‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 28 sur 55 · SECOND MOYEN DESPOTIQUE : DIVISION DES UKGDK · texte numérisé non relu

SECOND MOYEN DESPOTIQUE : DIVISION DES UKGDK

«• C'est Dieu, nous dit U religion, qni, s'mti*tenant avec notre premier père , Ini apprit à ^ 1er ; c^est Dieu qui , pour punir rorgueil des fw^ miers booimes, selon les uns, pour les forcerait répandre, selon les autres, divisa le langage (^ produisit la multitude des idiomes.

«• Mais, se demanda la philosophie, DieO|<l"' nous a donné la parole, nVt-il pu faire park^i^ bétes ? Qui nous dit que les animaux uW po'o' une langue dont ils se servent entre eox , et q*' nous n*en tendons pas ? Qui nous assure qasnlrt* fois ils ne parlèrent pas la nôtre? Et la qoeitiat* pourquoi, de tous les animaux, Phomme est letou qui parle, est encore obscure en philosophie. * Proudhuk, Création de tordre, p. 6l<

— m Descartes est le premier que ia suiU à «et prcfondet méditations ait conduit à nier TlMf des bêles, rAa*DOXB auquel il a donné dasi k monde une vogue extraortlinaire. Il n'aurait juMM donné dans cette opinion ( I ) , si la grande virile de la dislinctiou de rdme et du corps t qVilsk premier mise dans son plus grand jour (2), jsi^

(1) Pour Descartes, ce nVtait, en effet, qn'ane opinion. Or, noa* avons vu {*) que, lui-même déclarait : qu'il était impossible de provver : la réalité de cette proposition.

(2) Lui-même déclare : que, sans Pidée de Dieu, il lui est impoviti** de distinguer Tàme du corps. Voilà, une belle base philosophique!

(*) Dans rexamen de la philosophie de Descartes.

et, n'y a-t-il point liberté dans le raisonnement? Voilà, encore, ce qu'il faut dire.

— «•.. c'est-è-dire, conlinne M. Proadhon, par la poitsance créatrice de It ipontanéité ei de l'in»tlact... »

— Quel est cet être, qui s'appelle spontanéité; et, qui a une puissance? Quel jargon I

— «... rt, continue M. Proodhon, que la formule dubitatirede Rons- Kao : ir Si la pensée est nécessaire pour expliquer la parole, la parole ne • Test pas moins pour expliquer la pensée , »

— Rousseau a raison. Seulement, il aurait dû reconnaître : que, parole et pensée sont une seule et même chose. Une pensée, est une parole en dedans. Dne parole, est une pensée en dehors. Penser : c'est, parler avec soi-même ; parler : c'est, communiquer sa pensée aux autres .

— «... revient, dit M. Proudhon, tout i fait à dire : « Si la marche est « néressaire pour expliiiuer la danse ^ la danse ne Test pas moins pour « »|iUquer la marche. »

— Ce passage est une erreur continuelle. La danse n'est nullement nécessaire, pour expliquer la marche ; la danse, appartient au raisonnement ; et aucun animal ne danse. Car, à moins d'un abus impardonnable des expressions, on n'appellera point danser ; ce que Ton apprend à l'ours et au singe ; pas plus, que l'on n'appelle parler, d'une manière proprement dite : les sons que produit le perroquet, la pie, le geai, le merle, etc.

