‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 38 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

-^ « ... k Biécauisme cks «ens, coniioue Roiiumh, et la ftmiiiai •les idées... w

— Voilà les idées, qui appartiennent aussi à la physique . Tout cela est logique. Le point de départ seul est absurde.

— ((... tiMÎs, continue Rousseau, dans la puissance de routoiron pla- (ot de choisir... »

— Commeut plutôt ? Vouloir, c'est choisir ; et choisir, c'est vouloir.

— « ... et, continue Rousseau, dans les sentimeuts de cette pnis- Muice... j»

— Embrouillez votre phrase, tant que vous voudrez, vous n'en obtiendrez pas davantage. En dehArs du sentiment, de la connaissance de vouloir, de choisir, il n'y a de volonté, de choix qu'au figuré ; ce qui signifie qu'il n'y a : ni volonté, ni choix.

— « on ne trouve , continue Rousseau , que des actes purement spiri* iuels... »

— Et, VOUS avez dit : que, Tanimal choisit!

— a ... dont on n'explique rien, continue Rousseau, par les lois deU mécanique. »

— Les animaux ont donc des âmes spirituelles? Soyez donc d'accord avec vous-même !

— « Maïs , continue Rousseau , quand les difficultés qui enTÎroioest

Mt qoettÎMif liiaseraieat quelque lien de disputer fur cette diflérenée de rhomme et de Fanimal, il y a une autre qualité très-spécifique qwl les dtsliugue , et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation : c'est la iM^té de ae perfeetionoer, &culté 4jui , à Taide des circonstances , dételo|i^ auocessivement toutes les autres... »

— A Vaide des circonstances? Mais, les bêtes ont toutes ces circonstances. Pourquoi, alors, leurs facultés ne se développent-elles pas? Voyez : ou, vous êtes obligé de conclure : qu'elles n'ont pas d'âme, ce qui est pas de sensibilité; ou, vous êtes obligé d'avouer : qu'elles ont des âmes de la même nature que la nôtre ; ce qui rend : les animaux des hommes ; ou, les hommes des bêtes.

— «... et réside parmi noua , coBtinue Rouanau, tant dans l'eapèoe que dans Tindividu . . . j»

— Dans rindîvîdu, c'est faux. Vous-même convenez : qu'un Tiomme. élevé dans l'isolement, n'a pas Tusage des signes; et, en dehors des signes, il n'y a pas de perfectionnement. Cette difficulté, du perfectionnement, n'a pas échappé aux matérialistes. Aussi, M. GeoffraySaint-Iiilaire affirme-t-il : que, l'aboiement du chien est un perfectionnement, est un fruit de sa civilisAftion.

«— u ... au lieu, cuutinue Rousseau , qu'un animal est, au bout de quelques mois, ce qu*il sera toute sa vie... »

— Et l'homme isolé est aussi , au bout de quelques iwws, ce qu'il sera toute sa vie. Et, pourquoi le chien, qui n'est pas isolé, ne se perfectionne-t-il pas? Parce

Ii6 SGIENGB SOCIALE.

que, dites-vous, il u'est pas libre. C'est, comme si vous disiez : parce qu'il ne se perfectionne pas. Encore une fois, pourquoi ne se perfectionne-t-il pas? S'il est sensible, s'il a une âme, il doit se perfectionner. Vous lui accordez la sensibilité. Prouvez donc pou^ quoi il ne se perfectionne pas. Nous vous disons qu'il ne se perfectionne pas, parce qu'il n'a pas de sensibilité; et, nous vous le prouverons.

— « ,.. et son espèce au bout de mille ans^ continue Rousseta, ee qu'elle était la première année de ces mille ans. Pourquoi rhomme leil est-il sujet à devenir imbécile ? »

— L'imbécillité est relative au verbe. Ainsi, demander : pourquoi l'homme est seul sujet à devenir imbécile; c'est, demander, pourquoi l'homme seul a le verbe. Du reste, en dehors du verbe, beaucoup d'animaux ont le caractère : qui figure l'imbécillité. Âllex voir un mouton qui a le tournis, vous direz qu'il est imbécile.

