : les extrémités ; les situations respectives entre Vesclave domestique, primitivement dit; et, ïesclave politique; ou, pour commencer à énoncer le nom véritable, l'esclave social, décoré du vain titre de travailleur libre.

Supposons, pour l'esclave, le plus mauvais des maîtres. Avec un bon maître, la comparaison ne serait plus soutenable. Sous un bon maître, l'esclave

SSS SGinVCS 80CIALB.

est comme Tetifant, sou8 un bon père. Des hommeiY (disent nos prétendus philanthropes, ne peuvent p» toujours rester enfants. La question n'est pas là; il s'agit : du plus ou moins de souffrance. Chercher i embrouiller les questions, prouve : que, l'on «ût avoir tort; et, qu'on ne veut pas en convenir.

Le mauvais maître soigne bien ses esclaves, pour tout ce qui concerne la vie animale. En cas de tnaltdie, il en a plus de soin que de ses propres enfante^ ils coûtent cher, ils valent beaucoup d'argent. Cm fart peu d'honneur au mauvais maître ; mais, id fl ne s'agit pas de lui : c'est, de ses esclaves, ils lont bien soignés ; voilà, ce que nous voulons constater. Il meurt quatre enfants de prolétaires sur un enfant d'esclave; et, quarante enfants trouvés, dits enfants de la patrie* sur un uégrillon.

Arrètons*nous un instant. Ce que nous allons dire, des esclaves, se rapporte à la théorie ; ou, ce qui est la même chose, au raisonnement. Ceux, qui voudront nier la valeur du raisonnement, devront en faire de meilleurs : et, dans tous les cas, comme il s'agit de faits; il faudra vérifier le tout : sur le fait; sur la pratique. Pour cela, il faudra : aller, ou avoir été, où il y a des esclaves domestiques. Nous, nous y avons été, longtemps ; nous les avons étudiés, longtemps ; nous en avons eu, longtemps; et ce que nous dirons, ne sera : qu'une explication de ce qui est.

Un mauvais maître battra souvent son esclave. Sous les coups, l'esclave crie. Voyez- le cinq minutes après ; une minute même . Selon l'occasion et les dr-

SOniiCB 60C1ALB. 2t3

ooimtaiic6B, il rit, il chante, il danse. C'est, que la douleur a cessé ; -et, qne son éducation ne le rend sensible: (ju'aux douleurs qui ne dérivent pas du raisonnement, fion dtner est prêt; il le dévore avec jouissance. Comparez cette situation, avec celle du prolétaire ; auquel, dix maîtres viennent de refuser du travail le plus poliment possible, ce qui n'arrive pas toujours ; et, qui sait : que, s'il reste cnsif, sa famille va mourir de faim. Lequel des deux est le plus malheureux? Et, ne dites pas : que, cela arrive rarement au prolétaire; vous feriez tort : soit à vos connaissances; soit à votre bonne foi .

Le mauvais maître vendra l'enfant de son esclave. Voyons d'abord, ce qui arrive : quand l'enfant d'un esclave meurt ; et, à cet égard observons la mère : Tamoul* maternel est toujours le plus f6rt. Quand, l'enfant d'un esclave meurt : toutes les mères de l'habitation se rassemblent; et, toutes hurlent, c'est le mot, toute une nuit près du cadavre. Il serait difficile : de distinguer celle qui est la mère. Le lendemain, toutes rient ; il serait difficile de dire : quelle est celle qui a perdu son enfant. C'est, qu'en dehors des développements de Tintelligence, le temps n'existe [xiur ainsi dire : qu'au présent. Une mère esclave, ayant eu l'éducation de son état, se trouve, le lendemain de la mort de son enfant; comme, une bonne mère française, deux ans après avoir per«lu le sien. Revenons, maintenant, à l'enfant vendu par un mauvais maître. Le lendemain la mère n'y pensera plus. Si c'est un bon maître qui ait vendu un enfant par besoin, la

