‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 23 sur 55 · OPINION · texte numérisé non relu

OPINION

• Lorsqae Tantorité de ropiniou déirait tékk U raison , les mosars font perdues; fl D*y àflfl de force que celle des supplices. »

AifOKTME, cité au dictionnaire de Boxsn,w* iide AuUtritL

— Pour nous rendre compte de ce que peut être, relatÎTement à l'esclavage, le résumé de Topimon; jetons un coup d'œîl, sur les différentes espèces d'esclaves, qui se trouvent exploitées : au sein de la civilisation européenne; et, à cet égard, rappelons-non» les discussions : que, l'opposition vient de nous prfsenter.

Depuis que, par la presse, le protestantisme se généralise, sans qu'il soit possible de l'anéantir ; sinon : par le besoin, la recherche, la découverte et l'admission sociale de la vérité ; l'esclavage, au sein de la civilisation européenne, est parvenu, presque pa^ tout, jusqu'au vasselageouà la corporation; et, déji en France, en Belgiques, etc., il s'y trouve à son^wff»mum : le prolétariat.

En partant, de l'esclavage primitivement dit; Jusqu'à l'arrivée au prolétariat; l'esclave, avons-nous vu,

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rencontra le diable eiksorlant de U TÎlle. Le diable lui donna on baiser, reçut son hommage, et imprima sur sa lèvre supérieure et à son' téton droit la marque qu'il a coutume d'appliquer à toutes les personnes qu*il reconnaît pour ses favorites. Ce sceau du diable est un petit seing qui rend la peau insensible, comme TafErment tous les jurisconsultes démonographes de ce temps-là.

« Le diable ordonna à Michelle Chaudron d'entercder deux filles. Elle obéit à son seigneur ponctuellement. Les parents des filles laccusèrent juridiquement de diablerie. Les filles furent interrogées et confrontées avec la coupable : elles attestèrent qoVUes sentaient continuellement une fourmilière dans les parties de leur corps, et quelles étaient possédées. On appela les médecins, ou du moins ceux qui passaient alors pour médecins. Ils visitèrent les filles; ils cherchèrent sur le corps de Michelle le sceau du diable , que le procès-verbal appelle les marques sataniques. Ils y enfoncèrent une longue aiguille , ce qui était déjà une torture douloureuse. Il en sortit du sang , et Michelle fit connaître par ses cris que les marques sataniques ne rendent point insensible. Les juges ne voyant pas de preuves complètes que Michelle Chaudron fût sorcière, lui firent donner la question, qui produisit infailliblement ces preuves ; cette malheureuse, cédant à la violmice des tourments, confessa enfin tout ce qu*on voulut. Les médecins cherchèrent encort la marque satanique. Ils la trouvèrent à un petit seing noir sur une de ses cuisses ; ils y enfoncèrent Taiguille. Les tourments de la question avaient été si horribles que cette pauvre créature expirante sentit à peine Taiguille; elle ne cria point : ainsi le crime fut avéré. Mais comme les mœurs commençaient à s'adoucir, elle ne fut briilée qu'après avoir été pendue et étranglée.

« Tous les tribunaux de l'Europe chrétienne retentissaient alors de pareils arrêts. Les bûchers étaient allumés partout, pour les sorciers comme pour les hérétiques. Ce qu'on reprochait le plus aux Turcs, c'était de n'avoir ni sorciers ni possédés parmi eux. On regardait cette privation de possédés comme une marque infaillible de la fausseté d'une religion.

« Un homme zélé pour le bien public, pour l'humanité, pour la vraie religion, a publié, dans un de

des tribus d'Afrique, les nègres sont infiniment plus libres que le prolétaire ne Test en France. Transporta ces mêmes nègres aux colonies , pour y être vendns comme esclaves ; et, après quelques années de séjour, offrez-leur de les rendre à la liberté de l'Afrique. Tous lui préféreront Tesclavage de l'Amérique. C'est, qw l'esclavage américain a développé en eux des con* naissances ; et, par conséquent des besoins ; que, h prétendue liberté africaine, est incapable de satisfaire; et, dont ils ne sont point privés, comme esclaves.

Ce que nous venons de dire, sur l'impossibilité de faire rétrograder le serf vers l'esclavage, s'applique à tous les degrés de la série. Le prolétaire, plus malheureux que le paysan , se ferait anéantir ; plutôt que de j se soumettre de nouveau au vasselage ; et, le paysan, plutôt que de se soumettre au servage. A cet égard, encore, l'opinion est incontestée.

Mais, de jour en jour, la persistance du prolétariat devient, de plus en plus, incompatible : avec, les développements successifs et inévitables de rintelligence ; créant des besoins domestiques et sociaux, qui, éaûB l'état de prolétaire, ne peuvent plus être satisfaits.

