IV
82 SCIENCE 80GULE.
l'existence de rhumanité. Quand, les décisions d&k force deviennent insuffisantes ; c'est alors : que, l'expression de la bonne raison devient nécessaire ; c'ot alors : qu'elle est cherchée, trouvée, et socialement inculquée à chacun ; pour, que chacun la soutienoe : dans son propre intérêt.
Vous venez de convenir : que^ la société est encore dans l'ignorance de la nature de l'homme. Conrenei donc : que, tout ce que vous allez dire, et qui n'aura point , pour résultai, de faû*e connaître cette nataue d'une manière incontestable ; ne sera : que du bavardage.
— a C'est donc de celte même nature de Thomme, continue Rouiieiii, (le sa constitution et de son état, qu^il faut déduire les principes de cette science. »
— Ainsi, tous ces Messieurs ont déduit des principes : d'une chose, dont fls n'avaient aucune idée! Voilà, une science bien établie.
— « Ce a'est point sans surprise et sans scandale , poursuit Rousienu qu'on remarque le peu d*accord qui règne sur cette importante oMliifi entre les divers auteurs qui en ont traité. Parmi les plus graves écrinios, i peine en trouvc-(-on deux qui soient du même avis sur ce point •
— Cela seul devrait prouver : qu'il n'y a encore que des sots, qui. aient traité de cette matière. Quiconque n'est pas un sot dit : je ne sais pas. Sinon il dit : j€ sais; et, alors il prouve. S'il prouve mal, il prouve: qu'il n'est qu'un sot.
MUENGS SOCIALE. 83
. — « Sans parler des anciens philosophes, continue Rousseau^ qui semblent avoir pris à tâche de se contredire entre eni sur les principes les plus fondamentaux , les jurisconsultes romains assujettissent indifférem* ment rhomme et tous les autres animaux à la même loi naturelle, parce ^'iJf considèrent plutôt sous ce nom la loi ^e la nature s'impose à (3le-même, que ce qu^elle prescrit, ou plutôt à cause de l'acception particnlière selon laquelle ces jurisconsultes entendent le mot loi, qn^ils semblent n'avoir pris en cette occasion que pour l'expression des rapports généraux établis parla nature... ».
— Et, quelle est donc cette femme, qui s'appelle natiure ; et, qui a tout fait? Est-ce la femelle de cet autre être , qui a aussi tout fait? Quand donc la folie cessera-t-elle d'être endémique : à notre globe ?
— « :.. établis par la nature , continue Rousseau , entre tous les êtres animés pour leur commune conservation. »
— Et, pourquoi donc entre les êtres animés ; et, non point , entre tous les êtres phénoménaux ? Avez-vous une. mesure pour distinguer : les êtres animés deoeux qui ne le sont point ? Quand loi iiaturelh signifie autre chose : que, loi de la matière, loi de l'ordre physique ; cette expression n'est qu'une sottise . propre, à amuser les sots.
— «I Les modernes, continue Rousseau, ne reconnaissant, sous le nom de loi, qu'une règle prescrite à un être moral, c'est-à-dire intelligent, libre... »
— Rousseau connaissait peut-être des êtres intelligents, qui n'étaient pas libres ! L'intelligence suppose le verbe ; et partout où il y a verbe, il y a liberté. L'intelligence est réelle ou apparente. La liberté est réelle
84 SCIENCE SOCIÂUB*
OU apparente. Quand l'intelligence est-elle réeUe? quand la liberté est-elle réelle ? Question.
— «... et, continae Rousseaa, considéré dans ses rapports avec d'autres êtres... »
— Et , les êtres I y en a-t-il d'apparents ; et, y en a-t-il de réels? Que voulez-vous dire, avant de les avoir distingués ; si ce n'est : bavarder?
— « ... bornent conséqnemment, continue Rousseau, an seul aninil doué de raison, c^est-à-dire l'homme... »
— Admirez ces Messieurs I Quand vous leur demandez, ce que c'est que l'homme, ils vous disent : c'est un animal doué de raison; et, quand vous leur demandez: ce que c'est qu'un animal doué de raison, ils vous disent : c'est un homme. Demandez-leur ensuite: si, le chimpansé est doué de raison ; ils vous répondront : 0U| qu'ils n'en savent rien; ou, affirmativement. Et, ainsi: ou ils avouent, qu'ils ne savent ce qu'ils disent ; ou ils avouent, qu'une bûche est un homme.
— « ... la compétence, continue Rousseau, de la loi naturelle. ■
— Vous voyez bien : que, de toute manière, lacoDDipétence de la loi naturelle, arrive toujours à la bûche.
— « Mais^ continue Rousseau, définissant cette loi chacun à sa modet Is rétablirent tous sur des principes si métaphysiques...
— Qu'est-ce que c'est que des principes métaphy-
SCfUICB 80CULB. 95
riqoes ? Et, surtout, qu'est-ce que des principes si métiq)hy8iqne8 ? Les principes métapfa jsiqocs ont donc : du plus et du moins ? Toujours : parier pour ne rieo dire.
— « ... q^'il j a, mène paraû bo«s, etalnae liMKae , iiim gens en état de coopreaiire cet prisâpes-.. »
— Dites donc personne ; puisque, tous eooreoez : qu'il n'y a pas, à cet égard, deux indiridoi qatmfi^M d'accord .
— « ... loin de posYoir , coBliaae Utmmttm , Ica frft*T De aorte que tootes lef défimtîoBS de ces injaÉi kg mu» «I^mAmt» «i perpétoelle eootradîcticMi eatre eUet, f'accaaénl levIiaMl «• ««a» fiTi est impoMÎble d^ealepdre b Ui de
— Et, c'est précisément, en cela qo^elleff ^nt t//utes raison; parce qu'on ne peut entendre que ce qui fooi^ % et, une loi ne parle pas. Une loi est Umymn lexpr^^ sion, vraie ou fausse, d*un ordre, bon ou n%^x\^^ reconnu par quelqu'un : capable de hffxpnu$tr.
