‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 50 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

290 scienCb sociale.

— Cecî.est uDe erreur. 11 n'est pas nécessaire : que, Tauteur tire la conclusion , de ses prémisses ; pour, que la conclusion puisse en être tirée. Les quatrevingt-dix-neuf centièmes, des professeurs actuels, professent 4a série continue; c'est-à-dire : le matérialisme ; et, très-peu avouent , oïl même reconnaissent : que, leurs doctrines ont, nécessairement ^ le matérialisme pour conclusion. Parce que ces Messieurs ne tirent point, de leur doctrine, la conclusion qui doit en être déduite ; faut-il, pour cela, ne point avertir la société : que , ces prétendus hommes d'ordre, sont les plus grands fauteurs de l'anarchie?

— « ... et, continue Bonald, de la discuter directement et en ellemême. Cette marche abrège même la discassîon;... »

— Et, voilà pourquoi nous avons commencé par démontrer : qu'admettre la sensibilité , chez les animaux ; c'était prêcher : le matérialisme; l'immoralité; l'anarchie.

. —-«... et j'en hV ici l'observation, continue Bonald^ pour tranquilliser les lecteurs qui compareraient le nombre des volumes plnt6t qneU force de ]a raison.

c C'est donc sous ce point de Tae que nous allons considérer le système dominant dans quelques traités modernes de pbjsiologie, et plus expressément développé dans le rapport du physique -et du moral de l'homme» n est possible que les physiologistes ne conviennent pas de tous les faits avoués dans cet ouvrage, et il paraît même que Tauteur |i'est pas toujours d'accord avec le savant Barthez, dans ses N(>uveattx éléments de la science de l'homme. 11 est possible encore qu^une saine logique n'en trouve pas tous les raisonnements concluants ; la philosophie ne voit que le résumé du système, qui est ; '"•

« Que noire âme est non un être, mais une simple facuUé 4$^iio<f« organisation, ou plutôt j que notre âme est notre organisation elle^mémi;

à Imr orifmt.

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L-Des zeXioxïh t^MU:%, «ont U »uit/r ^Fun rait^^irinc' ment réel. Il fallait donc dire : la morale a le» siens qui sont des raiionnements. Et, comme il n'y a pas de rais^Hmement ; là, où il n'y a pas de sensibilité dans

SM SaSHCB 60CULB.

le temps ; il fallait dire : la morale a les siens, qui dérivent : de la sensibih'té dans le twips. Et, comme il n'y a de senribilité dans le temps ;. que , là où il y a sensibilité réelle ; il fallait dire : la morale a les siens, qui dérivent : de la sensibilité réelle. Après cela, il eût été facile de dire : la farce, est la caractéristique de la matière ; et, la sensibilité est la caractéristique de l'immatérialité. Voilà, Bonald qui a dit, il y a cinquante aps ; ce, que nous disons maintenant.

— « ... et des faits parement matériels, poursuit Bonald, ne proufeot pas pins pour ou contre une vérité morale, que de simple^nisonneneats ne prouvent pour on contre la certitude d'un fait physiqat. »

— Il est impossible de trouver un passage, {dos philosophique ; cmjB^ celui que nous venons de citer.

Le passage ^Bhrant est également remarquable. Mais, Bonald, qui l'a écrit contre les matérialistes, n'a pas observé : qu'il a une valeur, parfaitement égale, contre les anthropomorphistes . C'est, ce que nous allons montrer.

•^ « L'homme, dit-il, dans ce système... »

— Bonald entend : le système matérialiste. Supposez : que, ce soit un matérialiste, qui en. dise autant contre les spiritualistesjsGqdmettant la créatup ; il n^ aura de changé : que , les expresllons relatives ! If j^ changement. Les raisons resteront : les mêmes.

— «... est doue, continue Bonald, une mo^ie organisée pour penser, , une machine i penser, comme une horloge est une matie ou portion de

SaSKCB SOCULE. 29f

matière •rgtmuèe^ c'ett-i-dire ne sMcimM à auniMr l€S htmn%; L'homme pente par le jea de tes organes. . m

— Il est éYÎdent : que, dans le système anthropo<morphiste , Tâme est un oi^ane comme le cerveaa^ ^.l Organe signifie instrument. L'âme est rinstrument,^dont le créateur se sert, pour faire penser l'homme; comme, le ressort est Tiost ruuient , dont Tborloger ae sert, pour faire aller une horloge.

