‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 4 sur 55 · A SCIENCE 60CUL · texte numérisé non relu

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hémisphère, de maux sur lesquels ils n'ont aucune connaissance ; pour ne point s'occuper : de maux, qui existent chez eux ; de maux, mille fois plus insuppor* tables ; des millions de fois plus nombreux ; et , dont ils sont eux-mêmes la cause. M. Michel Chevalier, collègue de M. Blanqui, a reconnu : que, Tesclavage des nègres est bien moins malheureux ; que, Tesclavage du prolétaire. Et, cela est hors de toute contes^ tation; vis-à-vis de celui qui voudra parler : en homme de bon sens ; et, non en apôtre de la bourgeoisie. M. Blanqui dit ensuite :

— € Qa*6n Montesquieu on y (rinii. jdei trgumdBU pour touttt kl causes. »

— Cela est très-vrai, et prouve : que, Montesquieu n'est pas un économiste véritable. Mais, que M. Blanqui y prenne garde, lui et tous ses collègues I on pourrait les accuser : de n'être, pour notre époque , que la monnaie de Montesquieu.

M. Blanqui passe à Rousseau; et, se plaint, avec raison, de l'incohérence qui règne dans ses idées éco^ nomiques.

— «Que conclure, dit-il, de cet amalgame incohérent de docirinei libérale* jusqu'à Tanarchie, et, comme on dit de nos jours, gouvemetMn" taies jusqu'à Tarbîtraire? Que les Téritables principes de là phtsiologib 80CULB éiaient encore peu connus. »

— Le voilà donc : proféré le mot sacramentel du matérialisme social !1

Il n'y a pas de physiologie sociale, quoiqu'il y ait un corps social, une matière sociale : la richesse*

Il n'y a pas de physiologie sociale : parce que, Tfntdfigence sociale dispose : de la matière sociale.

Si, r&me disposait du corps, pour la santé et la ma^ ladie ; comme, l'intelligence sociale peut disposer de la richesse ; il n'y aurait point de physiologie humaine; il n'y aurait point de vie matérielle, de vie soumise à des lois nécessaires ; la vie se trouverait : sous l'empire de la liberté.

Nous savons : que, la science est piatérialiste ; que, M. Blanqui est savant ; par conséquent, qu'il doit être matérialiste, sous peine d'être assez savant pour démontrer : que, la science qui croit démontrer le lÉa* térialisme, est une fausse science. Mais, oserait-il, en sa qualité d'économiste, avouer qu'il est matérialiste? Et, s'il osait le nier, nous lui demanderions : sur quoi, en $a qualité de savant^ de raisonneur, il s'appuie pour nier (1)?

Nous arrivons à la révolution française.

M. Blanqui a répété mille fois : que , le travail est asservi au capital; que, le peuple est asservi au capital ; qu'il existe une féodalité industrielle ; que , l'ouvrier est attaché à la glèbe de l'atelier; etc. M. Blanqui, à cet égard, est tellement effrayé : qu'il veut aller jusqu'au despotisme chinois; jusqu'au saint-simonisme; qu'il veut mettre des entraves à la production;

(1) M. BlaDqul nous a dit plusieurs fois : qo*il croyait en Dieu • comme un mari croit à la vertu de sa femme.

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qu'il veut faire répartir les produits de la richesse par on ne sait qui, etc., etc. Eh bien, écoutez M. Blanqui ! et souvenons-nous : qu'il a osé accuser Rousseau d'incohérence dans les idées. Pour jeter la première pierre, il faut être innocent. Nous vous jetons la première pierre, M. Blanqui ; prouvez^: que nous sommes coupable !

— c L'immortelle nuit du 4 août 1789 , dit notre économiste , vit te réaliser la plupart de ces changements mémorables. Quelques heures suffirent pour Tabolition des jurandes, de In mainmorte, des droits féodniix,

des privilèges de naissance, des inégalités fiscales Le travail était

Liiai, Us citoyens Vêlaient aussi. »

«— Il y a, dans ce passage, autant d'erreurs que de mots. Avant de les énoncer, disons d'abord : que, la noblesse ne consentit à émanciper les bourgeois, qu'après le 14 juillet; et, que jamais les bourgeois ne consentiront à émanciper les prolétaires : qu'après un autre 14 juillet. L'ignorance ne cède qu'a la force.

L'abolition des privilèges de naissance 1 dit M. Blanqui.

Les privilèges de naissance sont-ils abolis :

Aussi longtemps : que, le sol est aliéné ?

Aussi longtemps : que, la richesse intellectuelle n'est point également répartie, par l'éducation et l'instruction ?

