IV
50 SCIEKCE BOClktE.
que celle qui laisse, à ce que ces Messieurs appeQent hasard, le soin de la faire naître.
— > <c ... à ceux qai lai échappent, cootiaoe Gondillac, qie, tôt on tafd, il lierait ces cris avec les lentiments qu^ils doivent exprimer. Les ours ne peuvent lai fournir les mêmes occasions; leurs mugîtseiBarii n'ont pas asscK d'analogie avec la voix humaine. »
— Du moment, qu'il s'agit d'analogie ou de plus et de moins, le mugissement de l'ours peut ressembler au roucoulement de la colombe. Ce n'est point l'analogie, qui fait inventer le langage ; mais, l'identité. Du moulent , que deux sensibilités sont en contact, ayant chacune une mémoire organique, un centre nerveux, et des besoins physiologiques, qui sont analogues par essence; le langage doit se développer. Si, un ours et un homme vivaient nécessairement ensemble; que, les organismes ne les séparassent point; et , que tous les deux fussent des êtres sensibles ; le langage naîtrait, nécessairement, de ce contact nécessaire.
— A Par le commerce que les animaux ont ensemble , continue Cosdillac, ils attachent vraisemblublemenl à leurs cris les perceptions dont ils sont les signes... »
— Voilà , les animaux qui parlent. Il n'y a pas ^ doute : que, si une girouette attachait, à chaque vent, une signification particuHère; elle parlerait.
^— a ... ce que cet enfant ne saarait faire, continue Gondillac. AioR, pour se conduire d'après l'impression des cris naturels, lis ont des sfr* cours qu'il ne peut avoir, et il y a appareace que l'attention, la réminisconce et l'imagination ont chez eux plus d'exercice que cher. lui. »
SC1B5GB 80CIALB. 51
— - Ainsi, lorsque deux bètes soot ensemUe, leon âmes se trouYent d'une nature supérieure à Tâme de rhomme isolé ? Quel gâchis !
— c Mais , continae CondilUc , c*est là à quoi se bornent toales les opérations de leur àme.
.« Locke, lif. 11, ch. ii, § 10 et il (1), remarque STec raison que les bétes ne peuvent point former d'abstraction, m
— Pour quelqu'im qui raisonnerait juste, ce serait dire : que, les bètes sont incapables de verbe; ou, ce qui alors revient au même, sont incapables de sensibilité. Sentir^ dans le temps, c'est abstraire. C'est, abstraire la sensation du moment, pour la comparer à celle d'un autre moment. Le temps n'existe : qu'à ce prix.
— a II leur refuse en conséquence , continue Gondillac , la puissance de raisonner sur des idées générales. »
— n n'y a pas d'idée générale qui ne soit particulière, pas d'idée particulière qui ne soit générale. La généralisation et la particularisalion des idées sont relatives au point de vue. Il en est pour les idées comme pour les êtres, lorsque la distinction absolue des règnes n'est plus admise. Alors, tout est animal; et, rien n'est animal. Le tout dépend : du point de vue.
— «r Mais il regarde comme évident, continue Gondillac, qu'elles raisonnent sur des Idées particulières. Si le philosophe avait vu qu'on ne peut réfléchir qu autant qu*on a Tusage des signes d'institution , il aurait reconnu que les bètes sont absolument incapables de raisonnement. »
(I) Ce qai suit est une note de Gondillac.
— Et, pourquoi donc s'il vous plaît? Sentir c'est raisonner. Vous dites : qu'elles sentent ; et, vous allez dire : qu'elles paraissent raisonner. Où donc peut on reconnaître : qu'elles ne raisonnent point? Elles n'ont point de signes d'institution, dites-vous; et, vous app^ lez raisonner : avoir l'usage de ces signes. Très-bien! Mais, pourquoi n'ont-elles pas cet usage? Parce que, leur âme est inférieure à la nôtre, dites-vous encore. Alors, si vous faites l'âme immatérielle et non la résultante de l'organisme, vous dit es une absurdité : puisque, des âmes de deux espèces sont absurdes. Vous allez dire : que, les bêtes paraissent raisonner et ne raisonnent pas. Pourquoi ne pas dire : qu'elles paraissent sentir et ne sentent pas ? L'un est-il plus difficile que l'autre? Il est plus, contre le bon sens de sentir sans raisonner ; que, de paraître raisonner sans sentir. Un automate joueur d'échecs paraît raisonner. Qui diable a jamais dit : que, cet automate avait mal à la tète? Il n'y a qu'une manière de sortir de cette dispute d'enfants ; c'est, de prouver : que, les bêtes ne sentent point; ou, de dire: que, l'âme des bêtes, comme 1 ame des hommes, comme l'âme des laitues, ne sont : que, des résultantes d'organisme.
