QUATRIÈME CONDITION PRÉALABLE
DETERMIMER : SI, A UNE CERTAH^E EPOQUE, LORSQUE
LES maîtres parlent : D*£MAKaP£R les esclaves,
COMME LE DEVÀKT PAU jusiîce ; ET , k'y TRAVAILLENT
Qv' illusoirement ; il ne leur serait pas plus tirgenty par igoisme^ de chercher : en quoi consiste Ij' éf}\ancipal%(yi\ ; et» de les émanciper réellement.
N Là, les besoins sont satis nombre et les projets plus nombreux encore qoe les besoins ; det rércs d'orgauiiaiion *%j discutent dans le trouble ; les rengeanccs te préparent dans les ténèbres ; on attend que les classes riches et élevées viennent au
secours de tant de misères Mais, sachex-le bien*
on commence à se lasser d'attendre ; et si Ton ii*y prend gai'dc, Tannée prochaine, demain peut-être, sorti du goufTre escaladé, paraissant terrible sur les bords de labime franchi, le peuple, secouant la résignation comme une poussière immonde, ou s'en dépouillant comme d*un vêtement incommode, respîrant la vengeance implacable, apparaîtra pareil à lange exterminateur sur la porte de vos riches hôtels, et, pour son malheur et le vôtre, jusqu*an milieu de vos somptueuses demeures. »*
Prédication de Tabbé de Brbuilt.e, Saint-Lû. juin 1845. h pigraphe d'une satire de lUn- THÉLEM Y, journal le SibcU 15 juin 1845. —••Pourquoi vous boruez-vous,négrophiles d'Europe A découvrir des maux avec un télescope ? Craignez-vous disposer, avec un xèle égal, La réforme à la Seine ainsi qu*au Sénégal ? Ne pouvez-vo«e sauver, d*un bras philanthropique, IjSl £one temi)ér^-e et celle du tropique?
iniporlant : de diviser les esclaves. Us assuraient ains leurs jouissances; el, leur sécurité.
Eq faisant passer le serf à l'étal d'affraiielii, on donnait l'apparente liberté de ses mouvements ; et, maître en retirait le prixdel'affrancliissemcnt.Leslie de famille retenaienlcnsuite l'affranchi comme vasK ou, il devenait vassal de tout autre maître : et, là coi mencc Vcsclavagc polilù/ue, la possession collecticâ.
En faisant passer soit le paysan, soit l'ouvrier, > vnssela^'e ou de la corporation au prolélanat ; le peu] composé de vassaux et d'ouvriers, s'est trouvé affrs chi : des chaînes imposées par la féodalité nobilîal iVais, les bourgeois, en enlevant le monopole aux r blés leurs rivaux ; et, en foreant ceux-ci de devei bourgeois; ont pu exploiter pins librement le trav du prolétaire ; et, ils l'exploitent : jusqu'aux lîmilcs désespoir. Exisle-t-il, maintenant , pour sauver les m très, un nouvel avantage illusoire à offrir aux esclave Aucun. Le prolétaire, en apparence, est libre comi l'air. Son travail, il est vrai, est indirectement pressu Mais, directement ? Jamais il ne lui est demandé u obole. Le prolétaire, a-t-il, ensuite, quoique chos< perdre, qui puisse avantager les maîtres ? Rien ; abi lument rien. 11 ne reste, au prolétaire, que la liberl de se prostituer, si le bourgeois daigne s'abaisser ii qu'à lui ; ou, de se suicider, s'il est trouvé improj à la prostitution.
Le despotisme, peut-il soulager l'esclave prolétaii possibilité, qui pourrait contribuer, au rétablisseroi de la sécurité des maîtres?
SCTKHCE SOCIALE. ' 9fiL
Yof jiidaH|oe8 loin, tos bieniâits hypoerilM, Vos ▼ertnii de iréteaoT, ironique sontion Que prête rhomme riche à rbomae qai D*a ries ? Ab ! iùsez'^oasl jamais une époque né/a» te Dans l'ordre social noffril plus de contraste;
AtEC plus DB KICUBDR QC*E!C CBSlàOLE DAM» JaSIAIS L*B01t M B VE FUT PA a L' BOM MB ABA S DOnÉ ^
BABTBÊLfcMT, Népusis^ 15 juîii 1813, joaraal
le Siècle.
