‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 48 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

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*- (( Aiiniy continne Bonald, les ipcrtmiit de riofenlÎMi dolanie

ne manquent pas de dire que les hommes s^obserYèrent ^ réftéehimt, comparèrent, jugèrent, etc., etc. »

— L'auteur a bien raison de se moquer de ces fclies. Mais, lui-même va tomber dans une autre.

— « Car, cootinae Bonald, il fallait tout cela pour inTenlcr Tart de parler. 9

— n n'y aurait pas de doute : si, le langage était un art. C'est, le développement du langage, qui est un art; si, cependant, le nom d'art peut être donné: au raisonnement.

— B Mais, elc. ...»

— Ici, nous renvoyons le lecteur curieux à l'auteur qui va parler, à peu près pour ne rien dire.

Nous allons voir, maintenant , ce que l'auteur entend : par une langue parfaite.

— <i Toute tangttt, dit-il, est finie, complète, parfaite, si Ton feot, i prendre ce mot dans one acception pliilosophique , lorsqu'elle a eu d^one manière ou d*une autre, et plus ou moins expUdtemaU^ tontes ks parties d'oraison qui sont Testeiice et la constitution da langage , dent les mots ne sont que des accidents, »

— Très-bien ! Aussi, l'essence du langage est, tout entière, dans une proposition substantif, verbe et adjectif. Une langue est donc parfaite, avec la pensée moty qui, signifie : moi-être-existant.

— <f Tonte langue, continue Bonnld, a été complète dès qu'elle a été parlée. . . »

SCI£KC£ SOCIALE. â7JS

— - Impossible de dire mieux. Moi est une parole. Moi est donc mie langue ; moi est le Terbe.

— cr ... et c'est peut^tre par an sentiment confus de cette Tértlé, coa* tinae Bonald, que Duclos a dit de la langue fixée par l'écriture : « Vécri^ ture est née tout a coup et comme la lumière. »

— C'est ainsi, en effet, que naît le langage. Le Terbe

est : LA LUMIÈRE DE l'aME.

Ce qui suit cet admirable passage est bien faible. Itfais , nous aimons à citer : les deux passages sifi- *vaiits.

-— a. Les parties d'oraison, sous une forme plus ou moins explicite, ont été et ^seront toujours les mêmes dans toutes les langues en espèces ou en 'éqnrnlents.

Cl Le langage est partout le même, quoique les idiomes soient diffé- -retttfl. V

— Ce qui suit, ces belles pensées , est également .faible.; et, faux quelquefois.

A la page 170, l'auteur dit : que,

-» « La parole créa Tintelligence et la tira du néant. »

— Il faut avoir : un grand amour de création et de néant; pour dire de pareilles choses.

Tour Donald les animaux ont un langage.

' '■ * La surprise et reffirot dit-il (p. S26), arrachent toujours à Thomme on cri involontaire. Mais <(> cri n'est pas, comme celui des animaux, un langage; c^c$t un accident^ etc. »

— La fin de ce chapitre est, en partie, consacrée à

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à la critique de Condillac. Cette critique est souvent très-juste. Les défauts Tiennent de l'hypothèse anthiopomorphique , à laquelle Tauteur se trouve soumis. En critiquant Condillac, il dit :

— « En vériié , on a quelque peine à concevoir pourquoi lei tmani qui TÎTent près de nous, et pour ainsi dire avec nous, ne parlent pit notre parole^ puisqu'il! ont pour l'apprendre autant de facilité, oo même plu que nous n'en atons eu pour PinTenter. »

— Cela , est très-vrai. Mais, si Ton demandait à Bonald : pourquoi, son Dieu a donné la parole à un animal, et ne Ta pas donnée à Tautre ; pourquoi, il en destine un à brûler, pendant l'éternité , et l'autre à souffrir tous les caprices de la tyrannie, sans avoir commis de péché ; que répondrait-il ? Que, le potier est le maître du vase qu'il fabrique ? Mais, c'est là une réponse de tyran; et non, une réponse rationnelle ou divine.