Le prolétariat a donc cessé d'être compatible : ave^^ la satisfaction des besoins domestiques et sociaux, d^ la majorité des individus ; c'est-à-dire : avec Texis^ — tence de l'ordre. Sous ce dernier rapport, l'opinion es^ encore généralement unej quoique, diversement ex^ primée.

Et, comme le prolétariat est le dernier degré der l'échelle, auquel le despotisme puisse porter l'escla-

SCIBISICE SOCIALE.

^e ; et, que depuis que la presse et le protestantisme istent, il est impossible de faire rétrograder à aucune ts classes composant la série des esclaves, aucun deé de cette échelle ; nous concluons et nous disons : « L'esclavage , ou l'appropriation du travail des masses, sous quelque nom qu'il puisse être caché; a cessé : d*ôtrô un moyen, qui puisse contribuer au maintien de l'ordre. »

SCIBHCE SOCIALE.

Pouvoir do disposer do U v*o de rhonnoe , érigé en droit :pitk

fooiété.

« 11 s'agit mamleDant d'abolir à janaif alk\ doctrine qui a trop longtemps régné sur la tenr,| doctrine qui consiste à croire que le châliinealildj être infligé pour Tutilité de Passociatiou. Le tafl est venu de créer dans les esprils celte autre peM Bée, laquell e doit à son tour gouverner les peuflB^] à savoir qu'il est moral , qu*il est géuértux. ^^| est vrai, qu^'l est juste enfin, de prendre lotfil] du prévaricateur pour base de nos lois répresstvcMj

Bhi.i.ktiCHM., Palingéncsie sociale^ t. III, p. 211]

— « La peine de mort nVst que ledraitdei fense nalurdle, transporté de l'individu à b ciété. Il ne s'agit donc point de c^Épiter le mais la, nécessité (l). Si la peine de mort est i cessaire, elle est licite (2). Ajoutons seuiement( cette question étant maintenant discutée (3)|i faut qu'elle soit décidée dans un Beus ou daaK autre (4). »

Ball&ncbe, Palingénétie sociale, t. III, p. 27

(1) Quand, deux choses sont identiques; discuter l'une, c'est dii Tautre. Or, une nécessité sociale réelle est toujours un droit. La qi tiou est de savoir : quand cette nécessite existe ; et, sous prétexte d^i existence, il n'y a pas de crime qui n'ait été commis.

(2) L'expression n'est pas suffisante. Si, la peine de mort est vk saire; elle n'est pas seulement licite, elle est un devoir : pour la

(3) La peine de mort n'est nécessaire : que, pour empêcher la dii sion. Du moment, que cette peine manque son but ; elle cesse dV utile; d'être nécessaire; d*étre un droit.

(4) U est de toute impossibilité : que, cette question soit décidée :i fois que Fexamen est devenu incompressible; et, que l'époque de< naissance n'est point encore arrivée. Jusque-là, il y aura toujours:' théoriciens, qui aftirmeronl; que, la peine de mort doit ctreabolie;i des praticiens, qui affirmeront ; qu'elle ne peut être abolie.' Et, ayant raison à son point de vue ; personne ue voudra avoir tort i^j

SCIBlfCK SOCIALE. 307

PRATIQUE SOCIALE

« La peîoe de mort sera-t-elle consenrée ou abolie? Si on la coosenre, à qod crime sera-1-eIle réser\ée? Je passe avec respect devant an autre problème qui précède ces deux-là ; il est de savoir si rbomme a pa transmettre à la société le droit , qu*il n*a pas lui^mêoie , de disposer de sa propre vie.

« Dans le nombre des hommes qui gouvernent Topinion, Montesquieu, Rousseau, Mably et Filangieri maintiennent qu*il l'a pu ; Beccaria le nie, et chacun sait quel est , depuis vingt-cinq ans , l'as • cendant de son esprit sur les autres esprits. Cette question a des profondeurs que Tœil peut à peine mesurer ; je m*arréte donc sur les bords, et je suppose que la société ne puisse priver de la vie un de ses membres sous peine d'être injuste ; cette supposition adoptée, voici mon raisonnement : garantissez-moi que la société pourra dormir paisible sans cette injnstice-1^ (1)

« L*ftme est agréablement émue; elle est, si je puis le dire , rafraîchie à la vue d'une association d'hommes qui ne connaît ni supplice ni échafaud.

Je conçois que c'est bien la plus délicieuse

de toutes les méditations ; mais oà se cache la société de laquelle on bannit impunément les bourreaux?

dâBt toute répoque d'ignoraDoe, il n'y aura jamais, sur Q|»tte \kf lieii de raisonnable à répondre.

