‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 19 sur 55 · SECONDE CONDITION PRÉALABLE · texte numérisé non relu

SECONDE CONDITION PRÉALABLE

C05I!(AiTRE LES RAPPORTS DE l'eSCLAVAGE A LA proptiéU; ET, PAR CONSÉQUENT, LA VALEUR DE l'eXPRESSION pfO-

priiti. PUIS, déterminer : si, la propriété individuelle, EN DISTINGUANT CELLE-CI EN FONCIERE ET

MOBILIÈRE, EST flu$ juste , OU plus naturelle : que,

RE l'est l'esclavage MEME.

«• Si Ton considère rhomme dans Tétat de nalare, il est difficile de concetoir on véritable droit de propriété (1), in(«DS encore one propriété traot* missîble (2) à des soccessenrs. La nalore (3) a donné à Thomme la terre en commun

•> C'est donc rétablissement de la société, ce sont les lois conTentionnelles (4) qai sont la véritable source da droit de propriété »

Tao:«CBET, Assemblée nationale, 5 aoàl 1791'

(1) Il faut convenir: que, le dix-buiticme siècle était atleint d'une bien singulière folie : avec son état de nature, au sein duquel il n'y avait pas de raisonnement; et, avec un droit, qui ne peut être relatif qu'au raisonnement; droit, considéré comme pouvant «exercer: au sdn d'un état, incapable de raisonnement. Jamais, les loges de Cbarenton n*ont pu retentir : d'un plus effroyable galimatias.

(2) Transmissiblc à qui ? dans un État où il n'y a pas de famille. Et, l'on a pu écouter toutes ces belles choses, sans les siffler !

(3) Et, où est-elle cette nature? Comment son nez est-il fait! TfMjjOum des Ggurcs ! Cette nature était une grande sotte : de laià»er dire tant de Jolies à ses enfants.

(4) Loi* conventionnelles : était encore une charmaoti; expre»ii^>n du dix-huitième siècle. Jamais les lois n'ont été, ne seront, ni ne peuvent être : conTentionnelles. Les lois sont toujours TexpresMon : d« kk juv tice, réelle ou illusoire; l'expression d'un raisonnement rhtï mi lifusoire, nuis tenu pour réel; et en ce!a il n'y a : rien de coMttkXtfjmt^ ; rien d'artMlraire; rien de gré à gré. Cicéron a dit :

234 SCIENCX SOCIALE.

— « La propriété ayant poor fondement Vétal social (1), elle est -assujettie, comme les aatres avantages dont la société est l'arbitre, à des lois, à des conditions : aussi voyons-nous partout le droit de propriété soumis à certaines règles, et renfermé, selon les cas, dans des limites plas on moins étroites. C'est ainsi que chez les Hébreax « les acquisitions, les aliénations de terre, n'étaient qne poar on temps, et que le jubilé voyait rentrée an bout de cinquante ans tous les héritages dan^ les familles de leurs premiers maîtres. »

Discourt de Mirabeau lu à rassemblée natio-" nale le jour de sa mort, 2 avril 1791.

— « La première loi sociale est celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister (2) ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là; la propriété n'a été instituée (3) on garantie que pour la cimenter ; c'est pour vivre d'abord que l'on a des propriétés (4). 11 n'est pas

— « Faire dépendre la justice des conventions humaîDCS, c*est détruire toute morale. »

— Mais, aussi : Cicéron n*était pas du dix-huitième siècle.

(1) Mirabeau appartenait au dix-huitième siècle; mais, c'était en général, pour lui reprocher toutes ses folies. Il y a autant de différence : entre Mirabeau et Cromwell ; qu'entre un savant et un pédant. La propriété, coumie le dit Mirabeau, a pour base : l'état sociul ; et, l'état social a pour base : le raisonnement. Hors le raisonnement, pas de société, pas de propriété. Eu société, l'organisation de la propriété varie : selon rétat du raisonnement; selon les circonstances, dans lesquelles la sodétc se trouve.

(a) Cette loi, est si peu la première : quelle est la dernière; qu'elle n'a jamais existé; et, n'existe pas encore. Ce malheureux Robespierre, emnme son prototype Rousseau , confond toujours : ce qui doit élreet n'a jamais été; avec, ce qu'il s'imagine avoir été. L'infortuné a été vio: time : de sa vertu et de ses erreurs. Voiln, plus de deux raille aniées que l'on se prosterne : devant la mort de Socratc. Idolâtres ! Ëtodief donc la mort de Robespierre.

(3) Instituée ! Ne dirait-on. pas : qu'il a été un temps; où, la propriété n'existait pas, au sein de la société? La société, n'est autre chofle: que, l'organisation de la propriété. Société, propriété, sont les praniers résultats du raisonnement.

(4) C'est faux. L'on a des propriétés, pour que l'ordre existe; et, Tordre est la vie de la société ; et, la Vie de la société se place toujouis ; aa-d«88us de la vie des individus; ou, plutôt, de la vie de quelques ûidividus, quelques nombreux que soient ceux-cL

Prenons un autre critérium, l'antiquité.

Uesclavage est plus ancien : que, la propriété foncière attribuée aux individus.

L'esclayage est donc plus juste : que, la propriété foncière.

Prenons : maintenant, les révélations.

Toutes consacrent la justice de l'esclavage. La révélation chrétienne, la plus favorable aux esclaves, ne reconnaît d'égalité : que, dans une autre vie. Aussi, la Genèse reconnaît des esclaves. Saint Paul, le plus instruit des apôtres, ordonne aux esclaves de ne paraître devant leur maître : qu'avec crainte et tremblement; et, saint Augustin, lui-même, avait des esclaves. Prenons le raisonnement vulgaire. Ce raisonnement démontre : que, l'esclavage qui nourrit l'esclave , est moins injuste : que , la propriété foncière qui le fait mourir : lorsque, dans la circonscription, il n'existe plus de sol libre. Prenons le sentiment.

Mais, le sentiment n'est autre : que, le raisonnement vulgaire basé : sur l'éducation, les préjugés ; ou, plutôt. Je gentiment en est l'empreinte. C'est un logarithme, dont le raisonneur vulgaire fait usage, sans s'être donné la peine de recourir au calcul, qui l'a procuré, pour en vérifier l'exactitude ; et, dont l'usage produit un résultat, bon ou mauvais, selon la qualité du logarithme même.

Eh bien ! d'après le logarithme social actuel, le sentiment rend palpable : qu'il est inoins injuste, de s'emparer dHin individu et de le nourrir en le faisant train. 16

236 SCIENCE SOCULE.

— « Vous aves multiplié les artidet pour issnrer la plus grande liberté k rexcrcice de la piopriété, et tous n*avez pas dit un seul làoi poor a déterminer la nature et la légitimité; de Moière que votre déclaration parait faîte, non pour b hommes , mais pour les riches , pour les accaptreurs , pour les agioteurs et pour les tyrtiis. Je vous propose de réformer ces vices en coosaout les vérités suivantes :

a Art. 1"". La propriété est le droit qu*a disque citoyen de jouir et ^e disposer de la portion des biens qui lui est garantie par la loi (i).

«« Art. 2 etc. »

Robespierre, Convention nationale, 24 avril

— «En arrêtant sa pensée sur la société et m ses rapports, on est frappé d*nne idée générale (pi mérite bien d'être approfondie : c*est que pntqfuil) toutes les institutions civiles ont été faites fc» les propriéUires (3). Ou est effrayé en outrant le Code des lois, de n*y découvrir partout que le t^ moignage de cette vérité. On dirait qu'on petit nombre d'hommes , après s'être partagé la im^i ont fait des lois d'union et de garantie ctwtre h multitude, comme ils auraient mis des abris datt les bois pour se défendre des bêtes sauvages (4)> Cependant on ose dire (5) : Apres avoir étaUi les lois de propriété, de justice et de liberté, €■!>

de propriété, ne soit le droit de faire mourir quelques-uns de blables; mais, c'est aussi le moyen de faire vivre la société; ce qui tft empêcher la mort de tous. Autorisez les conclusions du particulier W général ; et, vous pourrez faire dire : toutes les sottises possibles.

(1) Robespierre s'imaginait-il : que, la propriété eût jamais été aotfl chose? Il serait curieux : que, la propriété fût la portion des biens, non garantie par la loi. C'est toujours : parler pour ne rien dire.

(2) Le presque est mauvais : c'est toutes qu'il fallait dire ; et cda doit être, pendant l'époque d'ignorance : pour, que rhumanité poiae exister.

(3) Elles ont été faites par eux. Il serait étonnant, il serait mkat stopide : qu'elles eusseut été autrement. Aussi longtemps, qu'elles peofent être ainsi ; c'est qu'eues doivent être ainsi. Sinon : il n'y aumait pas d'ordrr moral.

(4) Le on dirait est encore de trop. Cela, est ainsi ; et cela^evait être : ainsi.

