SCIENCE
« Ce passage, dit ensuite M. Blanqiii, a été supprimé par Malthat dam les dernières éditions de son liTre|; mab l'esprit de sa doctrine n^y eat pas moins résumé avec une énergique v&Hé^ et c^élait la doctrine plutôt que le langage qu'il fallait modiûer* »
— Disons un seul mot, sur ce résumé énergique qui fait horreur. Un homme qui professe une semblable doctrine, en la considérant comme nécessairement dé* flnitive et non comme transitoire ; est un fou ou im scélérat ; et, ceux qui l'approuvent ne peuvent être : que, des fous ou des scélérats. Quiconque écrit sur l'orga* nisation sociale ; et, n'a pas réfléchi mûrement avant d'écrire; est responsable vis-à-vis de l'humanité, visà-vis de la justice éternelle ; et, s'il est un empoisonneur public , comme l'a été Malthus qui a occasionné fles millions de victimes, il doit s'attendre à recueillir : l'exécration du genre humain. Tout ce que Malthus a dit, est vrai. Mais, il aurait dû ajouter : tel est le résultat inévitable de l'organisation sociale actuelle. Voyez , maintenant : si , une pareille organisation est compatible : avec l'existence de l'ordre , vie humanitaire!
— ftll proposa, dit M. Blanqui, de rendre une loi déclarant qu'aucun enfant issu d'un mariage contracté après Tannée qui suivrait la promulgation de cette loi, et qu aucun enfant Illégitime né deux ans après la même époque 9 n'aurait droit à l'assistance de la paroisse. Ce ferait, disait-il, un avis clair , distinct et précis , sur le sens duquel nul ne pourrait se méprendre ; personne ne serait trompé ni lésé, par conséquent personne n'aurait droit de se plaindre. Ainsi les enfants au berceau devenaient rcisponsables de l'erreur fui leur avait donné le jour. Pourquoi frcmîssci- Yoiis? disait Hklalthus ; votre charité est plus cruelle que ma rigueur, et vos hospices d'enfants trouvés ne sont que des catacombes. Il dcronlait en même tempi les tables lugubres de la mortalité des enfants dans les
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iiftspîceft et 1*00 était forcé de eonvenir qn'ilt y moaraient presque tons U première eniiée de leur MÎsstiice* »
— Et en note^ M. Blanqui ajoute :
— c D'après les caieids de M. Benoiston de Chateaoneuf ^ la mortalité des enfiiDU troovés éUît de 67 p. 100 à Madrid en iSH; de 92 p. 100 à ViesDe en iSii ; dé 19 p. 100 àBmxelles, année moyenne, de 1803 à 1817; à iTkaspicê d€$ mfants trouvé* de Dublin, de 1791 à 1797, sur i%lK enfants^ il en mourut 12,961 en six années. Quelle aoccHEaii ! »
— Et , que prouve cette boucherie ? Que ^ Malthus était digne de la société , au sein de laquelle il vivait ; et, que Ja société^ était digne de Malthus.
Sur 12,785 il en reste 224 en six années ! Y a-t-il une révolution sociale, quelque atroce qu'elle puisse être , qui ne se trouve justifiée devant ce fait ? Répondez donc, conservateurs !
Quant, à Texcès de population ; c'est, une crainte analogue, à celle de voir tomber le soleil. Avant^ que notre globe ait la population qui lui est nécessaire ; il faut des siècles. Et, il y a plus de crainte réelle, de la voir diminuer alors; que, de la voir se trouver en excès. Uais ce n'est pas ici le lieu de traiter cette question ( 1) .
— c GodwÎD , dit M. Blanqni « s'imagina qa*il ne faisait qne tirrr les eonféquenees de leart idées ( de Ronssean et de Condoreet) en proposant la destmclion des gonrerneroents , des religions , de la propriété , do mariage et des institations d*une moindre importaDce qni dérifent de eeUes-là.»
(I) Voyez : Vl^rofiomJepoli/iTife; smÊrce det r/roiufkms, He,, oa cette question est traitée à fond.
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— Certes, nous ne dirons point de cet homme qu'il est un scélérat. De pareilles doctrines ne permettent pas ralternative. Cet homme est un fou ; et, d'ime folie peu dangereuse. Il n'y a, au inonde, qu'une ac%t demie de sciences morales et politiques ; qui puisse s'occuper de pareilles folies. Ce qu'il y a de fâcheux; c'est, que de bonnes choses soient sorties d'une pareille plume.
— «Malheur au pays, dit Godwin, où un homme de la classe da penple ne peut se marier sans avoir la perspectÎTe de perdre sa digBité et son indépendance ! Malheur au pays où, lorsque des revers impréfQs accablent cet homme , on loi crie qu'il n'a nul droit de réclamer des secours qui Faident à se tirer de sa situation difficile! On peut ètm sûr qu'il existe quelque vice dangereux dans Tordre sodal , là' où un tel homme n^aura pas une espérance raisonnable de nourrir sa famille av moyen du travail de ses bras , quoiqu'il ne possédât rien au moment de se marier. »
— Nous le répétons , il est triste : que, de bonnes choses sortent d'une bouche souillée; elles en sont salies. En dehors du lien religieux, répudié par Go* dwin, il n'y a de rationnel que la doctrine de Malthus. Aussi, la doctrine de Malthus est celle des bourgeois, matérialistes par essence ; cette doctrine , ils ne l'avouent point; ils joignent l'hypocrisie à l'irréligion. Mais, elle est dans les faits ; et, il faut fermer les yeux, pour ne point les voir.