— « ... comme lliorioge, continue Bonaid, indique l'heure par lai ment de ses rouages; »i l'horioge est iVuTragede l'homme, l*koBUBaaiilci doit son eiistence i son semblable ; et fi le mouviÉient de la machim artificielle doit tous les huit jours être renouvelé por la tension da rcmiM^ qoi lui donne FimpulsioBy le moutement de la machine humaine on la 1É| n besoin aussi, à peu près tous les jours, d*étre entretenu, c'att^^Sjif ranooTelé par la nutrition des organes qui la constituent : et Miaa lis deux finissent* Fnne par le relâchement des ressorts qui ne peuvent pins être remontés ; l'autre par la dissolution d'organes usés, qui oe peuvent plus être réparés par la.nntrition. Les fonctions de l'horloge sont, I la vérité, plus simples que celles de la machine humaine; mais aussi Tapp^ reil de ses ressorts est bien moins compliqué, et dans les deux machines, * le mêcaniitme est relatif a leur deFtination. Si les partisans de Torganisation pensante ou de la pensée organique... a

— Contre l'anthropomorphisme, dites : si, les partisans de l'oi^anisation pensante, créée; ou, de la pensée créée.

— « ••• veulent, continue Bonaid, admettre cette comparaison, qui paratt résulter naturellement de leur système et être d'une parfaite eiactîlude, je me bornerai à leur présenter uue réflexion.

« Cette macbinp artificielle qu'on appelle horloge, nVst que le moffên, l'instrument dont l'intelligence de l'ouvrier s>st servie pour marquer les divisions du temps. Cette intelligence est réellement et constamment présente à la machine, quoique le corps de Vouvrier en soit éloigné; elle l'ii anime les ressorts, elle en règle to mouvement, et peut seule le rétablir, s*il est arrêté ou dérangé. Tonte mécanique, quel qu'eu soit

!^j4 SCIENCE SOOULE.

l'usage^ copsidérée sous tpi atpect, n'est jamais qu'un moy#A de Tintelligence humaine... »

— Contre ranthropomorphisme dites : toute mécale quel qu'en soit Tusage, considérée sous cet

ity n'est jamais, même la machine humaine, qu'un moyen de l'intelligence divine, etc.

— «... un nouyel organe qu'elle se donne, coutînae Bonald, un corpi irtifleiel dont elle s'est revêtue ; c'est encore ici une intelligence senk

^ jMif des organes, pour exécuter telle ou telle opération, etc. »

. ! — Oui : majig, ici , l'intelligence qui fait l'horloge 6a( la même que celle qui fait les machines humaines. Vioilà, les intelligences réelles réduites à une seule ; il n*y aplus qu'un être réel; et, de l'anthropomorphisme, nous voilà tombés : dans le panthéisme ; et, comme dit M. Cousin, point de substance ou une seule. Vis-à-vis • ^6 la raison, panthéisme et anthropomorphisme sont toujours absolument identiques. Ils ne peuvent être distincts : que, vis-à-vis de l'ignorance. A la fin du premier volume , Bonald dit :

— vt On a demandé si Dieu, qui a créé nos Ames, pourrait les détruire. Cette question est tout au moins inutile. »

— Cela est vrai , au moins vis-à-vis de la raison. Car» un homme créé ne peut pas plus raisonner en réalité; qu'une horloge ne peut se refuser à sonner les heures; ou, ne peut en sonner dix : quand, l'horloger vent qu'elle en sonne douze.

r^ « il semble, conliiiiie Bonald , qu il répugne à l'idée de la toute-

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puissance de Dieu et de sa toute-raison d'anéantir des 4tres faits à "son image. . . »

— Mais, nous anéantissons, tous les jours, des petits bonshommes de pain d'épices, faits à notre image; et, nous ne nous le reprochons pas. 11 est vrai : que, si les petits bonhommes souffraient, nous nous reprocherions, peut-être, de les faire souffrir; eux, qui ne pourraient faire : que, ce à quoi nous les aurions destinés.