(5) Voyons ! ce qu'on ose dire. Il y a dix à parier contre un Cquo, ee sera une sottise.

D'après, ces différents critéria ; et, il en serait de même de tous ceux que nous choisirions ; la propriété foncière, attribuée aux individus, est moins juste : que, Vesclavage.

Appuyons cette conclusion : de quelques autorités, émanant des principes les plus exaltés de la pratique sodile, établie sur le monopole des développements de Tintelligence ; monopole, lui-même essentiellement basé : sur celui de la propriété foncière. Ces quelques antorilés appartiennent aux deux classes, qui depuis Torigine sociale , se disputent le pouvoir : les théolo^ jims; et, les philosophes.

Commençons par les théologiens.

— « La propriété prWée, dit saint Ambroise (1) , est iiM véritâUe BtorpalioD. i»

— Voilà, saint Ambroise un parfait communiste. Nous traiterons bientôt du communisme. Saint Ambroise était dans Terreur. La propriété privée, même celle du sol, n'est une usurpation : que, lorsque cette propriété est devenue : incompatible avec l'existence de Tordre. Mais, saint Ambroise faisait abstraction des temps ; et, il sentait : que, dans un ordre rationnel, la propriété foncière attribuée à des individus , est une irrationalité, une injustice ; et, voilà ce qu'il faut entendre, par ce mot : usurpation.

Passons à Bossuet; l'oracle des théologiens galli-

(1)l De qf/lcHi mkiMr.^ lib. I, cap. xxvin, ii<* 133, iom. U, p. 35.

féconde de révolatlons , presqae tons ont Rpidé comme le plus important de leurs devoirs de régler par de sages lois le mode de propriété (1). Philéas est le premier qni est partidecepriiicipt(3).* Abxstote, Politique, L II, di. ?.

— Si, resclavage consiste essentiellement : dans Tassujettissement au monopole des développements de Fintelligence (3) ;

Si, les développements de Fintelligence sont essentiellement liés : à lorganisation de la propriété (4);

Si, l'organisation de la propriété est essentiellement liée : à l'existence de Tordre social (5);

Propositions qui toutes ont déjà été démontrées. Nous devons en conclure :

a Que toute propriété, quelle que soit sa qualité de « foncière ou de mobilière, est, au sein de la aociéti « DUE SOURCE d'esclavage, lorsqu'elle ne contribue point, « essentiellement, au complet développement de l'ia- ■ telligence de tous; mais, aussi.: qu'elle y est, alors.

(1) U n*y a pas de doute : que, Torganisation de la propriété est idet' ifse, k rorgaoisation de la société ; mais , pour autant : que, celle w-

gaaisation est supposée avoir uue sanction, autre que la force, qui M peut être qu'une sanction religieuse. Avec cette sanction, toute orguîaatioB de propriété est bonne; dès, que la sanction religieuse Tiflotà manquer, il n'y en a pas de bonne ; et, la meilleure serait : la plus aaivaise.

(2) Toujours, et toujours Torganisation de la société, a été ForganisatioM de la propriété. Ea époque d'ignorance, cette organisation doit être injuste ; doit être au profit du petit nombre ; en époque de e«- Bainaiice, l'organisation doit être : au profit de tous : dans la prenièis époque il y a nécessairement des maîtres et des esclaves; dans ladcr i^ière il n'y i plus que des frères.

(3) V. liv. I.

(4) V. liv. I.

(5) V. liv. I .

SGiiniCB SOCIALE. 239

« UNE SOURCE D*oRDBE ; pouF aussî loDgtemps : que, « l'esclavage est nécessaire, à la sécurité de la pro- « priété. Tandis, qu'au contraire : toute propriété, « quelle que soit sa qualité de foncière ou de mobi- « lière, est cke source D'AiNARcniE ; lorsqu'elle ne conlrî- « bue point , essentiellement , au complet développe- ■ ment de l'intelligence de tous ; dès , que l'état « d'esclavage devient incompatible : avec la sécurité « de la propriété. »

Tels sont les rapports : de Tesclavage à la propriété.

Passons aux expressions : plus juste et plus natureL

Juste y nous l'avons déjà dit, sigm'fîe : rationnel; ou, n'a aucune espèce de valeur.

Naturel^ dans le règne moral, dans le règne de la liberté, signifie : rationnel ; ou, n'a aucune valeur.

Juste et naturel ont donc une seule et même valeur. Passons aux comparatifs de ces expressions, ou plutôt au comparatif de juste; puisque : l'expression naturel peut se rapporter aux deux règnes; et, que dans Vun elle signifie libre ; et, dans l'autre, tout le contraire.

Plus juste^ signifie : ce qui n'est pas tout à fait juste ; ce qui rend les expressions plus juste^ et moins que juMte, ou mains juste : de même valeur. Servea^vous donc de pareils outils t

En époque de connaissance, le juste est absolu; et, par conséquent, n'a ni plus ni moins. En époque d'ignorance, dans laquelle nous nous trouvons encore,

on a une foule de critéria tous défectueux ; mais, dont on se sert tant bien que mal. Servons-nous des principaux de ces mètres pour savoir : si, la propriété est moins jmte que l'esclavage ; et, commençons : par la propriété foncière.

JusiCy peut avoir pour critérium :

a Ne pas faire à autrui ce que Ton ne voudrait pas « qu'il fût fait à soi-même. »

Rapportons ce mètre à la propriété foncière; et, nous trouverons :

« Si, tu as de la propriété, qui ne dérive pas dutra- 0 vail de l'homme ; et, qui par cela même appartient « à l'humanité, sans distinction d'individus ; ne prive « point de cette propriété, sous prétexte d'une pre- 0 mière occupation, qui n'est qu'un droit de primogé- « niture relatif aux générations, droit déjà renversé « par toi-même , eu égard aux individus ; ne prive « point, disons-nous, de cette propriété, ceuxauxquds « elle est nécessaire pour n'être point esclaves : puis- « que, toi-même ne voudrais pas être esclave. »

D'après, ce premier critérium, la propriété foncière, cause de l'esclavage; est moins juste: que, l'esclavage.

Prenons le critérium des majorités.

Ici, tous les possesseurs de fonds de terre, doivent être récusés ; il s'agit de leur cause.

Allez, maintenant, demander aux prolétaires, après leur avoir démontré : que, Taliénation du sol est une source nécessaire d'esclavage; si, la propriété foncière est moins injuste que la propriété de Thomme; et, vous verrez : ce qui vous sera répondu .

SCiEMG£ SOCIALE. 247

-^11 parait : que, selon Bossuet ; le prolétaire a droit d'employer la force, lorsque la loi qui ordonne de remettre en quelque sorte tout en communauté, n'est pas oiéeutée.

Au moins^ peut-on affirmer : que, l'intention de Bossuet a été de faire comprendre :

I Qu'aussitôt, que l'aliénation du sol cesse d'être t utile à la commodité publique et particulière ; elle • cesse d'être conforme : à la loi sociale réelle ; à l'au- < torité publique réelle ; au gouvernement réel *, au i droit réel. »

Passons, à des autorités qui se prétendent philosophiques.

D'abord, nous renvoyons : à ce que nous ayons plaeé en tête de la présente subdivision ; et, à ce que nous avons cité au chap. ii du premier livre traitant de rétablissement du premier moyen despotique. Maintenant, encore quelques citations.

— c Vous (enei vos ricbesses de vos ancêtres, disait Paical à un fils de doc ; maii ii*esi-ce pas par mille hasards que ^os ancêtres les ont acquises et qu^ils vous les ont conservées? Vous imaginez-vous aussi que ce aeit par quelques lois naturelles que ces biens ont passé de vos ancêtres à VOBsT Cela n'est pas véritable. Cet ordre n*esi fondé que sur la volonté des législateurs, qui ont pu avoir de bonnes raisons pour l'établir (i) y ■uis dont aumne certainement n*est prise d*un droit que vous aves sur ces elioset. »

{Esssai de NicoU, t. II.)

-— « Tout hommenait avec un penchant assez violent pour la donîm- Ihm, la richesse et les plaisirs, et avec beaucoup de goût pour la paresse ;

(1) DooCp quand ils auront de bonnes raisons pour le détruire; il laat qu'il soit anéaoU. La citation suivante, ya montrer le revers de médaille. Nous la donnons pour (aire voir : de quel homme, le dix-huitième siècle a été idolâtre.

242 SCIBRGE SOaALE.

vailler ; que, de s'emparer de la propriété foncière, qui seule peut le nourrir ; et, de le laisser ensuite mourir de faim, en faisant qu il ne puisse obtenir de traTail.

De plus : ce même sentiment repousse avec horreur » ' ceux quî^ préalablement, obligent les malheureux dépouillés de se prostituer à eux, plus ou moins longtemps, avant de leur accorder un travail, qui bientôt après leur est refusé : dès qu'ils deviennent impropres: à la prostitution.