Les inégalités fiscales sont-elles abolies : aussi longtemps que l'impôt pèse sur le travail; aussi longtemps qu'il est personnel? pour s'exprimer comme Montesquieu.

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pi Enliu, les citoyens sont-ils libres : lorsque, de l'aveu de M. Blanqui, sept sur huit ont'les fers aux pieds?

La nuit du 4 ao6t a fait passer, dans la loi, la domination du capital ; domination qui , depuis longtemps , se trouvait déjà dans les faits ; et , Texploitalion, qui auparavant pesait encore sur le bourgeois et sur le prolétaire, a été rejetée tout entière sur le prolétaire : la noblesse et le bourgeoisisme étant devenus : un.

Pendant le cours de ce chapitre, M. Blanqui répète dix fois : que, par la révolution de 1789 , le travail a été affranchi. Et dans le même chapitre il dit :

— « L*égtlilé devant la loi cesse d*ètre une vérité quand on voit les tra\ailleun de tout ordre déjà IributaireSy du capital pour le salaiib^ le devenir encore pour la consommation, »

— Après de pareilles contradictions , il n'y pas ici de juste mtVieu; il faut accuser M. Blanqui : d'ignorance ou de mauvaise foi. Eh bien! nous n'accuserons point M. Blanqui de mauvaise foi. Nous en voudrart-il?

M. Blanqui est un sceptique en ordre social ; il dit : tantôt blanc, tantôt noir, selon que l'empirisme rationnel ou le bourgeoisisme , le sens commun ou le préjugé, le portent à droite ou à gauche. C'est un pilote, sans gouvernail ni boussole , au milieu de la mer sociale. Il ne sait où aller; et, ne peut aller nulle part. Dans ce cas, il ferait mieux : de s'asseoir au fond de sa nacelle et de prier Dieu, s'il y croit; de

se reposer sur la justice éternelle, s'il croit à l'ordre moral ; ou , de se jeter à l'eau , pour s'éviter les angoisses, s'il ne croit à rien et ne sait rien.

Arrêtons-nous, un instant, sur le mot salaire. Tous m>8 libéraux , tous nos radicaux veulent abolir le sa-

^. laîre. On croit entendre les grenouilles, s'égosillant pour demander un roi. Est-ce donc, au dix-neuvième siècle, qu'il est possible de voir : ceux qui se prétendent les plus avancés dans la science, énoncer de pareilles turpitudes ? Quelle différence y a-t-il : entre ceux qui veulent abolir le salaire ; et , ceux qui veulent abolir la propriété ? Abolir le salaire, c'est abolir le travail, c'est abolir l'humanité. Est-ce que le roi n'est pas salarié? Est-ce que le président des États-Unis, n'est

*" pas salarié ? Non , disent ces adorables raisonneurs, ils sont rétribués pour des fonctions. Et, celui qui portera votre femme ou vos enfants pour passer une rivière , sera-t-il salarié si vous le payez ?, — Non, il aura rempli une fonction. — Et, c'est une pareille logomachie qui est admirée ! Il faut, en vérité ; que, la folie soit épidémique, comme le choléra. Seigneur 1 pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font !

— c D«ns Tétat actuel de la législation, dit M. Blanqui, nulle garantie ne protège le travail dam tes relations avec la richesse qui le salarie; nulle garantie n'assure au salarié la libre disposition de son salaire. Ia prix du travail tend sans cesse à baisser et celui des consommations à la hausse, parce que l'un et l'autre sont réellement fixés par une seule des parties contrcKtantes. »

— Bravo! M. Blanqui, bravissimol Jamais volrc Académie n'aura le courage d'en dire autant* Ce pas-

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sage, seul, vous met au-dessus de la foule. JPdtiifiÉlbî donc y rentrez-vous aussi souvent? Mais, ce n!i|ft':^ il jttat d'accuser le mal ; il faut dire le remède. Sinon : Yoa8 n'êtes qu'un anarchiste, un révolutionnaire. Pen- Beriez^vous, comme nous, que l'anarchie est néce8«> saire ? qu'il est inutile de dire la vérité, à des gens qui, étant fous , ne pourraient l'entendre ? et , qu'il serait nuisible de. prostituer la vérité : en jetant des perles devant des pourceaux ? Alors , osez le dire 1

Au même feuillet, où M. Blanqui énonce des profR)* sitions aussi dignes de louanges , nous en trouvons d'autres : dignes, de tout autant de blâme.

-^ «Quand In commune de Paris, dit M. Blanqui, venait solliciter à la Con?ention nationale rétablissement du maximum, son président disait :

« Il s'agit de la classe indigente, pour laquelle le législateur n'a rien fait quand iln*apas tout fait. Qu'on n*objecte pas le droit de propriété. Le droit de propriété ne peut être le droit d'affamer ses concHoyens.