Hàt SCIENCE SOCIALE.

mère viendra lui en offrir un autre. Et, ne tou8 en étonnez p;LS. Vous admirez les mères grecques, qui 1 sacrifiaient leurs enfants à la patrie. La patrie de l'os- 4 clave est la inaifion de son maître ; et, son maître est son roi; il l'aime infmiment plus que ses enfants; il n'y a pas là, l'ombre d'une comparaison. Mais, ce qui doit se comparer; c'est, le sort de ce père esclave,, avec celui du prolétaire ayant l'intelligence développée, auquel ou enlève son Qls pour en faire un soldat ou un matelot.

Le mauvais maître forcera les filles de ses escla^.' ves b. se prostituer h ses plaisirs. Disons d'abord : que, ' le mauvais maître agit rarement ainsi, d'une manière patente : parce que, cela est contre ses intérêts. 11 a toujours : ou, une famille ; ou, des voisins à ménager. Mais, laissons de- côté ces considérations; ne voy-ous: que, le fart et la souffrance, qui en résulte pour les esclaves.

Commençons par faire observer : que, le mot forcer est ici emprunté : au dictionnaire philanthropique. Il n'est pas une fille,, réellement esclave (1), qui ne se trouve honorée de se donner à son maître ; il en est de même de ses parents. S'il s'agit du mari ou de l'amant, avant de prononcer, que l'on veuille bien se reporter : aux siècles du droit du seigneur. L'éduca-

(I) Nous disons : rrcllemeiit esclave ; parce que : tout esclave di', et qui n'est pas content de sou état, n'est plus esclave que de uoni ; u'esl plus soumis qu'à k Turcc ; le prulcslantisme a déjà pi'nétrt cher, lui ; il n'est plus esclave que de la cbaine ; dans son esprit, il est lil)re. El, qu'on n'aille pas croire : que, tout esclave veut être libre. Cela est fauï. Que ceux qui le disent, aillent voir ; el, ils verront. C'est, comme si l'on disait : que , tous les Frani^ais veulent être républicains.

SCIElîCE SOCIALE. SSS

tion, nous le répétons, fait les sentiments ; et, il est aussi facile à l'éducation, de faire : que, le père ou le mari présentent fille ou femme à l'étranger ; que, de faire qu'ils les refusent. Mais, quand l'éducation vient à faire nommer : celte cohabitation prostitution; çnand, elle avilit, jusqu'à l'infamie, celle qui s'y livre et oelix dès lors qui y consentent ; quel est le plus OttHbeureux : du père esclave qui a livré sa fille ; du n^ esclave qui a livré sa femme; ou, du père prolétaire ou du mari prolétaire, dont la fille ou la femme 8e seront prostituées malgré eux peut-être ( 1 ) ; et, ^^Igré elles ; mais qui se seront prostituées : soit, pour sauver les jours de leur père ou de leur mari; 8oit, pour avoir du pain pour leurs enfants?

^ous venons de choisir le plus mauvais des maitrès ; prenons, maintenant| le moins mauvais des gouvernements représentatifs.

Le fils du prolétaire a développé son intelligence,

autant qu'il est possible, sous le moins mauvais des

g(>Uvemements représentatifs. Son éducation a été :

religieuse; ou, matériab'ste. Si. son éducation a été

matérialiste : ou, il est un sot; ou, il se met sur un

g^and chemin, s'il est brave; ou, il prépare des ban-

(pieroutes^ sous une forme quelconque, s'il est lâche.