Prenons la nécessité.

Ici, il s'agit : de nécessité sociale.

L'aliénation du sol produit nécessairement l'exploitation des masses (1) ; soit, par les possesseurs dusd, dominant le capital ; soit par les possesseurs du capital, dominateur des possesseurs du sol.

Lorsque, l'examen ne peut plus être comprimé; le» prolétaires voient : que, l'aHénation du sol est la cause principale de ce qu'ils sont exploités ; et, ils le voient : avant, que les esclaves domestiques s'aperçoivent: qu'ils sont esclaves. Bientôt, et même avant qu'ils ne s'aperçoivent de la cause de leurs maux, Texcès A misère, suite nécessaire de la liberté d'examen, pendant l'époque d'ignorance ; cause une anarchie umtwselle, qui ne peut être arrêtée : que, par une nouvdie organisation de la propriété, faisant entrer le sol à h propriété collective, Sôus ce rapport, la propriété fmicière est donc encore moins juste : que, l'esclavage.

(1) Voyez nos ouvrages prolégoménaax à la Science sociale , intiti^. lés ! Qu*est'ce que la science sociale?!' Économie poUOqwtp soure$êÊ révolutions et des utopies prétendues socialistes; Société mimvelleg aÊ*'\ nécessité; ^,de la Souveraineté. ^

tmdictoire qae le TÔtre. Je suis citoyen de Saint-Marin, ou de Raguse, ou

de Vaugîrtrd ; idonnez-moi une part de la terre. Il y a dans notre hé-

nitpbère connu euTiron cinquante mille, millions d'arpents à cultiver,

lui passables que stériles. Nous ne sommes qu'environ un milliard d'à-

■manx à deux pieds , sans plumes y sur le continent; ce sont cinquante

irpents pour chacun; faites-moi justice, donnez-moi mes cinquante arpents.

« On lui répond : Ya-t-en les prendre chez les Cafres , chez les Hot-

Mots ou chez les Samoîèdes; arrange-toi avec eux à Tamiable ; ici toutes

les parts sont faites. Si tu veux avoir parmi nous le manger, le vêtir, le

loger et le chauffer, travaille pour nous, comme faisait ton père ; sers-nous

Ott tmtise-nous^ et tu seras payé ; sinon tu seras obligé de demander l*au-

nioe (1) , ce qui dégraderait trop la sublimité de ta nature et f*empè-

cbenit réellement d'être égal aux rois et même aux vicaires de village,

idoo les prétentions de ta noble fierté.... 9

(VoLTAiBB, Dict. phil., article Égalité.)

•^ « Le droit de propriété n'est point naturel, mais acquis; il ne dérive point de la constitution de Tbomme , mais de ses actes. Les juriscoBsaltes en ont expliqué Torigine d'une manière satisfaisante pour tout homme de bon sens. La terre est un bien commun que la bonté du ciel a donné aux hommes pour les usages de la vie ; mais le partage de ce bien et de ses productions est lé fait de ceux-ci; chacun d'eux a reçu du ciel romrz la puissakce et toutb l'intelligence nécessaires pour s'en approprier une partie sans nuire à personne (2).

« Les anciens moralistes ont comparé avec justesse le droit commun de tout homme aux productions de la terre, avant qu'elle ne soit occupée et devenue la propriété d'un autre, i celui dont on jouit dans un théâtre : ehacun, en arrivant, peut s'emparer d'une place vide, et acquérir par là le droit de la garder pendant toute la durée du spectacle ; mais personne n'a le droit de déposséder les spectateurs déjà placés. — La terre est un Taste théâtre que le Tout-Puissant a disposé avec une sagesse et une bonté Infinies pour les plaisirs et les travaux de l'humanité tout entière. Chacun a droit de s'y placer comme spectateur et d'y remplir son rôle comme acteur^ mais sans troubler les autres. »

(Rbid, traduction de Jouffroy^ t. VI , p. 363 ; cité par M. Proudhon : Qu* est-ce que la propriété? p. 4i.)

(1) Le dix-neuvième siècle a fait un progrès, il dit : tâche d'être heureux pour pouvoir nous servir ou nous amuser : sinon tu seras

obligé : on\, de te jeter à l'eau ; ou , d'aller en prison. Après cela, il est difficile d'avancer davantage. C'est une bien belle chose que le progrès 1 Quel dommage qu'il ne soit pas indéfini 1 Le prolétariat serait transformé : en un esclavage plus infernal encore.

(2) De toutes les propositions extravagantes, avancées par le philoso- ]die anglais, celle-ci n'est pas la moins singulière.

244 SCIEKCE SOCIALE.

Avant d'énoncer, ce que dit cet auteur sur la propriété, voyons d'abord : comment, il considère les Im qui la régissent.

— « Toutes les lois, dit-il (i), sont fondées sur la première de UmUt

les lois, qui est celle de la natubs, c'est-à-dire sur la droits iauqib

SUR l'êquitâ naturblijs. »

— Voilà, la droite raison donnée : comme base de' toutes les lois, la loi divine non exceptée. Peut-être, si on avait demandé à Bossuet : ce qui caractérise la droite raison ; aurait-il été fort embarrassé de le dire. 11 n'en est pas moins vrai : que, voilà Bossuet à latl|| des anarchistes ; jusqu'à ce que la droite raison puisft être démontrée : d'une manière rationnellement incontestable.

Continuons :

— a Dans un gouTernement réglé , dit-il (2) , chaque particulier re Donce au droit d'occuper par la force ce qui lui convient. »

— On voit : que, c'est du sol qu'il s'agit ; car il n'y a que le sol qui soit occupé. On n'occupe pas un mo^ ceau de pain.

11 est, du reste, assez singulier de voir Bossuet, reconnaître : la force comme un droit.

Bossuet eût été, également, fort embarrassé de dire: ce qu'il entendait, par'un gouvernement bien r^Ié; et, d'autant plus embarrassé, qu'il s'était ôté la res-

(1) Politique tirée de VÉerUure sainte, liv. I, art. iv, prop. 1.

(2) /df., ibid., art. m, prop. 4.

8CIERCB SOCIALE. 245

Boorce de dire : que, c'est le gouYcmement approuré par le pape.

> — c Otei le gouTernement , contiDoe-t-il , la terre et fous set btou OHifft commwu enire les hommes que Voir et ta ImwsUre. :>

— Voilà , qui est aussi clair que possible. Ainsi , Torganisation de la propriété est du ressort des lois ; et, les lois sont du ressort : de la raison.

Et, quel doit être le résultat de ce que la raison ordonne? Il nous dira bientôt : que, c'est de remettre :

— « en quelque sorte en commanaaté , des biens [le sol^ qui ont été ptrtagés pour la commodité publique et particulière. »

— Voyons : quelques autres passages, qui précèdent (îelui que nous venons de citer.

— « Le partage des biens entre les bommes et la dÎTÎsîon des b imroes ^finies en peuples et nations ne doit poiut^ dit-il, altérer la sfKÎHé gé~ yrak du genre humain (i). »

— Ainsi, la loi, expression de la raison, doit embrasser le genre humain ; sinon elle n'est que l'expresaion de la force ; elle n'est pas une véritable loi.

—- « La loi, s'écrie-t-il, sertit trop înbumaine, si, en partageant les y elle ne donnait pas au pauvre quelque recours fur le rii-h?. »

A cet égard, il cite le Deutéronome.

(1) PolUique tirée de VÉcrïture sainte, liv. 1, art. v, prop. unique.

— '« N6 prenez poial à votre frère les instruments nécessaires pour it TÎe, eomme la meule dont il mond son blé; car autrement il toni unit engagé sa propre vie (1). »

— Bossuet ne dit pas : où, est le tribunal , auquel le pauvre pourra citer le riche , pour rendre effieaee son recours contre le riche. Quand, TorganisatioD de la propriété est conforme à la raison ; il n'y a pas de pauvres.

Bossuet dit : que, rÉcriture défend d'engager sa propre vie. 11 est cependant incontestable : que, lesol^ d'où provient le blé ; le sol, qui est l'outil avec lequel on le fait ; est un outil infiniment plus nécessaire, pour que le pauvre n'engage point sa vie ; que, ne peut l'être la meule pour moudre le blé. Car, enfin, pour moudre du blé il faut en avoir. Et pour en avoir, 3 faut : pu posséder du sol afin de le travailler ; ou pouvoir travailler ailleurs : soit pour louer une partie de sol ; soit pour acheter du blé. Or, le premier est impossible : lorsque le sol se trouve complètement aliéné; tandis, que le second Test également : lorsque, parla complète aliénation du sol ; par l'accroissement de population ; par la prétendue libre concurrence ; le pauvre ne peut gagner, malgré sa bonne volonté de travailler : ni, de quoi louer une partie de sol ; ni, deqoeî acheter du blé.