— «... et par coBséqoeat d'j «FLéir, e/MbtÎMM; K«t(»i««Hi. mm W% mi tilt giapd raisoBnenr et nm prvf^&d mtèUjA^wsiii» ; ot ^ m^^aiIm; ff^ cisément que les bofluses obI de tm%^w ymr T^ii'àvêtm^nA d« la m»» âété des lumières qai se se drveUf/p«st qa'irvti? Immim^p d« ff^àâ^^'H poar fort peo de (eas, dtss le «cm et U tobéU Mèaafr,
• Cooiubsaot fi pea U Mtore , et s'aceardaal h mal ««r Se «^«t da mot loi, il serait biea difficfle de eomnitr d'we Umc ^hmû^ de b toatiirelle. >
— On peut convenir d'une mauvaise définition ; oo peut, par exemple, convenir : que, Dieu est paiement
im et plusieurs ; mais, on ne convient pas d'une bonne définition. Une bonne définition est l'expression de h vérité; et, on ne convient pas de la vérité : on l'ignore; ou, on la reconnaît.
•— n Aussi, continue Rousseau, toutes celles qu*on trouve dans les livres, outre le défaut de n'être point uniformes , ont-elles encore cehd d'être (irées de plusieurs connaissances que les hommes n'ont point oaturellcment... »
— Il y a donc des hommes qui ont des connaissances, qui ne sont point naturelles ? Quelles sont-elles, s'il vous plaît? Puis, il y a donc des hommes, qui ont (les connaissances naturellement? Quelles sont-elles encore, s'il vous plaît? Avant de parler de nature, la première chose serait d'attacher, à cette expression, un sens clair^ précis, parfaitement déterminé et non absurde. Avant cela, parler sur la nature, et dire des sottises, c'est : une seule et même chose.
— «... et des avantages dont ils ne peuvent, continue Rousseau, cescevoir Tidée qu'après être sortis de Tctat de nature. On commence par rechergficr les règles dont, pour Tulilité commune^ il serait à propos que les hommes convinssent entre eux; et puis on donne le nom de loi naturelle à la collection de ces règles , sans autre preuve que le bien qa*M trouve qu*il résoUerait de leur pratique universelle. »
— Qu'on trouve, est très-bien ; chacun, trouvera une loi naturelle à sa guise. De manière : que, la première chose qui résulterait de ces belles trouvailles; serait de s'égorger. Telle est, en effet, la magnifique loi de nature. Et, voilà pourquoi les tigres et les lions vivent seuls. L'homme en ferait autant, s'il ne suivait : que,
SCIEHCB 80CULB. ST
la belle nature, la noble nature, l'oi^anisme, le diable enfin. Heureusement, il est capable de dominer : la nature, l'organisme ou le diable; et voilà : pourquoi^ il ne dévore point sa compagne ; quand il n'en a plus besoin; et, qu'il a faim.
— a Voilà assarément^ poursuit Roosseaa, uo«^ manière très-commode de composer des définitions et d'expli^er la nature des choses par des convenances presque arbitraires. »
— Et, voilà certainement une excellente critique, de toutes les sottises dites sur la nature. Malheureusement : Rousseau est, le fou et le sage ; bientôt il va dire : C'est moi qui suis le Père éternel.
— « Mais , continue Rousseau , tant que nous ne connaîtrons point l'homme naturel... »
— Laissez-nous donc tranquille, avec votre homme naturel. L'homme naturel, vous le connaissez parfaitement. C'est l'homme, avant sa naissance; c'est l'homme, après sa naissance et avant le verbe ; c'est rbomme, élevé isolément; et, comparé à l'honmieréel, à l'homme ayant le verbe : l'homme naturel est un moDfltre. Qu'en voulez-vous faire de ce^monstre ; et, quelles connaissances voulez-vous en tirer?
— « ... c'est en Tain, continue Rousseau, que nous voudrons détermiminer la loi, qu'il a reçue, ou celle qui convient le mieux à sa constitution. »
— On ne reçoit pas une loi, on la reconnaît ou on
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rignore. Ce qu'on veut, qui soit tenu comme loi; n'est loi, que figurément. Une loi n'a ni père ni mère. Elle est ; ou, elle n'est pas.
^ « Tout ce que nous pouTons voir (rès-clairemenl, contîûue Romna, c'est que non-seulement , pour qu'elle soit loi , il faut que la foloBté k celui qu'elle oblige... »
— Pourquoi dire la volonté; et, pas tout uniment celui qu'elle oblige? La volonté est donc un être? Certes, la volonté est un être, le seul être réel, l'âme. Mais, ce n'est pas, dans ce sens, que vous prenez ie mot volonté. La volonté de celui serait alors mie sottise.
— «... puisse, continue Rousseau, s*y soumettre avec connaissance.. •>
— Avec connaissance! Et, tout cela avant le verbe! Que de belles phrases, pour ne dire que des folies!
— «... mais il faut encore, continue Rousseau, pour qn^eOe soil naturelle, qu'elle parle immédiatement par la voix de la nature. »
— La nature est donc un être ? Elle a donc mu voix? Et, vous voulez qu'on entende ses paroles : avant que le verbe soit développé! Pauvres philosophes, que vous êtes loin des théologiens ! Au moins ceux-ci, une fois l'anthropomorphisme accepté , marchent de la manière la plus rationnelle. Mais, vous autres! vous ne faites qu'entasser : absurde sur absurde. *
— « Laissant donc, continue Rousseau, tous les livres scientifi^es (fâ ne nous apprennent qu'à voir les bommes tels qu'ils j^e sont faits... a
SCIBHCE SOCIALE. 89
— Et 9 qui diable voulez-vous donc qui les fasse, s'ils sont libres?^ Tout ce qui est libre, en tant que bon ou mauvais, se fait tel par soi-même? 11 n'y a que ce qui est fait, qui ne fait rien d'une manière proprement dite. Avec votre manière de voir, vous en viendriez bientôt à exorciser : les rats et les souris.