— « Un de nos magistrats les plus honorables, dit M. Blanqui (M. Vil* leneuve de Bargemont) , a publié, sous le titre d'économie politique chré* tienne, un manifeste souvent éloquent et toujours sévère contre les doctrines de Malthus. Il les attaque sans doute beaucoup plus en apôtre quVn économiste et en homme d*État. »
908KCE SOCIALE.
Comment, M. Blanqni! quiconque est éconoet homme d'État ne peot réfuter, arec raûoD, ctrines de Haltlius? VoilB Tenei, par ctt aTea, de mner, irrérocablement, au mépris dû à Tigno* fvésomptueuse, ou à Iliorrenr due aux grands mts : tout ce qui, jusqu'à présent, a porté :8oil n d'homme d'État; soit celui d'économiste, and, des théories, aussi atroces que celle de Mal* se présentent ; l'honnête homme instruit , dit : léories sont fausses ; si, je ne puis le démontrer, faut en accuser que mon ignorance. Mais, ce que » science me démontre : que, l'absurde ne peut rai^
Blanqui passe à l'influence des écrivains du dix* me siècle.
iaot^scpieu, dit-il, occupe le premier rm|f . • . . ; et qvoî i|ii*i1 fe soa?ent , quoiqu^il ait partagé à beancoap d'égard! leff préjugés (Milemporaios , nous loi devoflC les premiers a|Krças Traimeal
; hardis Quoi de plus vrai aojoord''bui même que cette
préciation do caractère des impôts : Vimpôi par tête est maturti vUmit ; Vimpôl sur Us wmrekmmdists est plus maiurM à l^ ItbsrU, ^U se rapporte d'une mamère moins directe à la ptrmmne? C'est WM qui a osé dire le premier que Us gouvernements les plus U» iênt aussi les plus chers, a
C'est, avec un vrai plaisir que nous voyons anqui avoir choisi sans hésiter, dans Montes* , to^t ce qu'il y a de meilleur ; nous allions dire :e qti^l y a de bon ; car, c'est à cet auteur que mce doit cette stupide admiration de la souleté des majorités, au sein de la noblesse hérédisouveraineté, que Rousseau a transportée au sein
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des masses ; et, que les bourgeois ont fini par plaeer au sein des possesseurs du capital.
Ainsi, M. Blanqui apjEirouve la doctrine de Montes—^" quieu sur l'impôt. Qtm de plus vrai aujourd'hui mime__^i dit-il, que cette belle appréciation ! Eh bien 1 M. Blanqvis. il n'y a pas d'impôt plus personnel que Fimpôt indirect ;^^ il est personnel comme la \ie ; personnel comme le tra vail ; il tient en effet à la servitude ; aucune liberté n'es possible avec l'impôt personnel, dont l'impôt indirec est l'expression, sans exception aucune. Pourquoi donc^ protéger l'impôt indirect ? De votre aveu , vous êtes donc un promoteur de la servitude? Et, ici, ne cherchez pas à vous disculper par des sophismes. Il n'en est point, de valable, contre une proposition aussi simple : ï impôt persorifiel est une servitude. Dans une société primitive, direz-vous, chacun ne doit-il pas travailler à faire des routef? Dans une société civilisée, chacun ne doit-il pas être soldat? Aussi longtemps, M. Blanqui : qu'une société n'est pas assez riche , pour affranchir les individus de travail personnel pour la société; c*est, qu'elle est encore esclave des obstacles matériels; et, aussi longtemps : qu'une société est encore obligée de rester armée, contre une autre société ; c'est, que toutes deux sont encore : esclaves des obstacles intellectuels; esclaves de l'ignorance. Quand la société est libre^ elle est riche; il n'y a de liberté réefle, que là où il y a richesse : tant matérielle qu'intellectuelle ; et là, il n'y a pas d'impôt personnel.
M. Blanqui avoue aussi : que, les gouvernements les plus libres sont les plus chers. Alors, pourquoi
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toutes ces criailleries bourgeoises, en faveur des gouvemements à bon marché ? Certes, le budget doit dtre doublé ; nul doute à cet égard. Mais , avec le système Ijoorgeois, sur quoi M. Blanqui prendra-l-il le budget, en rendant le peuple libre ; c'est-à-dire : en faisant le bonheur de tous? Ce n*est pas le tout, d'accepter des principes ; il faut, aussi, en accepter les conséquences. Ce n'est pas le tout, de faire une théorie, sur la facette d'un objet qui en a des millions ; il faut : que, la théorie, relative à cette facette, puisse s'accorder avec toutes les autres; sinon : on n'est qu'un utopiste. Une seule faute , dans un système social rationnel ; qui , par essence , ne peut être soutenu que par la raison ; le rend plus mauvais : qu'un système , criblé d'absurdités ; mais, qui peut être soutenu par la force.
Montesquieu, a été un des plus ardents promoteurs : de l'indifférence, en fait de religion ; et, du représentatif nc^Hliaire, moins mauvais, cependant, que le représentatif bourgeois. Montesquieu, a été extrêmement utile : en poussant à l'anarchie, le sachant ou sans le savoir, peu nous importe! Il a été le Bossuet de l'économie poli-tique. Et, ce n'est pas un éloge que nous lui adressons : car, Bossuet est un de ceux qui ont porté les derniers coups au catholicisme ; il lui a été plus nuisible : que. Voltaire et Rousseau.
A propos de Montesquieu, M. Blanqui fait une diatribe contre l'esclavage des nègres. Certes, nous ne sommes point partisan de l'esclavage. Mais, c*est pour cette même raison, que nous blâmons : ces prétendus philanthropes, qui vont s'occuper, sur un autre