C'est, «près ce passage, que Bossuet ajoute :

— « C'est ainsi que la loi remet en quelque sorte en communoMti é» biens qui ont été partagée pour la commodité publique et particolièit. *

(1) Deutér., XXIV.

SCISNGE SOCULE. 247

— ^U parait : que, sekm Bossuet ; le prolétaire a droîl d'employer ta force, l(M*sque la loi qui ordonne de remettre en quelque sorte tout en communauté, n'est pas exécutée.

Au moins^ peutron affirmer : que, l'intention de Bossuet a été de faire comprendre :

m Qu'aussitôt, que l'aliénation du sol cesse d'être ff utile à la commodité publique et particulière ; eDe « cesse d'être conforme : à la loi sociale réeDe ; a Tau- « torité publique réelle ; au gouvernement réel ; au « droit réel. ^

Passons, à des autorités qui se prétendent philoêophiques.

D'abord, nous renvoyons : à ce que nous awns placé en tête de la présente subdivision ; et, à ce que nous avons cité au chap. ii du premier livre traitant de rétablissement du premier moyen despotique.

RIaintenant, encore quelques citations.

— « \ofiM tenei voi ricliesses de tm ancêf ref , disait P^teal i iw fis

de dac ; niait s'est-ce pas par mille hasaHs que vo» accéUts lei oftt u^

qoises et qu'ils tous les ont cooserrées? Vous imaçioex-voui aaHÎ que ce

tmi par quelques lois naturelles que ces bieos oot pau^ de «<rf acrêtrM a

TOM? Cela n est pas vériUble. Cet ardre n'est fumdé que sur la rjA/mU

des législateurs^ qui ont pu avoir de lionrei rai«oof ytur Véuh.w \i} ^

■ftb dont aanne ccrtaineaeBl s'est priie d'un dr*it que «a«ki a«ex sur

cet ckotet. »

Esstmi de Sv.'M^ t, \U,

— « Tout hommenait avec un peackaut a«sez t i44c«t p<Mir U dmiat' Im, la richesse et les pUisîrs, et af ec beaiK^up de f «et p««r U p«resM; ;

(1) Oeac, qoaad ils aaroot de booMs raisoss ytt^t \t d^vitr^'f îJ fut qu'il soit auéaatL L&cilatioD siii%aiUe9 Ta wbfiuUtr le rt%Kt^ de nédaUle. Xous U doBuous pour faire voir : de qua U/OUbt^ le àiihsà' tième sitrcle & été

248 SCIENCB SOCIALB.

pur conséquent, tout homme voudrait avoir Targeot et les femmes on Ui filles des autres, être leur maitre, les assujettir à tous ses caprices, etoe rien faire, ou du moins ne faire que des choses très-agréables. Yotsfojei bieu qu*avec ces belles dispositions il est aussi impossible que les boBBCi soient égaux qu'il est impossible que deux prédicateurs ou deux pnfeiseurs de théologie ne soient pas jaloux Tun de Tautre (1).

a Le genre humain , tel qu*il est (2) , ne peut subsister, à moins qi'il n'y ait une infinité d'hommes utiles qui ne possèdent rien du tooL Gir certainement un homme à son aise ne quittera pas sa terre pour Tenir Idbourcr la vôtre (3); et si vous avez besoin d'une paire de souiienice ne sera pas un maître des requêtes qui vous la fera (4e), L'égalité est dose à la fois la chose la plus naturelle et en même temps la plus chinérique (5).

« Il est impossible (6) dans notre malheureux globe que les hommes vivant en société ne soient pas divisés en deux classes. Tune de richei qoi commandent, Tautre de pauvres qui servent; et ces deux se subdiviiesl en mille, et ces mille ont encore des nuances différentes.

« Tu viens, quand les lois sont faites, nous dire : Je suis homme comme vous ; j*ai deux mains et deux pieds , autant d'orgueil et plus que vouff un esprit aussi désordonné pour le moins, aussi inconséquent, aussi cMh

(1) Quel rapport nécessaire y a-t-il : entre les tendances organiqaet; et rorganisation sociale ? Si, les tendances organiques étaient la base de la société ; Tanarchic existerait ; et, la société disparaîtrait.

(2) Que signifie ce tel qu*U est? Cela ne peut signifier : que, tel qa*ii est organisé socialement ; ou, tel qu'il est organisé physiquement Si, c'est tel qu'il est organisé socialement, c'est une pitoyable tautologie; si c'est tel qu'il est organisé physiquement , c'est une folie. M. de Tdtaire savait bien que l'organisation physique ne changerait jamais.

(3) Il n'y a pas de doute : qu'aussi longtemps que le sol est aliéeé; il y aura une infinité d'hommes utiles, qui ne posséderont rien da tout.

(4) C'est encore vrai. Mais, il est également vrai : que, dans une organisation sociale rationnelle , beaucoup de maîtres de requêtes, de notre époque, n'y seraient point bons : à faire des cordonniers. AloiSi ils raccommoderaient des souliers.

(5) Comme c'est joli 1 de mettre en équation : le naturel et le chimérique !

(6) Vous avez eu tort, M. de Voltaire, de dire impossible : d'une mtnière absolue. Si vous aviez dit : <i Aussi longtemps que des philosophci, comme nous , seront admirés par une tourbe idiote ; il est impossble,etc., 1) vous auriez eu parfaitement raison. En votre qualité d*aeadémicieo vous auriez pu dire : sur notre malheureux globe.

8C1ENCB SOCIALE. 249

tndietoîre qae le Tdtre. Je suis citoyen de Saint-Marin, ou de Raguse, ou âe Yaogirtrd ; tdonnez-moi une part de la terre. Il y a dans notre hé- ■ispliire connu enTÎron cinquante mille, millions d^arpents à cultiver, (ntptinbles que stériles. Nous ne sommes qu'environ un milliard d^aliminà deai pieds , sans plumes ^ sur le continent; ce sont cinquante irpents pour chacun; faites-moi justice, donnez-moi mes cinquante arpents. « On lui répond : Ya-t-en les prendre chez les Cafres , chez les HottaMs oa chez les Samoîèdes ; arrange-toi avec eux à Tamiable ; ici toutes lapirts sont faites. Si tu veux avoir parmi nous le manger, le vêtir, le l«t«et le chaufler, travaille pour nous, comme faisait ton père ; sers-nous 9u amtose-noos^ et tu seras payé ; sinon tu seras obligé de demander TausAœ (1) , ce qui dégraderait trop la sublimité de ta nature et f*empècbertit réellement d*étre égal aux rois et même aux vicaires de village, tebo les prétentions de ta noble fierté.... 9

(YoLTAiBE, Dict, phil., article Égalité.]

— « Le droit de propriété n*esl point naturel, mais acquis; il ne délire point de la constitution de Thomme , mais de ses actes. Les jurisconsultes en ont expliqué Torigine d*une manière satisfaisante pour tout Bomme de bon sens. La terre est un bien commun que la bonté du ciel a donné aux hommes pour les usages de la vie ; mais le partage de ce bien et de ses productions est lé fait de ceux-ci; chacun d'eux a reçu du ciel roDTB LA PDI8SAKCE et TOUTE L%ifTELLiGENCE nécessaires pour s'en approprier une partie sans nuire à personne (2).

« Les anciens moralistes ont comparé avec justesse le droit commun de toat homme aux productions de la terre, avant qu'elle ne soit occupée et devenue la propriété d'un autre, à celui dont on jouit dans un théâtre : chacun, en arrivant, peut s'emparer d'une place vide, et acquérir par là le droit de la garder pendant toute la durée du spectacle ; mais personne n'a le droit de déposséder les spectateurs déjà placés. — La terre est un vaste théâtre que le Tout-Puissant a disposé avec une sagesse et une bonté infinies pour les plaisirs et les travaux de l'humanité tout entière. Chacun a droit de s^y placer comme spectateur et d'y remplir son rôle comme acteur^ mais sans troubler les autres. »

(RiiD, traduction de Jouffroy, t. Y! , p. 365 ; cité par M. Proudhon : Qu* est-ce que la propriété? p. 41.)

(I) Le dix-neuvième siècle a fait un progrès, il dit : tâche d'être 9Êta heureux pour pouvoir nous servir ou nous amuser : sinon tu seras obligé : oui, de te jeter à l'eau ; ou, d'aller en prison. Après cela, il est diffldle d'aYancer davantage. C'est une bien belle chose que le progrès 1 Quel dommage qu'il ne soit pas indéfîni t Le prolétariat serait transfonné : en un esclavage plus infernal encore.

(3) De toutes les propositions extravagantes, avancées par le philosophe anglais, celle-ci n'est pas la moins singulière.