— « ... et^ contioue Roossean, méditant... »
— Allons! voilà le Père étemel qui va parler. Ëcoutons-le.
— « ... médilant, continue Roosseau, snr 1m preiÉiires et plof sîm* pies opérations de Fàme humaine... •
— D'abord, une âme, en dehors de toute enveloppe, n'opère rien du tout. Ensuite, quand elle est dans une enveloppe, ayant un centre et capable de mouvement, elle est toujours l'âme d'un homme. Enfin, une âme, dans une enveloppe quelconque, n'est capable que d'une opération, penser; car, agir n'est encoi-e : que, la pmsée en action; ou, l'âme agissant : conformément à ce qu'elle a pensé.
— > « j^y crois, » continue Ronsseau...
— Vous croyez. Et, c'est là-dessus que vous ailes tout établir : religion, morale y société 1 Mais, voyons donc ce que vous croyez. Il y a mille à parier, contre un, que ce sera deux sottises.
.^ ff ... j'y crois aperceToir, continiic RousMau, deoK principes tntérieurs à la raison... »
— Antérieurs *à la raison! antérieurs au verbe! Dès lors, ces principes ne raisonneront pas. âUods, énoncez-les.
— « ... dont Tun, continue Rousseau , nous intéresse ardemment I notre bien-être... »
— A notre bien-être ? Mais, avant le verbe, il n y a: ni bien-être, ni mal-être. Le bien et le mal sont relatifs': au temps, à la mémoire : et, avant le verbe, il n'y a, m temps, ni mémoire proprement dite. Vous voulez dire: qu'avant le verbe, nous avons des attractions et des répulsions; et, immédiatement, vous allez le confirmer. Mais, ces attractions et ces répulsions ont précisément pour but : d'égorger, ce qui s'oppose à nos tendancei organiques.
— « ... et, continue Rousseau^ à la conservation de nous-mêmes...*
— Si , la tendance à notre bien-être , ne peut être : que, la tendance vers la conservation de nous-mêmes; pourquoi donc cette répétition?
— «... et, continue Rousseau, Pautre nous inspire une répugntiice naturelk.., »
— Ce serait bien plus drôle : si, la nature nous^ pirait une tendance, qui ne fût point naturelle.
— Tout cela est on TériuLZe oac^. L inivore et par cooséquent êarnhore : f^^ lutoisci'.)^ canÛTore : est, de toer et de toit ce qoeiuKs «ff»^ is souffrir ; s*il était possible de tw. sbs fcwt. mt le Terbe. En général, tous ks anVia^TT /.ci -uisr tdance à opprimer le faible. Dans ime mêsK- e«{>k^ . I qu'un indÎTidu est malade . fl est bkntvt : h ^iele de tous les autres.
- «... et priiici|MleiiieBt bOf •ex&b'^!ef , c««Lbc^ Ewuwfc«. Ce»^ :oDcoiirs et de la combiiiaisoa qae B&tf« e^pil ef4 €« «ttl 4e &« dr deax principes... •
— Ainsi, c'est du concours et de la combinaison de a principes faux ; que, Rousseau, va tirer toutes conséquences.
Et, que fait là nqtre esprit avant le verbe, s'il vous
ît, avant la raison? Vous voulez donc • que, notre
rit combine, avant de raisonner. ? En vérité î ceux
vous ont couronné, étaient encore plus fous que
• « ... sans qu*il soit nécessaire , continve Rensseaa , dPy faire entrer I delà sociabilité... »
— La sociabilité, avant le verbe, est une sottise. Il près de deux mille ans que votre maître, Cicéron, répété. La tendance, d'un mâle vers une femelle, jt pas de la sociabilité. Des attractions sont la cause
SCIEMCB SOCULB.
prédisposante au développement du verbe; mais, b verbe est, exclusivement, la source de la société. ÂTanl le verbe* le mot société signifie, contact nécessaire; et là, le mot société : est figuré.
^ « ... que me paraissent^ continue Rousseau, découler tontes ki règles du droit naturel... »
— Des règles, qui existent avant le verbe I II ùi être philosophe, pour dire ces choses-là ; et, plus tfâ philosophe, pour les écouter sans rire.
— «... règles, continue Rousseau, que la raison est ensuite feicéiè rétablir sur d'autres fondements , quand , par ses développemenli » cessifii, elle est venue à bout d'étouffer la nature. »
— Dire : que, la nature est précisément opposée à h raison; c'est, très-vrai. Dire .\que, laraison, par ses développements successifs, vient à étouffer la nature, oH encore très-vrai. Malheureusement^ la nature est escore à étouffer; mais, heureusement,elleadéjàlacoidi au cou; et, socialement, elle exhalera bientôt sonda*! nier sanglot. Ici, seulement, vous avez pris le néffâ] pour le positif; et, vice versa. Selon vous, il fauditt' suivre la nature ; et, c'est la source de tous les crimeki Selon vous, il faudrait fuir la raison; et, c'est exdofrj vement, la source des vertus.
— « De cette manière , continue Rousseau , on n*est point obligé k.| Idre de Tbomme un pbilosppbe avant que d*en faire un homme ;... •
Mais, c'est précisément vous, qui vouies eek
SCIBHCE 80CULE. 89
— Et, qui diable voulez-vous donc qui les fasse^ s'ils sont libres ?^ Tout ce qui est libre, en tant que bon ou mauvais, se fait tel par soi-même ? Il n'y a que ce qui est fait, qui ne fait rien d'une manière proprement dite. Avec votre manière de voir, vous en viendriez bientôt à exorciser : les rats et les souris.
^ « ... et^ contîone Roossean, méditant. .« »
— Allon»! voilà le Père éternel qui va parler. Écoutons-le.