— « ... eti sa ressemblance, continue Bonald, et qui sont capables de le connaître et de i^aimer. »

-tFT — De le connaître, c'est possible. Mais, de Taimer, en raisonnant : ce serait autre chose.

*-- * a Dieu, continue Bonald, pouvoir suprême de la société, des étrti intiUigents, ne peut dépendre de ses sujets, etc. »

— Il aime mieux les garder : pour les faire brûler éternellement. Que dirait-on de nous : si, ayant fait de petits bonshommes de pain d'épices, capables de souffrir ; nous préférions , au lieu de les manger, les conserver, pour les faire rôtir, jusqu'à la consommation des siècles ? Et qu'on ne nous dise pas : que, la doctrine de réternité des souffrances : est figurée, est maintenant rejetée, etc. Voici, à cet égard, ce que \ient do dire encore : le premier prédicateur de noire époque.

— A 11 y a un enfer el des feux éternels. Jamais^ jamais l'éternité mal-

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heareiud n'aura de terme, jamatt elle n^aura de fin ! Je le crou, e*e»iiiu foi, je la professe et la réirèle de toute réoergie de mes cooTictions et de mon dévouement. Mais Dieu est juste» Dieu est bon, et il sera étemellemont l'un et Taulre, même en enfer. •

(L'abbé dk Ravighait, cité par la Revue soeiaUy avril 1846.)

— 11 faut être bien malade, pour énoncer de pareilles

propositions.

Le second volume commence par la suilc du chapitre neuvième et a pour, titre : Répotise à quelques ohjectiotis.

Des objections, auxquelles un homme comme Bonald croit devoir répondre, méritent d'être examinées : pour voir s'il les a exposées, dans toute leur force; pour étudier, s'il a pu les anéantir, par ses raisonnements.

— «On n*aTait jamais douté , dit-il , que la parole articulée et «tendue éet autres ne fût indif:pensablement nécessaire pour la prodicâH de ridée, ou sa manifestation au dehors. Mais il semble qu'il n'était pi» aussi universellement reconnu que la parole simplement pensée ou intérieure fût également nécessaire pour la conception et la contemplation de ridée , ou sa représentation purement mentale ^ et qu^il fallût^ comme nous lavons ditailleurs^ penser sa parole pour pouvoir parler sa pens^; cependant celte dernière proposition , aussi vraie que Tautre, et méoïc aussi évidente pour ceux qui prennent la peine d'y réfléchir, pountit faire croire que V esprit n'est que la mémoire des mots, etc. »

— Voilà, Bonald qui établit clairement : que, la parole, articulée et entendue des autres, est indispensablement nécessaire : à la production des idées, du verbe, de l'existence dans le temps.

Comment est-il possible : qu'un homme, aussi instruit, ait pu poser un principe aussi évidemment faux?

Nous ne lui dirons pas : que, les sourds-muets parlent, lorsqu'ils ont été à une institution formée à cet effet ; il pourrait nous répondre : i!s parlent français ou an* glaîs, etc., selon le pays où ils ont été instruits; et, s'ils ont des idées ; c'est, parce qu'ils ont été initiés, au verbe, par ceux qui articulent et entendent. 11 pourrait lui être répondu : que, pour apprendre le français ou l'anglais, à ces sourds-muets de naissance , il a fallu , auparavant , les faire penser : sans se servir d'aucun idiome articulé. Mais, nous prendrons un exemple plus facile à saisir.

Malheureusement, ce n'est encore qu'une très-faible fraction des souixls- muets de naissance, qui sont instruits à parler, par signes, une langue articulée, par les autres. Que l'on observe un sourf-muet de naissance : soit, au sein d'une famille saine , et non suft? pecte de crétinisme; soit, aux colonies où il y adH^ esclaves sourds-muets de naissance: et, où l'intérêt oblige àdévelopper leur intelligence, pour en profiter^ Ces sourds-muets ne parlent ni français ni anglais. Partout où ils existent, il y a entre eux et ce qui les entoure : une véritable langue, ayant toutes les parties de Toraison ; et , partout différente : par la manière d'exprimer les idées ; et, par la manière de les combiner. Dira-t-on : que, ces sourds-muets n'avaient pas d'idées ; et, ne les manifestaient pas au dehors ? Il faudrait avoir perdu le sens, pour faire une pareille objection. Nous avons possédé une sourde-muette, avec laquelle il était plus facile de raisonner juste : qu'avec beaucoup d'académiciens.