<— « DaiiE les pays que nons noauBOos BorissinU, il T a à peine un riche sur cent ville ImIntaiiiS ; et il n*y a pas une persoaae fv aille qu jouisse d^one honnête aisance. »
Sat, Discours préliminaire, p. lmu.
— • La société de Saint-Yiaceat de Paid de Lille avait chargé une cooinii^sioo de faire une enquête sur la situation de deux ceats faMUei pauvres , prises ao basabd panai celles qn Mat sons le patronage de cette société. Voici qaclqaei résultats que ooas ettrayoos du rapport de la es«aissioii, rédigé par M. Binaad, Médeda iJiWiafié de celte ville, et réeemnMrot paUîé.
■ La population de ces deax eeaU ISuafllef s*é- « lève à «ille deux cent doaze iadivi<las (1).
« S«r ces BBtlIe deux cent doaxe persrnincfl, cîaq
• cent quatre-vingt-seize seulement, bcmaoe^ , Cna* « acs et eafaats, sont des travailleurs; ce soat « euxqai poarvoieat aux besoins de tous.
m Ces traTaillcars gagnent par an tout aa pks « COO fitaacs; tandis qu'il en (aadrait aa aMMos 962 « poar Icar procarer à eux et à lear laaûlle le « strict aéoessaire. Le déficit sur le nécessaire est « dooe de 362 francs par ao.
• Vu tiers de cette population est affectée de « fliw^'T* clamaiqoes , la plupart ineurahUs. Sar
• ceat chefs de faaulle, titiXKMnnyTmon eu s^jat
• atteiats , el plus de la moitié des aMTCs est af- •' lactée des messes maladies. •
« Les qaartkrs qu'habitent ces aûlle deax c^t doaae iadividas paavres sont gébéraleoMat de véritables qaarticrs iafiects et patrid^ M. BiasMl les
it la petite fHkade de Lilk«
oaà rexpérieiKX, le fait, démootraDt : qoe, la famille do paavre iDoyenDemeDt,à plus de six iodiTÎdas. Noaspffoi» nos lectean idfe note de « fû^i^iioiis le leor rappellerons dans le eoars do t livre.
I^nrs babîiations ne sont bien soutciiA qae dn cloaques d'impureté, de poaoteur, suis tir nilo* inière. Il arrive, pour on grand nombre, qoeU paille sur l.'iquelle ils couchent n'est pas ^eoooT^ lée lotis les ans ; elle est hnmide, pourrie, conae la paillasse qui la recouvre. »
Journal la Réforme, 8 décembre 1843.
— « Quand la misère a péuétré dans les Disses , ce ne sout plus des faits individadi qui U causent, mais drs généralités sociales. >•
Philosophie du budget, par M. Édeutaio dc MhRir., 1. 1, p. 327.
— « Lorsqu'une société est si proMétneut gaugréiiér, avant de recouvrer quelque moralité, il faut qu^Hu cataclysme social la régénère dans lu baptême de sang. *»
Id,, iàid,, p. 384.
— « Dans l'arène humaine oii riaielligence coabat pour la dictature , la force armée des ^TernanU n'est pas plus légitime que cdle des iv surgcs. M
/</., t. If, p. 57.
— « Les réformateurs actuels touchent par ton les points à des réalités douloureuses; ils écrivent avec une plume trempée dans les larmes, et des cris d'angoisses répondent à leur yoix. Et comaest u*en serait il pas ainsi dans une société aossi cruelle envers ses enfants? Voyez doue cobk elle les traite! Voici on homme qui se présente à la société, et lui dit :
« — J'ai ma part d'intelligence, de savoir, de zèle , dc force physique à vous consacrer; occa* pez-moi !
« — Je ne puis vous occuper ; cela ne dépeid pas de u)oi. Cherchez ; les uns ou' les autres vois donneront bien du travail
•« — J'en ai cherché partout inutilement.
•« — Que puis-je y faire?
« — Pourquoi donc éte^-vous instituée, Société?
•« — Pour protéger tous les intérêts et (aire res* pecter tous les droits.