— « ... médilant, continue Rousseau, sur les prenàières et plus simples opérations de Tàme humaine... »
— D'abord, une âme, en dehors de toute enveloppe, n'opère rien du tout. Ensuite, quand elle est dans une enveloppe, ayant un centre et capable de mouvement, die est toujours l'âme d'un homme. Enfin, une âme, dans une enveloppe quelconque, n'est capable que d'une opération, penser j car, agir n'est encoi*e : que, la pensée en action; ou, l'âme agissant : conformément à ce qu'elle a pensé.
— « j*y crois, » continue Rousseau...
— Vous croyez. Et, c'est là-dessus que vous ailes tout établir: religion, morale y société 1 Mais, voyons ionc ce que vous croyez. Il y a mille à parier, contre xn , que ce sera deux sottises.
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— Tienfi ! Et pourquoi donc ? Vous la raomuiauMi bien, vous, avant laraÎAoa ! Pourquoi diable ub wdtt- V0U6 pas qu'ils la reconnaissent : aussi ^bieii qn xmu Est-ce qu'il y a encore autre chose, que la raisoB, fi vous distingue des bêtes ?
— «... mais, continue Rousseau , tenant en quelque chose i noire nature... m
— Voyez-vous cette nature de lliomme : qui a du plus et du moins ; et, qui va depuis le bon Dieu, jusqu'à la laitue et Técritoire I
— n ... par la sensibilité dont ils sont doués, i» continue Roufen...
— Une fois, que la sensibilité est admise chez les bêtes, il est impossible de donner, à la société, d*aotre base : que, la cruauté et la tyrannie.
— « ...on jugera qu'ils doivent aussi participer au droit naturel, cmlinue Rousseau, et que Thomme est assujetti eaTers eux à quelque espècs de deroir. »
— Quand, vous entendez un homme parler de fue(- <me espèce de devoir; soyez persuadé : que, vous avci affaire à un coquin, qui veut légitimer : quelque espèce de coquinerie.
t — 0 II semble en effet, continue Rousseau, que si je suis obligé de ae
^ faire aucun mal à mon semblable^ c^eet moins parce qu^il est on être lai-
soanable que parce qu'il est un être sefisi&le.». »
— Mais, infâme coquin, vous ne pouvez avœr de
8CIBMCB SOCIALB. 95
temblable qu'un être sensible ; ou sinon, vous direz tmatôt; qu'un nègre n'est pas votre semblable; et, en* «oite, ai vous avez le bonheur d'être banquier : qu'un prolétaire n'est pas votre semblable.
— «... qualité, continue Routtcau, qui, étant commune à la bête et à rhomme, doit au moins donner à Tone ît droit de n^ètre point maltraitée Jmi<il««#ii/ par l'antre* »
— Lecteurs 1 V inutilement est la cause de l'expression infâme coquin : qui vous aura révolté. Si, après avoir lu Yinutiletnentj vous persistez à vouloir : que, l'expression infâme coquin soit effacée; du même trait, faites-nous le plaisir de nous rayer : du nombre de ceux que vous nommez honnêtes gens. Nous rougirions de leur appartenir.
— « Cette même élude de l'homme originel, » continue Rousseau...
— De l'homme , avant le verbe, vous comprenez ; de l'homme, avant la raison.
— « ... de ses vrais besoins, » eontinne Rousseau...
— Il paraît , qu'à cette époque : il a déjà des besoins, qui ne sont pas vrais. Selon Rousseau , le caprice naît de bonne heure .
« ...et des principes fondamentaux de ses devoirs, » continue
nOOSMaU...
96 SCIENCB SOCIALE.
-^ Voyez-vous ces devoirs : ayant leurs principes en dehors de la raison ? Comme c'est joli 1 Vous voyes : qu'il y a des devoirs pour Les fous. Alors, le devoir de ces Messieurs serait : d'aller demander une place i Charenton.
— « .*. est encore, continue Rousseaa, le seul bon moyen qu^onpnifle employer pour lever ces foules de difficultés qui se présentent sur Torigine de Finégalité morale... »
— Ah ça I vous rêvez donc ? La source de l'inégalité morale est la liberté. Il n'y a de morale que là où il y a inégalité morale. C'est , ïnégalité sociale que vous voulez dire. Cette inégalité existe nécessairement : aussi longtemps , que la force peut servir de base à l'existence de Tordre. Quand, cela n'est plus possible ; cette inégalité disparait : nécessairement aussi. Ces foules de difficultés, sont des difficultés pour des niais. Un Pygmée est arrêté par un fétu.
L'inégalité physique est relative à l'organisme; l'inégalité morale est relative aux actions ; l'inégalité politique ou mieux sociale est relative : à l'époque d'ignorance , pendant laquelle la société ne peut exister : que, par cette inégalité.
— «... sur les vrais fondements dn corps politique , continue Roat> «eau, sur les droits réciproques de ses membres, et sur mille antres questions aussi importantes que mal éclaircies.
(Préface, îd.)
« Les philosophes qui ont examiné les fondements de la société Ml tous senti la nécessité de remonter jusqu'à Tétai de nature ;..; »
— Dans ce cas , tous les philosophes ont fait preuve
SCIENCE aOCULB. 07
le bien peu d'intelligence. S'ils avaient voulu exaniner l'origine du verbe, alors, si par état de nature, m comprend l'état avant le verbe, il est clair : qu'ils levaient remonter à l'état de nature. Quant aux fonlements de la société, il y a des milliers d'années ju'ils sont connus, car le verbe, c'est le raisonnement.
Une fois, pour toutes, entendons-nous sur ce mot : état de nature.
La science démontre : que, les univers naissent et meurent. Des nébuleuses se forment.
Notre globe a commencé.
Les animaux et les végétaux se sont développés successivement : dans un ordre actuellement connu.
L'homme animal est apparu le dernier.
Quand, l'homme animal est apparu , avait-il la capacité du verbe ?
Peu importe. Ce qu'il y a de certain; c'est : que*, s'il s'il ne l'avait pas, il n'était pas homme intellectuel; il n'était homme : que figurément.