— ft L*eiprit, dit Bonald, n'est pu seulemeot la mémoire des mon, Tesprit consiste à découvrir de nouveaux rapports, »

— 11 n'y a pas de doute : que, Tesprit ne consiste pas dans la mémoire des mots; sans cela, un perroquet aurait de l'esprit. Mais il ne consiste pas non plus : à découvrir de nouveaux rapports. L'esprit consiste : à raisonner; à posséder le verbe ; à exister dans le temps; à tout rapporter à soi : car, raisonner n'est pas autre chose. Certes, en raisonnant, on trouve de nouveaux -rapports ; si, par nouveaux rapports, on entend : des rapports qui n'ont pas encore été trouvés par les autres. Si, par nouveaux rapports, Bonald entend : que, celui qui raisonne, trouve, en raisonnant, des rapports qu'il n'avait pas encore trouvés ; il est certain que, l'enfant qui commence à raisonner, ne cesse, depuis qu'il a dit moi, de trouver de nouveaux rapports, à chaque raisonnement qu'il suit. Mais, cela est trop simple : pour avoir besoin d'être dit.

Nous avons cru, au premier volume : que Bonald condamnait la proposition de Condillac : qu'une sdenct estime langue bien faite. La langue, dit-il, est l'expression de la science; et, la science n'est pas l'expression de la langue. Au second volume nous trouvons (p. 9) :

— « GondiUac le dit avec raison : Une science est une langue bien faite, »

— Quand, dans un même ouvrage un auteur, dît ainsi, blanc et noir, sur une même chose : c'est une

preuve : qu'il n'a pas de ce qu'il traite, des idées parfaitement claires.

— a De là Tient, di(-il , que la chimie, la botanique , la médecioe^ la tactique, ont refait et refont encore tous les jours leur langue ...»

'— Si les chimistes, etc., refont leur langue; c'est donc : qu'ils la trouvent mal faite ; alors la langue suit les variations des connaissances ; et, non les connaissances, les variations de la langue. Il est évident, qu'aussi longtemps : que, les connaissances varient ; que, la vérité n'est pas trouvée ; les langues doivent varier : comme ces connaissances. Mais , une fois la vérité trouvée ; il est impossible : que, la langue varie, pour ce qui concerne la vérité. Il est même évident : qu'aussi longtemps que la langue varie, sur un sujet dit scientifique ; c'est : que, la science n'existe pas encore ; et, que ce qu'on appelle science^ alors ; n'est, que du scepticisme ou de l'ignorance ; et, souvent encore : de rignorance de la plus mauvaise espèce; de l'ignorance méconnue.

— «... et que la morale, en te détériorant, continae Bonald, a aniii changé la sienne. »

— Nous venons de voir : qu'aussi longtemps que la morale change la langue; c'est : que, la science morale réelle n'existe pas encore; et, que cette prétendue science, n'est qu'à l'état : de scepticisme.

— « La politique , je crois , continue Bonald , a besoin de refaire M langue. . . »

— Lorsqu'on dit : je crois; on fait aveu d'ignorance. Que dirait Donald, à quelqu'un qui dirait :je croisk contraire? Il donnerait ses raisons. C'est ce qu'il aarait dû faire.

— - « ... et Ton peut, continue Bonald, remarquer que , dtns le mojOL âge, lorsque la théologie, la philosophie, la jurisprudence , la médeciie, s'emparèrent de la langue latine^ la seule qui fût alors uniferselleoMit entendue, elles raccommodèrent à leurs pensées, etc. »

— Très-bien ! Mais, est-ce une raison : pour, que la théologie , la philosophie , la jurisprudence et la médecine du moyen âge, soient l'expression de la vérité?