S\ip cent, de ceux-ci, quatre->ingt-dix-neuf peut-être,

sont flétris par les tribunaux. Le centième devient

(1) « Nous rappellerons aa lecteur, dit M. Eug< ne Soe. qat U, ytsttm la mère sont admis à Caire iaacrire leur fille %nx le liire de protiiUiUM OM kurtam des mœurs, >

{HfsUrts de Farts, i, fX, p. ii%,)

ni. 15

2âG BCIKNCE SOCIALR.

millionnnire ; et, m fait, ie Lotiirpiiu ilc ses frères. Si, 8011 éducation ft été religieuse, il commence par recoanaîlre : que, tous les chemins lui sont fermés : parce qu'il est prolétaire; parce qu'il n'a pas eu l'argent nécessaire pour acf|uérip les mauvaifics coooais- Bances, qui vous font recevoir liachelier; ou, parce qu'il n'a piH le premier capital, nt-cesaaire pour Hk citoyen; et, qu'il ne peut l'épariçrner, sur le pain qu'il manee. S'il n'a pas de parent à secourir; s'il a de la sanlé et du coarage; il pourra vivre, parce qu'il est seul; m;iis : est-ce vivre que d'être seul? Et, s'il profite des développements de son intelligence , pour examiner ses croyances ; s'il devient sceptique ! s'il examine la société, et s'il devient révolutionnaire! Mais, laissons de côté ces suppositions, qui sont autant de sources de souffrances ; et, n'enlevons pas la foi à ce malheureux. Il se marie et devient père. Il y a cent, contre un, à parier; et, bientôt il en sera convaincu : que, sa femme et ses filles devront se prostituer; et, que ses fils deviendront des brigands. Lequel est le plus malheureux : du prolétairej ou, de l'esclave domestique?

Écoutez la vermine prétendue philanth relique. Le prolétaire, disent-ils, sent sa dignité, i'esdave ne la sent point. Eh oui, malheureux! le prolétaire sent sa dignité; et, c'est précisément là, ce qui le rend plus à plaindre que l'esclave. Pour qu'il soitmoins à plaindre, il faut qu'il vous égorge. Est-ce à ce prix que vous voulez son bonheur? Quand, ces hypocrites d'humanité, ont une fois parlé de dignité humaine; ils se

croient des saint Vincent de Paul ; et, tous les ans, ils vendent vingt-six millions de prolétaires, aux mangeurs héréditaires du budget. Vous en trouverez d'autres, qui, également incapables : et, de résister à l'évidence des démonstrations ; et d'avouer qu'ils sont des sots ; ne voient qu'une chose, dans le malheur du prolétaire, considéré comme infiniment plqs grand que celui de l'esclave domestique. Ils vous accusent, de vouloir faire rétrograder la société, à l'état d'eaclavage domestique; de prétendre : que, selon vous, il eût mieux valu que la révolution de 89 n'eût pas CQ lieu. Dites-leur : que, la question n'est pas là; que, le passage de l'état social, où l'exploitation se fait par l'esclavage domestique, à Tétat social actuel, où les prolétaires subissent l'exploitation, est néeeisairej que, la révolution de 89 était aussi dans la nécessité des développements sociaux : ils ne vous entendront pas ; ou ils demanderont ce que vous voulez. Répondez-leur que vous voulez : que, personne ne soit exploité ; que, pour cela il faut : que tous reçoivent la même éducation et la même instruction, que, le sol puisse entrer à la propriété collective ; que, l'impôt frappe la richesse et non le travail; ils vous accuseront d'être fou; et, vous serez heureux : s'il ne vous arrive rien de pire. Mais, laissons déraisonner ees pauvres d'esprit, auxquels le royaume des cieux iqppartiendra difficilement, s'il est le prix de leur mérite; et, voyons : comment, la transition sociale de l'état d'esclavage à l'état de prolétaire ; se fait : nécbs-

SAIBEMEIST.

in.

Dès l'origine des sociétés; il y a : des esclaves: nous l'avons vu.

Quand, il y a trop d'esclaves; et, que leur réunion, dans chaque inléi-ieur doraeslique, les rend dangereux à la sécurité des maîtres; ceux-ci, pour les divisef par des intérêts, leur disent : que, les pins méritants d'entre eux vont cesser d'être esclaves. Alors , ils en attachent une partie à la glèbe, en les appelant libres:flous le nom de serfs (1).