« — Mais le premier intérêt, c'est bien Tiaiéiét de la conservation , et le droit le plus sacré, c*cit bien le droit de vivre, de satisfaire ta faim.
« La Société ne répond pas.
« — Vous voulez donc que je demande PanyAM?
sancE MciALB. 9T§.
prisoB, ov la Beidlieilé est u délit
-— Alorv je vais im jiler eoalve ne bone ; pmirèin «fmt qwdq^ pamat aaia pitié de soi a
« — Si Toaa le fiûtes, je voas cowiaauMraî à b priaoQ eMove ; car fnw am ooaais alors le délit de vagabondage.
« — Ak ! Sodéié, toos êtes ttapide aataat qa*atroce. Vou foales mt faire awarir ! £k biea doM, guerre entre nous deox ! »
M. DE Caesé , membre de la cbambre des dépotés.
— •* Ao mots de jaaTÎer 1843 les maitom centraks oootenaîeat encore quarante réddiTistes sur cent détenus.
• Quant aax crimes et anx déKts en général, le tableau placé en têle de ce rapport Ulvoir qu'ils n*ojit Jamais augmenté ausm vite que depuis 1839, la moyenne des années 1839, 1840 et 1841 dépassant de plus de onxe mille accasés ou préveons la moyenne de la période précédente, ce qui ne l'était janmis tu. »
M. DX T0CQUSVI1.LB, Bappori du projet de loi sur Us prisoKs, souplement A, au Monitettr du 6 juillet 1843.
— « Un jeune auteur, doué de plus de sagacité et d'une raison pins mûre que n'en comporte ordinairement son âge, a publié les résultats intéressants de ses savantes recherches ^nr les taux des salaires comparés iiat prix des objets de consommation, de 1802 à 1830 (1). Il y déduit de faits qui paraissent suffisamment justifiés, que, sans remonter an delà de la période de 1790 à 1830, les prix de consommation se sont élevés dans cet interralle, de 111 pour cent, tandis que les salaires ne se sont accrus que de 37 pour cent. De 1800 à 1830, les prix de consommation out augmenté de 60 pour cent, tandis que les salaires, ao contraire, ont baissé de 22 pour cent. Enfin, si Ton prend un terme de comparaison encore plus rapproché, par exemple de 1810 à 1830, on re-
$ur les salaires ei les prix de consommation^ par A. Du
2i^ SCIBHGS êÙCiààJU
^^ ONiiiait 4|ae duu cet etpaee de temiit, la prix è
coosommatimi ne te font à la vérité életéi qM k 12 pour ceat, mais anssî que les salaires «at liè> dû de 6 pour ceaL.
« Le lésmié de aao travail prouve que, pour k dtx-aenvièiBe siècle , comme roua lu précixuurrs , locsqae les prix généraux de codsoboslion s'élèveat , les aalaires ne les saiveot qae âe kMa et ae les atteignent jamais, et que, quind ils resteot statioonairas, les salaires sont aussitôt en baisse.
« Ainsi, dMque jour, TouTrier employé toi arts industriels ne peut payer avec son salaire qa BS»e quantité moindre d'objets de consommatioo , H il est encore obligé de les acheter d*une qualité iof^^ rieure et moins saine. Le pain et la viande ne sont plus aujourd*bui pour lui des bases alimentaires « la pomme de terre est sa principale ressource, fait est positif, même pour Paris ; il résulte documents officids et des recherches conscieodenca'sèment faites par nos savants les plus distiDgoé:&-
<* D*aprés les registres du Châtelet, la cooMeia^ raation annuelle de la viande, à Paris, en 166 S « était par tète d'habitant de 140 11^-
«I En 1789, d*aprës Lavoisier, de... . 105
«Eu I8l7» suivant M. Benoiston de Cbateauneuf , et d'après les registres de Toctroi de dix années, cette quantité est réduite à 88
« n est probaUe qu'elle a encore dimiaoé d^' \« puis 1817, à raison de Taugmentation du tirifdes
douanes sur llmportation àes bestiaux.