Dans ce cas, voilà un état de nature. C'est, un état exclusivement : relatif à l'organisme.
. Quand , l'homme animal est apparu sur le globe, était-il seul, étaient-ils deux, cent, mille?
Peu importe, la capacité du verbe n'existant pas encore, l'état de nature restait le même.
Quand , la capacité du verbe est arrivée, n'est-elle arrivée qu'à un individu ?
Qu'importe ! un seul, pour le développement du du verbe, c'est comme aucun. Un homme avec la
lY. 7
08 MOEHCS SOGULIS.
capacité du Tcri^e; et , âevé au milieu des sii^iB,» parle pas.
La capacité du verbe est-eUe arrirée à deux, i ont, à raille à la fois ?
Peu importe. A deux, c'est comme à mille : ponrm, que ces deux soient en contact, par nécessité or^ nique.
Avec la capacité du Terbe, sont-ils dans l'état de nature ?
Oui, jusqu'à ce que le verbe soit développé.
Et, combien de temps l'humanité, avec la ci^Muâlé du verbe, et le contact de l'homme et de la femme par nécessité organique, reste-t-elle dans l'état de nature? Peut-elle même en sortir?
Tel est le problème qu'il s'agit de résoudre. Nous le résoudrons. Ici, il s'agissait de déterminer la videur de l'expression état de nature; et, nous venons dek faire.
— (f ... mais aucun d'eux, continue Rousseau, n*y est arrÎTé. •
Cependant, ce n'était pas difûcile.
— « Les uns, pourrait Rousseau, n'ont point balancé à suppMerâ rhomme, dans cet état, la notion du juste et de l'injuste... »
— Cette absurdité était un peu nuiins évidente : fH^; oeUe cU raBtim^morpiiiaine , ^i dure depua 1^| çneMciale. *
SCOERCai 80CIALB. 99
— € ... MBS se louoiery contioue Rousseto, de montrer qu*il dftttToîr cette notion... »
— Et VOUS, quelle est votre opinion à cet égard? Il faut convenir : qu'une notion, avant la raison, est une bien belle chose I
-* a ... ni même, continue Rousseau, qu'elle lui fut utile. »
— L'utilité, avant la raison, est encore une jolie chose. Surtout : quand on voit les laitues se pommer; sans, qu'elles aient eu besoin de raisonner.
— m D^autres, continue Rousseau, ont parlé du droit naturel que chacun a de conserver ce qui lui appartient... »
— Le droit, avant la raison, est aussi une très-jolie chose I
— « ... sans expliquer , continue Rousseau, ce qu*i!s entendent par ftppartenir. »
— Et à vous, que vous en semble-t-il ? Ne vous paraît-il pas : que, l'appartenance, avant la raison, est une véritable calembredaine ?
-« « D*aulre8, continue Rousseau, donnanl d^abord au plus fort l'autorité sur le plus faible, ont aussitôt fait naître le gouvernement ;■ sans songer au temps qui dut s^écouler avant que le sens des mots d'autorité et de gouvernement pussent evister parmi les hommes. »
Que nous dites-vous là ? Esl-ce, ici, ce que l'on
100 SCIENCE &0C1ÀLE.
appelle une feinte, en fait d'armes; ou, un tour de passepasse, en fait de charlatanisme ? Les mots autorité et gouvernement sont arrivés : immédiatement après le verbe'. C'est du verbe dont il s'agit ; et, vous l'avez dit vous-même; c'est, de la raison. A moins, que vous ne soyez d'avis : que, l'autorité et le gouvernement puissent fttre en question : avant le verbe, avant la raison.
— • « Enfia tous, continue Rousseau, parlant sans cesse de besoin, d'«vidité, d'oppressions, de désirs et d'orgueil, ont transporté i réUtde nature des idées qu'ils avaient prises dans la société ; ils parlaient de rhomme sauvage... »
— Est-ce encore un tour de passe-passe,' que vous nous faites ici? II s'agit : de l'état de nature; de Fétat avant la raison, avant le verbe; et, vous nous parlez de sauvage? Y avez-vous été, chez les sauvages? Leqr avez-vous parlé , car ils parlent, si par hasard vous en doutiez. Si, vous y aviez été; vous auriez vu : que, chez eux, le verbe est souvent employé, avec plus de raison : qu'au sein d'une académie.
— « ... et, continue Rousseau, ils peignaient i'bomme civil. »
— Estrce que Rousseau s'imagine : qu'un homme ayant le verbe, n'est pas un homme civilisé ? Est-ce qu'il s'imagine : que, les sauvages n'ont pas de civilisation? Mais, cela est impossible. C'est donc un tour de passe-passe, qu'il [veut nous faire*' Pour un ami de h vérité, ce n'est pas très-joli*
SCIKMCE éOCJAL£. IQI
— « Il n'est pas même venu dans Fesprit de la plupart det n6tret , continue Rousseau, de douter que l'état de nature ait existé, tandis qu'il est évident, par la lecture des livres sacrés, que le premier homme ayant vécu immédiatement... »
— Immédiatement signifie : après. Après, suppose avant. Et, cet avant : était l'état de nature.
<««•.. de Dieu , continue Rousseau, des lumières et des préceptes , n'était point lui-même dans cet état. »
— Vous voyez : que , d'après Rousseau lui-même , des lumières sont incompatibles avec l'état de nature. Et, une notion, n'est-elle pas une lumière ? Bientôt tous verrez Rousseau : conduire l'état de nature jusqu'à l'aliénation du sol à des individus; état auquel ne sont pas encore arrivés, les peuples que nous nommons sauvages.
'— « Et qu'en ajoutant aux écrits de Moïse , continue Rousseau , la foi que leur doit tout philosophe chrétien... »
— Tout philosophe chrétien est un sot. Car : philosophe signifie raisonneur; et, chrétien signifie cro^rant. Or, raisonneur croyant est une sottise. Donc, tout philosophe chrétien est un sot.