Quand les maîtres, propriétaires du sol, ont trop de serfs, vu l'accroissement des populations ; quand, vu ce même accroissement, les terres rapportent plus et plus facilement, par le travail d'hommes qui se croient plus libres que les serfs, que par les serfs eux-mêmes; les maîti-es : tant pour affermir leur autorité par des espèces de surveillants qu'ils s'adjoignent; que, pour augmenter leur revenu et s'emparer, au raoyen de l'offre du rachat, du pécule des sei-fs ; finissent par anéantir la servitude, en faisant : des affranchis.

(I) Les Spartiates, les grands de Rome, les satrapes de l'Orient, furent à la vêrilé des maîtres barbares. L'avarice déployait toute sa cruauté dans les travaux de» mines; mais presque partout I'imëbët avait adouci l'esclavage dans les ramilles parliculièrt^. L'impunitô des violences commises contre le serf de la gicbe était plus grande cDcorc, puisque la loi elle-même en avait liié le prix. La dépendance était presque égale saas être eompensée par autant tic soin et de secours. L'humiliation était moins continue, mais l'orgueil avait plus d'arrogance. L'esclave était un homme condamné par le hasard ci un élat auquel le sort de la guerre pouvait un jour exposer son maitre. Le serf éUit un individu d'une classe inférieure et dégradée.

■I C'est donc principalement dans ses couséqucnces éloignées que nous devons considérer celle destruction de l'esclavage domestique. "

(CoMWBtKi, Tableau des progrès de l'etpHI humain, p. lie.)

Quand, ensuite, il y a trop d'affranchis; qu'une partie d'entre eux est devenue caste bourgeoise ; et, que toujours par suite de l'accroissement de population et des communications qui en résultent, le nombre des affranchis, restés sans propriétés, devient inquiétant : et, pour la féodalité bourgeoise ; et pour la féodalité nobiliaire ; toutes les deux, d'accord entre elles, ne reconnaissent plus : que, des vassaux et des ouvriers.

Dès qu'il y a trop de vassaux et trop d'ouvriers : relativement à l'intelligence , à la population , et aux communications de l'époque ; et, que vassaux, ouvriers et même féodalité bourgeoise ou financière, se trouvent, vis-à-vis de la féodalité nobiliaire, confondus sous le nom commun de peuple; la féodalité bourgeoise exploitante , mais aussi exploitée , pousse le peuple à la révolte, contre la noblesse et le clergé, féodalité dominante. Les bourgeois accusent, à tort, les nobles et les prêtres, d'être la cause des maux que la société éprouve ; tandis , que cette cause ne se trouve : ni, dans les individus; ni, dans les classes; mais, bien : d'une part, dans Tignorance sociale primitive et encore existante; nécessitant, par conséquent, pour que l'ordre soit possible, le monopole des développements de l'intelligence, comme servant de base à une règle d'action arbitrairement établie , et alors toujours rationnellement contestable ; d'une autre part, dans l'impossibilité de maintenir Tordre, par le monopole des développements de l'intelligence ; depuis : que, l'accroissement de population rendant iné-

230 SCISnCE SOCIALE.

vilablcs les communications entre les itidîvidus ; et, la naissance rie la presse rendant inévitables les communications entre les générations et les sociétés ; viennent renverser toute règle d'action arbitrairement établie;! et, par conséquent, non rationnellement incontestable. Bientôt, alors , maïs seulement, et reniarquons-lc bien, par l'impossibilité de maintenir l'ordre à cette époque; les bourjçeois, an moyen des vassaux et des ou\ri«» qu'ils trompent, s'emparent du pouvoir; et, domineDl la société. C'est seulement à partir de cette époque, déjà nous l'avons dit, qu'il y a : des prolétaires.