— « C'est, continue-t-il , parce qu'une autre langue suppose d'anlrfs pensées ...»

--^ Voilà bien l'idée la plus excentrique , qu'il mit possible d'avoir. Comment ! Ronald a-t-il pu énoncer une pareille folie? Comment! la pensée : que, les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits, n'est pas la même : en français et en anglais ? Mais, il n'y a qu'à une académie qu'il soit permis de dire de pareilles choses!!

— « ... ou, continue Bonald, des pensées diversement modifiées;... »

— Cette modification , de proposition , est aussi fausse : que la principale. Les expressions sont diverses; mais, la pensée, clairement énoncée, est la même : en français, comme en anglais. Et dans la

société UDhrerseile, le langagfe français et le langage anglais ne diffèrent entre eux ni plus, ni moins; que ne diffère d'un autre, chaque langage d'un sourd-muet de naissance, ou de plusieurs sourds-muets de nais* sauce, en contact dans une même société particulière de non sourds ; ou même entre eux. Et, je le répète, le verbe , au sein d'une population de sourds-muets isolée , se développerait , comme au sein d'une population ayant l'ouïe.

|i^* !—«... ^me k rdigiM efarécieoiie, amUnne Booald, en fiemMllaot loi Uosws vifuHes l'nutitmetaeni de U morale,... •

Vous rmAez donc bien que la morale change ?

— « . . n*a cêmfié iz liturgie, conliuue Booaid, qu'i une langue morUi depuis longtemps; immobile aujourd'hui comme le peuple qui la parlait, et d^autaui plus propre i transmettre iidèlement le dépdt des férîléf imi- Terselles... »

— Quand, on n'a plus qu*une langue morte, pour appuyer des vérités universelles ; c'est , que ces prétendues vérités sont déjà reconnues : n'être que dgft mensonges.

— « ... qu'elle e«t plus à l'abri, continue Bonald, des opinions lo> cales. »

— Il faut avouer : que , des vérités universelles, qui craignent des opinions locales, sont bien mal établies.

— « Lesreligious, continae Boaald, qai ont adopté pour leur caile les langues vulgaires , se sont exposées à toute la mobilité des pensées Immaines, et l'histoire des variations de leurs dogmes n*est, à le Ina preodrêi que riûstoire des yariations de leurs langues. »

— C'est là une preuve incontestable : que, la religion réelle ; la religion basée sur la raison ; n'existe pas encore. Quand, cette religion existera ; elle n'aura rien à craindre : des variations du langage. Sur la vérité, démontrée, le langage ne varie jamais. Voyez! s'il a varié : sur le carré de l'hypoténuse ?

Passons à une discussion, d'une immense importance ; dont les difficultés ont été bien aperçues par Bonald ; mais, qui ont été mal résolues.

— « Une difficulté d^m genre plus grave est , dit-il , celle qu*on pcQl élever à Toccasion de la part que les physiologistes et même les moralistes donnent à Torgane cérébral dans l'opération de là pensée.

a Que le cerveau, dira-t-on, soit la cause de la pensée ou son moyen; qu'il soit Fàme elle-même ou seulement son instrument pour Topération intellectuelle, toujours est-il vrai que Tétat natif ou accidentel de cet organe doit influer sur la qualité de nos pensées;. . . »

— Les pensées , relativement au raisonnement 9 oe j^uvent avoir que deux qualités ; c'est : d'être contestables ; et, d'être incontestables. Les pensées sont contestables, c'est-à-dire : leur conclusion est contestable : quand la conclusion dérive d'un enchaînement, par analogie ; au lieu de dériver d'un enchaînement, d'une déduction, par identité. La conclusion est encore contestable : quand même l'enchaînement se fait par identité; si, le point de départ est lui-même contestable. Or, tout cerveau , non pathologiquement af-

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fecté; est capable de servir : à connaître ces qualités.

<— « .t. et, continue Bonald, comme le cerveau^ dans son organisation native ou dans ses modifications adventives , ne dépend point de notre Tolonté,... •

— C'est, pour cela : qu'une société^ rationnellement organisée, reconnaît : qu'il ne lui appartient pas de juger des intentions. Elle ne dit jamais : cet homme est méchant; mais, cet homme est fou, ou parait fou. Nous devons essayer de le guérir ; et, l'empêcher de nuire par sa maladie. jQuant à punir : cela est du ressort de la justice éternelle; et, n'appartient pas à la société.