250 SCIENCE SOGIÀLB.

— « Conséquences de la doctrine de Reid :

« 1* Pour que la partie que chacun peut s'approprier « ne fasse tort à personne, il faut qu'elle soit égale an t quotient de la somme des biens à partager, diiisée « par le nombre des copartageants ;

« 2'' f.e nombre des places devant être toujours éffï « à celui des spectateurs, il ne se peut qu'un seiilspeoa tateur occupe deux places, qu'un même acteur joue « plusieurs rôles ;

« 3^ A mesure -qu'un spectateur entre ou sort, le» t places se resserrent ou s'étendent pour tout le monde « dans la même proportion : Car^ dit Reid, le droit di « propriété n'est point naturel^ mais acquis; par censéd quent il n'a rien d'absolu ; par conséquent la prise « de possession qui le constitue étant un fait contiDr a gent, elle ne peut communiquer à ce droit rinvariar a bilité qu'elle n'a pas. C'est ce que le professeur « d'Edimbourg, philosophe d'un sens éminemment « moral, semble avoir compris, lorsqu'il ajoute :

— a Le droit de TÎvre împliqne le droit de s'en procurer les moym» et la même règle de justice qui veut que la vie de l'innocent soit respectée, Yeut aussi qu'on ne lui ravisse pas les moyens de la'conserver. Ces deux choses sont également sacrées.... Mettre obstacle au travail d'autrui^ c*est commettre envers lui une injustice de la même nature que de le charger de fers ou de le jeter dans une prison; le résultat est de la même espèce et provoque le même ressentiment.

« Les insulaires pourraient-ils sans crime, sous préteite de propriété, rep<iusser avec des crocs de matheureui naufragés qui tenteraient étth border sur leur cdle? L'idée seale d'une pareille borbarie révolte Fînt* gination. Le propriétaire, comme un Robinson dans son lie, écarte à coups de pique et de fusil le prolétaire que la vague de la civilisation submerge,

8CIB?fCK SOCIALE. 251

et ^i cherche à se prendre aux rochers delà propriété. — Donnes-moi da trtfiil, crie celai-ci de toutes ses forces au propriéuire; ne me repoussex pu, je travaillerai pour le prix qae vous Toudrex. — Je n'ai que bire de tes tenriceXf répond le propriétaire en présentant le boni de sa piqoa M k canon de son fusil. — Diminuei da moins mon lover. — J^ai besoin de Mes revenus pour vivre. — Comment poorrai-je vous payer, si j^ ne tr^ vaiUe pas? — C'est Ion affaire. Alors Tin fortuné prolétaire se laisse emporter an torrent, on, s*il essaye de pénétrer dans la propriété , le propiîétnire le conche en joue et le tne.

« Victor Cousin, en sa Philosophie morale, p. 15, nous enseigne que tonte morale, toute loi, tout droit, nous sont donnés dans ce précepte : fini uni, MSTC UÊMM (1). Bravo, maître! je venx rester libre, si je pois.

« Eo définitive, pour devenir propriétaire selon Victor Coiisin , il faut prendre possession par Toccupalion et le travail ; j^ajoute qu^il faut encore venir à temps, car si les premiers occifpants ont tout occupé , qu*est-ce que les derniers venus occuperont? Que deviendront ces libertés ayant instrument pour agir au dehors, mais de matière point ? Famlra-t-il qu'elles sVntre-dévorent? Terrible extrémité que la prudence philosophique n*a pas daigne prévoir , parce que les grands génies négligent les jietites choses.

«Remarquons aussi que Victor Cousin refuse à Toccupalion et au travail pris séparément la vertu de produire le droit de propriété, et qu'il le fait naître de tou5 deux réunis comme d*un mariage. C'est là un de ces tours d'éclectisme familiers à Viclor Cousin , et dont plus que personne il devrait s'abstenir. Au lieu de procéder par voie d'analyse, de comparaison, d'éliminalion et de réduction, seul moven de découvrir la «érilé à travers lesfurmes de la pensée et les fantaisies de l'opinion (2], il fait de tous les systèmes un amalgame ; puis , douuant à la fois tort et raison à chacun , il dit : Voilà la vérilé (5).

(1) C'est clair comme de réclcctisme. PeuUtre le célèbre professeur, en écrivant ces mots, a eu dans la pensée : fcxER raisonnable, ne déeai- S0!nfE PAS ! Mais, alors, on aurait pu demander à M. Cousin : comment fauit-il faire pour ne pas déraisonner.' Et, pour répondre clairement, le grand maitre se fût trouvé : dans un immense embarras.

(2) Voilà M. ProudhoD, tout aussi obscur : que M. Cousin.

(3) « Chez certains peuples, quand un riche se marie (*;, il fait cou*

(a) M. Proadhon aurait bien dû nous dire quels sout ces peuples; et ne pas, en Doos le disant, citer des fables de voyageurs.

(( J*ai suivi Victor Cousin jusque dans son style , et j'en ai hoste. Faut-il des termes si pompeux, des phrases si sonores pour dire deschoMs si simples? L*homme a besoin de tratailler pour vivre ; par conséquent, il a besoin d'instruments et de matériaux de production. Ce besoin de produire fait son droit (1) ; or ce droit lui est garanti par ses semblables, envers lesquels il contracte pareil engagement (2). Cent mille hommes s^établissenl dans une contrée grande comme la France et vide d^habitants; le droit de chaque homme au capital territorial est d*un cent-millième (3)f Si le nombre des possesseurs augmente , la part de chacun diminue en raison de cette augmentation ; en sorte que si le nombre des habitants s'élève à trente-quatre millions , le droit de chacun sera d'un trentequalre-millionième (4). Arrangez maintenant la police et le gouvernement, le travail , les échanges, les successions, etc., de manière que les moyens de travail restent toujours égaux et que chacun soit libre, et la société sera parfaite (5) . »

(pROUOHON, Qu^ est-ce que la propriété? p. 51.)

cher la première nuit de ses noces un esclave avec sa femme, tenant indigne de lui d'approcher d'une vierge. En d'autres pays , la jalousie a suggéré aux maris Tidée de s'assurer de la vertu de leur femme flti moyen d'une serrure dont ils gardent la clé. De ces deux coutumes, quelle est la meilleure ? Un éclectique répondrait gravement : Ces usages sont des formes diverses par lesquelles se manifeste l'amour conjugal' Or la vraie philosophie accepte tous les éléments de l'humanité et n'en rejette aucun ; l'erreur est dans l'exclusion. Faites déflorer vos épousées et mettez des serrures à vos femmes. — Voilà l'éclectisme de Victor Cousin, n

(Note de M, Proudhon.) (1) Quelle origine donnée au droit !

: (2) Où? quand?... cet engagement a-t-il été pris ? Jamais.

(3) Jusqu'à présent, le droit de chaque homme a été : de n*avoir rien du tout, quand il est le plus faible. Quand on est matérialiste, comm^ M. Proudhon ; il n'y a de droit possible, de droit non utopique : qae, celui de la force. Ce ne peut être, que par esprit de contradiction : que^ M. Proudhon a entrepris de défendre la justice. S'il avait cinq cent mille livres de rente, nous dirions : que, c'est par hypocrisie; car, c'est , un homme de beaucoup d'esprit Mais, il nous a dit qu'il est prolétaire*

(4) C'est, précisément, ce qui existe nécessairemeiiit : quand le sol est entré à la propriété collective.

(5) Cela signifie : arrangez la société de manière qu'elle soit parfaite et elle sera parfaite. Il vaudrait mieux dire : ce qu'il faut faire pour que la société soit parfaite. -

Ce, qu« M. Proudhon n'a point fait, nous allons le faire.

STJtlfCB SOCIALE. 259

UMê, il TSiil le fiîr* fiar g^érosité ; il ne supporfera jamais la eompa- ■nni (1). On'ili ioient é^ux par les conditions du travail et du sfrhirt (2), mai* que jamais le soupçon réciproque d'infidélité à la tAclie «iBBDe n^Teillê leur jalousie (3).

i La communauté est oppression (4) et ser? iludc. L*homme vent bien mettre à la loi du devoir (?i), servir sa patrie, ohli«:er ses amis (6) ; il veut travailler à ce qui lui plnît (7) , qiiiind il lui plaît , autant i|i*il lui plaît; il veut disposer de ses heures, ii*ol)éir qu'à la nécesaté (8), choisir ses amitiés, ses récréations, sa discipline (9), rendre servirc par raison, non par ordre (10) ; se sncrificr par héroïsrrip (H), non piruue obligation scr^ite (12). L^i communauté est essciitiollernoot codbiffe au libre exercice de nos facultés (15), à nos penchants les plus mi^. bbf, à nos sentiments les plus intimes ; tout ce qu'on imaiîineniit pour W«^

(I) Voyez-vous les partisans de IViitilité! M. Proudhon, parce quli -' al né av4?c Jeux bons yeux, se cro't su|>érieurau malheureux né aveit^^*gle. M. Proudhon veut bien être {généreux. Depuis que le monde cal 'i ■onde, les aveugles-nés et lin» sourds-muets de naissance sont livrés à la générosité. Voyez ce qui en arrive. M. Proudhon ne veut pas s'imagÛMr quil eût pu naitrc : aveugle; ou, sourd-muet.