— « N*est-ce point, continue Rousseau, qu'il retourne ainsi dans état primitif, et que, tandis que la bête, qui n*a rien acquis... >

— Oui, mais pourquoi la bête n'a-t-elle rien a^ quis? Là, est la question. Ne cherchez pas à éluder. Si, du reste, vous appelez imbécillité, absence du verbe, vous trouverez difficilement un idiot , chez lequel le verbe soit absolument éteint. Si cela était, ce serait, du reste , une affaire cérébrale. Direz-vous : qu'oa homme en léthargie est un imbécile ?

0CIENCE SOCIALE. il7

— « ... etj continue Roussèiu, qui n'a rien non pins i perdre, reste toujours avec son instinct ^ l'homme , en perdant par la vifpBetse ou d'antres accidents fout ce que ?a perfectibilité lui avait fait acquérir , retourne ainsi plus bas que la béte même? »

— Est-ce de bonne foi que Rousseau compare : le pathologique au philosophique? Hélas! oui. Dh sophiste, qui se noie, s'accroche de bonne foi à un brin d'herbe. S'il avait besoin de Targument, il dirait : qu'un animal paralytique est au-dessous d'un végétal qui n'est pas malade. Toute comparaison, entre des ordres différents, peut servir en poésie : oii, il s'agit de faire illusion. Mais, dans la science; mais, lorsqu'il s'agit d'instruire; cela prouve peu de jugement.

— « n serait triste pour nous , poursuit Rousseau , d^étre forcé de coDYienîr que cette faculté dist inclive et presque illimitée est la source de tons les malheurs de l'honune ;...)>

— Est-il possible de dire de pareilles choses? De ne pas reconnaître : qu'il n'y a bonheur et malheur; bien-être et mal-être : que, là où est le raisonnement? De ne pas sentir : que, jouir et souffrir, c'est raisonner ; et, qu'en dehors du raisonnement ; il n'y a, dans le temps, ni souffrance ni jouissance : quand même, il y aurait sensibilité?

— « ...que c^est elle, continue Rousseau, qui le tire, àforce de temps...)»

— A force de siècles, n'est-ce pas ? C'est à force de siècles, en se dépravant, en se détériorant, que rhomme parvient à raisonner. Et de pareilles sottises

ti8 SC1KN€E aOGIAUL

achat eâuroniMes 1 Mais, en vérité, toul keinme sensé devrai!^ se trouver injurié par de pareilles • récook-

penses I

— a ... de celte coadttion origioaire, contimifi Rousseau, dm ladite il coulenit des jours trânçiilles et innocents. . . »

— Sans raisonner, n'est-ce pas? Toujours sans remarquer : que, la tranquillité et l'innocence sont exclusivement relatives au raisonnement ; et, qu'en dehors du raisonnaient, tranquillité et innocence ne sont qu^inertie et brutalité; ou, si vous l'aimez mieux, ^ bestialité.

— a ... que c*est elle, continue Rousseau, qui fait éclore avec les siècles tes l«flaières «t ses erseurs, sea tîmi etses Yertna... i»

— En dehors du raisonnement, il n'v a donc : ni vice ni vertu? Alors, comment voulez-vous : qu'il y ait innocence ? Parlerez-vous : de l'innocence d'une cruelle?

— a ... le rend à la longue^ continue Rousseau , tyran de Ui-nêott eiyhpla nature. »

— Tyi^ dé soi-même I quelle expression f Tyran de la nature : est pire encore.

— « n serait affreux^ continue Rousseau, d'être obligé de louer comme a» être bienfaùant celui qui le [>remîer toggéra à Thabilast dbi rites de rOrénoque l'iÉage de ces ais qu'il applique sur les tempes de lit «afants^ et qui leur assurent du moins une partie de leur imbécillité é( ie lewr bonheur originel. »

8C1IMS SMiÉU. f M

— Qm TOidnMroiis dire d*i ùt pweîlla ûeplîn?

— « L'homme iuiY«ge, c^miiamt Utmmmm^ ià%ti par la mtîwn êm mmi insiinct...»

— Tout à l'heure , Thonime sauvage n'avait pas d'instinct; et, la sauvagerie s'étendait : jusqu'à l'aliénation du sol aux familles. Maintenant, voilà l'homme sauvage, n'ayant que de l'instinct.

— - « ... oa plutôt, coBtinae Rousseau, dédommagé de ce ipii loi que peut-être... ^

Maintenant, a-t-ilde l'instinct : ou, n'en a-t-ilpas?