« Si rime des bètet est immaténcHe, dil-oi. « c*es( un esprit, comine notre hypothèse (1) k ^P* pose, elle est donc immatérielle, et moi dcfts n^ssairement lui accorder le privilège de fiaiivlalité, comme un apanage inséparable de la spin* tualité de sa nature. Soit que vous adoMitiei cdie conséquence , soit que vous prenies le parti de U nier, tous vous jetterez dans un terrible mbtrrtt. L'immortalité de l'diite dti hèle» est une opiaioa trop choquante et trop ridicule ans yeux de la raison même , quand elle ne serait point proscrite pir une autorité supérieure, pour Toser soutenir aé* riensemcnt. Vous voilà donc réduit à nier U cmséquence, et à soutenir que tout être inauilérid n'est pas immortel ; mais dès lors vous anfastifia une des plus grandes preuves que la raison Cgsraisse pour 1 immortalité de Pâme (2). Void eoaae l'on a coutume de prouver ce dogme (3) : FisKat meurt pas avec le corps, parce quVUe n*cst|ia> corps (4), parce qu'elle n'est pas diviMUs coone lui (6) , parce qu'elle n'est pas un tout tfl qsek corps (6) humain, qui puisse périr par le ikxvKfff ment ou la séparation des parties qui leenifOsent (7). Cet argument n'est solide qa*aa cas fM

bêtes : pour éviter celte belle conclusion, l'cncyclopcdiste aBoind'ijW' ter ce qui suit.

(1) Il parait : que, pour l'encyclopcdiste, une chose Avitif, l'at qu'une hypothèse.

(2) Cet argument, du philosophe encyclopédiste, est incontestable. H le sait ; el, il va le réfuter par une sottise/ Il veut Caire conclure :qs^ rame est mortelle, en disant le contraire. Tel est, partout : l'esprit di l'Encyclopédie.

(3) Prouver un dogme est l'expression : d*un sot, on d'an fripot* Quand, un dogme est prouvé; il n'est plus un dogme : dans le Térîtibk sens du mot. Un dogme, est une opinion.

(4) Voilà une belle preuve. C'est, comme si vous disiez : que, la v$ d'une laitue ne meurt pas avec la laitue ; parce que : la vie n'est p« corps.

(&) Qui vous l'a dit ? L'âme d'un polype se divise : en deux ; es é\i', en mille.

(6) Ainsi, le corpc est un tout; et, Tâme n'est pas vn toat; eeq* fait, alors, qu'elle n'est qu'une partie. C'est, d'Alemberl': qui dit en belles choses.

(7} Vous allez voir : que, selon d'Alambert, os qui o'i pas ds piriii peut périr. Cesi très-joli l

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k temps, n^exîste pas encore. Mais, rhommc n'a pas teojoinrs existé sur la terre. Comment, chez lui, le uthe s'est-il développé ? Voilà, ce à quoi il faut ré-

pOlNTO.

— t Vkibe, fa«oli et iàiso!!, c^est la même chose. »

(B08SUXT, F7« Avertissement aux protestants j n® 48.)

— Voilà, une vérité : à laquelle, on ne saurait faire trop cTatten lion. Hélas! avant que Tanarchie ail rendu,

t la connaissance de cette vérité absolument nécessaire : peut-être, pas un individu, par million, n'aura le temps de la remarquer.

— >« Si quelque initié aux doctrines modernes vient tous dire que vous fuifi parce qu*oii vous a parlée demandes-lui (mais vous comprendra- Wil!)si ['entendement, k son avis, est la même chose que Vaudition^ et s*il croit que pour entendre la parole il iulùse d*eu(endre le bruit qu elle cn- «iftèrorcille. »

(Dx AIaisteb, Soirées de Saint-Pétersbourg, 1. 1, p. 146.)

— De Maistre a raison. Mais, tout cela n'explique point : comment, l'homme parle.

— « Si les langueé demandent tant de temps pour leur entière coiibdioB, pourquoi les sauvages du Canada ont-ils des dialectes si subtils dncaapliqiiéflî Les verbes de la langue buronne out toutes les infeiiii des vtrbes grecs. lit te di>tioguent , comme ces derniers , par la cuMtéristique, Faugment, etc.; ils ont trois modes, trois genres, trois ■oobrpf, et, par-dessus tout cela, un certain dérangement des lettres psiticoUer aux verbea des langues orientales. Mais ce qu'ils ont de plus i*CMoevable, c*est un quatrième pronom personnel qui se place entre la MBMde et It iToiitème personne an singulier et au pluriel. Nous ne con- ^Moosrien de pareil dans les langues mortes ou vivantes dont nous pou- ^^ mit quelque teinture. »

(CHATiAUiauaB^ Génii Ou ChristUmisme , 1. 1, p. 116.)