(*>) Cest-ii-dire : que, s'il est né aveugle ou iourdmaet; iru'a qM ' cre\'er de faim, ou rester brute.

(3) Pour que cela soit, il faut : que l'organisation sociale soit ration- ■elle; que chacun la connaisse telle ; et, la soutienne : dans son propre iatérél. Voilà ce qu'il eût fallu établir.

(4) O qui va suivre vaut mieux. Mais que de taches encore ! (&) La loi du devoir ! Il y a dune des lois du non-devoir ?

(6) Et cela sans raison ? Alors, c'est un sot.

(7) Vraiment ! Même quand sa raison lui dit que ce qui lui plaît est me sottise ': C/est : comme cela qu'on pr end le chemiu de Trchafaud.

(8) Omment, n'obéir qua la nécessité? D'abord, il n'y a qu'un sot, qni rep;imbe contre la nécessité. Ensuite , c'est à la raison , qu'il faut Âéir; la nécessité, on la subit.

(9) Mais, à moins d'être esclave; on la choisit toujours sa discipline. Un trappiste, choisit sa discipline.

(10) Est-ce que la raison n'ordonne pas? Vous supposez donc : des orëivs contraires à la raison ? Alors, c*est l'esclavage.

(I I) Qnand, on se sacrifie; c'est toujours : par héroïsme ou par sottise. Vmt héroïsme, si la vertu n'est pas une sottise; par sottise, dans ce dernier cas.

(Xi) La vertu consiste exclusivement: à se soumettre srrvlUmeiit, en «wtove, k ceqae la raison ordonne. Un trappiste, de bonne foi, est trèsfeérofciiie.

(13] Cela semttVni ponr le communisme. Mais, le communisme, dans IrasM de Tautenr, est une lubie ; qni, ne peut avoir dVxistence que sur b papier ; quant i\ la communauté, dans le sens du trappiste, ce qui

— a Je ne dois pas dissimuler , dit M. Proadhon (i), que, iKHrsdela propriété ou de la communauté, personne n*a conçu de société possible (2) ; cette erreur à jamais déplorable a fait tonte la TÎe de la pn* pricté (5). Les inconvénients delà communauté sont d'une telle évidence [Hj que les critiques n*ont jamais dû employer beaucoup d*é1oquence poor ea dégoûter les hommes (5). L'irréparabilité de ses injustifiés, la lioleBce qu'elle fait aux sympathies et aux répugnances, le joug de fer quelle impose à la volonté, la torture morale où elle tient la conscience, ratonie où elle plonge la société, et, pour tout dire enfin , l'uniformité béate et stupide par laquelle elle enchaîne la personnalité libre , active, nisott** neuse, insoumise de l'homme, ont soulevé le bon sens général et condamné irrévocablement la communauté (6).

(1) Qu'est-ce que la propriété? p. 217 à 220.

(2) Cela est vrai, parce qu'il est aussi impossible : de trouver une société, entre la propriété et la communauté ; qu'il Test, de trouver entre zéro et un ; une unité qui soit unité.

(3) A entendre parler ainsi M. Proudhon, on croirait : qu'il aexpoili cet état social , qui se trouve en dehors de la propriété et de la coinmtnauté. Il n'en est absolument rien.

(4) En théorie : les inconvénients de la communauté sont exclaût** ment de manifester : la folie de ceux, qui sont susceptibles d'admettre*. de pareilles absurdités. En pratique : la communauté est, absolument» sans inconvénient; par l'excellente raison : qu'il lui est aussi imponibto d'exister; qu'il le serait, à un homme sans tête, de se faire couper Itt oreilles. Jamais, depuis que le monde est monde, il n'y^ a eu d'exemple d'une seule communauté, dans le sens d'absence : de propriété indinduellc. Dans une prétendue communauté, il y a toujours un chef; et, ce chef est alors : le seul propriétaire. Dira-t-on : que, dans une communauté, il y a impossibilité d'aliéner les biens fonds? Alors, toute U féodalité était une communauté. Là, où il y a des hommes ; là il ne peut y avoir communauté; parce que : celle-ci, est la négation du ni* Bonnement. Il n'y a de communauté : que, chez les fourmis et leurs analogues.

(5) Dégoûter de quoi ? de l'impossible ? L'éloquence d'ailleurs n'est bonne : qu'à faire admettre des bêtises; et des bêtises ne se renversent pas, avec de l'éloquence. L'expérience seule en dégoûte : parce qae ceux, qui admettent des bêtises, ne raisonnent pas.

(6) Voilà, de l'éloquence bien mal employée. Il était plus court de dire : la coibmunauté, dans le sens d'absence de propriété, n'a jamais existé, ni pu exister. Mais, c'eût été trop tôt fait. M. Proudhon confond ici une communauté de trappistes, avec la communauté dans le sens di communisme. La communauté trappisle est une société particulière, où, loin d'y avoir jamais absence de propriélé, tout est ponédé par le tM.

8CIBNCB 80CIALB. t^A

Cette question mérite : quelques lignes d'examen* ^ Pendant, toute l'époque d'ignorance, jl existe partout une pratique sociale', basée sur une révélation ; et, une opposition, Protée changeant de forme à chaque instant; opposition, toujours vaincue : aussi longtemps que l'examen reste compressible. Dans notre civilisation, depuis vingt -quatre siècles; deux hommes ont été les représentants de ces nécessités sociales : Platon, pour la pratique sociale ; et, Âristote pour l'opposition. Nous savons, tout ce qu'il,y a de singulier, adonner: Platon pour l'homme de la pratique; et, Aristote, pour celui de l'utopie. Un peu de réflexic|^ fait cependant reconnaître : que, la base de notre pvffuiPi tique sociale est le christianisme ; et, le christianiamll^ tout entier, en tant que pratique sociale, est dû à FiatoD. C'est à Platon que le christianisme doit : la trinité; la foi ; la grâce ; le prétendu communisme des premiers chrétiens ; et, enfin, l'inquisition. Quant, à Aristote ; quelles qu'aient pu être les opinions variables de . TÉglise à son égard ; il a toujours été : le prince des philosophes ; le prince des utopistes sociaux ; et, il n'est pas une folie, du dix-huitième siècle, qui n'ait sa source dans Âristote.

Nous avons déjà cité : ce, que dit Platon du communisme, dans sa République. Cet ouvrage, Platon luimême le reconnaît comme utopique, en tant que présentant le type de la perfection. Jtfais, son buvrage, sur les lois, était destiné à expoiser le^ possible ; et, voici comment il y parle de la communauté sociale :

— m L'État^ le gonfWUMwt et les lois , qu'il faut mettre au premier

ries (1) ; dans celles des jésuites du Paraguay, iacondidon des noirs a pare à tous les Toyageursaussi misérable que celle des esclave» des colons (2), et il est de fait que ces bons pères étaient obligés de s'entourer de fosséiat de murailles pour empêcher leurs néophytes de s'enfuir (3). Les Babonriites, diriges par une horreur exaltée de la propriété (4) plutôt que paroM croyance nettement formulée (5) , sont tombés par rexagératioo de lear principe ; les saint-simoniens, cumulant la communauté et l'inégalité (6), ont passé comme une mascarade. Le plus grand danger auquel la sociéli soit exposée aujourd'hui , c^est de faire encore une fois naufrage cooin cet écucil (7).

A Chose singulière! La communauté systématique^ négation réfléchie de la propriété, est conçue sous Tiniluence directe du préjugé de propriété, et c^est la propriété qui se retrouve au fond de toutes les théories communistes (8).

a Les membres d'une communauté, il est vrai , n'ont rien en propre;

le sens d'absence de propriété. Il parait : que, pour M. Proudhon, partout où il n'y a qu*un propriétaire, il n'y en a pas du tout. Un grand homme a dit : que, un c'est la même chose que plusieurs. M. Proudhon veot: que, un soit rien du tout. Ces Messieurs ont aussi raison l'an qiM l'autre.

(t) Si, par moinerie, vous entendez : soumission à un seul ; chereba donc une communauté, qui ne soit pas moinerie?

(2) Il paraît que M. Proudhon ignore : que, la condition des esdxni des colons est beaucoup moins misérable : que , celle des prolétaiitf français. C'est, la philanthropie du jour : s'extasier sur le malheur dfll noirs; et ne pas faire attention aux blancs.

(3) Ils étaient donc bien maladroits ! Un colon part avec ses nègreif pour aller défricher, sur les confins d'une foret de mille lieues; et, pe^ sonne ne bouge. M. Proudhon aurait bien dû prendre de meilleures is* formations. 11 est vrai : que, les grands hommes ont le droit de tout dire.