*- « ... il faut nier, continue Rousseau, que, même avant le déluge, les hommes se soient jamais trouvés dans le pur état de nature... *>
— 11 y a donc : un état de nature qui n'est pas pur? C'est, sans doute un état : où il y a raison; et, où il n'y
9S scrsncE socialk.
capacité du verbe; et , élevé au milieu des 8iDga*|i
parle pas.
La capacilé du verbe est-elle armée à deux, à cent, à mille à la fois?
Peu imporle. A tleus, c'est comme à mille : pounn, que ces deux soieul en contacl, par nécessite organique.
Avec la capacité du verbe, sont-ils dans l'étal de nature ?
Oui, jusqu'à ce que le verbe soit développé.
Et, combien de temps rbumanité, avec la capacité du verbe, et le contact de l'bomme et de la femme par nécessilé organique, i-este-t-elle dans l'état de nature? Peut-elle même en sortir?
Tel est le problème qu'il s'agit de résoudre. Nous le résoudrons. Ici, il s'agissait de déterminer la. vdeur de l'expression éiat de nature; et, nous venons de le
— R ... mais lucuD d'eux, eoiilinue RouiiMu, n'f est nmTé. i
— Cependant, ce n'était pas difficile.
— ■ Lel4iB), poumit Raïuwaii, n'ut p«iiit bilutcë à viffmt i l'homme, daoe cet état, it nation du juste el de rtajiute...B
— Cette absurdité était un peu raoùis érideate : qae, celle -de l'anthn^omorphiBine , qui dure énfmB l'origine Bociale.
SCOERCai 80CIALK. 99
«—€..» MBS se KMioîer, contioue Roatietai de montrer quHl dftttfoir cette notion. .. »
— Et VOUS, quelle est votre opinion à cet égard? Il faut convenir : qu'une notion, avant la raison, est une bien belle chose I
— a ... ni même, continue Rousseau, qu'elle lui fût utile. »
— L'utilité, avant la raison, est encore une jolie chose. Surtout : quand on voit les laitues se pommer; sans, qu'elles aient eu besoin de raisonner.
— a D^aulres, continue Rousseau, ont parlé du droit naturel que chacan a de conserver ce qui lui appartient... »
— Le droit, avant la raison, est aussi une très-jolie chose !
— « ... sans expliquer , continue Rousseau, ce qu'ils entendent par appartenir. »
— Et à vous, que vous en semble-t-il ? Ne vous paraît-il pas : que, l'appartenance, avant la raison, est une véritable calembredaine ?
— « D'autres, continue Rousseau, donnant d'abord au plus fort Tautorité sur le plus faible, ont aussitôt fait naître le gouvernement ;■ sans songer au temps qui dut s'écouler avant que le sens des mots d'autorité et de gouvernement pussent eûster parmi les hommes. »
Que nous dites-vous là ? Est-ce, ici, ce que l'on
— « La religion^ continue Rousseau, nous ordonne... »
— Gomment ! la religion ? Vous appelez donc votre religion, la religion; et, d'un coup de phime, vous donnez toutes les autres révélations, pour des sottises; qu'un théologien agisse ainsi, il fait bien, c'est soq métier. Mais vous?
— a ... nous ordonne, continue Rousseau, de croire que Diea luimême ayant tiré les hommes de Tétat de nature , iounédiatement après la création... »
— Vous avouez donc : que, même dans Thypothèsede la révélation, l'état de nature a existé. Que ce soit pea ou prou, qu'importe à la réalité de l'existence. Aurczvous,àcet égard, besoin de preuves historiques? Quant à la création, que voulez-vous qu'on dise à un homme qui l'admet : comme possibilité?
— «... ils sont inégaux, continue Rousseau, parce qu'il a Toula qa*ib le fussent. »
— C'est dommage, qu'il ait eu ce caprice. Car, des hommes, qui seraient Hbres et égaux en morale, seraient bien plus curieux.
<» « Mais elle ne nous défend pas, continue Rousseau , de former des conjectures tirées de la seule nature de Thomme et des êtres qui Penfironnent, sur ce qu*aurait pu devenir le genre humain s*il fût resté abandonné à lui-même. »
— C'est très-bieni Mais, si le genre humain, abandonné à lui-même, peut parler; pourquoi les gemres de
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bètes, abandonnés à eux-mêmes, ne parlent-ils pas ? Parce que leur âme est d'one natnre inférieure à la nôtre, n'est-ce pas? Toujours très-bien. C'est, le 9111a facit darmire de Molière. Et, Toilà aussi pourquoi yotre fille est muette.
— « Voili, conUniie Rouiiean, ce qa*oii me ctcmasde... »
— Vous soutenez donc : que, l'origine du verbe est l'origine de l'inégalité, parmi les hommes. De quelle in^alité , s'il vous plaît ? De l'inégalité physique ? Il n'en est rien. De l'inégalité sociale ? C'est, seulement, parle verbe : que, la société existe. Ainsi, inégalité et ^aUté lui sont dues. Le fait est : que, pendant toute l'époque d'ignorance, l'inégalité sociale est nécessaire à Texistence de l'humanité. Mais, il est également vrai : que, l'égalité sociale devient nécessaire à l'existence de l'humaoité, du moment que l'inégalité devient incapable de servir de base à l'ordre ; et cette époque arrive. Déjà, elle se voit de la montagne. Montez-y, Jean-Jacques; et, vous la verrez poindre.
— «... et^ continue Rousseau, ce que je me propose d^examiner dans Cê discours, etc
« En dépouillant cet être ainsi constitué (l*homme] de tous les dons samaturels qu'il #pu recevoir et de toutes les facultés artificielles qu'il ii*« pu acquérir que par de longs progrès; en le considérant en un mot tel qn'il a dû sortir des mains de la nature... »
— Dites donc des mains de Dieu, puisque vous êtes philosophe chrétien. Est-ce que Dieu seul ne suffit pas ? Est-ce qu'il n'est que le père ; et, que votre
i06 SCIENCE SOCIALE.
dame nature est la mère ? Tenez, roiee nalnre Uk pitié!