342 SCIBMCB SOaAUS.

«En Tain dirait-on que, suivaut Topinioa de qnelqim savants hommes^ trc«-atiachés daineart à ta religion, la ipirilualiU de Tâme n'est étioocie dairemeiil en aucun endroit de l'Écriture, et. pur conséquent, ne nous est point co. firmée par la ré* délation (1). Mettant cette- discassion à partj'ob* jection dont il s'agit est bonne tout au plus pov ceux qui bornent la révélation à l'Écriture ()), mais non puar ceux qui y joignent l'autotité de l'Ëgliae , destinée à suppléiT à rÉcriluie quand elle ne s'explique point, ou ne s'explique pas as- .sez ; or, celte dernière autoiité ne nous iaiisetn* mn doute sur la spiritualité de notre âme.

w Mais pourquoi les animaux , avec des orgaoei [semblables à ceux des hommes , n'ont-ils pas le même penchant que les hommes à se rapprocber les uns des autres? Pourquoi lîur langue et lesr bouche, d*aitleurs si semblables aux nôtres ea apia* renoe, ne forment-elles pas des sons articuiésîll faut que les philosophes aient bien senti la d.ffi* culte de répondre à ces questions, puisque la seoi^ rép(nse qu ils y aient faite jusqu'à préseot (3)* c'est que le Ciéateur a voulu que l'homme ^écât en société et que les animaux n'y \écn8settt pas; réponse qui ne satisfait à rien et qui pourtant e$t la seule raisonnable (4). Car comment expliquer^

considéreraient l'immortnlitc de râmc : comme, une stupidité. Et ^ effet : du moment, que Ton accorde la sensibilité aux animaux; iHau^ être slupide, pour croire : que, l'âme est immostkllb.

Vous croyez : que, d'Altmbert va trouver; que, c'est assez. Du tooL Il va vous oter.jusqu à l'appui de rÉciilure; {M>ur, ne vous laii«tr : que» l'appui du rÊglise; dout il sait : que, déjà de sou temps, tout le miuÀ» se moquait.

(i) Ct la est si vrai : que, toute la primitive église croyait Tâme matérielle. Nous eu avons donné les preuves (*;•

(2y Voilà, tout le prottstaiitisme rendu matérialiste : d'un coupde pliutt*

(a) llernaïqucz raitilicc oratoire. Ce ne sont point les philosophe» i|Vi ont dit cela, mais Us théologiens; et, il sait : que, chacun fera la correction. Jamais, Is philosophes n'ont admis un créateur; àiiUMiis,qtK ce ne soit comme lui admet : riiumortalité de l'âme.

(4/ Voyez-vous cette réponse, qui est seule raisouuable ; et, qui ne tt* tiftfaita heu? *^

{«) VojrcJi notre ouvrage intituié :

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il possible de dire ainsi : le oui^ et, le norij sans laisser^ seulement : un intervalle de quelques mots I

— «IftiSy coniinae Descartes, qui ne seront ni meilleors ni plus propres que les o6tres; an contraire, les nôtres ayant été ainsi inventés au cammencemeDt. ...»

— Les hommes ont, alors, appris seuls à parler. Pourqnoi donc commencer par nier cette proposition ? Puis, nier ou affirmer ne suffit pas : il faut prouver.

— « ...ont été depuis, continue Descartes, et sont tous les jours corrigés et adoucis par l'usage , qui fait plus en semblables choses que ne saurait Cure l'entendement d'un bon esprit. »

(Descartks, ibid.y p. 120.)