— Il Et que par conséquent, continue Gond i 11 ac, leurs actions qui paraissent raisonnées ne sont que les eiTels d'une imagination... »
— Et, pourquoi ne voulez-vous pas : que, ce quevoos appelez imagination, soit un pur organisme ? Si, les animaux sentent; les hommes sont do purs organismes.
Quelles difficultés trouf ez-voos doue. aion. â et ç»- et purs organismes se conservent : dans ce qo» ee^ sieurs appellent le temps et l'e^iace ? Haû. Vh-j sent, direz-Tous. Cela, nous lesaTocs.Has. dzi =»s?rs^ que TOUS admettez la possibilité de se cocs^rv*^ *^z& raisonner; la sensibilité n'est plos : qp^'z:^ â^rmjt roue à un carrosse. Pour la conservaûîrs ^es esfM» des attractions et des répulsions, sans ii:i:si.^'Jt ^ h\c^' plus utiles : que, de la sensibilité, sans aUrac£î«& £i répulsion. Mais, les bêtes paraissent sentir. diic^TM». Toujours très-bien. Mais, tous con^eDez aofcs. qa'e&:« paraissent raisonner. Vous voyez donc Inra : qv. V paraître n*est que pour les sots.
— « ... dont difs me pemest di«p>»<€r. • oir.i:vtJt Civid^:*'
— Ici finit la note, et le texte reprend
— « Pnifqof, continue CondilUc, les Ikosk^ wt fervent *€ '.u:t i^f signes qu*aolant qo*ils vivent eofeinbîe, c'e*t =3e C4ft««ifs»«r^ «r^ > 'i«i«4« de leurs idées, quand Icar esprit conuneoee i s< îvnsitr,.. *
— A se former? Celte expression esW:île aés^zm-i' térialiste î
— « ... est uniquement, continoe CondilUr, dtns «eur u^mm^t**: réciproque. Je dis quand leur esyrii coMmeace a «e former, parce qa'il est évident que lorsqu'il a fait de* progrès, il connaît l'art d<^ •« f4ire de% signes, et peut acquérir des idées sans aocon secours étranger. •
— Cela signifie*t-il : qu'un homme qui sait parler, peut avoir l'idée d'un animal qu'iUoit pour la premièro
est éveillé; à celui de Tattention, qui a?ait lieu toutes les fois qee quelques perceptions les affectaient d'une manière plus particulière; icdn de la réminiscence, quand des circonstances qui les avaient frappa k représentaient à eux avant que les liaisons qu^elles avaient forméei e» sent été détruites, et à un exercice fort peu étendu de Timagination. i
— Vous VOUS répétez. Nous devons donc nous répéter aussi. Percevoir: c'est sentir dans le temps, c'est raisonner ; avoir conscience : c'est exister dans le temps c'est raisonner. Être attentif: c'est raisonner; et, se rappeler : que, l'on a existé avant le moment présâit, c'est encore raisonner ; et, rien de tout cela n'a liea avant le verbe.
— « La perception d'un besoin, » continue Gondillac...
— Avant le verbe : il n'y a ni perception ni besoin. Le besoin est encore relatif au raisonnement. Ce n'est qu'au figuré qu'on dit : qu'une terre a besoinde famier, ou, que l'homme a besoin de respirer.
— « ... se liait par exemple, continue Gondillac , avec celle de ïéf^ qui avait servi à le soulager, d
— C'est, comme si vous disiez : qu'une plante, existant dans une cave, a perçu le besoin de lumière; et, que ce besoin s'est lié : avec le soupirail.
— « Mais , continue Gondillac , ces sortes de liaisons , formées ptf hasard et n'étant pas entretenues par la réflexion , ne subsistaient p<* longtemps. Un jour \é sentiment de la faim... »
— Avant le verbe, il n'y a pas de sentiment de
SCIENCE SOCIâLD. 57
faim ; il y a faim, attraction vers udc nourriture. Les* sentiments n'oiit d'existence : que, dans le temps.
— «... rappelait à ces enfants , continae Condillac , un arbre charge de fruits...»