Donnons un exemple des folies , auxquelles on peut se livrer, quand on s'est mis dans la tète de soutonir un système : pei' fa^ et nefiis.

— « Pour moi, dit Bonald, je crois que, même Punion des sexes dans rcspèce humaine, est un effet de la société. »

— En vérité, il faut bien aimer les mystères : pour, dire de pareilles choses!

La fin de ce chapitre, cite J. J. Rousseau. L'autjSQr s'appuie, sur cette autorité, pour affirmer : que, dans l'état de pure nature, l'institution du langage n'était: ni nécessaire; ni possible.

Le chapitre troisième, a pour titre : De Vorigim de récriture. L'auteur dit : qu'elte est révélée comme la parole. Un professeur de la Sorbonne, faculté des lettres, a consacré deux années à vouloir prouver : que, du temps d'Homère, l'écriture n'était pas connue. Ces deux opinions sont dignes l'une de l'autre. Ce qu'il y a de plus curieux, dans ce chapitre; est le passage suivant :

— A Peut-être n'est-ce pas tout à fait sans raison qu^on croit retrouver

quelque indice du caractère d'an homme dans le caractère de son écri*

tare.»

— Voici, les conclusions de ce chapitre :

— « L'homme ne peut parler sa pensée sans penser sa parole.

« L'homme ne peut décomposer les sons que d'une langue écrite, c'està-dire déjà décomposée.

m Donc il est physiquement et moralement impossible que l'homme ait inventé l'art d'écrire ou l'art de parler. »

— Le chapitre quatrième est intitulé : De la physiologie.

Ce chapitre renferme le passage suivant : où, l'état

actuel de la science, est parfaitement exposé :

— « D*autres physiologistes, dit Bonald, venus principalement dans ces derniers temps , ne remontent pas plus haut que le cerveau et l'organisation en général, pour trouver le principe même de nos déterminations. Us regardent la pensée, ainsi que toutes les autres fonctions productives du corps humain, comme une faculté dérivée de la seule organisation matérielle (i). Ce qu'on a toujours appelé l'homme moral n'est, à leort J«ui, que le physique, observé sous un rapport particulier, a

(1) Singulière expression ! Est-ce que Tauteur connaît des organisations immatérielles ?

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— Du moment, que la cause première est reconnoe, ce qu'elle est, absurde; l'homme moral ne peut être: que, le physique observé sous un rapport particulier..» jusqu'à ce qu'il soit démontré : que, les âmes sont immatérielles ; ce qui ne peut exister, qu'en démontrant: que : les animaux n'ont qu'une. sensibilité apparente.

— « Mail, continue Bonald, en considérant l'intelligence eonme le produit final de Torganisation, ils ont été conduits, pour ainsi dire maigre euK-Dièmes, à reconnaître de Tintelligence partout où ils voyaient une organisation. Ainsi ils ont attribué des facultés ou des afrecti0iu qai supposent de rintclligence à l'animal... v

— Et, que fait donc l'auteur, quand il dit : que, les cris des animaux sont un langage ?

— « ... et peut-être au végétal^ continue Bonald; peu s'en faut même qu'ils n'en aperçoivent jusque dans l'organisation ariiGcielle des ménniqucs, qui sont l'ouvrage de rhomnie; et fauteur du traité de physiologie déjà cité (1), obscrye des traces d*une faculté de contracter éa habitudes dans la plus grande facilité de jeu et de mouvement que les mnrliiiies reçoivent de fusage et de la répétition fréqueule des mêmes opérntions.

« Dans cette Iiypotlicso, l'homme n*est l'être le plus intelligeul qM parce qu'il est le mieux organisé ; et s'il a plus d'intelligence que II brute, il n'a pas une intelligence d'une autre espèce. »

— Le chapitre cinquième a pour titre : Définilion 'de rhotmne : Une inielligence servie par des organes.

Wous avons déjà dit : que, l'âme, considérée comme intelligence, était la source de toutes les e^ reurs philosophiques. Une fois entré dans cette voi«

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