« Et cependant la capitale étant devenue le sié^ da gonvemcment et le centre de toutes les aflaires pabKqnes et commerciales, sa population a dft s'accroître des classes aisées, des gens suivant la ooar et ées poursuivants de la fortune.
m En généralisant la question pour toate » France, la consommation de la viande par as t^ par personne a été
« En 1789, suivant Lavoisier, de. . . • 40 Ht*
« En 1806, d'après Sauvegrain, de.. 14 3/4
•I En 1812, selon Chaptal, qpi, ayant été ministre de l'intérieur, doit avoir établi ses calcids sur des données oflicielles, elle n'était plus qM de. Il ^
SCIEIICB SOCIALE. 2gl
« Toscasioa de Tarrivés da roi de Naples à Paris, ea 1 830, il a été donné un secours temporaire à deuT cent Tinjt-sept mille individus, ind^ pendamment de soixaote^ir mille inscrits pour recevoir des secours réguliers. Ainsi plus de la moitié des habitants de la capitale est réduite à la misère et au mépris, à la débauche, à toute la flétrissure et à tous les vices qui lui servent de hideux corl^e!> M. le baron Bouvier nu Molakd, ancien préfet, ancien conseiller d*État, etc.. Des causes du malaise^ etc., p. 46.
— « Il m'a été démontré à Lyon qu'un ouvrier en soie unie, ea travaillant dix-huit heures par jour, ne gagnait que 18 sous» dans une ville où le paia coûtait 5 sous la livre , et où les logements scmt plus chers qu'à Paris. »
Jd., Ibid.f p. 28.
— « Voici jusqu'où est allée la décroissance du salaire : la pièce de coton , dont la main-d'œuvre 'était payée, en 1776, par la maison Peel et Cie deBiackbum, 137 francs, se vend aujourd'hui de 12 à 13 fr. 25 c, et il résulte des recherches de S. Manliall que le prix de la main-d'œuvre, dans les manufactures de coton, a baissé, depuis 18 14, des onxe douzièmes. (^Jîevue britannique ^ juin
M. Édelstand du Méril, Philosophie du budgsl, C I, p. n 3.
— « Le pouvoir lui-même ne nous a-t-il pas dit quCT France huit millions d'hommes sont sans pain ? En Angleterre Touvrier ne meurt-il pas d'inanition devant la porte des fabricants qui lui doivent leur or? Dans la plantureuse province de Flandre du riche royaume de Belgique, il y a environ un quart de la population qui vit des secours publics. Serait-ce trop s'avancer que de dire que la moitié de cette population n'a que tout juste, c'est-à-dire n'a, airidemeat parlant, pat assez? Reste donc un quart qui possède sudisaoïment : et de ce quart la moitié a évidemment trop. Singulière équité sociale qui , après avoir accablé de ses faveurs quelques rares élus, ne répand autour d'elle que la misère, les angoisses et la mort!»
M. DR PoTTsa, Éludes sociales, i. If, p. 39.
— •> D'autres, mues par les aiéMet caaiss (des
causes vertueuses), ou par un excès de piété filiale, se hasardent à parcourir dans Tombre de U niit les rue j et les boulevards , sentes et avec ta enbarras iavuloutaire , dans Tespoir d'attirer l'attatioQ des passants ; leurs allures réservées loot, à leur insu , un vif stimulant pour ces derniers; ils s'attachent à leurs pas, leur adressent des paroki flatteuses et les sollicitent avec d'autant pltuiTcah prcsseuieiit qu^elles se montrent plus timides. Ont avec le prix qu'elles mettent , on plutôt qoe Tôt met à leurs faveurs qu'dles peuvent snbsisler, elles et leurs enfants ou leurs parents iofinnes. Cruelle nécessité, qui les expose souvent k Ytmk et aux injures des filles publiques, qui, se croyait investies d'une sorte de privilège , les coniraifncat à quitter le théâtre de leur cynique indostrie, alors même qu'elles apprennent de leur bouche qie le salaire de leur prostitution est destiné à faire vivre des enfants eu bas Age on de vieux pareats accablés d'infirmités ! Les ouvrières qui soot ea> traînées à se prostituer par le sentiment afTrtu de la misère, ou par de pi aux laoTirs , soot oalheureusement nombreuses. »
Fhizier, Des classes dangereuses de la jn^lalion dans les grandes villes , ouvrage r^ compensé, en 1833, par l'Académie des sciaces morales et politiques.