— « ... je vois, conlinac Rousseau, un anhnal noins fort foe lefouHr moins agile que les autres, mais, à tout prendre, organisé le plus afutageusement de tous. «
— Estrce pour habiter dans Teau? Certes non. Est-ce pour habiter dans l'air? Encore moins. Est-ce pour habiter sur les arbres ? Pas davantage. Estrce pour habiter sur la terre ? Otez-lui le v^be; et, il sora la proie : des, carnassiers, des rongeurs, des oiseaux. de proie, des insectes, de la nature entière^ H a'amTeiaît pas à la troisième génér atioa.
— « Je le vois , contioue Rousseau , se rassasiant sous un chêne ^ le désaltérant au premier ruisseau, trourant son lit au pied du même aiim qui lui a fourni sou repas, et Toilà ses besoiav setisfiéts. »
— Et la femelle? il n'en aTah pas besoin^ i pas ? Cela vous aurait embarrassé , pour reculer, pendani des siècles et des siècles, la naissance du yerbe. Ihi reste, ce pauvre Rousseau ne pouvait parler de cebs-^ soin. Voyez les détails de sa maladie si bien exposée par le docteur Lallemand et qui l'a conduit au sm^
cide.
— -^ c( La terre , cevitinue Rousfeaa , abandomiée i m fertîHté mIb^
relie... »
— Au lieu de faire des discours qui n'ont ni queue ni tète, Jean- Jacques eût mieux fait d'étudier l'iiîstoiBa naturelle. U aurait aporis : que, la terre est stérile aar
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naisn; qu'dle ne sert qo'à 8uj^rter les plantes et à dMoer accès aux influences atmosphériques ; et, que c*eat saileroent après avoir enseveli les dépouilles des l^emiers crypt<^;ames qui prennent leur nourriture dans l'atmosphère, etc., etc., que la terre porte des forêts et commence à mériter le nom de fertile : non, par dle-méme; mais, par l'humus qu'elle renferme.
— «... et coaverte , contiaiie Rousseau , de forèU immenses que la cognée ne mutila jamais, ofCre à chaque pas des magasins et des retraites au Mint"— de tonte espèce» Les honunes, dispersés panni enx... »
— Yoyez-Tous ces hommes dispersés, parmi les ani^na»x, sans que mâles et femelles se soient um's par couples , ne fût-ce que comme les vautours et les pigeons I C'est, que les hommes n'ont pas d'instinct dans l'état de nature ; vous allez voir.
-^« ... olHerrent,» continue Rousseau...
— Voyez-vous : ces hommes qui observent, avant le verbe I
— « ... imitent , continue Rousseau , leur industrie , et s^élètent
-*-En observant sans verbe, ne l'oubliez pas. Devinex, maintenant, jusqu'où l'homme s'élève, en observant ainsi.
— «... et s*âèTent ainsi, continue Rousseau, jusqu'à l'instinct des
108 SCIENCK SOCIALE.
— Voilà jusqu'où l'homme s'élève, par des observatioDs, avant d'avoir le verbe; et voilà les sottises qu'mie académie française a été assez sotte pour couronoer. Que le bon Dieu pardonne à l'académie de Dijon 1 nos académies en font bien d'autres.
— a ... avec cet avantage, continue Rousseau^ que chaque espèce ■'• que le sien propre, et que l'homme n'en ayant peut-être aucun qniloi appartienne... d
— Ce doit être une belle machine, que l'homme de la nature qui n'a : ni instinct, ni verbe, et qui fait d'aussi belles choses ! Aussi, Jean-Jacques assure : que, cette machine n'est jamais malade. Savez-vous d'où viennent les maladies? Il vous le dira.
— « ... n'en ayant peut-être aucun qui lui appartienne, cootime Rousseau^ se les approprie tous, etc.
a Si la nature nous a destinés à être sains, j'ose presque assurer que l'état de réflexion est un élat contre nature, et que l'homme qui médite est un animal dépravé. »
— Pauvre Rousseau ! Son jugement était bien dépravé : quand, il écrivait ces belles choses !
— « Je ne vois dans tout animal , continue Rousseau , quVoe mackiae ingénieuse à qui la nature a donné des sens pour se remonter ellemême... ))
— Ainsi, voilà l'animal une machine. C'est clair, c'est précis. Attendez à l'alinéa suivant et vous verrai. Auparavant, remarquez : que, des sens, chez i^ie ma»
islmie, ne peoTent être : qi»^. des coadoiis d et de répolsioD.
pomt de toat ce ^ lead à h dêtrnn «« à k égnoçsr. l'vfc-'çn sèment le même ckom dios li mifc m bzmiuM . cmc tstic q ^ae le netiire seule Cût toat îtas je» «f*frvirtas m jl
— Les opérations d'une M'jç qci cie fict r>::- ^ue& justesse d'expression !
•—«... ea lien^ee rkomme. {».'imt KMOK-t, ctiii'.iqrn un «loa.-^ en ^natité d'egeat libre. »
^— Sans instinct, et sans verbe, n'est-^e pas? VoUà une liberté bien prouvée. Et tout cela, parce que l'âme delà bête est d'une nature inférieur^'. Admiiez doc^; : rame de la machine !
— « L'aoe, poursiiît Rousseau, clwitit oa rtjtilt ptr îbffÎBct... »
— Admirez donc : cet instinct qui choisit !
<» « ... etTeotre, continue RoossceOy par ub acte de libeHé... j»
— Avant le verbe, n'est-ce pas? C'est, alors, par un acte de liberté : que, l'enfant qui vient de naître, prend le sein de sa mère.