(4) Comment ! la propriété , c'est le vol ; et, M. Proudhon est prtf d'accuser de folie : ceux qui ont horreur de la propriété ! Ah ! M. VïO^' dhon : vous êtes un bien grand homme !

(5) Comment trouvez-vous : une croyance qui a une formule nelte? Vous croyez peut-être : que, vous trouverez cette formule chez M. ProQ* dhon ? Eh bien 1 allez-y voir.

(6) Les saint-simoniens communistes! Oui, comme les Chinois; où, tout appartient à l'empereur.

^7) Consolez-vous, M. Proudhon. La société n'a jamais fait ce naufrage; et, elle ne le fera jamais.

(8) C'est, que l'homme a beau être assez fou pour dire : qu'il ii*fllt pas un homme; même, en niant; il affirme^ ce qu'il nie.

SCIEliCB SOCIALV. 263

La propriété mobilière , attribuée aux individus , contribue au monopole des développements de rintel- %ence.

Cette propriété se trouve donc , en même temps : oécessaire ; et, injuste ou irrationnelle.

Dès lors ; du moment que la société ne peut plus se baser : sur Tinjustice, sur le sophisme ; l'injustice de la propriété mobilière doit être équilibrée ; et, elle le sera : dès, que ceux qui la possèdent contribueront au développement de l'intelligence de tous ; au point : que, celle-ci ne puisse plus contribuer : à monopoliser ce développement.

Nous connaissons, maintenant, les rapports de l'es* clavage à la propriété ; et, nous pouvons déterminer : si, la propriété individuelle, en distinguant celle-ci en foncière et mobilière, est plus juste ou plus naturelle : que, ne Test l'esclavage même.

258 SCIENCB SOCULB.

les sympathies et les antipatbîes de talents et de capacités (1), parce que les tolérer serait introduire de petites communautés dans la grande, d par conséquent des propriétés (â); que le fort doit faire la lâche du liible (^) , bien que ce devoir soit de bienfaisance» non d^obligatioB; de conseil, non de précepte (4) ; le diligent celle du paresseux, bianqottt soit injuste ; Thabile celle de Tidiot , bien que ce foil absurde (5); qoe rhomme enfin, dépouillant son mot (6), sa spontanéité , son génie, ses aflcciions, doit s'anéantir humblement devant la majesté et Timprescriptibilité de la communauté.

« La communauté est inégalité , mais dans le sens inverse de It propropriété. La propriété est Texploitation du faible par le fort (7); k communauté est rexidoilation du fort par le faible (8). Dans la propriété, rinégalité dos conditions résulte de la (orce^ sons quelque nom qu'elle le déguise : force physiquf^ rt intellectuelle, force dos événements, hisard, fortune, force de propriété act[ui<ie, etc. Dans la conimunnuté, l'inégililé vient di*. la médiocrité du talent et du travail, glorifiée a IVgal de il force (9). Cette équation injurieuse révolte la conscience et fait morfflorcr le mérite (10) ; car si ce peut être un devoir au fort de secourir le

(1) Où eu sommes nous donc? à la communauté des fenmies, etc. Toutes ces utopies n'ont jamais eu et ne peuvent avoir d'application. Tout ct'la : c'est, parler pour faire du bruit.

(2) Et, M. Proudhon, qui ne veut pas de propriété, veut donc toutes les horreurs du communisme ?

(3) Eh non ! Tous travaillent pour le maitrc. Les uns plus, les autres moins.

(4) Ce qui signifie : que, le devoir n'a pas de sanction. Voilà, debeUtt bases données au devoir !

(5) Voilà, cependant, où conduit la belle maxime : que, U ^propriété ' c'est le vol.

(6) Lequel? il y en a deux. Celui de passion et celui de raison. Oa n'est libre quVn se dépouillant^ du moi de passion, c*est-à-dire qu'en I0 dominant. Quant au mol de raison, essayez donc de vous en dépouiller! Quand on se soumet au commuuisme, c'est encore par raison, bonne ou . mauvaise; mais, toujours par raison.

(7) Quand, chacun possi'dc conformément à la raison : personnen'ot exploité.

(8) Le faible, qui exploite les forts, est très-joli ! Est-ce pour se moquer du communisme? est-ce pour dire : que, de telles idées sont l'élocubration de quelques fous : que, M. Proudhon s'exprime ainsi?

(9) De quelle force? Est-code la force intellectuelle, du talent, du J travail ? Il n'y a qu'à Charenton où l'on puisse glorifier le mDins à 1'^.^ du plus. Est-ce de la force physique ? Alors le moindre talent, le fflOÎB* dre travail doivent être glorifiés à Tinlini aux dépens de h force.

(10) Une pareille équation ne se fait qu'à ChareAtîm. Jamaia, len^v rite n'en murmure ; il en a pitié.

STJtlfCE SOCIALE. 259

faibl», n vevl le faire par ghiérmilé ; il ne supporfen j-imaîs la companbpn (1). 0>i*iii foient égaui par les conditions du travail et ilu sa^ Uire (2), ni.iia «fue jamais le soupçon réciproque d'infidélité à la tàcLe earamane n^éfeillè leur jalousie (3).

« La communauté est oppre>sion (i) et servitude. L'homme Te;it bien K «onmettre i la loi du duroir (5), servir sa patiie. ohliLcr sf< amis 6* ; an» il veut travailler a ce qui lui phit (7] , qinnd il lui plaît, aiitnnt qa*il lui plaît; il veut disposer de ses heures, iroluir qu'à h nùcessité ;8), choisir ses amitiés, ses récréation*, ç.i discipline 9 . rendre sf-rvirc par raison, non par ordre (10, ; ?e sacriii»T p.ir liéroî''!np ; H), non par une ohligation seruie (là). Li communauté e^t psseiitii- iement cob- Iraire au libre exercice de nos farulléç irt). à no« pcnch.inis !c« plus ao- Mes, à nos sentiments les plus intimes ; t'.»ut ce qu'on imii:ineniit poorla -

(I) Voyez-vous les partisans du l'éjaîitôî M. Proiullion, parce null csl né avtrc deux bons yeux, so cru^t supcrieuriu m:iUii uriux né aveugle. M. IVoudhoii veut bien Olrc généreux. L)i-piii< ipio Ir monde uat monde, les aveu gles-nt's et lessourds-nuiels de n:iissnni:«' M»nt livrés à la jDraérosité. Voyez ce qui en arri\c. M. Proudlum ne veut pas s'imi^iaer qu*il eût pu naitrc : aveugle; ou, sourd -muet.

(?) C'est-à-dire : que, s*il est né aveugle ou sourd moet; il B*a qu'à cre\tT de faim, ou rester brute.

(3) Pour que cola soit, il Taut : que Torganisation sncinlc soit rition- DL'lic; que chacun la connaisse telle ; et, la »outienuu : danssfin propre intérêt. Voilà ce qu*il eût fallu établir.

(4) i'jc qui va suivre vaut mieux. M ii< qut.* <)c tuclu s eue ire !

(6) La loi du devoir ! H y a donc des lois du nou-devoir ? (G) Ftcela sans raison? Alors, c'e>t un >ot.

(7) Vraiment! Même quand sa raiso.i lui dit que c» qui l'ii pliit c*t Hue sottise ? C'est: comme cela qu'on p:*cn'I li- clieniiu de r«chfifaud.

(8) Oimment , n*ol)éir qu'à la nécessité? D'abord, il n'y a qu'un sot, qui rcîfimbe contre la nt'-cessité. Eusuili* , c'e>t à la raison , qu'il faut olH'ir; la nécessité, on la subit.

fîH Mais, à moins d'être escLive: on la choisit tou/iurs Si diM^iplinf^. l-n trappiste, choisit sa discipline.

riol Est-ce que la raison n'ordonne pn^.' Vi»ii< ^uppci-iez donc : df^s or étiH contraires à la raison ? Alors, c*est l 'esclavage.

(Il) Quand, on se sacritio ; c'est toujours : par héroNme ou pir sottise. Par héroi»me, si la vertu n'est pas une sottise: par sottise, dans ce dernier cas.

(15) î-a vertu consiste excluMvemcnl : à se soumettpf ^f-rvHftnntf , ru flMfaw, «n ceqac la raison ordonne. Un trappiste, de bonn** foi, «nt tn-shéroiqae.

(13) Ola leititTni ponr le communisme. Mais, le rommunisme, dans feMK de Tantear, est une lubie ; qni, ne peut avoir d'exi^t^^nce que sur L* papier; quant à la communauté, dans le sens du trappiste, ce qui

concilier a? ec les exigences de la raison indîtidoelle et de la tolonté bV koutirait qu'à changer la chose en conserrant le nom; or, si nooi cherchons la Térité de honne foi, nous derons éviter les dbpntes de mtls. c Ainsi la communauté viole Tantonoraîe de la conscience (i) et Tégilité : la première, en comprimant la spontanéité de Tesprit et du cosr, le libre arbitre dans l'action et dans la pensée (2); la seconde» en réeonpensant par une égalité de bien-être le travail et U paresse^ le talent et k bêtise, le vice même et la vertu. Du reste, si la propriété est impossible par l'émulation d'acquérir, la communauté le deviendrait hientèt par l'éraulation de fainéantise. »

— Voilà, le communisme formellement condamné.