— « Pins l'homme est resté près de sa eoaiiition naturelle, plus la différence de ses facnltés à Ks désirs est petite, et moins par conséquent fl ^ éloigné d'être heureux (1). II n'est jamais sois* misérable que quand il parait dépourm de td«t : car la misère ne consisle pas dans la prhëlit* des choses, mais dans le besoin qui s'en/ait sentif.» Rousseau, Emile, U I, p. 107.
Pour résoudre la présente question, il faut la rapporter successivement : aux différentes phases sociales, qui caractérisent : le développement de l'humanité.
(1) Cela est faux. Il eût été juste de dire : moins U est malkeurmx* Nous le répétons : Tetclaye domestique est moins malheureux : que, 10 prolétaire ; et telle est la pensée de Rousseau; et tel est aussi l'afis d0 M. Michel Cheralier.
SCIENCE SOCIALE. tî83
Loraqu'il n'y a point encore de serfs; et, que le mot générique : esclaves; ne renferme encore aucune spécialité, il est évident : que,
Si les terres, par défaut de population, n'ont encore aacune yaleur commerciale ;
Si, le nombre des esclaves s'accroît au poiat : qu'il soit trop grand, pour les besoins des maîtres ;
Si, par défaut de communications, facilitant les échanges ; Tenlretien du nombre d'esclaves superflus, est plus coûteux. : que, ce qu'ils produisent nej rapporte;
Si, le rassemblement d'un grand nombre d'esclaves, dans une même domesticité, donnant à tous un même iutérèt ; devient dangereux : à la sécurité des maîtres ;
11 sera avantageux, à ceux-ci, de confier h un certain nombre d'esclaves, qu'ils feront semblant d'émanciper sous le nom de serfsj des terres incultes : dont, les maîtres conserveront la propriété; et, dont les serfs, pouvant toujours être vendus avec la terre , n'auront ^'un usufruit conditionnel. Ces terres se trouveront améliorées ; et, augmenteront : non-seulement les reve- Xius; mais aussi les capitaux des despotes. De plus : ces despotes se débarrasseront, ainsi, du fardeau : denouririr, vêtir, loger, soigner : dans l'enfance, la maladie ou la vieillesse ; des esclaves qui leur sont inutiles ; tandis qu'en même temps, condition bien autrement importante, ils créeront à chaque famille serve, des intérêts particuliers ; qui les rendront toutes rivales ; et, les mettront, ainsi, hors d'état de pouvoir s'unir, dans le but d'attenter : au despotisme qui Jes domine. Lesmaî*
très, en outre, font valoir cette prétendue émancipation ; comme étant une récompense : de la pratique des vertus, qu'ils ont intérêt d'inculquer aux esclayes. Et, comme ils sont maîtres de Véducalion ; et, de ce qu'ils appellent instruction; ils ont soin de toujours faire consister : la vertu, dans ce qui leur est avantageux ; le crime, dans ce qui leur est nuisible ; et^ le dévouement le plus complet envers la personne du maître, quand même il serait injuste ou cruel, est toujours représenté : comme, le summum de la perfectibilité humaine. C'est, du reste, sur ce point d'éducation et d'instruction , que repose , essentiellement : le de^ tisme. Le rendez à César ce qui appartient à César ; eD considérant César ^ comme le maître; et, VohéissoMtj comme ce qui est dû à César; est un principe qui se trouve consacré par toutes les révélations, bases nécessaires, nous Tavons vu, de toute espèce de despotisme. A mesure : que, la population s'augmente ; que, par le plus grand développement de la population des mai* très, le rapport numérique des despotes aux esclavei s'augmente également ; et que^ cependant, par raC" croissement des communications accélérant les développements de l'intelligence générale, les moyens &• maintenir l'espèce d'esclavage relatif à l'époque vienr nent à s'affaiblir ; de nouvelles émancipations illusoiies deviennent successivement néce3saires ; et, en même temps, utiles : au nombre toujours croissant des mai* très. C'est, même, seulement , à l'aide de semblablai illusions ; que, pendant une longue suite de siècles^* l'esclavage reste possible.
sciE>CE sociALi:. 28 j
L'esclave passe ainsi, toujours sous le nom d'homme libre^ aussitôt qu'il se trouve éniancipé du serrage ; par les tram formations de^tiques : d'affranchi^ d'abord ; pais, de vassal j sous un seigneur; ou, d'ouvrier, sous une corporation bourgeoise ; puis , enfin , de prolé^ taire.