— C'est coDune si vous disiez : que, le vent du soupirail rappelle la lumière à la plante. Avant le verbe, il n'y a pas de rappel proprement dit. Quand on passe ainsi continuellement du propre au figuré et vice versa^ ou ne peut produire : que, des ténèbres.
— c ... ^*il8 avaient ?u la veille , continue Condillac; le lendemain cet arbre était oublié... »
— Autre emploi du figuré pris pour le propre. Pour oublier, il faut avoir une mémoire; et, vous même dites : qu'avant le verbe, il n'y en a pas. Vous voulez dire : que, l'impression cérébrale de Tarbre; et, la liaison de cette impression avec la faim; s'est détruite du jour au lendemain. C'est possible, cela dépend des organisations. Mais, l'âmen'a que faire dans ce fonctionnement organique.
— «... et le même sentiment, continue Condillac , leur rappelait un autre objet. Ainsi, l'exercice de leur imagination n'était point en leur pouvoir... »
— Dites : l'exercice de leur cerveau n'était point en leur pouvoir. En effet , le pouvoir est relatif au temps; et, avant le verbe, il n'y a pas de temps.
— «... il n'était que TefiTet des iârconstances où ils se trouvaiMl, t contioae Condillac.
a Quand ils vécurent ensenble... »
— Quand ils vécurent ensemble , dites-vous ; et, là-dessus vous ne faites pas la moindre observation. D'abord, ces deux enfants ne se sont jamais vus et n'avaient vu personne avant d'être abandonnés daog le désert ; sinon, ils possédaient le verbe. Les vo3à donc qu'ils se rencontrent avant d'être nubiles. Reiteront-ils ensemble pour se prêter secours, ce gai, selon vous, est nécessaire pour que le verbe se développe ? 11 y a mille à parier contre \xa pour la négative. S'ils trouvent un fruit, ils se battront pour l'avoir; et, k plus faible sera tué mille fois, s'il s'obstine à jpester près du plus foirt. En dehors de la famille, rbomme est insociable par essence ; il l'est plus encore en dehors de la raison . Alors, les coups seuls peuvent le soimiettre; et les coups, dans une vue d^ordre social, ae peuvent se donner : que, par la raison. Sœriez de là, il n'y a : que, les calembredaines, énoncées au dix4ifliiième siècle, par les sentimentalistes admirateurs deb nature. Le christianisme est bien plus raisonnable, il vous dit : que, la nature ou la chair, ou l'organisme, c'est le diable ; et, il dit vraL
— «... ils eurent occasion , continue Condillac , de donner pins d^éxercice à ces premières opérations , parce que leur commerce réci* proque.M »
— Commerce réciproque 1 Avant le verii>e I Alors
— « ... avec cet signesy continue Gondillac, ils furent en état de se les rappeler à leur gré. »
— C'est faux. La facilité de se rappeler les signes tient au cerveau , à la mémoire qui existe avant le verbe. Avant le verbe, la mémoire est purement organique ; après le verbe, après que l'âme y a placé des signes, la mémoire devient intellectuelle. 11 faut être fou pour affirmer : qu'un chien n'a pas de mémoire, organiquement parlant. Une tourmaline, qui n'a pas de centre nerveux, a de la mémoire dans tous ses atomes constituants. Elle reste sensible^ pendant trente ou quarante jours, lorsqu'elle a été élec irisée. Que d'âmes il doit y avoir : dans une tourmaline, grosse comme le petit doigt !
— ir Leur mémoire commença, continue Condillac, à avoir quelque exercice. »
— Une mémoire n'a pas plus d'exercice qu'une roue de moulin. C'est l'âme qui, par le verbe, ou mieux au moyen du verbe, commence à avoir de l'exercice. Auparavant, elle n'en avait pas. Userait joli de voir de l'exercice : dans l'éternité !
— « lia purent, continué C4ondillac, disposer eux-mêmes de leur imagination... »
— Quelle expression! Auparavant c'étaient les pierres qui en disposaient. Toujours confusion du propre el
du figuré.
— Et tout cela, avant le verbe ! Voyez-vous les bon- |nés pâtes d'enfants!
— a Dès ce moment, poursuit Condillac, il se sent intéressé...»