— «... ce qai^ contînae Rousseau « fait que la bêle ne peut s'écarter d^^ règle qui lui est prescrite , même quand il lui serait avantageux de
'le Dure. 9
— Alors, les cbiens, dans les rues de Paris, n'y ra-
110 SCifiNGJB SOCIALE.
massent point les boulettes ; et, les perro^^uets ne iiungent pas de persil.
— a C'est aiusi, continue Rousseau, qu'un pigeon moomit delkia près d^un bassin rempli des meilleures viandes , et un chat wr no lu «ie fruits ou de grains , quoique Tun et l'autre pût très-bien se noonir k Faliment qu'il dédaigne, s*il s'était avisé d'en essayer; c'est ainsi qseki hommes dissolus se livrent à des excès qui leur causent la fièvre et li mort, parce que l'esprit déprave les sens.... «
— Voilà, encore, le figuré employé pour le propre. On ne déprave qu'un être moral. Les sens sont toujours des sens. Mais Têtre moral, par la répétition d*un acte, prend des habitudes qui sont les passions acquises ; et, les organes des sens et le cerveau lui-même subissent des modifications qui occasionnent des tendances organiques : aussi fortes , ou plus fortes, que celles dues à Torgânisation primitive. C'est, ainsi, que certain ivrogne arrive à ne pouvoir vivre : que, par des liqueurs fermentées, etc., etc.
— (( ... et, continue Rousseau , que la vulupté parle encore quand U nature se tait. »
— La nature est une sotte ; ou plutôt : tout ce qui est habitude est nature . La nature d'un anthropophage est de manger de la chair humaine.
— «Tout animal, poursuit Rousseau^ a des idées, puisqu'il a des sens. »
— Ainsi, les machines ont des idées; puisque vous venez de dire : que, les animaux soQt des machines?
flCmiCB 80GUU. ill
Alors, pourquoi 1 Homme ne seran-upH
tMmme le efaien? Est-ce aossi : pme que Tlue de
rhomne ost sop^ieiire à celle de la bête.
— J%jL$qu'a un certain point. . . est presque toajoors me marque d'ignorance. Combinerdea idée*, uMir ce* lui qui a des idées nettes, c'est
— « Et, continue Roosseia, FhomflK ne dHfm à e«i ?yv4 ie U ï«fie ifM dn plos u moÎBf • »
— Voilà Ronsseau qui tire les cooféquene^ de& {irémisfies de Condillac. Arrangez-rous , eomme «oui voudrez; c'est, toujours la philosophie qui conduit l^ monde. Platon, rendu orthodoxe par le sacerdoce, 1 a régit deux mille ans ; et, pendant cette époque, le* disciples de son rival ont toujours formé leë hérétiqu/îris* Depuis l'incorapressibilîtéde l'examen, le matérialisme d'Aristote, peut être moins stupide que l'anthropomorphisme de Platon, règne à son tour. Le premier, produisait le despotisme; le second Tanarchie. L'onJre, maintenant, ne peut exister : que. par i'anéanti^M;ment des deux doctrines.
— a Quelques philosophes ont même aiaocé, continua R4a*M4a« lutï y a plus de différence de tel homme à iel homm^ qu« dt tel hz/mmi; a telle bète. »
Nous avons déjà \u : que, c'est la doctrine ouver-
tement professée dans toutes nos écoles supérieures : il y a plus de différence entre Newton^ et le dernier ait Ausiralasiefis; qu entre le dernier des Amtralasiens^ et le premier des singes . Et, remarquons : que, cette doctrine est seule rationnelle, aussi longtemps que tous n'avez pas démontré : que, l'homme seul est sensible.
— ff Ce n'est donc pas tant l'entendement, continne Rousseau, qui bk parmi les animaux la distinction spécifique de Thomme y que sa qualité d*agent libre. »
— Alors, un fou, un malade en délire, ne sont pas des hommes. Rousseau n'a pas réfléchi : que, partout où il y a entendement, combinaison d'idées, raisonnement, il y a liberté, et vice versa. Mais, son jugement était obscurci, par l'idée préconçue et absurde : qu'il peut exister des âmes de différentes espèces. Une fois cette absurdité admise, il n'y a pas de conséquence absurde qu'il ne soit possible d'en déduire logiquement.
— a La nature, continue Rousseau, commande i tout animal... »
— Encore une fois, la nature est une sotte; et, ne commande à rien du tout. Pom* commander, il faut être un homme. Dites : que les organismes ont telles et telles tendances; et, vous parlerez juste.
— «... et, continue Rousseau, la bète obéit. »
— Nous avons déjà dit : que, pour obéir il faut comprendre l'ordre; et que, pour comprendre un ordre, il faut avoir le verbe. Quand vous dites : que, le fer obéit
SCIENCE SOCIALE. i13
à l'aimant ; tous dites une sottise, si ce n'est une figure ; et| en science exacte, les figures sont Torigine de toutes les sottises.
— « L'bomme éprouve la même impression, continue Rousseau, mais il se reconnaît libre d'acquiescer ou de résister... n
— Avant le verbe, n'est-ce pas? C'est faux. Souvent, même, c'est faux après le verbe.
-—«... et, continue Rousseau, c*est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité Je son âme... v*
— En voici d'une autre. Les âmes des bêtes ne sont donc pas spirituelles ? Ici, Jean-Jacques, vous vous écartez de Condillac votre maître. Condillac avait bien vu : que, refuser une âme, une spiritualité aux bêtes, c'était leur enlever la sensibilité. Et, Rousseau voyait bien : qu'accorder une âme, une spiritualité aux bêtes, c'était en faire des hommes. Partez de l'absurde, pour raisonner; et, vous ne sortirez jamais de l'absurde.
— « ... car^ continue Rousseau, la physique explique en quelque maoière... »
— En quelque manière, jusqu'à un certain point, etc. Tout cela est expression d'ignorance; et, qui pire est, de vanité.
-. « ... le mécanisme des sens, » continue Rousseau...
— La caractéristique du sens est la sensibilité ; voilà la sensibilité, qui appartient à la mécanique.