ÉFlUtTS DK LA TIRAI ^ COMMl l'aIR , APPAETIEIÎinUIT A TOUS LES MMS, »

*— 11 paraît : que, M. Blanqui condamne ces pro'» positions, en elles-mêmes : et, eu dehors du maxi<^ mum; car, il ajoute :

-^ « Marat avait été beaucoup plus loin^ et nous pourrions citer des tiACivATioffs SEMBLABLES de Cet énergumèiie. »

— Disons d'abord : que, tout maximum, est une mesure injuste : que, le despotisme, qui ne peut exister que par des injustices, est quelquefois forcé d'employer, pour prédominer l'anarchie. Cela dit, pour fermer la bouche aux sophistes de mauvaise foi , revenons à notre économiste*

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Vous croyez donc, M. Blanqui : que, le droit de propriété est celui d'affamer ses concitoyens ? C'est ce qui a été jusqu'à présent, cela est vrai. Mais, cvoytàir vous : que, votre phrase soit une justification de la propriété? Quel est, le plus anarchiste; quel est, celui qui porte les plus effroyables attentats aux droits de propriété; de vous, qui affirmez : que, c'est le droit d'affamer ses concitoyens; et, traitez d'énergumènes ceux qui nient cette monstrueuse proposition ; ou de "Yiôus, qui affirmons : que la propriété est le sine quâ non d'existence sociale ; mais , que la propriété doit actuellement, être organisée de manière : à ce que, non-seulement il n'y ait personne d'affamé ; mais encore, que chacun ait autant de bien-être, qu'il est possible d'en avoir ?

Vous nommez énergumène, celui qui affirme : que, le sol est comme l'air, qu'il appartient à tous, sauf Iw exceptions relatives aux nécessités sociales. Alors, vous*même êtes un énergumène. Vous avez formellement approuvé le maréchal de Vauban pour avoir dit : que, le sel doit être commun parce qu'il est une manne céleste^ un bienfait de Dieu. Est-ce que le sol, dont le sel provient, est un don que le diable ait fait aux bourgeois? Pardonnez-nous ce style, M. Blanqiii. Vous le savez : Facit indignatio versus. Et, quelquefois, on est poëte malgré soi. Soyons calme ! M. Blanqui blâme le président de la commune de Paris ; et, trouve des excuses pour Malthus. S'il y a une différence, entre ce président et Malthus; clic est en faveur du premier. Mais, le président était un ennemi empirique

de la bourgeoisie ; et, Malthus en était le défenseur. Voilà pourquoi , empiriquement, TA. Blanqui préfère Malthus au président (1).

— « Il était, continue M. BUnqui, réservé à Babeuf de reochérir mr cet doctriaes, et de prêcher oofertemeot la loi agraire, l'aboli lion de la propriété et rinsurection pennaDenle des pauires contre les ricbet. Mais ces témérilés n*ont eu d^aulres résultais que d'éloigner pour longtemps les meilleurs esprits de toute spéculation sociale, tant ils ont craiot de se voir confondus avec les démagogues CDrcenés de l*école aavckique. » '

— Certes , Babeuf était loin de la vérité ; presque aussi loin que M. Blanqui. Seulement^ nous nous étonnons que Babeuf et M. Blanqui n'aient pas vu : que, la loi agraire , est sans autre valeur réelle que celle de consécration de la propriété; et, qu'abolition de la propriété et loi agraire : sont absolument incompatibles. La loi agraire, d ailleurs, n'était que le partage^ aux citoyens, des biens appartenant à la communauté ; et, non (le ceux appartenant aux individus. Et, si mC*îne on entendait, par loi agraire, ce dernier partage: ce partage serait injuste ; et, qui plus est inutile. Mais, ce ne serait pas plus injuste: que, l'abolition des dettes particulières,

(1) L'Académie, di*s sciences morales, et politiques ne fle\ rait pas tant crier contre le maximum. Elle oublie donc : que, l'invention en est due à son idole chérie, au divin l'iaton.

" Si Ton vcmlait, ou si Ton aihelaît un*' chr>s.? en pbi\ tjrn„'ip quaniHé " etpfttf thtr qu*il n'est marqué par la loi, qui a sp^ifié ju$ifuffu on '^ peut jKft' fer ou baisser le prix des mnrchamlisf^^ tout perintf.fre ' (VaUer nu delà, on inscrira le surplus chez le canlieii de-% lois, et on ' effacera xe qui manque au juste prix. >

Platoji, A//i.f, liv.VHI.

Platon est aussi rinvenleurdc la censure; et, de rinqui>ition «anclionnôe : par la mort, la privation de sépulture, etc.

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