— Voyez- vous : cet intérêt avant le verbe? Si, on raisonnait avant le verbe, son intérêt présent serait de Tétrangler. Du reste au lieu de deux enfants , mettcï un enfant et un jeune singe de l'espèce la plus rapprochée de rhomme. Tout ce que vous venez de dire pourra avoir lieu. L'homme inventera-t-il le langage ? Mêliez un orang-outang femelle et supposez : qu'ils aient des mulets ; puis supposez encore : que, l'âme des mulets soit de Te^pèce de la mère; inventeront-ils le langage? Quand on n'a à donner : que, de pareilles explications; on ferait mieux de se taire.
— «... a le soulager, continue Condillac, et il obéit à celte impren sion autant qu'il est en son pouvoir. »
— Voilà encore les mots obéir et pouvoir : emplojés au figuré, pris pour le propre. Avant le verbe, il d\ a : ni obéissance, ni pouvoir.
— « Ainsi par le seul instinct, continue Condillac, les hommes se demandaient et se prêtaient des secours. »
— Il n'y a pas de secours avant le verbe. Il y a des faits et non des raisons ; et, quand même les faits se* raient comme vous le dites, ce qui n'est pas; ce n'est pas ainsi : que, le langage se développe.
SCIENCE SOCIALE. 6f
— 9 Je dis^ continue Gondillac, par le seul instinct.,. »
— Si, le seul instinct ou l'organisme peut conserver les animaux, pourquoi voulez-vous y joindre une sensibilité réelle, qui n'est utile qu'au raisonnement? En dehors du raisonnement, la sensibilité ne sert à rinstinct: que, comme une cinquième roue à un carrosse.
— « ... caria réflexion, poursuit Coudillac, n*y pouvait encore avoir part. L\in ne disait pas : Il faut m' agiter de telle manière pour lui faire ctmnailre ce qui m'est nécessaire, et pour l'engager à me secourir ; ni l'antre : Je vois à ses mouvements qu'il veut telle chose, je vais lui en donner la jouissance ; mais tous deux agissaient en conséquence du besoin qui les prcjfait davantage. »
— Soit : passons là-dessus. Jusque-là, il n'y a pas de langage.
— « Cependant , continue Condillac , les mêmes circonstances ne parent se répéter souvent sans qu'ils ne s'accoutumassent eniin à attacher aux cris des passions et aux différentes actions du corps des perceptions qui y étaient exprimées d'une manière si sensible. »
— Que signifie ce galimatias? Attacher des perceptions aux cris des passions ! Ici, le mot attacher est actif; et, avant les signes, avant le temps il n'y a pas d'activité réelle. Les premiers signes, la première idée, la première volonté doivent coexister. Le passage de l'éternité au temps doit être clair. Le premier signe ne peut appartenir aux passions, aux modificalions. Il faut
un ours qui n'y était plus, il fallait que son canuMfc comprît : que Tours y était encore; ou plutôt : ifMt^k danger y était encore. Les cris de l'iastinot., 46 r«§inisme, peuvent passer dans le langage ; mais, qiaad A restent isolés ils sont pris pour folie. Si Pierre A: Aye! Jean lui demandera : Qu'as-tu? Et, si Pierre nedit rienqu'aye, Jean devra en conclure : que, Pierre est foa. Le langage d'action, pris dans le sens de Condillac, ne peut conduire : qu'à Charenton. Et, d'où vient cette folie condillacienne? De s'imaginer, avec le dix-huitième siècle, qu'il faut des siècles : pour développer le raisin* nement. Ces Messieurs vous parlent de peuplades oà l'on ne compte que jusqu'à trois. D'abord est-ce vrai? 11 y a des milliers à parier contre un : que, c'est ûun. Ensuite, admettez le fait; il faudrait ensuite en chercher la cause. 11 y a des peuplades, abruties par dei usages qui, pour ainsi dire, paralysent la mémoire; comme, par exemple, d'aplatir la boîte osseuse dace^ veau% Quîmd on veut étudier la physiologie, il ne tat point aller se placer : dans un cabinet de pathologie.
— a L'usage de ces signes, continue Condiilac, étendit peu à fsi Texercice des opérations de rame... »>
— Dites donc l'exercice de l'âme. Le raisonnemeit est l'exerciee de l'âme ; le reste, est le fonctionnemeolj de la bête.
— « ... et à leur tour, continue Condillnc, celles-ci, ayant plusd' cice... »
— Des opérations qui ont de l'exercice ! qui pe^fe^i
et
! tout eda est déplorable. Et le tout: pour, ne pas Touloir parler comme tout le monde. Encore une fois, rhooQUDie raisonne et ne fait rien autre ; vouloir même est encore raisonner ; hors le raisonnement, l'homme n'eiiste plus ; il n'y a que la bête. ^
— c ... perfectionnèrent les si^es, » continue Gondillac...