— « ... par des facultés capables « continue Rou«<f au , dW suppléer d^abofd... »

— Suppléer à l'instinct, avant d'avoir le verbe ! Tout cela est pitoyable.

— « ... et de relever ensuite, continue Runsseau , fort au-dessus de celle-là... »

— Il n'y a , entre l'instinct, et rinlelligence ni audesBus ni au-dessous. Les choses, de natures différentes, ne se comparent pas.

-—«... commencera donc, continue Rousseau, par les fonetiona purement airimales. »

— Voyez quelle langue nous avons : fonctions pu-

rement animales devrait signifier : des fonctions essentiellement relatives à Tâme. Pas du tout. Cela signifie : des fonctions qui n'ont aucun rapport à Tâme. Maintenant, vous allez voir les conclusions.

— a Apercevoir el sentir, continue Rousseau, sera son premier étal...»

— Ainsi, pour apercevoir, pour sentir, il n'est pas nécessaire d'avoir une âme. Rousseau ne s'apercoil même pas : que, pour apercevoir, pour sentir dans le temps , il ne suffit pas d'avoir une âme; il faut encore avoir le verbe.

— <c ... qui lui sera commun , continue Rousseau , a?ec tous les animaux ; vouloir et ne pas vouloir, désirer et craindre, seront les première» et presque les seules opérations de son âme... »

— Voilà, les opérations de l'âme inventées par Coddillac; et cela : toujours sans le verbe.

— «'... jusqu'à ce que de nouvelles circonstances, continue Rousseao, y cauient de nouveaux développements, lo

— Et, dans une immense note, Rousseau ajoute :

— « Parmi les hommes que nous connaissons, ou par nous-mêmes, ou par des historiens , ou par les voyageurs , les uns sont noirs ^ les autres blancs, les autres rouges; les uns portent de longs cheveux, les autres n'ont que de la laine frisée; les uns sont presque tout velus, etc., etc.

« Toutes ces observations sur les variétés que mille causes peuVtat produire, et ont produites, en effet, dans Tespcce humaine, me font dicter si divers animaux semblables aux hommes, pris par les Toyagears pour des bétes sans beaucoup d^examen , ou à cause de quelques différenccs qu'ils remarquaient dans la conformtilion extérieure, ou seulement

8€l£lfCB SOCIALE. ISI

Mrce (|De ces animaux ne parlaient pas* ne seraieaC p«rBl« es «ftff^ et w^ .. 1^1 i —- .^- j^-â 1 -* j:-« — z^ — : — — ^-* j^pg les

niables hommes sauvages dont la race dispense

bois Q* avait eu occasion de défelopper ancnae et ses boiltéf vérîlabks, n^aTait acquis auciin degré de perfection, et se troavait encore dans ÏHaà primitif de nature. »

— Ici, Rousseau cite un passage de l Histoire de% voyages, relatif aux orangs-outaogs ; pois, il ajoote :

— % On trouve dans la description de ces prétendns nuartr» des conformités frappantes avec Tef pèce humaine , et de$ étfférfwoa «K»- DOS gue celle* quon fourrait assigner d^komwte à homme. On ne v«îl point dans ces passages les raisons sur lesquelles les anievs le pour refuser aux animaux en question le nom d'homuMs >»iTa^««; il est aisé de conjecturer que c>st à cause de lenr ftlspi:iié , «i parce qu'ils ne parlaient pas, raisoiu faibles pour cent qof ssfca quoique Torgane de la parole soit naturel à FbonuBe , U partie tsêny même ne lui est pas naturelle... w

— Cela veut-il dire : que, les jambes sont ïa\*jt^\]0a à riiomme; et que, cependant, la marche ne lui ^* fo» naturelle? Si, ce n'est pas cela; nous ne compr^iMMi point. Rousseau veut-il dire : qu'un bomraf; ^e%^, i^>' lément, marche; et, qu'un homme. éle\é 'wAéVi^fA. ëê^ parle pas? L'homme, élevé isolément. n>«t t^n h^/rurm^ qu'au figuré ; l'homme, éle^é wAtmtui. ^i uxi mfMO^ tre : au physique conune au moral. LlM/mm^ V^^J^' que, complet, se compose de l'homme: t\4^/^ t^tuuA. : et, l'homme physique, complet. [^iV; f^*isi*y^t^u^,^ comme il marche naturellement.