— ^ « ...il est évident, continue Bonald , que nos pensées sont déterminées de telle ou telle manière par Tétat actuel de notre cerveau,. . • »

— n n'y a pas de doute : qu'un cerveau pathologique, ne sert point au raisonnement, comme un cerveau physiologique .

— > cr ... et que nous ne sommes pas libres, continue Bonald, de penser sur tel ou tel objet comme on le voudrait, et comme nous le voudrions nout-mènMs. »

— Quand, le cerveau est à l'état physiologique; nous sommes libres : de penser, de raisonner, sur tel ou tel sujet. Mais, nous ne sommes jamais libres : de penser de telle ou de telle manière. Il nous est aussi impossible de penser : que, trois sont un ; q\ie, d aller

304 SCIENCE SOCULfi.

dans la lune et même plus. Les pensées ; c'est-à-dire : les conclusions des pensées ; sont, nécessairement, conformes à leurs prémisses; car, conclusions et prémisses sont identiques ; et, ne diffèrent : que, par l'expression. Mais, si Dieu d'une part; et, le matérialisme d'une autre; sont des absurdités, nous sommes libres de prendre nos précautions : pour pouvoir agir, conformément à des pensées reconnues bien établies ; et, pour ne pas nous exposer à devenir fous; c'est-à-dire: incapables d'agir, conformément à un jugement reconnu bon.

— - a Mais, continue Bonald, la voloDté est déterminée par la peniée... •

— t'ne volonté déterminée , n'est pas une volonté réelle. Le fou, n'a pas de volonté réelle ; il obéit à l'organisme. La volonté, c'est l'âme; c'est elle, qui dé(e^ mine, conformément à la pensée ; ou, contre la pensée. Quand un homme sait : que, s'il commet telle action, il sera puni; et, que cependant il veuille la faire; il est libre. Si, sachant, aujourd'hui : que, s'il fait telle action, dans huit jours, il sera puni; et, qu'il ne prenne point les précautions nécessaires pour n'être point fou dans huit jours ; il est coupable : pour n'avoir pas pris ces précautions, qail élait libre de prendre; quoique en commettant cette action, huit jours après, il l'eût commise involontairement, comme étant devenu fou. Saint Jean d'Arbrissel , qui couchait avec deux jolies filles toute nues, pour vaincre la tentation, n'était pas coupable, au moment de succomber : mais, il élait coupable de s'y exposer.

— « ... et, continue Bonald, l'action par la Tolonté. L'homme tout ootîer pensant , Toulant et agissant , est donc une machine roue par ion orgaue cérébral,... »

— Vis-à-vis du raisonnement, il n'y a aucune espèce de doute : que , si ranthropomorphisme d'une part, le matérialisme d'une autre, sont des véritéd; l'homme tout entier pensant, voulant et agissant est une machine mue, dans le premier cas par l'anthropomorphe, dans le dernier, non point par le cerveau; mais, par la résultante : des forces dont le cerveau est composé ; et des forces qui agissent sur lui.

— « ... comme une horloge, continue Bonald, Test par son grana ressort ; et lors même qu'on n'étendrait pas cette nécessité rigoureuse jusqu'aux actions matériellement criminelles,... »

— Quelle expression I Toute action est matérielle ou immatérielle selon qu'elle est considérée. Si, on la considère comme venant de l'âme, considérée comme immatérielle , il est possible de dire : qu'elle est im* matérielle. Si, elle est considérée : non pas mêma comme accomplie; mais, seulement comme préméditée, comme pensée; elle est encore matérielle, puis^que la pensée est elle-même matière ou mouvement. Et, d'ailleurs; si, l'homme tout entier est machine, pourquoi y aurait-il des exceptions? Est-ce que l'en tier renferme, eu lui, quelque chose de plus que l'entier?

— «... on ne pourrait s' empêcher, continue Bonald, de la reconnaître

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