Mais, il est un terme : où, ces émancipations illusoires, qui en réalité ne sont que des a^ravations de resclavage, doivent nécessairement s'arrêter. Elles finiraient par anéantir Thumanité.
Par exemple : lorsque l'esclave, d'affranchissement en affranchissement, est tombé dans l'abîme du prolétariat ; et, que cet abîme s'élai^it au point : que, les despotes, de plus çn plus, se voient menacés de s'y trouver entraînés ; reste-t-il, pour sauver les maîtres, et par conséquent l'humanité par le despotisme, un moyen jusqu'à présent inconnu : d'affranchir, de nouveau, les esclaves illusoirement; pour les plonger, en réalité , dans un nouvel abîme ? Voilà ce que nous allons examiner.
En faisant passer l'exploité, de l'esclavage domestique à la servitude, à la glèbe ; les maîtres présentaient, à l'esclave, l'avantage de ne pouvoir être vendu isolément; par conséquent celui de ne pouvoir être séparé de sa propre famille ; à laquelle on avait déjà cherché à l'attacher par tous les moyens de l'éducation; ayant déjà observé : que, sous le seul empire de l'organisme, rhomme ne tient pas plus à sa famille que la brute. Les maîtres avaient, en retour, l'avantage : tf exploiter les serfs gialis ; et, pardessus tout, celui si
396 9CIEnCE SOCUtE.
Bocial : entre ratlributioa légale de quelque propriété aux individus; et le communisme ; que, de trouver quelque chose : entre la réalité et l'ilIusioD.
Nous avons déjà démontré ; ou, plutôt, noua avons rapporté I«s démonstrations des communistes euxmêmes'; prouvant: que, le communisme est absurde en théorie. Il le serait tout autant, en pratique ; s'il n'était pas déjà suffisamment absurde de supposer : qu'une chose absurde, en théorie réelle, pût ne point l'être également en pratique. En effet : même en supposant qu'un couvent soit une communauté réelle ; une absence de propriété individuelle; ce qui serait aussi erroné que d'assimiler le despotisme d'un seul à la liberté de tous ; ce prétendu communisme ue peut exister : qu'au sein d'une société qui lui serve de sanction ; et, l'existence de cette société-sanction est impossible : en dehors de l'attribution de quelques propriétés aux individus. Supposez une prétendue communaulé, privée de cette sanction ; et, à la moindre injustice du despote, vous aurez une anarchie : qui, dégoûtera, pour longtemps, des systèmes de communauté. Mais, il est honteux de s'arrêter : sur de pareilles folies.
Si, l'émancipation est incompatible avec le communisme, il faut : ou, qu'elle soit impossible en ellemême; ou, qu'elle soit compatible : avec les deux espèces de propriété ; ou, avec l'une d'elles.
L'émancipation est-elle compatible : avec, l'attribnlion aux individus, de la propriété foncière ?
Nous avons déjà démontré : que, l'aliénation-^U-BDi^ aux individus, est incompatible : avec le compn,^
\eIoppement, par la société, de toutes les intelligences : au moyen de l'éducation et de l'instruction données à tous avec un égal soin. Or, Témancipation réelle est incompatible : avec le monopole des développements de rintelligence. L'émancipation est donc incompatible : avec , l'attribution aux individus, de la propriété foncière.
Dès lors, il est évident : que, l'émancipation est seulement compatible : avec l'attribution aux individus de la propriété mobilière.
Amvons à la conciliation : des intérêts des propriétaires fonciers ; avec la transition à la nouvelle organisation de la propriété (1).