-* « ... et qui, continue RonH«a«, c<wintw#»*t |%4«^^ «v>'^ (Hna^ t^ perfiBctibilité peut avoir élevé rh^aunut enr»l m^^sh^h ^ «^v» M^. wi^ ginel

• Nos voyaçenr* font uns U4,'»u d*f fc***» Kyw > umm «« K'*f44^ 4^

122 S€l£MC;fi SOCIALE.

nuindriUe$, d* orangs-outangs, de ces mêmes èlres tloat, Sim&las de satyres, de faunes , de sylvains , les ascieiis faisaient des diwialéi. Peut-être, après des recherches plus exaetes, troufenut-onqua ce nt iMt ni des bétes ni des dieux^ mais des honunes. »

Revenons au texte.

— « Pins on médite sur ce sujet, continue Rousseau , pins la disdve des pures sensations aux plus simples connaissances s^agrandrt à nos regards. »

— 11 y a si peu de distance : entre la plus pore sensation, dans le temps]; et, la plus simple connaissance ; qu'elles sont absolument identiques.

— «Et il est impossible, continue Rousseau^ de concevoir comnuil un homme aurait pu^ par ses seules forces, sans le secours de la communication et sans Faiguillon de la nécessité... »

— Ici , le mot force se rapporte au moral ; ainsi, que le mot nécessité.] Eh bien! avant les communications , avant le verbe , il n'y a pour l'homme : ni force, ni nécessité.

— « ... franchir un si ^raitd interra^ie, continue Rousseau. Combin de siècles se sont peut-être écoulés... d

*— Il n'y a pas plus de raison , pour des siècle», que pour des milliers de siècles. Si, le verbe ne vient, point naturellement, comme le marcher ; il n'y a pas de raison, pour qu'il arrive jamais.

— «... avant, continue Rousseau, que les hommes aient été. à portée de voir d'autre feu que celui du ciel ! Combien no lenr »-t-il p#t laJia de

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différanU baaartli. pour apprenire 1m ■itgw Icf pia» «mmhv bt ' • élément! »

— Apprendre! avant le verlx?! Cofooit V/»** e*-

est logique !

— « Combien de foii, cooliase IUm*»;»*. i**- fuâA^At v¥» m-dre avant que d*aToir acqoif Fart et le f*yr%^m' *

— L'art! toujours avant h ^«^rik, V/--/r^n *- ^.: de raisonner. En effet : raruîTD^^l ïT^i^v. I> -«vi:* où Ton arrive : en confociidaxit fe j^rypr* ^* ••^ fe:vi^*

^ — « Et comliien de fU< p^-iif-ftr^:^ .'.vt^.4iu»; |ILin«i^^^ ^*ii«» u« 4^ «>. secreU B*eil-«l pv »ift •«'«' edm ^ fw^mâ.

— Découvrir! toujo ir» i^i'.-*. > ^^^ri^ ' V v>* le croyez pas: ^fj/ojà^^c.. '^'^a > i;r^ /r: ♦ ":>».'•

■Mde toit ée traviirt et 4ç v^*r*v^ejf . ftu ^*»^ * *-****■ i''#.»*v» f -^.

— n n'y a ja* 4^ 4v.:'.<: v>^ ^/^^w* «^^u*^ ''^v v** 1er, Q faut rai«itti:.:i^

« ,,. et M 5» tivw î«*ï»* j*« ^««r . *.vii*-»i»u» f.vtk-^Ti»*^. • *'**''' ** •*

lem àtf ûtmf^^Â ci e'.^ AvuMiif*-. i»i*:i< «•!• mîI* t|v' • i* tw*-** *i^

pUf w» y/m Mn juvurrir- iiU|^K*fÛ4n ^u , »A.trf i* <l^* ♦^^ >-i-«^

— Dans tous les cas, un excès de population sur le globe, avant le développement du verbe, serait une chose fort curieuse.

— « ... supposons, continue Rousseau, que sans forges et sans ateliers, les instruments de labourage fussent tombés du ciel entre les mains des sauvages... »

— Ce ne sont pas des sauvages, qui font des harangues, des traités de paix, qui connaissent le droit des gens, ne vous y trompez pas ; ce sont des sauvages : qui n'ont pas encore le verbe.