Mais, aussi : dés, qu'il y a trop de prolétaires ; Aèi qu'il n'est plus possible de rétablir le vasselagc elles corporations ; et, qu'il y a une égale impossibilité, de rendre les prolétaires plus esclaves qu'ils ne le sont, en feignant de les irralifier d'une nouvelle émancipation prétendue ; émancipation, socialement bornée h. la concession d'une dénomination nouvelle; impossibilités, qui sont celtes de notre époque ; l'ensemble qui, jusqu'alors, a été faimcmctit nommé société; ne peut plus exister. El, par besoin d'ordre; c'est-à-dire ; par nécessité sociale; l'existence de la société réelle, devient elle-même : nécessaire.

Jusqu'à présent, nous n'avons considéré la fausse application de l'expression libre, comme opposée à esclave: que, dans les diverses conditions inhérentes aux générations successives ; et , abstraction faite de différence de sexe. Remarquons, maintenant : combien, cette même application est fanse, sous le rapport de cette différence ; même au milieu des classes

les plus jNÎvilégiées. A cet effet, bornons-nous à un exemple.

Une femme, porte cent mille francs de rente, en dot i son mari. Bientôt : par la faiblesse inhérente à son 8exe; par la conviction, qu'une femme doit avoir : i[ue, son mari en sait plus qu'elle ; et, qu'il est honnête homme ; pour obéir, d'ailleurs, à lunité de puissance, qui, nécessairement, doit exister dans la famille ; cette femme autorise son mari à aUéner sa dot. Peu après * la fille, d'un homme qui a consacré sa vie entière, à assurer Tindépendance sociale de son enfant; la mère d'enfants qui devraient se trouver à Tabri des maux^ ^ela société actuelle rend, inévitablement, le partage (les pauvres ; se trouve obligée : de se prostituer en secret; peut-être même de prostituer sa fille; pour nourrir ses frères ou leur père. Cette femme est-elle esclave? Sans aucun doute elle l'est; et, certainement elle l'est plus : que, celle qui se trouvant née au sein de l'esclavage domestique, n'éprouve jamais : que, des besoins purement matériels ; et presque toujours satisfaits. Or, si cette femme, ayant reçu en dot cent mille francs de rente, est esclave accidentellement; et, plus que celle qui se trouve née au sein de l'esclavage domestique ; celle, qui ne reçoit rien de ses pères ; et, qui par suite de l'état social actuel, se trouve avoir, nécessairement, l'intelligence tout aussi développée ; et, par conséquent, tout autant de besoins ; n'est-elle point esclave essentiellement? Et, cet esclavage de la moitié de l'humanité, s'aggrave également : à mesure, que la société ^ en prenant ce mot dans le sens illusoire

9â6 SCiBIfCB, SOCIALE.

millionnaire ; et, se fait le bourreau de ses frères. Si, son éducation a été religieuse, il commence par reconnaître : que, tous les chemins lui sont fermés: parce qu'il est prolétaire ; parce qu'il n*a pas eu ^a^ gent nécessaire pour acquérir les mauvaises coDnaissauces, qui vous font recevoir bachelier; ou, parce qu'il n'a pas le premier capital, nécessaire pow.étre citoyen ; et, qu'il ne peut l'épargner, sur le pain qa'il mange. S'il n'a pas de parent à secourir; s'il a (fe la santé et du courage; il pourra vivre, parce (pi'il est seul ; mais : est-ce vivre que d'être seul ? Et, s'il profite des développements de son intelligence , pour examiner ses croyances; s'il devient sceptique! s'il examine la société, et s'il devient révolutionnaire! Mais, laissons de côté ces suppositions, qui sont autant de sources de souffrances ; et, n'enlevons pas b foi à ce malheureux. 11 se marie et devient père. H y a cent, contre un, à parier; et, bientôt il en sera convaincu : que, sa femme et ses fities devront ae prostituer; et, que ses fils deviendront des brigaoch- Lequel est le plus malheureux : du prolétaire; oa,de l'esclave domestique?