D'abord, si la nouvelle organisation de la propriété, est devenue nécessaire, sous peine d'anarchie ; et, si Tapplication pratique de cette organisation, ne peut avoir lieu que dans ce cas; l'intérêt des propriétaires fonciers serait encore concilié : si, même, on leur enlevait violemment cette propriété, pour leur conserver
(1) « Le droit de propriété n'est point immuable, comme on se plaît 4 le répéter : c*est un fait social, variable ou plutôt progressif, comme Ions les autres faits sociaux. A chaque grande révolution politique, le droit de propriété a subi des modifications plus ou moins profondes. Sous le régime de Tesclavage, les hommes eux-mêmes formèrent la portion la plus importante de la propriété : plus tard cette portion en fut distraite. Des obligations de diverses natures, sous le nom dé redevances féodales, furent substituées à la servitude personnelle. Dans la suite des tflmps, ces redevances ont disparu, encore qu'à leur origine elles eussent été considérées comme formant une propriété très-légitime. Enfin le mode de transmission de la propriété n'a pas éprouvé de moindres Tariatîons que sa nature elle-même. Au droit de disposer arbitraire- BMot de ses biens après sa mort, a succédé le droit exclusif du fils aîné, et plus tard l'égalité de partage entre tous les enfants. »
{DœiriHê saint'Simonknne, Exposition, 1'^ année, p. 26.)
les ont précédés : dont, cependant , lerassemblemeDl dans une même circonscription ; et, l'umon dans m même intérêt à un nombre infiniment moincib^, Tn k diflîculté des communications ; a déjà obligé les mattrès à prononcer une foule d'émancipations fflusoires;
Si, une nouvelle émancipation illusoire^ est impossible ;
Si, par les développements, devenus inévitables, èi protestantisme ; le jour où les prolétaires recomiaitront : et, leur supériorité numérique ; et, leur infériorité sociale ; approche avec une rapidité, progressitement croissante ;
Si, par ce même développement du protestantisme, il devient impossible , en outre : de faire admettre, plus longtemps, aux esclaves prolétaires : que, la justice n'a de rapport, qu'au bien-être des propriétaires; et, nullement au bien-être des prolétaires ;
Si, enfin, voyant le danger, les maîtres viennent à se diviser, entre eux, sur les moyens de remédier an mal : ce qui est inévitable ;
La persistance de l'esclavage du prolétariat, est impossible ; et, les esclaves prolétaires doivent être ridr temenf émancipés ; sinon, les propriétaires ne cesseront de s'y trouver sous la terreur de l'épée de Damodès : tant, pour la perte de leurs propriétés ; que, pourcdle de leur propre vie.
Or, toutes les hypothèses que nous venons d'établfr; moins, la première relative au nombre des prolétaires comparé au nombre des propriétaires ^ sont d^ rendues incontestables. Et, très-prochaiaement , cette
SCIEffCB SOCIALE. S99
la ligne directe ; et, l'excitation an trayiûl n'en souf- Inra aucunement ; surtout, si chaque propriétaire est libre de disposer de ses biens, par testament , successions sur lesquelles l'Etat pourra placer un impôt qui aura les ai^antages : de ne peser sur personne; et de ne porter aucune atteinte à l'excitation au travail.
— Et, en France, à combien se montent, annuellement, les successions non directes ? ~
— En moyenne, à plus de 70(XmiIlions officiels (1). Si, vous augmentez ce chiffre de ce qui est fraudé sur les droits; vous pourrez calculer sur un milhard.
— Mais, tous ne succéderont Y^omiab intestat. Voilà la part de l'État réduite, au quart de cette somme ; si, TOUS mettez un impôt de '25 pour 100, sur les successions par testament (2).
— C'est vrai. Mais, une fois qu'il sera universelleiQent admis, en principe : que, le sol, pour le bonheur de tous, doit entrer à la propriété collective ; lorsque, ce principe sera inculqué : par l'éducation ; et, confirmé : par l'instruction ; combien de donations à l'État pendant la vie I combien de propriétaires ayant des héritiers directs \iendront en aide au temps; et, consacreront une pai*tie de leur fortune à l'émancipation du peuple 1 A-t-on oublié : tout ce qu'il y a de puissant, dans une conviction religieuse ! Et, d'ailleurs, il y a d'autres ressources encore dont nous parlerons
(1) Le montant des successions est d'environ dix-sept cents millions. Les SQCcessions en ligne directe s*êlèvent à environ un milliard.
(2) S'il était jugé Décessairc, rien B'empcche de porter à 50 pour 100 le droit de tester; en le rabaissant progressivement jusqu'à 2â pour 100.
290 SGIUGB 80C1ÀLE.