— Comment ! l'usage ne dérive point exclusivement de l'entendement de l'esprit ? Mais, il faut être Descartes : pour dire de pareilles choses. Bientôt on dira : que, le soleil a l'usage : de rester au centre de notre monde.

— « Il y a , dit M. Damiron , un langage primitif comme une pensée primitif e ; »

— Que signifie ce galimatias? Le mot primitif se ïapporte-t-il ici au temps ? Signifie-t-il : que, si des enfants sont mis ensemble, ils inventeront un langage; et, que le langage d'enfants, mis ensemble au dix-neu* vième siècle, sera primitif au langage inventé au vingtième? Dans ce cas, le moi primitif n'a aucune valeur rationnelle, relativement à l'origine du langage. Si, ce mot primitif n'a point cette valeur ; il signifie : que, le langage vient de Diec ; ou qu'il est inhérent à

344 SCIElfCB SOaALB.

« fifaif B> ••t-il pas de U cnyuité et de Ti^ti» tîce à faire soaiTrir des dmet et à les aaéttlir, en détruisant lenr corps poar cooserrer d*Mbfi corps ? I<î*est-ce pas nn lenverseaMot visible di l'ordre, que l'dme d^one moacbe, qni est pbi bs> Ue que le plus noble des corps , poisqadleat spiritaelle, soit détruite afin que la mouck icne de pAtnre à rhironddle, qui eAt pu se noainrdi tonte autre chose (I}? Est-il juste que Vdmtim poulet souffre et meure afin que le oorpt et rhomme soit nourri? que TdiHe du cberal eafai mille peines et mille fatigues durant si loaglcsff pour fournir à I homme 1 avantage devojagtrcoa* modément? Dans celte multitude d*dmef qai iV néautissent tous les jours pour les besoins psnigers des corps vivants , peut-on recoouattre eéO» équitable et sage subordination qu*nn Dies boi et juste doit nécessairement observer? Je lé* ponds (2), etc. ••

D*Aj.iiiBEaT, nid.

— Aussi longtemps : que , la division des langues existe entre les nations ; ou, n'est pas reconnue devoir être anéantie : le patriotisme existe ; des haines nationales existent ; le monopole dès développements de Tintelligence existe ; et la liberté sociale ou la soumission sociale à ce qui est ordonné par la raison; reste : impossible.

Aussi longtemps : que, Torigine des langues est attribuée à Dieu ; Tanthropomorphisme existe. Aussi

dicule, le pendant de celle que font les bourgeois, quand on leur dit: que, les prolétaires sont malheureux.

Cl) Cest fau x. H n*y a pas d'aliment sans animaux ; pas mtoe tel l'air.

(2) Cette réponse, vaut la précédente, et, probablement, elle n'a été faite : que, pour qu'il fût impossible de ne pas en apercevoir le ridicule. Tout à l'heure, c'était un plaidoyer contre l'Âme ; ici c'est un pUi' doycr contre Dieu. Nous méprisous de pareilles hypocrisies.

Taothropomorphisme ; nous le concevons; et nous disons : qu'ils font bien, pour toute l'époque où Texamen peut être comprimé. Mais, que des prétendus philosophes, qui mettent le raisonnement au-dessus de l'autorité, parlent d'anthropomorphisme comme de réalité; cela, mérite : le mépris, dû à Thypocrisie; ou, la pitié, due à la déraison.

— < Il la reçoit de la dÏTiiiité, qui, coutinuc le professeur, la lui donne prmderUieHement. »

— Autre galimatias : car providaice et anthropomorphisme sont incompatibles. La providence représente la fatalité ; et, l'anthropomorphisme la liberté. Hennissez donc les deux dans le même individu, acissant selon Tune et l'autre.

— € Et, continue le professeur, attendu que sa nature est de mêler... »

— La nature de qui ? La nature de l'homme ? Jfais, si Thomme n'a qu'une nature, il est complètement matériel; et, alors sa nature est d'obéir. Comment, alors, voulez-vous qu'il mêle du sien? Dans ce cas, il n'a rien ; il n'est rien.