« II est ane classe da i>êuple chex qui DMimir pour le crime se mesare en grande partie sirMfroi qu'inspire le supplice; son imagination a besoin d'être ébranlée ; il Tant quelque ciiose q« retentisse autour de son Ame, qat la remue pr^ fonUément , pour que Tidée du supplice soit iu^ parable de celle d*un crime , singulièrement dut les grandes cités où la misère soumet tant dladi*

vidus à une destinée malheureuse.

Avant de briser un ressoK tel que celui de Utff^ reur des peines, il faut bien savoir que nettitt sa place

«< Lfs foudafeurs de ces empires (les Étati-Uiii d'Amérique et la Chine) ont bien tu que uéceitai* rement il fallait gouverner par les sensatioBiit par la crainte ceux qu on ne pouvait gouTenerpir la raison (l).

« A cela 8*unit une vérité non moins imporiaite» cVst que la science du législateur ne oonsisle pu tant à porter des lois qu*à connaître celles ^'3 ne faut pas faire ; or, dans qud moment abolino' TOUS la peine de mort ? Dans un moment d'ul^ cliie, oii vous n*avez pas assez de tontes tw fora* contre la multitude, à qui l'on a appris qs'die pouvait tout ; où il faudrait multiplier les freins d les barrières contre elle, loin de]esa(Taiblir;dni un moment enfin où le sentiment de la rdigioacst prêt à s'éteindre dans plusieurs classes de h fo* ciélé, et où les mœurs en général ne sont pas d'oe grande pureté.

m Ne croyez pas que vous ailes (aire sortir à terre une génération propre à recevoir vos bis; il faut vous borner à examiner ce que vous éad craindre, ce que vous devez espérer des hooaes d'après ce qu'ils ont été dans tous les siècles (1)*

(1) Aussi longtemps, que la société ne démontrera point à cbatt»» après avoir mis chacun à même de comprendre la démonstration : qu'ici contrairement aux lois, c'est, iné\ itablement , agir contre son prop» intérêt ; rohcissancc aux lois ne peut être inspirée : que, par la teftair.

(2) Pour toute l'époque d'ignorance, celte maxime est d'une Térfte : que des utopistes peuvent seuls contredire. Pour, qu'une nouvella gWralion puisse sortir de terre , il faut : qu'une nouvelle éducation 1** arrache; il faut : que» les conclusions du raisonnement màmtà' rectement contraires : à ce qu'elles ont été, depuis l'origine dtafli^

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» d«t bÛKT «r les pt^^cs.

■aïs c'est lonqp M a pov mî k nisM. Qmd fiit k lislc des capetVOTi. le prcaicr de k |âe de MTt? Xcn». IV».

daat phiif > aaoées, chaqae lois ^'il sîfMÎt m «rrêi de BMirt, 3 s*ccrâit : Je vMdraH k pu savoir écrire; wdiam mcwârt EiUrms^ CoBSlaatia , qae plos d*«a historia aonse d'avoir élé V*asm»- ÊM de presqoe toale sa fawUc , £t appreadre à écrire à soa fils «a rubl«eaBt à copier des lettres de grâces. Tnjao , Marc-Aorcle et le pienx Aatosiii, ces êtres qw le seare Immain prodait comme des moMimeats dont 3 slioaore, out-ds aboli la peioe de mort?

«Tilas se fit soaveraia pontife, dit Soétoae, poor n'être ni Tanlear ni le complice de la mort d'aucun ciUivea; mt pura» strtarei muutus, née atUÂor potihae cmjasdam neci» mee comseius^ Prétmdrons-nous être pins éclairés qoe Trajaa, Marc* Anrèle, et plus hnmainsqoeTttns? U voolat conserver SCS mains pures, mais il s'arrêta là comme à nne limite sacrée.

« Je le demande une seconde fois , quelle peine

substitue-t-on à celle de mort ? La perte de

rbouneur ; mais c'est le crime qui a tué rhonnenr du coupable el non la peine que vous lui infligez : il a le courage de la honte; %oilà trop souneiit ce

qui lui reste Là on Tbouneur se tait, il ne

reste plus qu*à faire parler la terreur (1), et l'ennemi le plus terrible de la société est cdui qui la livre à la merci des scélérats. Dans chaque grande époque une nation est dominée par nue idée principale qui la maîtrise et lentraine : aujourd'hui règne la vieille chimère de la perfectiou ; ou se crée

que, totft anthropomorphisme soitanéanli ; il faut : que, chacun [|ue, les crimes ne peuvent s'expier : ni par prières ni par sacri-

faut : que, la vérité soit connue; socialement reçue ; et générapropagce.