— Les signes sont bons ou mauvais. Jusqu'à ce qu'ils puissent être parfaitement déterminés et non absmtles, ils sont mauvais. En dehors des mathématiques, il n'y en a pas encore un seul de bon ; et, en physique, ils ne peuvent jamais être bons. Tâchez donc d'avoir du bleu ou du blanc ou du noir! Alors, la bonté du raisonnement consiste à savoir : qu'en physique, il ne peut y avoir de signes précis.
— « ... et en rendirent Tusage plus familier, continue Condillac. Notre expérience prouve que ces deux choses s'aident mutuellement. »
— Comment ces deux choses ! L'exercice des opérations de l'âme, c'est le raisonnement ou l'exercice de r&me ; et, l'usage des signes : c'est encore le raisonnement ou l'exercice de l'âme. A'ous vous imaginez donc : qu'on a raisonné, de mieux en mieux, depuis l'origine de l'humanité. C'est une grande erreur; on a raisonné de pire en pire. Et certes, on vous doit beaucoup : dans cette marche vers le pire. Vous avez, considérablement, aidé au matérialisme ; qui est la source de l'anarchie actuelle.
ty.
68 é^ SCIENCE SOCIALE.
— « Avant , continae Gondillac , qu'on eût troirré les signes ûptbriqnes... »
— Qu'est-ce que vous nous chantez encore li? Les ^signes algébriques ne sont pas des signes propiement dits, c'est une écriture. 3, 4, -»-, — , etc., ne sont pas des signes ; mais, des abréviations et des expressions de signes. Les signes réels sont : trois, qoir tre, plus et moins. Essayez donc de faire de rarithmétique ou de l'algèbre avec des 3 , des 4, des +, des — , etc., sans y attacher de valeur? L'algèbre a été, pour les mathématiques, ce que l'écriture a âé: pour la physique et la morale. Croyez-vous, qu'tntf l'écriture, il eût été possible : d'avoir le code NapoléoD? Quand vous aurez, en physique et en morale, des signai aussi bien déterminés, en tant que parole, qu'ils le sont en mathématiques ; vous raisonnerez, avec plus de facilité et autant de certitude : qu'en mathématiques.
-*«... les opérations de Tàme, continue Coudilllac , aTaient asiei d'exercice pour en amener Tinvenlion ; q^ais ce n'est que depuis Vns^t de ces signes qu^elles en ont eu assei. »
— Ne dirait-on pas : que, c'est le seul exercice qm fait arriver au but. Tournez donc, sur vous-même, an milieu de votre chambre, pendant un siècle, pourToir si vous arriverez à la porte ; ou, marchez jusqu'à lafin du monde, sur une ligne droite indéfinie, pour voir si vous arriverez à l'autre bout. Si, le point de départ est faux ; ou, si la méthode de raisonnement est mauvaise; plus vous raisonnerez ; et, pins vous déraisonnerez.
nisme : on sait que un est un, la première fois comme la millième ; et, quand on s'habitue aux bonnes actions ; ce n'est point l'âme qui s'y habitue; c'est, le cerveau. Le mérite consiste : à avoir ployé le cerveau , à cette bahitude.
— « ... à ces signet, continue Gondillac, les sentiments que l'autre éprannit dans le moment; ensuite ils 8*en servirent pour communiquer lo sentiments quils avaient éprouvés. »
— Et cela : sans grammaire, sans distinction du présent, du passé, du futur ? Allons donc ! vous nous contez des sornettes.
^ « Celui par exemple, continue Condillac, qui voyait un lieu où il mit été effrayé... »
— Celui qui voyait ce lieu : ou, n'éprouvait qu'une ^pulsion organique, sans rapport au temps ; ou bien, il tisonnait. S'il raisonnait, c'était avec des signes quel- Conques. Et, ces signes : il pouvait les manifester au dehors; comme, il les assemblait au dedans. Voilà, les Sottises où conduit l'expression : langage d'action. Arti* culer des sons, est un langage d'action ; comme, articuler ses doigts. Dès lors, le mot action est une cheville insupportable.
— «... imitait^ continue Gondillac^ les cris et les mouvements qai étaient les signes de la frayeur , pour avertir Tautre de ne pas s'eiposer %a danger qu*il avait couru. »
— Et, si l'autre avait vu, il y a huit jours, un lion ou