‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 42 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

178 SC1£KC£ 8ÛQIàLK«

folies, moins sa vaniié. U aurait dû dire : je ne sais pa«.

—>«... que les facultés qu*il avait eu sa puiscoBce , continae Rousseau, ne devuient se déyelopper qu^avec les occasions de les exercer... »

— Lefl occasions, non pas d'exereer ses focnltés; mats, d'exercer la seule faculté quH ait, celle de raisonner ; se présentent aussitôt, que Thomme est complet au physique. Avant Fhomme réd, l'homme moral n'existe pas encon».

— (( ... afin, continue Rousseau, qu^cHes ne lui fussent ni superflneiei è cliargc avant le temps. • . »

— Avant quel temps? Avant le temps réel? Alors, il n'y a ni superflu ni charge. Avant le temps de sortir de rignorance ? 11 y est encore ; et plus, au sein des académies que partout ailleurs.

— (c ... ni tardives et inutiles au besoin, continue Rousseau. H «▼aitdans le seul instinct tout ce qu'il lui fallait pour vivre dans Tétai de nature. »

— Dans le pi'étendu état de nature, il n'y a pas de vie humainement dite; il n'y a : qu'une vie organique, une vie de bête.

— «Il n*a, continue Rousseau, dans une raison cultivée. . . »

— Toute raison est cultivée ; il n'y a pas de raison brute. Siy Rousseau s'imagine : avoir sa raison mieux cultivée que celle du Hottentot; il se trompe grossie-

— Est-ce de bonne foi, ou de mauvaise foi, que Jean-Jacques affecte, à chaque instant^ de confondre : l'homme que nous appelons sauvage^ avec Thomme avant le verbe ? L'homme, avant le verbe, ne peut se plaindi*e ; pour se plaindre, il faut raisonner. Quant à ceux que nous appelons sauvages ^ parce que leur civilisation est différente de la nôtre, il y a, parmi eux : des plaintes, sur la vie, et des suicides. Il y en a moins que chez nous, à la vérité, parce que les injustices sociales y sont infiniment moins grandes.

— « Qu*oii juge (Jonc avec moins d*orgueil de quel côté est la Térilubie misère, continue Rousseau. Rien, au contraire, n'eût été si misérable «|U6 rhomme sauTage ébloui par des lumières , tourmenté par des pas- <\onn et raisonnant sur un état différent du sien. »

— Que de folies en peu de mots I Cette phrase signifie : que l'homme, avant le verbe, ébloui par le verbe, tourmenté avant le temps par des passions qui ne peuvent tourmenter que dans le temps^ raisonnerait avant le verbe, ce que Rousseau sait être impossible ; et, qu'il raisonnerait sur un état différent du sien : quand les états sont relatifs au temps; et, qu'avant le verbe il n'y a pas de temps.

— <i Ce fut, poursuit Rousseau, par une providence très-sage. . . »

— La providence appartient : à l'anthropomorphisme,

à rignorance, à Terreur ; la justice éternelle appartient :

à la religion démontrée, à la vérité. Mais, Rousseau

l'ignorait; et, cette ignorance doit excuser toutes ses

Page 1