— «... démêler son action, continue le professeur, à ceHe de laPro- ▼ideoce.... »

*-* Yoyez-Yous : ces deux actions qui n'en font

qu'une? C'est une résultante. De pareilles actions,

«Mt des actioDA : pour rire.

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tion : de celle, relative à Torigine du langage. Ceit, seulement, après avoir résolu ces différents points; que, nous examinerons : si, la division des langues est encore capable : de servir d'appui au despotisme. A^ant d'être arrivé à ces différentes solutions; m examen : de la pratique sociale; de l'opposition ; et de Topinion relatives à ce moyen despotique, eûtélé inopportun; et, surtout sans but dL terminé. Arrivé a ce point, cet examen pourra se faire : rapidement et utilement.

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émmU pour coneeToir, mettait en jeu leurs organes pour exercer leurs CMceplions. v

— n paraît : que, l'auteur s'imagine : qu'un entendement peut exister, indépendamment d'un organisme. C'est là, une imagination bien curieuse.

— < Le Dieu , continue M. Damiron , qui leur donnait un certain sens des choses, leur donnait en même temps certains signes pour ce sens ; il déreloppait à la fois leur langue et leur raison. »

*— C'est, absolument , comme des serins : qu'on élève à la serinette.

*— « Les premiers hommes , continue M. Damiron , ont donc parlé de Il même façon qu^ils ont pen^é; ils ont eu Texpression par Timpresiiion. »

(M. Damiron, Psychologie^ t. H^ p. 174.)

— Tout cela est très-joli : et d'expression et d'im- Pression. Voilà, cependant, le premier élève de la phi- ^phie moderne!

— « Rien nMnduit plus , poursuit M. Damiron , à faire des cercles tî- ^ieux.... »

— Nous avons déjà donné ce passage au chap. Y, ^ 2, il, du présent livre. Nous engageons nos lecteurs à le relire avec les remarques que nous y avons ajoutées. Nous le répétons ici avec quelques remarques nouvelles.

— « ...que rhabitude, continue M. Damiron, des abstractions logiques qui TOUS ramènent d*ordioaire au point d*oà vous êtes parti. M. de Tracy, analyste logicien , cLerche pourquoi i*animal n'a pas de signes. C'est , dit-il, qu'il n*est pas capable de distinguer les sensations particulières renfermées sous une sensation complexe. »

raisonnement? Ou, ces êtres, ne sont-ils des êlres: qu'illusoirement; ne sont-ils : que, des résultais de l'organisme? Voilà, ce qu'il faut savoir, avant de prononcer affirmativement : qu'il y a des êtres réels. Jusque-là, il faut rester dans l'hypothèse. Le fait est: que, si les animaux sentent ; il n'y a pas d'êlres réels; il n'y a que des phénomènes ; des résultats d organisme.

— « ... que l'homme^ continue M. Proudhon, parle comnM il eluDle, comme il danse, comme ri se. forme en soeietét. »

— Toujours des indéterminations ! L'homme, esl-il en société : avant le développement du verbe ? A cet égard, la philosophie, tout entière n'a jamais varié. Il n'y a société : que, là où il y a verbe; et, là où il y a verbe; là il y a société. Mais, comment y a:t-il verbe? Comment y a-t-il société? Est-ce par miracle? ou, n'est-ce point par miracle? Et, si ce n'est point par miracle ; comment cela se fait-il ? Voilà ce qu'il faut dire.

— « L'analyse comparée des langues montre que, coniimM

M. Proudhon, les formes ingénieuses des langues primitives fc'expliqiM*^

de môme manière que les produits quelquefois ctounants de fart primitif... »

— Une langue, sous quçlque forme que ce soit, est un raisonnement ; comme, tout art est un raisonnement. Comment l'homme raisonne-t-ii? Voilà ce qu'il faut dire. Et, raisonne-t-il en réalité; ou bien, 800 raisonnement n'est-ii : que, le résultat de l'oi^anisme;

SQENCE SOCIALE. 359

— fl L'alphabet fat l'origine de tontes les connaissances de rhomme et k trafes ses sottises. »

(VoLTAiBB, Dict, pML, art. âlphabst.)