lonneur conduit à tous les crimes : depuis l'assassinat, jusqu'au

an milieu desquelles limites se trouve le duel^ Tant , que la n*a de base que l'honneur; cette base repose nécessairement sur

de mort « Le cruel empire du duel, dit Dallancbe, ne peut finir

l'empire factice de l'honneur. » {Palingénésle sociale,) Cette ion est trop restreinte. Ce n'est point au duel, qu'il fallait la il devait l'étendre à l'ignorance sociale tout entière.

an mmicle sinon imagmaire, aa moins trèt-diffieilement possible (1), et c*est dans celte espèce de région que les faisears résident (2) ; ayons k boa esprit de les y laisser, et d'habiter arec la sagaie le monde réel.

<• Un écrivain qui n*a eu que le cid poor mI* tre, et que le philosophe a mis au rang des gnad» législateurs, dit : Si qui» aliquem interfecerHy vh

Uns ûccidere, morte moriatur! Sans pUcerce

principe dans le ciel , je crois qii*il est bien près de ressembler à ces vérités suprêmes, qa'aocu peuple n*est libre de reconnaître on de ne pu rfr* connaître, qu*nne assemblée ne décrète ni ne jofE^ mais professe, reconnaît, confesse (3). »

Pauoiroir, Assemblée nationale, mai 179l| discussion sur la pane de mort.

— M Otez du monde cet agent încompréheuible (le bourreau)^ dans Tinstant même Tordre hàk place an chaos ; les trônes s'abîment et la société disparait. »

Dft Maisthb, Soirées de Saint-Pétersbwrf^ t. I, p. 39.

— Tuer le plus d'hommes qu'il est possible^ quand on est payé par tel individu, est, dans le droit naturel: comme dans tout droit révélé.

Tuer des hommes, quand on est payé par tel autre individu ; est, contre le droit naturel : ainsi que contre tout droit révélé.

Tuer des hommes, quand on est payé par tel indi-

(1) S*il n'est, que difficilement possible; il est donc possible ? Pourquoi, alors, l'avoir traité de chimère : deux lignes auparavant?

(2) Des faiseurs, oui ; mais de très-mauvais faiseurs. Un bon faiseur ne se borne pas à dire : que, la perfection sociale est possible; il 1^ prouve. Il est vrai que, les preuves sont inutiles : jusqu^à ce que la nécesstté vienne ouvrir les yeux, à ceux qui doivent en profiler.

(3) H en est ainsi, et nécessairement : pour tout ce qui est nécenaire^ à Texistenco sociale. Il en est ainsi, pour l'anthropomorphisme : aussi longtemps que Tanthropomorphisme est nécessaire et possible. Qiund la possibilité disp*rait ; la nécessité de la confession s'évanouit.

est contre le droit naturel, et contre tout droit révélé :

de tuer et de Voler (1).

Vu protégé du droit naturel et d'un droit révélé ; Mia successeur de ce Romulus; ou, le nouveau Romu-

lus lai-même; a envie d'une province, d'argent, d'une

femme, ou de n'importe quoi. 11 vous enrôle pour Taider à voler. Et,, sous lui, vous tuez : le plus d'hommes qu'il est possible de le faire. Ine ville est enlevée d'assaut; et, vous vous gorgez : de sang et de richesses. Vous êtes pris, ensuite, par celui qu'on veut dépouiller. Et, vous êtes honoré. Vous rentrez chez TOUS, et vous êtes récompensé. Pourquoi? C'est, qu'il est selon le droit naturel et selon tout droit révélé : de tuer et de voler; quand on est payé, par quelqu'un assez fort pour se faire protéger : par le droit naturel; et par tout droit révélé.

Dans, une circonscription quelconque ; deux individus se disputent le titre : de protégé du droit naturel et d'un droit révélé. Ils enrôlent tous les deuju Vous êtes pris chez l'un. Vous allez être fusillé, parce que vous êtes contre le droit naturel et contre un droit révélé. Vous êtes repris au moment d'être fusillé. Vous voilà selon le droit naturel et selon un droit révélé. Ceux qui vous avaient pris, se trouvent : contre l'un et l'autre. A votre place, ils seront fusillés. Dans les exemples, que nous venons de donner; il

(I) Nous avons vu : qu'Hercule pensait tout le contraire; et, que seloii lui, le droit naturel consiste précisément : à tuer et à voler. Mais, comme le droit naturel n*a encore d'expression : que , le caprice de i; il est bon de se rappeler : qu'il ne faut pas disputer des goùU.

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