•ii^fteut-être, eût-il été plus simple de dire : qu'il faut

' >èlpe fou : pour penser à abolir la propriété ; qu'il est

'^aussi impossible d'abolir la propriété, qu'il le serait:

^ dt'iméantir l'humanité. Mais, M. Proudhon avait établi:

^B^'lsi propriété ne pouvait plus exister ; et, il n'a osé

^ MiGontredire. D'où vient ce galimatias, chez un homme

de 'mérite ? De ce qu'avant d'écrire, il ne s'est pas

fait une idée claire : de la valeur, qu'il attachait au

mot PROPRIÉTÉ.

Comment se fait-il : qu'une idée aussi biscornue; aussi hétéroclite ; aussi absurde , tranchons le mot, que le communisme ; se soit introduite dans le monde scientifique, au point qu'il n'est, pour ainsi dire, plus un réformateur : qui , ne s'en soit coiffé : plus ou moins ?

est aussi éloigne du communisme, que Tordre l'est de Tanarchie; c'eati le plus haut exercice de ses facultés. Nous r.c disons pas : que, oe soit le meilleur usage qu'on puisse en faire; mais, c'est, certaineoieiit, und9 ceux qui demandent : la volonté la plus forte.

(f) Comment, un matérialiste peut-il parler: d'autonomie ? £*l nomic de la conscience, chez un matérialiste; est» i*aatovQlliia d'il* horloge : sonnant les hcuijes.

(2) Le libre arbitre, exisfiint chez une machine iGMiJMcpM H. Prof dhon appelle, lui-même, un resort pensant! ïak%, poeâble: ^gàf^ homme d'esprit dise de pareilles ciioafs l

SCIEîfCE SOCIALE. 267

iébnlioo du dimanche et des fêles. Il se trouvera donc des économistes pour calculer que l'ouvrier •yaol permission de travailler toute Tannée, regagne ainsi sur le dimanche ce que la diminution réelle dn salaire lui fait perdre! Quant à moi, je propose d*écnre sur le Panthéon, au-dessus de cette inscription : j4ux grands /tommes la pairie reeonnaissaHie , dette autre inscription : Les ouvriers travail/aient six jours et vivaient le septième sans liaoailUr; la révolution est venue, et fouvrier a été obligé de travailler les sept jours de la sef/taine pour vivre. »

PicRKE Leioux, de la Ploutocratie. Revue indépendante, octobre 1842.

— « La France peut donc se définir ainsi : moins d*an million d'individus, hommes, femmes, enfants, représentés par cent quatre-vingt-seize mille chefs de famille, forment une vaste maison de commerce po«8èdant nn capital qu'on ne saurait estimer et qui a pour nom la Frarcb. Cette maison met annuellement en activité trente-quatre millions d'employés et d'ouvriers, hommes, femmes, enfants. Le fmit de ses opérations est de. rapporter, au minimum , neuf milliards de revenu brut ; déduction faite des semences et autres frais matériels d'entretien de son outillage général, il lui reste en bénéfice, on en revenu net, trois milliards huit cents millions (i).

Id., iàid.

— « La grande plaie , la plaie horrible et toujours béante de la propriété (2), c'est qu'avec elle la population, de quelque quantité qu'on la réduise , demeure toujours et nécessairement sura-

(1) Divisez 3,800,000,000 par 196,000 chefs de famille , vous aurez, . moyenne, plus de 20,000 fr. de revenu pour chaque famille d'électeur. (3} Le grand vice des ouvrages de M. Proudhon est d'avoir laissé iniierminé : le mot propbiétk; et, surtout, d.'avoir nommé souvent prontik, la propriété du sol. II y a longtemps : que, cette faute est comité; il y a longtemps : que, Daunou a dit :

— « Réserver ce dernier nom (de propriété) aux seuls domèAnes teriorktttXf c'est employer un langage inexact et dangereux.

(Essai sur les garanties individuelles , p. 34.)

— Il est bien à désirer : que, M. Proudhon rectifie son langage; et, viooi qu'il reconnaisse : que, le matérialisme est la soarœ de toute urchie. Alors, jses écrits seront d'une grande utilité.

-j^M^ SC1£NCB SOGIILX.

rang, «ont cem où Ton pratique le plus à la letlre, dam Umteslm ties de l'État , Tancien proverbe qui dit que tout est yébitàbli .. GfHmm entre amis. Quelque part donc qu'il arrive, oa qu*il doÎTe arriter uo jour, que les femmes soient communes, les enfanls commuai, les bism de toute espèce communs^ et qu^on apporte tous les soins iniagînalki pour retrancher du commerce de la ^le jusqu'au fwmmémedepropriéU.^ on peut assurer que c'est là le comble de la vertu politique; et perseiw ne pourrait à cet égard donner aux lois une direction ni meilleure ni jktt

juste C'est pourquoi il ne faut point chercher ailleurs le tnoM

d'un gouvernement. »

(Platoh, JLow, livre YI.)

— Telle est la source protectrice : de toutes les idées sur le communisme.

Du reste, le communisme de Platon, tel qu'il exkk ^i dans sa pensée, n'était pas aussi utopique : que, le /«éèmnomnisme de ses prétendus sectateurs. Platon pro- ^^mt ouvertement : que, les magistrats devaient men* tir au peuple ; le tromper pour son bonheur. Et pendant Tépoque d'ignorance, le bonheur du peuple signifie toujours : le bonheur de ceux qui le gouvernent. C'était donc : le communisme des biens des gouvernés; an profit des gouvernants; qui était le beau idéal politique de Platon. De ce point de vue, le communisme a existé : depuis que le monde est monde (1).

Concluons maintenant :

La propriété mobilière, en tant qu'attribuée aux individus, ne peut être abolie.

(1) Voici Texpression pratique du communisme théorique de Platoa: ^ « Il faut surtout extirper du monastère, et jusqu'à la racine, cevie» que quelqii^ton possède qu^que chose en pboprb. Que personne n*oi^ rien donner ni recevoir sAici l'ordrb de l'abbé, ni rien avoir sm pbo- PBE, aucune chose, ai un livre, ni des tablettes, ni un stylet, ni quoiqo^ ce soit ; car il ueleur est pas morne permis d'avoir en leur propre sance : leur coiips et leur volonté. •

(EftGLB DmuKJBteoiT, cIl zzmj

8CIBNC8 SOCIALE. 269

« Edouard défend de faire raoïnône soas peine

■ d'emprisonnement Les ordonnances de 1517

• el 1560 présentent des dispositions analogues en m cas de récidive. — Elisabeth ordonne qne cha- « que paroisse nourrisse ses pauvres. Mais qu*est- « ce qu'un pauvre? Charles II décide qu'une rési- ■• dence notfconteiiée de quarante jours constate « rétablissement dans la commune; mais on con- « teste, et le nouvel arrivé est forcé de déguerpir. « Jacques II modifie cette décision , modifiée de K nouveau par Guillaume. Au milieu des examens, « des rapports , des modifications , le paupérisme « grandit, Touvrier languit et meurt.

« La taxe des pauvres, en 1 774, dépasse 40 mil- H lions de francs ; 1783, 1784, 1785 ont coûté, '«année commune, 53 millions; 1813, plus de «• 187,500,000 francs; 1816, 250 millions; en « Hn, on la suppose de 317 millions.

<* Kn 1821 la masse des pauvres inscrits dans *• les paroisses était évaluée à quatre millions, du M tiers an quart de la population.

•» France. En 1544, François I**^ institue une « taxe d'aumône pour les pauvres, avec contrainte «pour Facquittement. I566,.158C rappellent le «c principe en l'appliquant à tout le royaume.

tt Sous Louis XIV, quarante mille pauvres in- «f festaient la capitale (autant à proportion qu'au- « jourd'hui). Des ordonnances sévères furent ren- <t dues sur la mendicité. En 1740, le parlement de « Paris reproduit pour son ressort la cotisation c forcée.

« La Constituante, effrayée de la graudeur du u mal et des difficultés de remède , ordonne le « ttatu quo,

» La Convention proclame comme dette' natio' u naU l'assistance à la pauvreté. Sa loi reste sans « exécution.

« Napoléon veut aussi remédier au mal : la *• pensée de sa loi est la . réclusion. Par là , di- M sait -il , je préserverai les riches de l'importu- « nité des mendiants et de l'image dégoûtante M des infirmités de la honteuse misère. O grand M homme I

• De ces faits, que je pourrais multiplier bien davanti^, il résulte deux choses : l'une, qM le paupérisme est indépendant de la popnlatM»; l'aa-

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