— Cette proposition, de Voltaire, est une sottise. C'est k verbeet non Talphabet, qui est : cette origine; et, l'origine de Thomme. Auparavant, il n'y a : qa'mie âme, dans l'éternité ; et , une bête, qui s'y trouleraitunie. Quant à l'homme, il n'existe pas encore. Presque toutes les sottises de notre humanité étaient énoDcées : avant, que l'alphabet fût trouve. La faeolté des lettres, siégeant à la Sorbonne, a consacré, toute une année, pour tâcher de démontrer : qu'Homère, ne connaissait pas l'alphabet. Et, certes, du temps d'Homère ; il s'était dit et fait : bien des sottises.

— « Avant d'aToir des habits, continue Voltairr^ avant même de savoir |^^.rler, il dut s'écouler bien des siècles; cela est prouvé, n ,

-^ Et OÙ donc, s'il vous plaît, cela, se trouvait-il j)rouvé ? Il n'y a pas même à cet égard l'ombre d'une probabiUté. Une fois, qu'un homme et une femme, physiquement développés, sont en contact, il n'y a pas plus de raison, pour dix mille ans ; que pour un siècle ; que, pour un an; que, pour un jour. Nous allions dire : pour un instant.

— « Biais, continue Voltaire, il faut le redire souvent. »

(VoLTAiBB, ibid., art. Homti.)

— Et, pourquoi faut-il le redire souvent? Est-ce

350 SaSIiCB SQOIALB.

— « En effet , continue M. Promilion , où la spontanéité op^, il «1 absurde de cberchiT du raisonnement. »

(M. FaouDBON, D$ la Création de tordn^ p. 296.)

— Comment, est-il possible : qu'un homme, aussi instruit, aussi penseur que M. Proudhon; puisse énoncer : que, a là où la spontanéité opère, il est absurde « decberelierdu raisonnement? » C'est, précisément, le contraire, de cette proposition, qui est la vérité; il n'y a de spontanéité réelle : quc^ là où il y a raisonnement. Ce qui a trompé M. Proudhon; c'est, qu'il j a : spontanéité réelle ; et, spontanéité illusoire ; spontanéité propre ; et, spontanéité figurée. Supposons : que, les animaux soient purement matériels. Est-ce que dans ce cas, ils feraient rien spontanément? Tout ce qu'ils feraient, ne dériverait-il pas : des loi» de l'organisme ; de la nécessité ; de la nécessité organique : à laquelle on a donné le nom d'instinct? La pierre abandonnée à elle-même, ne tombe pas spontanément. Elle est attirée par une force. Du reste, M. Proudhon ne pouvait raisonner autrement. Avec son raisonnement par série ^ par analogie j il est tombé dans le matérialisme. Dès lors, la spontanéité réelle est un mot vide de sens. Mais alors : pourquoi s'en servir ?

— « Toujours rhomme a parlé, et c*est avec une sublime raison ^ les Hébreux Tont appelé ame parlante. »

(De MAisTas, Soirées de Saint-Péterébourg , t. I, p. ilO«)

— *De Maistre, et les Hébreux ont raison. Un honuM est une âme parlante. Avant le verbe, ThomiAe, dâas

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— cQoe fenîeot^lles, cootinoe M. de la Mennais, en comparaison des lèiléi innombrables que possède l'homme en société? a

(M. iHi LA lliNHAis, Nouveaux Mélanges, Paris, 1826, p. 240.)

— Innombrable est excellent. L'homme ne connaît pas encore une seule vérité ; s'il en connaissait une seule; celle-là, lui servirait de critérium, pour distinguer la vérité de Terreur; puisque : la vérité est

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