— «... que ces bommes, continue Rousseau, eussent yaincu la haioe mortelle qu'ils ont tous pour un travail continu... »

— De la haine, proprement, dite avant le verbe! c'est toujours curieux.

— «... qu'ils eussent appris, continue Rousseau, à prévoir de si loio leurs besoins... »

— Toujours avant le verbe .

— « ... qu'ils eussent deviné, continue Rousseau, comment il &iit cultiver la terre , semer les grains et planter les arbres ; qu'ils mutttA trouvé l'art de moudre le blé et de mettre le raisin en fermentation , toutes cboses qu'il leur a fallu faire enseigner par les dieux, faute de cob* cevoir comment ils les avaient apprises d'eux-mêmes: quel serait, après cela, l'bomme asses insensé... »

— Insensé avant le verbe.

— « ... assez insensé , continue Rousseau, pour se tooiàiÎÉitr i la

bire d'ra chiHp qai m » JndiffirvÊUÊtt tU... ■

t AifwmJM y le p««iv«H«.l

— Vous le Tojez, c'est ayant le Twb?. M^. attendez ! on vous le dira plus clairement.

— Voye^TODS le contrtùr , appUqDé «xat^ib^Dt : â la bête et à rbomme !

I, 1 pu*er n tic i BB tnnil [i'mHi itità'é « i£ pu recrroir le prix ^bH lai un plat a

— Vous le TOjez : l'état 4e oalnK. l'étAl «laot )« verbe, s'étend, jusqu'à l'aliénati^jo du t'A aux îwfividns. Tout cela est du galimatiai. direz'i'^u*. C«»t vrai. Vais, c'est du galimatias ciotomii.

«Qa«Mla

— N'oubliez jamais : qti«, c« ea/jia^« a'«st ni un Huron ni un Hottentot; tif^i : un iiomia/'. avaiit 1^ verbe. Ne tous fâchez pwnt, vous allez le voir.

— a ... ■ouikabilc, Maliuoc Boukui, 4ui i'ut de pester... ■

— Penser avant le verbe !

— « ... qaa DSO* le font noi philoM^ei , canlûiu ReoMetu ; ^mwl

iâ6 SCIENCE SOCULK.

iM)ut en ferions, i leur exemple, un pliilosopbe InÎHntoe,

les plus sublimes vérités , se faisant , par des tuitas et très-abstraits... »

— Comme vous lui en faites faire : pour l'empêcher d'être agriculteur.

— «... des maiimes de justice tirées de l'amour de Tordre en général, continue Rousseau, ou de la volonté de son créateur; en un mot, qaaid nous lui supposerions dans Tesprit autant d'intelligence et de lumières qu'il doit avoir et qu'on lui trouve, en effet, de pesaoleor eLde stupidité... »

— De la Stupidité, proprement dite^ avant le verbe!

— «... quelle -utilité retirerait f espèce de toute cette métaplijiiqMe, coiftimte Rousseau y qui ne pourrait se commnDÎq[ueriet (piî périrait vft rindivitki t|ui raurait lurcntée? »

— Eh bieji I voyez-vous maintenant : que, tout cela est avant le verbe ?

— « Quel progrès^ continue Rousseau^ pourrait faire le genre humain épars dans les bois parmi les anÛBaiu? Etjus^'à quel poiat po&nsaiflit se perfectionner et s'éclairer mutuellement des hommes qui , n'ayant si domicile fixe ni aucun besoin l'un de l'autre... »

— Pas même celui d'une tanière, pour y mettre ses petits, comme Tours et la panthère?

— (( ... se rencontreraient peut-être à peine deux fois en leur vie, continue Rousseau, sans se connaître et sans se parler? »

— C'est bien dommage : que, ces gens-là ne puissent se parler avant de penser. C'est cela/ qui aurait été miraculeux I 11 faut être fou, pour dire de pareilles choses. U faut être plus que fou , pour les admirer.

redevabUt à Tatage de U parole... »

— Il y a donc des idées aTant la parole ? Elles doivent être jolies ces idées.