Écoutez la vermine prétendue philanthropique. U prolétaire, disent-ils, sent sa dignité, l'esdave ne b sent point. Eh oui, nsalheureuxl le prolétaire seni sa dignité ; et, c'est précisément là, ce qui le rend pttf à plaindre que l'esclave. Pour qu'il soit moins à plaindre, il faut qu'il vous égorge. Est-ce à ce prix que vous Teulez son bonheur? Quand, ces hypoerites d'imianité, ont une fois parlé de dignité humaine^ ils se

SCJSNCE SOCIALB. 237

croient des saint Vincent de Paul ; et, tous les ans, ils vendent Tingt-six millions de prolétaires, aux mangeurs héréditaires du budget. Vous en trouverez d'autres, qui, également incapables : et, de résister à Tévidence des démonstrations ; et d'avouer qu'ils sont des sots ; ne voient qu'une chose, dans le malheur du prolétaire, considéré comme infiniment plqs grand que celui de Tesclave domestique. Ils vous accusent . de vouloir faire rétrograder la société, à l'état d'Mclavage domestique ; de prétendre : que, selon vouSi il eût mieux valu que la révolution de 89 n'eût pas eu lieu. Dites-leur : que, la question n'est pas là; que, le passage de l'état social, où l'exploitation se fait par l'esclavage domestique, à l'état social actuel, où les prolétaires subissent l'exploitation, est nécnsairej que, la révolution de 89 était aussi dans la nécessité des développements sociaux : ils ue vous entendront pas; ou ils demanderont ce que vous voulez. Répondez-leur que vous voulez : que, personne ne soit exploité ; que, pour cela il faut : que tous reçoivent la même éducation et la même instruction, que, le sol puisse entrer à la propriété collective ; que, l'impôt frappe la richesse et non le travail; ils vous accuseront d'être fou; et, vous serez heureux : s'il ne vous arrive rien de pire. Mais, laissons déraisonner ces pauvres d'esprit, auxquels le royaume des cieox iqppartiendra difficilement, s'il est le prix de leur mérite; et, voyons : comment, la transition sociale de Tétat d'esclavage à Tétat de prolétaire ; se fait : récbs-

sAiBEiiErrr.

Dès l'origine des sociétés ; il y a : des esclaves : nous Tavons vu.

Quand, il y a trop d'esclaves; et, que leur réunion, dans chaque intérieur domestique, les rend dangereux à la sécurité des maîtres; ceux-ci, pour les diviser par des intérêts, leur disent : que, les plus méritants d'entre eux vont cesser d'être esclaves. Alors , ils en attachent une partie à la glèbe, en les appelant libres: sous le nom de serfs (1).

Quand les maîtres, propriétaires du sol, ont trop de serfs, vu l'accroissement des populations ; quand, vu ce même accroissement, les terres rapportent plus et plus facilement, parle travail d'hommes qui se croient plus libres que les serfs, que par les serfs eux-mêmes; le» maîtres : tant pour affermir leur autorité par des espèces de surveillants qu'ils s'adjoignent; que, pour augmenter leur revenu et s'emparer, au moyen de l'offre du rachat, du pécule des serfs ; finissent par anéantir la servitude, en faisant : des affranchis.

(1) Les Spartiates, les grands de Rome, les satrapes de TOrient, furent à la vérité des maîtres barbares. L*avarice déployait toute sa cniauté dans les travaux des mines; mais presque partout rncTÉRftT avait adouci Tesclavage dans les familles particulières. L'impunité des violences commises contre le serf de la glèbe était plus grande enoorB} puisque la loi elle-même en avait fixé le prix. La dépendance était presque égale sans être compensée par autant de soin et de secours, Llramiliation était moins continue, mais l'orgueil avait plus d'arrc^^nee. L'esclave était un homme condamné par le hasard à un état auquel le sort de la guerre pouvait un jour exposer son maître. Le serf était un individu d'une classe inférieure et dégradée.

« C'est donc principalement dans ses conséquences éloignées que iHHtt devons considérer cette destruction de Tesclavage domestique. )•

(CoNDORCET, Tableau des progrès de fe^^ humain, p. 116.)

8CICNCB SOCIALS.

Trai que U propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes (I).

« Les aliments nécessaires à Thomme sont aussi sacrés que la vie elle-même (2). Tout ce qui est indispensable poar la conserver est une propriété commune' à la société même (3). Il n'y a que Texcédant qui soit une propriété individuelle et qui soit abandonné à Tindustrie des commerçants (4). Toute spéculation mercantile qui se fait aux dépens de la vie de mon semblable n'est point un trafic, c*est un brigandage et un fratricide.

« D'après ce principie, quel est le problème à résoudre en matière de législation sur les subsistances? Le voici : assurer à tons les membres de la société la jouissance de la portion des fruits de la lerre qui est nécessaire à leur existence (5); aux propriétaires ou aux cultivateurs le prix de Umr industrie, et livrer le superflu à la liberté du ooumerce (6).

« Je défie le plus scrupuleux défenseur de la propriété de contester ces principes, à moins de déclarer ouvertement qn'il entend par ce mot le droit de dépouiller et d*assassiner ses semblables (7). »

Robespierre, Sur ht subsistance». Convention nationale, décembre 1792.

(0 GeU est tellement vrai : que, cela n*a jamais été autrement. Voyez : les vieux esclaves ; que, le vertueux Galon, envoyait mourir de /an, éans une lie do Tibre.

(2) Ceci est de la tautologie déclamatoire. Le fait est : que, les aliments et la vie, n ont jamais été sacrés.

(3) Oui : quand la ju<^ioe est devenue : nécessaire à Vexistenoe do Tordre. Mais, aussi longtemps que la force suffit à cette existence ; tout «qui est indispensable, pour la conserver, loin d'être une propriélé eommane à la société ; est, à juste titre, la propriété de quelques-oïKB. Pnwr ta société, la première cbose est de vivre.

(4) Et, cet eicédant : comment le détermincrez-vous? Pauvre utopiste !

(5) Et, cela sans travailler ? — Non, dirait Robespierre.— Alors ce q«e YM» Tonkz est donc : l'organisation du travail ; Torganisation de la prapriélé; rorganisation de la société. Et, vous appelez cela, la légisia^ tMB sur les subsistances? Autant vaudrait l'appeler : la législation des boulangers.

(6) Cest, comme « Ton disait : il faut que la société soit bien organisée; sans indiquer : comment cela peut être. Quand, donc, se fatigoem-tHMi : deeette maBière de parler pour ne rien dire?

(7) U n'y a pas de doute : que, pendant l'époque d'ignorance, le droit

280 SCIRKCE SOCIALE.

vitables les communications entre les individus ; et, la naissance de la presse rendant inévitables les .communications entre les générations et les sociétés ; viennent renverser toute règle d'action arbitrairement établie^ et, par conséquent, non rationnellement incontestable. Bientôt, alors ] mais seulement, et remarquons^lc bien, par Timpossibilité de maintenir Tordre à cette époqne; les bourgeois, au moyen des vassaux et des ouvrie» qu'ils trompent, s'emparent du pouvoir; et, dominait la société. C'est seulement à partir de cette époqne, déjà nous l'avons dit, qu'il y a : des prolétaires.

Mais, aussi : dès, qu'il y a trop de prolétaires ; dW qu*il n*est plus possible de rétablir le vasselagc etles corporations ; et, qu'il y a une égale impossibilité, de rendre les prolétaires plus esclaves qu'ils ne le sont, en feignant de les gratifier d'une nouvjplle émancipation prétendue ; émancipation, socialement bornée à la concession d'une dénomination nouvelle; impossibilités, qui sont celles de notre époque ; l'ensemble qui, jus* qu'alors, a été faussement nommé société; ne peut plm^ exister. Et, par besoin d'ordre; c'est-à-dire : par* nécessité sociale; l'existence de la société réelle, devient elle-même : nécessâuie.