— € ... eomlûen U grammaire, continae RousseaD^ exerce et £icilite les opératkMis de Fesprit... a

— La grammaire et le verbe c'e^i tout un.

— «... et qa'oii pense, Gooliaoe Ronaean, aux peîiies ineoiicevables et aa temps infini qa*a dû coûter la première înTeDlioa des langues, a

— Voulez-vous le pendant de cette belle phrase ? Allez au Vicaire savoyard; et, cherchez -y : la comparaison de la mort de Socrate, avec la mort du Chdst. Rousseau était né rhéteur. Voilà son talent.

-— « Qa*on joigne ces réflexions aux précédentes, continue Rousseau , «^t Ton jugera combien il eût fallu de milliers de siècles... »

— Vous le voyez : des milliers de siècles ! Et, rhomme, sur le globe, date de moins de cent siècles. Demandez -le plutôt à la géologie.

— a ... pour développer successivement dans Pesprit humain, continue Rousseau, les opérations dont il était capable.

« Qu'il me soit permis de considérer un instant les embarras de l'origine des langues. Je pourrais me contenter de citer ou de répéter ici les recherches que M. Fabbé de Condillac a faites sur cette matière , qui toules confirment pleinement mon sentiment ^ et qui peut-être m'en ont donné la première idée, »

— Vous le voyez : Rousseau est l'élève de Condil-

lac, comme Voltaire Tétait également. Tout le matérialisme, du dix-huitième, siècle ne vient ni de Voltaire ni de Rousseau, qui n'ont été que des échos ; mais bien de Condiliac, qui a été, pour la France, l'initiateur de cette doctrine.

— <f Mais , continue Rousseau , la manière dont ce philosophe résout les difficullés qu*il se fait à lui-même sur Torigine des signes inslitoés, montrant qu*il a supposé ce que je mets en question, sayoir, une sùrUit société délk établie entre les inventeurs du langage... »

— Une sorte de société ne dit rien. Avant le langage, il n'y a pas de société proprement dite. Avant le langage, il y a la famille, société figurément dite. Condiliac suppose l'homme et la femme, vivant ensemble par attraction organique, avant que le verbe ne les maintienne unis ; et, Condiliac, sous ce rapport, est incontestablement dans le vrai.

— « • . je crois, continue Rousseau, en renvoyant à ses réflenons, devoir y joindre les miennes pour exposer les mêmes difficultés dans le jov qui convient à mon sujet, d

— Ces Messieurs cherchent toujours, exclusivement, le jour qui convient à leur sujet; et, non le jour qui convient à la vérité.

— « La première qui se présente, continue Rousseau, est d^imagioer comment elles purent devenir nécessaires... »

— II est deux espèces de nécessités : Tune morale, l'autre physique. Une pierre tombe, quand elle n'est pas soutenue. Voilà, une nécessité physique, démontrée

par l'expérience ; c'est-à-dire : par le raisonnement, sur les corps dits inertes. Deux individus, en contact né* cessaire, inventent nécessairement le langage ; si même ils ne parlaient auparavant. Voilà, une vérité morale, qui peut être démontrée par le seul raisonnement : en se ser\'ant, pour la démonstration, des connaissances déjà acquises. C'est, en outre, une vérité morale qu'il est facile de démontrer, par une expérience directe : dès, que la société voudra la faire.

— a ... car les boiuracs, continue Rousseau , ii*ayant nulle correspondance entre eui... »

— Que signifie cette parole? Est-ce, nulle correspondance morale, que vous voulez dire ? Parbleu, il est bien certain: qu'avant le verbe, il n'y a pas de correspondance morale; puisque, le moral est exclusivement relatif au temps ; et le temps au verbe. Quant, à la correspondance physique, elle existe de la manière la plus évidente. La famille physique est aussi incontestable chez l'homme : que, chez le lion, Taigle ouïe vautour. 11 faut déjà descendre bien bas, dans la série animale, pour voir s'éteindre la famille physique ; et, encore peut-on dire : qu'elle existe dans l'instinct, qui fait que la mère ne place les œufs : que, dans les lieux propres à leur développement. Il serait curieux de voir; accorder la famille physique au crapauil accoucheur ; et, de la voir refuser à l'homme ! Cicéron dit bien vrai : il n'y a pas d'absurdité qui n'ait été dite par quelque philosophe.

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