Jusqu*à présent, nous n'avons considéré la faussa application de l'expression libre, comme opposée Bi esclave : que, dans les diverses conditions inhérente^ aux générations successives ; et , abstraction faite i^ différence de sexe. Bemarquons, maintenant : conr^ bien, cette même application est fause, sous le rap* port de cette différence ; même au milieu des classe»

SCIENCE SOCUtE.

presque rien fait encore pour la classe la pins nombreuse de citoyens. Que noas importenl vos lois de propriété? pourraient-ils dire; nous ne possédons rien. Vos luis de justice? nous n'avons rien k défendre. Vos lois de liberté? si nous ne travaillons pas demain, nous mourrons (1). »

NsCKER.

— « A ne regarder que fa nature, il n*y a rien qui appartienne à Tun plutôt qu*à Tautre (2). •*

CiCKROir, les Offi, 1. 1, ck. vu.

— «Des philosophes, des politiques, et de simples littérateurs, out aussi donné des projets de constitution. Tous se rapprochent davantage que les deux républiques de Platon de la forme des anciens gouvernements, ou de ceux qui existent de nos jours. Aucun de ces législateurs n^admet ni la communauté des femmes et des enfants, ni les banquets publics des femmes. A la place de ces innovations chimériques , ils posent des bases plus solides. Persuadés que Tintérôt est une source

(1) Gomment ! Quand , en dehors de l'ignorance sociale , des lois f^tlUt de propriété, de justice, de liberté sont établies ; la classe la plus oofflbreuse ne possède rien, n*a rien à défendre, et doit mourir demain : tif MM. les propriétaires ne daignent leur accorder du travail ! Il faut itit fou, pour dire de pareilles choses. Quand, Tiguorance sociale peut être anéantie; quand, de véritables lois de propriété sont établies; il y a pour tous : justice et liberté. Sinon, ces prétendues lois ne seraient çoe des brigandages, peut-être nécessaires ; mais, brigandage, ou exercice de la force. Quand, il y a lois de justice, la propriété est justement organisée et il y a liberté. Et, quand il y a liberté, il y a justice et orgViisation rationnelle de la propriété. Dans tous ces cas : ce n'est point, la classe la plus nombretise qui est aussi heureuse que possible, socialement parlant C'est, tocs sAifs exception aucune. Tant qu'il y a une leule exception, la société n'est encore : qu'un brigandage, au sein de l'ignorance.

(2) La nature, en tant que considérée en dehors du raisonnement, est Qne sotte; ou, plutôt, elle n'est ni sotte ni sage; elle n'est rien, dans Tordre moral. Une pierre n'appartient pas plus à un arbre qu'un arbre n'appartient à une pierre. La proposition de Cicéron, accueillie par Mosieurs du dix-huitième siècle, est un non-sens. L'appartenance est exclusivement relative au raisonnement. Or, le raisonnement , le sens commua dit : qu'à moins de circonstances qui nécessiteraient le contraire^ le sol appartient : à ce qui raisonne, à ce qui travaille, en çéné' rai ; et, que le fruit du travail appartient : à celui qui a travaillé» en partkuner.

de la pratique sociale , s'approche davantage : de la société réelle.

Maintenant, que nous venons de considérer Tliumanité : dans ses générations successives ; et, dans les différentes transitions sociales , qui- lui sont inhérentes; nous pouvons affirmer : que, nos connaissances, relativement aux valeurs réelles, des expressions esclavage et liberté^ se trouvent, complètes; et, qu'ayant comparé ces mêmes valeurs, aux valeurs données par la pratique sociale, nous pouvons également conclure et dire : que, l'état de liberté, tant pour notre civilisation que pour toute autre, jamais encore n'a existé; mais, que par suite des développements de l'humanité, cet état de liberté doit bientôt exister : nécessairement.

SGlEtfCB SOCIALE. 233

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